Encelade, cette lune de Saturne qui pourrait réunir les conditions nécessaires à la vie

La sonde Cassini a découvert sur Encelade, la lune de Saturne, l’existence d’une forme d’énergie chimique qui serait capable d’alimenter de la vie. Une avancée importante vers l’identification d’autres environnements habitables que la Terre.

La vie pourrait-elle exister ailleurs que sur Terre dans le système solaire ? C’est ce que suggère la découverte annoncée le 13 avril par la NASA : Encelade, l’une des lunes de Saturne pourrait abriter les conditions nécessaires à l’existence de vie. Cette conclusion résulte de nouvelles données livrées par la sonde Cassini qui explore depuis 2004 Saturne et ses voisines.

Avec ses 500 kilomètres de diamètre, Encelade n’est pas la plus grande des lunes de Saturne mais elle est l’une des plus fascinantes. Les observations passées ont en effet démontré qu’elle est recouverte d’une épaisse couche de glace qui cacherait un vaste océan d’eau liquide. Sa surface est également parcourue de jets de matière semblables à des geysers terrestres.

Lors d’un survol réalisé le 28 octobre 2015, la sonde a pu étudier ces jets de matière plus en détails et y a mis en évidence la présence d’hydrogène. Selon les chercheurs, les panaches seraient composés de presque 98% d’eau, d’environ 1% d’hydrogène et d’un mélange d’autres molécules dont du dioxyde de carbone du méthane et de l’ammoniac.

Encelade

Encelade photographiée par Cassini (Source : NASA, ESA, JPL, Cassini Imaging Team, SSI).

Bien que cette quantité d’hydrogène puisse paraitre faible, elle est particulièrement précieuse pour les scientifiques car elle suggère qu’une activité hydrothermale pourrait exister sous la surface gelée de la lune. Or, cette activité représenterait une source d’alimentation et d’énergie potentielle pour d’éventuelles formes de vie.

« La présence d’hydrogène dans l’océan de la lune signifie que les microbes, s’il en existe, pourraient utiliser cette énergie pour combiner l’hydrogène et le dioxyde de carbone dissout dans l’eau », explique la NASA dans un communiqué. « Cette réaction chimique est à la base de l’arbre de la vie sur Terre et pourrait avoir été critique pour l’origine de la vie sur notre planète ».

« Bien que nous ne puissions pas détecter de vie, nous avons trouvé qu’il existe une source d’alimentation de la vie [sur Encelade] », a résumé Hunter Waite du Southwest Research Institute et principal auteur de l’étude parue dans la revue Science. « C’est un peu comme un magasin de bonbons pour des microbes ».

La confirmation de cette énergie chimique est une avancée importante dans la quête de mondes potentiellement habitables pour les scientifiques. En effet, la vie telle que nous la connaissons nécessite trois ingrédients primaires pour se développer : de l’eau liquide, une source d’énergie pour le métabolisme et les bons ingrédients chimiques tels que du carbone, de l’hydrogène, de l’azote, de l’oxygène, du phosphore et du soufre.

L’existence de l’océan ayant déjà été démontrée, la découverte de Cassini suggère qu’Encelade pourrait réunir toutes les conditions. « Nous n’avons jamais été aussi près jusqu’ici d’identifier un endroit rassemblant les ingrédients nécessaires à un environnement habitable », a relevé Thomas Zurbuchen, responsable adjoint des missions scientifiques de la NASA.

Certains éléments manquent encore à l’appel. Cassini n’a par exemple pas démontré la présence de phosphore et de souffre dans l’océan d’Encelade. Néanmoins, la lune de Saturne n’est pas la seule à susciter l’intérêt de la NASA. Une autre mission vient de révéler une autre découverte intéressante cette fois-ci sur Europe, l’une des plus grosses lunes de Jupiter.

Comme Encelade, Europe est recouverte d’une couche de glace qui cache un océan et celle-ci connaitrait le même phénomène de jets de matière. C’est ce que les scientifiques ont observé en utilisant le télescope spatial Hubble. En 2016, ce dernier a repéré un geyser d’une centaine de kilomètres de hauteur au même endroit où il avait déjà observé en 2014 un geyser plus petit.

Pour en savoir plus sur ces panaches, une nouvelle mission sera toutefois nécessaire. « Ces résultats démontrent que la nature interconnectée des missions de la NASA nous rapprochent du moment où nous pourrons répondre à la question de savoir si nous sommes seuls ou non dans l’Univers », a conclu Thomas Zurbuchen.

Source : Maxisciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « Initiation à l’astronomie » et « La recherche de la vie dans l’Univers« , ainsi que la page Astronomie/Physique.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s