Le Canada muscles ses mesures pour lutter contre la pollution

Le gouvernement canadien a annoncé jeudi 18 mai 2017 la mise en place sur deux ans d’un cadre fédéral pour taxer les émissions de gaz à effet de serre, afin de renforcer les mesures déjà prises individuellement par les provinces.

L’Alberta, la Colombie-Britannique, le Québec et l’Ontario, qui réunissent 80% de la population canadienne, ont déjà leurs propres systèmes de taxe carbone ou de marché d’échange et de plafonnement des émissions de gaz à effet de serre. Ceux-ci pourraient être cependant renforcés par les nouvelles mesures fédérales s’ils ne satisfont pas les critères définis par le gouvernement de Justin Trudeau.

Les mesures visent particulièrement certaines provinces canadiennes qui n’en avaient pas encore mis en place pour lutter contre le changement climatique. « Nous devons agir ensemble », a souligné la ministre de l’Environnement Catherine McKenna lors d’une conférence de presse, rappelant que « la pollution a un prix ».

Si une province ne prend pas de mesures d’ici 2018, la solution fédérale « sera mise en place », a-t-elle averti, en réponse à l’opposition à la taxe carbone de provinces de l’Ouest canadien qui craignent un ralentissement des secteurs majeurs de leurs économies, dont l’industrie pétrolière. C’est le cas par exemple de villes champignon telles que Fort McMurray, cernée par les flammes l’année dernière à la même période. Une ville qui vit grâce à l’exploitation des sables bitumineux, et à laquelle un documentaire et un jeu avaient été consacrés.

Raffienrie Québec

Raffinerie de pétrole sur une rive du fleuve Saint Laurent dans la province de Québec au Canada (Source : AFP).

L’année dernière, le gouvernement avait annoncé un prix minimum initial de la tonne de carbone à 10 dollars canadiens (6,6 euros), censé augmenter chaque année pour atteindre 50 dollars (33 euros) en 2022. En retour, le gouvernement s’est engagé à investir plusieurs milliards de dollars pour encourager la transition du Canada vers des sources d’énergie moins polluantes. Il promet aussi que l’argent généré par ces taxes « reviendra aux provinces où elles ont été récoltées ».

En mars 2017, un rapport du Sénat avait conclu que le respect des engagements climatiques du pays à l’horizon 2030 « nécessitera un virage colossal des modes de production et des habitudes de consommation de l’énergie au Canada », et que les efforts actuellement mis en place par le gouvernement ne sont pas suffisants.

Le Canada a été récemment pointé du doigt par Michael Ferguson, vérificateur général du Canada (chargé de contrôler la gestion financière du gouvernement fédéral). Ce dernier déplore notamment la persistance de subventions aux énergies fossiles, dont la suppression avait pourtant été promise sur la scène internationale lors des réunions du G20 en 2009.

Au G20 il y a huit ans, rappelle-t-il, « le Canada a officiellement reconnu que les subventions inefficaces aux combustibles fossiles nuisaient à la lutte contre le changement climatique, favorisaient le gaspillage de la consommation d’énergie, réduisaient la sécurité énergétique et freinaient l’investissement dans les sources d’énergie propre ». Ce nouveau train de mesures annoncées par le gouvernement Trudeau permettra-t-il au Canada de tenir les engagements pris lors de la conférence sur le climat à Paris fin 2015 ?

Source : Sciences & Avenir/AFP

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, la page Risques majeurs.

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