Un nouvel antidouleur se cache dans le venin d’un poisson tropical

Le poisson possède de grandes dents pour mordre ses prédateurs et leur injecter un venin particulier : au lieu de provoquer une douleur, il les étourdit grâce à des peptides opioïdes qui feraient de bons analgésiques.

Il existe des milliers de poissons venimeux qui souvent injectent leurs toxines grâce à des épines sur leur corps. Mais chez les blennies, de petits poissons colorés vivants dans l’océan Pacifique, certains utilisent une tout autre stratégie pour délivrer leur venin : ceux du genre Meiacanthus possèdent sur leur mâchoire inférieure de grandes dents creuses, reliées à des glandes qui libèrent du venin, à l’occasion d’une morsure.

Dans une nouvelle étude parue dans Current Biology, des chercheurs ont analysé des échantillons de ces venins qui souvent provoquent une douleur intense. Mais ici, ils ont trouvé que l’effet de celui de Meiacanthus grammistes était bien différent. Ils y ont observé un mélange de peptides opioïdes qui pourraient avoir un effet comparable à de la morphine ou de l’héroïne. Ainsi, quand les prédateurs sont mordus, ils deviennent apathiques, ont du mal à coordonner leurs mouvements et à nager. Résultat : la blennie peut en profiter pour s’échapper.

Meiacanthus grammistes

Meiacanthus grammistes est une blennie qui vit dans les récifs coralliens du Pacifique.

Cette technique de défense du poisson est si efficace qu’elle a inspiré d’autres espèces dépourvues de venin mais qui lui ressemblent étrangement : ces imitations sont des stratégies évolutives pour profiter du système de défense de la blennie.

Les molécules du venin de la blennie présentent donc des propriétés antidouleur qui pourraient servir à développer de nouveaux antidouleurs. Or le réchauffement des océans et leur acidification menacent les écosystèmes où vivent les blennies et d’autres espèces de poissons, qui pâtissent du blanchissement des récifs coralliens. Aussi cette étude illustre une des raisons pour lesquelles il est nécessaire de protéger cette biodiversité. Comme Bryan Fry l’a expliqué à Live Science, si nous perdons la Grande Barrière de corail, nous perdrons avec des animaux comme la blennie et son venin, qui pourraient être à l’origine de puissants médicaments.

Source : Futura-Sciences

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