Le plus gros et le plus puissant aimant IRM du monde est en voyage sur la Seine

Le 4 mai dernier, un aimant géant de 130 tonnes a quitté son usine de Belfort pour rejoindre le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Saclay en région parisienne. Capable de produire un champ magnétique de 11,7 teslas, il doit servir à observer le cerveau humain comme jamais.

Cinq mètres de long, cinq mètres de diamètre pour une masse de 132 tonnes, c’est un instrument hors norme qui a entamé son voyage à travers la France, la Belgique et les Pays-Bas. De l’extérieur, il ressemble simplement à un gigantesque cylindre. Mais cette enceinte cache en réalité le plus gros et le plus puissant aimant IRM au monde.

Le 4 mai dernier, l’instrument a quitté son usine de fabrication de Belfort dans l’Est de l’Hexagone. Destination : le centre du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Paris-Saclay en Ile-de-France. Pour atteindre cet objectif, c’est toutefois un véritable périple que l’aimant géant a entamé.

« Du fait des dimensions et du poids de l’aimant et afin de limiter au maximum les vibrations, la majeure partie du voyage s’effectue par voies fluviale et maritime », explique le CEA dans un communiqué. L »instrument a ainsi quitté Belfort pour rejoindre Strasbourg puis embarquer sur le Rhin pour rejoindre le port de Rotterdam aux Pays-Bas.

Gros aimant IRM CEA

Voyage du plus gros et du plus puissant aimant IRM du monde (Source : CEA).

De là, l’aimant a été embarqué sur un navire maritime pour rejoindre le Havre dans le nord-ouest de la France. Il y est arrivé le 15 mai et a désormais entamé la dernière partie de son voyage : une « croisière » sur la Seine qu’il doit remonter jusqu’à Corbeil-Essonnes avant d’être acheminé via la route jusqu’à Saclay.

L’arrivée est prévue d’ici la fin de semaine au CEA et plus précisément au centre de neuro-imagerie NeuroSpin. Cette infrastructure ouverte en 2007 vise « à repousser les limites actuelles de l’imagerie cérébrale », indique le CEA. Et c’est précisément cet objectif que va desservir l’aimant géant dont la fabrication a pris six ans.

Selon ses concepteurs, l’aimant est capable de produire un champ magnétique de 11,7 teslas, soit un champ 223.000 fois plus puissant que le champ magnétique terrestre. Pour en arriver à une telle performance, les ingénieurs ont dû redoubler d’inventivité. Ils ont ainsi conçu une bobine contenant 182 kilomètres de fil supraconducteur en alliage nobium-titane.

Ce fil est enroulé sur 170 « double galettes » formant un ensemble dans lequel circule un courant d’une très grande intensité, de l’ordre de 1.500 ampères. « Les ingénieurs ont également dû mettre un place un système de bobinage qui génère un contre-champ magnétique afin de confiner le champ magnétique principal dans la salle d’examen », relève le CEA.

« Ces bobines, dites de blindage actif, entourent l’aimant principal et permettent de limiter la zone d’exposition au champ à quelques mètres autour de l’IRM », poursuit-il. Enfin, au centre du tout, se trouve un « conduit » de 90 centimètres d’ouverture qui permet d’accueillir le patient pour réaliser l’imagerie de son corps.

Si l’aimant représente en lui-même une prouesse technologique, il constitue également une promesse d’avancées majeures dans le domaine des neurosciences et de l’imagerie cérébrale. Disposer d’une technologie IRM plus puissante va permettre d’obtenir des images bien plus détaillées des structures cérébrales et donc de mieux les comprendre.

« Il va permettre d’explorer cette terre encore en partie inconnue qu’est le cerveau. Plus particulièrement, c’est le cortex qui pourra être beaucoup mieux observé », s’est enthousiasmé pour le Parisien, Cyril Poupon, chercheur en imagerie cérébrale au CEA. Grâce à cet instrument hors norme, les spécialistes espèrent aussi mieux comprendre certains dysfonctionnements affectant le cerveau et certaines pathologies comme la maladie de Parkinson.

Une fois arrivé à bon port, il faudra néanmoins attendre plus d’un an pour que l’aimant fasse ses preuves. « Les premières expériences se feront probablement sur un fruit », a précisé Cyril Poupon. « Et il faudra attendre entre six mois et un an pour produire la première image d’un cerveau humain ». Cette première image est espérée pour septembre 2018.

Source : Maxisciences

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