Aux États-Unis, la climatisation accentue le réchauffement climatique

Une étude américaine quantifie l’influence de la consommation électrique sur les émissions de polluants pendant un épisode de canicule. Conclusion : pour protéger la planète, mieux vaut éteindre son climatiseur.

Refroidir nos maisons ou appartements peut contribuer à réchauffer la planète. Cet effet paradoxal, vite oublié lors des canicules, n’en est pas moins réel lorsqu’il s’agit de climatisation électrique. Et surtout aux États-Unis, où le recours à la climatisation est omniprésent. À la clé, d’importants pics de consommation d’électricité lors des journées les plus chaudes. Une étude américaine, publiée dans Environmental Science & Technology en mai 2017, a quantifié l’impact de ce phénomène de surconsommation sur les émissions outre-Atlantique de polluants. Son verdict : la climatisation est responsable d’une hausse de 3 à 4% des émissions… par °C supplémentaire par rapport aux normales saisonnières !

Aux racines de cette étude, la forte corrélation entre entre température extérieure et émissions de carbone. « En fait, les jours les plus chauds de chaque été coïncident avec les jours où la pollution atmosphérique est la plus forte », note David Abel, auteur principal de l’étude et doctorant à l’université de Wisconsin-Madison, aux États-Unis. »La plupart de la littérature scientifique s’est jusque là concentrée sur la nature des sources d’émissions, les réactions chimiques survenant dans l’air, ou encore l’effet de la météo sur les flux de pollution », ajoute Tracey Holloway, co-auteur de l’étude. « Notre étude montre que la canicule provoque en outre des pics d’émissions supplémentaires de la part des centrales, en partant de données mesurées pendant plusieurs années. » En cause, la hausse de la demande attribuable à l’usage de climatiseurs : les États où il fait le plus chaud en été connaissent des pics d’émissions plus importants.

Climatiseurs

Les chercheurs ont compilé les émissions de dioxyde de carbone (CO2), dioxyde de souffre (SO2) et d’oxydes d’azote (NOx) recensées entre 2003 et 2014 dans 26 États américains, afin de les comparer aux évolutions locales de températures observées sur la période. Résultat : entre 3 à 4% (selon les molécules considérées) d’émissions en plus par °C ! « C’est la première fois qu’un lien est fait entre l’évolution de ces émissions et les températures journalières », affirme David Abel.

De quoi aider les décideurs à mieux comprendre comment les émissions de gaz à effets de serre augmentent en fonction du thermomètre et de la localisation géographique. « Nous montrons que la hausse de la demande d’électricité augmente notablement les niveaux d’ozone, de particules fines et de gaz à effets de serre », observent les chercheurs. « Réduire ce pic de demande serait bénéfique pour la santé humaine ». Rappelons que l’exposition au dioxyde de souffre et aux oxydes d’azote expose à des risques de sérieux problèmes respiratoires.

Prochaine étape, pour la communauté scientifique : mieux comprendre les interactions entre les émissions naturelles, les émissions anthropiques, mais aussi les réactions chimiques survenant dans l’atmosphère, le tout sous l’influence de paramètres météorologiques qui affectent le déplacement des particules avec les masses d’air. « Et notamment, de savoir comment réagissent les émissions des centrales électriques », conclut Tracey Holloway.

Source : Sciences & Avenir

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des sciences, les pages Environnement/Santé et Risques majeurs.

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