Une expédition part demain pour découvrir un monde mystérieux à 150 mètres sous les océans

La troisième édition de l’expédition Under the Pole va réaliser plus de 500 plongées durant une expédition de trois ans à travers le monde.

On la désigne parfois sous l’appellation de « Twilight Zone ». La zone mésophotique, qui se situe après la surface et avant le noir absolu, soit entre 60 et 200 m de profondeur, est une sorte de zone grise, peu ou pas connue des scientifiques. C’est ainsi que 90% de nos océans demeurent encore inexplorés. Afin de lever une partie de ce mystère, la troisième édition de l’expédition Under the Pole va prendre la mer samedi 20 mai 2017.

Le navire « Why » va larguer les amarres depuis le port breton de Concarneau pour un périple qui devrait durer trois ans. Il effectuera un tour du monde qui l’emmènera du Groenland au Nord des Etats-Unis, puis en Polynésie et en Antarctique, avant de remonter jusqu’à son port de départ. Une longue mission qui mêlera observation, prise d’images scientifiques sous différents points de vue, du comptage, de l’échantillonnage (cryogénisé puis envoyé en laboratoire).

Plongeur sous les glaces

Un plongeur sous les glaces du Pôle Nord (Source : Under the Pole)

Trois plongeurs effectueront 500 plongées profondes tout au long du parcours afin d’en savoir un peu plus sur les super-prédateurs marins, sur les organismes bioluminescents ou les coraux des profondeurs. Ces plongées s’effectueront à l’aide de recycleurs en circuit fermés. Un dispositif grâce auquel le plongeur ne rejette pas l’air qu’il expire dans l’océan en un chapelet de bulles. L’air expiré est envoyé dans une cartouche contenant de la chaux, qui va fixer chimiquement le CO2. Ainsi, le plongeur peut respirer bien plus longtemps le même air et donc plonger sur d’importants laps de temps et descendre plus profond. En effet, l’air que l’on expire contient encore plus de 75% de son oxygène initial.

On sait depuis l’enfance qu’il ne faut surtout pas se mettre un sac plastique sur la tête, au risque d’y perdre la vie. Mais il est moins connu que c’est l’accumulation du CO2 qui va vous asphyxier plutôt que le manque d’oxygène.

Une première édition de l’expédition a eu lieu en 2010 durant 45 jours au Pôle Nord, avec pour mission de conduire des études sur la banquise. Lui a succédé une seconde aventure de 21 mois cette fois, entre 2014 et 2015, au Groënland. L’une des spécificités de ce troisième volet de la mission, est qu’elle va être l’occasion d’utiliser des « capsules de vie ». « On s’est demandé quel système développer pour rester 2 jours, 4 jours sous l’eau avec un confort suffisant qui permettrait de répéter ces programmes pour que ce ne soit pas juste un record.

On a travaillé sur cet habitat sous-marin. Là on part sur une structure rigide, un habitat rudimentaire qui permet à des équipes de plongeurs de rester très longtemps à 40 m de profondeur, de dormir, de manger, de se reposer et de pouvoir sortir travailler plusieurs jours avec des scaphandres recycleurs » a expliqué Ghislain Bardout, l’un des membres de l’expédition à l’AFP. Anciens collaborateurs de l’explorateur de l’Arctique Jean-Louis Etienne et tous deux plongeurs, Ghislain Bardout et sa compagne Emmanuelle Périé-Bardout iront à la découverte de ce monde marin à bord de leur propre bateau, dont ils ont fait l’acquisition en 2014 en hypothéquant leur maison, et avec leurs deux garçons, âgés de 5 et 1 an.

Source : Sciences & Avenir/AFP

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, la page Milieu marin/Biodiversité.

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