Journée Mondiale de lutte contre le paludisme : l’OMS fait le bilan

Journée mondiale de lutte contre le paludisme : L’Organisation Mondiale de la Santé fait le bilan et insiste sur l’importance de la prévention et de l’investissement.

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le paludisme, mardi 25 avril 2017, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est revenue dans un communiqué sur le bilan de plusieurs années de lutte pour tenter de venir à bout de cette maladie infectieuse (due à des parasites transmis à l’homme par des piqûres de moustiques femelles infectés). Selon l’organisation, de nets progrès ont été enregistrés : « Depuis 2000, la prévention a joué un rôle important pour faire reculer le nombre des cas et des décès, principalement grâce au déploiement des moustiquaires imprégnées d’insecticide et des pulvérisations d’insecticide à l’intérieur des habitations. »

Rien qu’en Afrique subsaharienne, en première ligne avec 90% des cas de paludisme et 92% des décès, 53% de la population à risque utilise ces moustiquaires. Soit une augmentation de 23% par rapport à 2010. De plus, « Dans 20 pays africains, le nombre des traitements préventifs pour les femmes enceintes a été multiplié par 5 entre 2010 et 2015 ».

Autre progrès, toujours d’après le rapport de l’OMS, « de nombreux pays ayant une transmission continue du paludisme ont sensiblement réduit leur charge de morbidité. » En tout, le nombre de cas a baissé de 21% entre 2010 et 2015. Sur la même période, les décès ont chuté de 29%. Bref, le paludisme recule…

Anopheles gambiae

Un Anopheles gambiae (une des espèces d’anophèles, hôtes définitifs du parasite responsable du paludisme)

Si ces résultats sont encourageants, la maladie reste une redoutable meurtrière. En 2015, 212 millions de nouveaux cas ont été diagnostiqués et 429 000 personnes sont décédées. Par exemple rien qu’au Burkina Faso sur les 9,8 millions de cas enregistrés en 2016, 4 000 personnes dont 3 000 enfants de moins de 5 ans sont morts. Ce qui en fait la « première cause de consultation, d’hospitalisation et de décès », a appris l’AFP auprès du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLCP).

Sur la période 2015-2017, le PNLP a élaboré un plan stratégique doté de 41 milliards de Francs CFA (63 millions d’euros) pour « contenir la maladie » dans ce pays pauvre d’Afrique de l’ouest. Une démarche qui consiste principalement à donner des médicaments aux enfants de 3 mois à 5 ans pour les prémunir de la maladie pendant les mois critiques de juillet, août, septembre et octobre. Une initiative mise en place dans 54 districts et dont l’ambition est de couvrir l’ensemble du territoire national en 2017.

Pour la suite, l’OMS vise une diminution de 40% du nombre de cas et de décès d’ici à 2020, par rapport à 2015. Plus ambitieux encore, « réduire les taux de mortalité et l’incidence de la maladie d’au moins 90 % d’ici 2030 ». Et rien n’est gagné car selon elle : « Moins de la moitié (40) des 91 pays du monde où il y a une transmission du paludisme sont dans les temps pour franchir cette étape. Les progrès ont été particulièrement lents dans les pays à faible revenu et ayant une forte charge du paludisme. » Sans surprise, c’est l’argent qui fait défaut. L’OMS appelle donc pays et partenaires à augmenter les investissements pour garantir une meilleure diffusion de la prévention, des soins et des outils pour combattre efficacement le paludisme.

En attendant, l’OMS souhaite que d’ici 2020, 360 000 enfants soient vaccinés avec le Mosquirix dans le cadre d’un « programme pilote » qui sera mené au Kenya, au Ghana et au Malawi. De 2018 à 2020, l’objectif table sur 120 000 enfants de moins de deux ans vaccinés dans chacun des trois pays. Le Mosquirix avait reçu un avis positif de l’Agence européenne du médicament (EMA) en 2015. Il agit contre le plasmodium falciparum, l’une des variétés des plus mortelles du parasite responsable du paludisme. Avec un bémol tout de même, puisque le Mosquirix ne garantit pas une immunisation. D’après les résultats des tests réalisés au Kenya, au Ghana, au Malawi, au Burkina Faso, au Gabon, au Mozambique et en Tanzanie, il permet de réduire de 40% le nombre d’épisodes paludiques graves.

Source : Sciences & Avenir

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