Éruptions solaires : il sera bientôt possible de les prédire

Bien que surveillée en permanence, l’activité du Soleil reste encore très difficile à prévoir. Ce n’est pas faute d’essayer. Mais la science avance. À force de persévérance, une équipe internationale dirigée par Étienne Pariat, chargé de recherche au CNRS et travaillant à l’Observatoire de Paris, a peut-être mis en évidence un facteur capable de détecter à l’avance un événement éruptif.

L’activité du Soleil est un réel sujet de préoccupation au sein des agences spatiales. Il faut savoir que les éruptions solaires et les sursauts d’activité peuvent induire sur Terre des « perturbations majeures comme des interférences dans les télécommunications ou la mise hors service des réseaux électriques dans des régions entières du globe », nous explique Étienne Pariat, chargé de recherche au CNRS et coordinateur du Pôle de physique solaire à l’Observatoire de Paris. « La grande coupure de courant au Québec de 1989 est l’archétype des conséquences néfastes de l’activité solaire sur l’activité humaine. »

Dans l’espace, autour de la Terre, elles peuvent perturber nos activités en orbite et endommager l’électronique des infrastructures technologiques, qu’elles soient spatiales ou terrestres. Enfin, alors que se préparent les expéditions à destination de Mars et s’organise le retour sur la Lune, ces éruptions « peuvent mettre en danger la vie des astronautes lorsqu’ils seront à l’extérieur de la magnétosphère ».

Eruption solaire

Aujourd’hui, s’il existe de nombreux services dédiés à l’interprétation des observations du Soleil pour établir des prévisions liées à son activité, « malgré l’étude de nombreux paramètres, la probabilité de prédire une éruption majeure un jour à l’avance ne dépasse pas 40 % ». Pour arriver à les prévoir « comme les services météorologiques prévoient un orage sur Terre », les météorologues de l’espace ont besoin d’un paramètre « prédicteur ». Et ils l’ont peut-être trouvé.

C’est ce qui a été réalisé dans l’étude qui vient de paraître dans le journal Astronomy and Astrophysics pilotée dans le cadre du programme HéliSol3 et ouvre ainsi la voie vers des prédictions plus performantes des éruptions solaires. Après avoir confirmé que « ni les énergies magnétiques ni l’hélicité du champ magnétique global ne remplissaient les critères d’un facteur prédictif », les scientifiques ont, « par une démarche mathématique complexe basée sur la séparation du champ magnétique en plusieurs composantes, mis au point le calcul d’un indice susceptible de pouvoir prévoir les éruptions ». Cet indice (qui compare deux hélicités de la zone potentiellement éruptive) a montré qu’il pouvait être un bon indicateur annonciateur d’une éruption. En simulant deux scénarios par ordinateur, l’un avec éruption et l’autre sans, cet indice « reste faible dans ces derniers, tandis que dans tous les autres cas, il s’élève sensiblement avant l’éruption ».

Ces résultats théoriques doivent maintenant être confirmés par l’analyse d’observations des régions actives solaires. C’est ce qui est entrepris actuellement dans le projet européen Flarecast qui vise à créer un système automatique de prédiction des éruptions.

Source : Futura-Sciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « Initiation à l’astronomie » et « Promenade spatiale au fil des ondes« , ainsi que la page Astronomie/Physique.

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