La couche d’ozone menacée par le dichlorométhane ?

La fin du « trou » dans la couche d’ozone, prévue autour de 2050 après l’interdiction des CFC en 1987, pourrait être retardée de 5 à 30 ans à cause des émissions de dichlorométhane, un solvant de plus en plus utilisé.

Le dichlorométhane, ou chlorure de méthylène (CH2Cl2 pour les intimes), est employé dans de nombreuses applications industrielles et domestiques comme solvant. Or, il serait un danger pour la couche d’ozone (O3), selon des chercheurs de l’université de Lancaster (Royaume-Uni). Après l’interdiction des composés à base de chlorofluorocarbone (CFC et HCFC) par le protocole de Montréal en 1987, la teneur en ozone de la stratosphère au-dessus de l’Antarctique, qui avait fortement diminué, justifiant le terme de « trou », semble être repartie à la hausse. Cette évolution laisse espérer un retour de la teneur initiale autour de 2050.

Mais les émissions de dichlorométhane, en forte hausse ces dernières années, pourraient retarder cet évènement de cinq ans, si elles se stabilisent au niveau actuel, ou de trente ans si l’augmentation se poursuit au même rythme, expliquent les chercheurs dans un article de Nature Communications et dans un communiqué. Instable, ce gaz a une durée de vie faible dans l’atmosphère et n’a, de ce fait, pas été pris en compte dans le protocole de Montréal. Son comportement reste mal connu.

Trou dans la couche d'ozone en Arctique Lire la suite

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Turbulences au cœur de la Terre

Pour la première fois une simulation numérique montre les turbulences du noyau de la Terre à 3000 km sous nos pieds.

Attention, chaud dedans ! Et turbulent aussi ! C’est la première fois que les mouvements du noyau de la planète, cette sphère liquide de fer et de nickel, située à 3000 kilomètres sous nos pieds, sont modélisés à ce niveau de détail.

Pour obtenir cette représentation fine, Nathanaël Schaeffer de l’Isterre (Institut des sciences de la Terre de Grenoble/CNRS et Université de Savoie) et ses collègues de l’Institut de physique du Globe de Paris (Université Paris Diderot) ont utilisé les ordinateurs les plus puissants du parc français : les supercalculateurs du Genci (Grand équipement national de calcul intensif) qui comporte pas moins de 80000 processeurs dont 16000 ont été utilisés. Cet exploit intéresse aussi bien les géophysiciens théoriciens que ceux qui cherchent à optimiser la navigation aérienne !

Car ces mouvements sont précisément à l’origine du champ magnétique de la Terre. Le noyau liquide –qui est un milieu conducteur d’électricité– entoure une graine solide d’un rayon de 1220 km. Les deux sont importants pour le maintien du champ.

Champ magnétique terrestre

Une représentation des lignes du champ magnétique terrestre (Source : N. Schaeffer/Isterre).

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Des archéologues découvrent d’exceptionnels proto-hiéroglyphes gravés sur une falaise en Egypte

Dans la ville d’El Kab en Égypte, un groupe de chercheurs américains a fait une trouvaille tout à fait surprenante : dans les vestiges de cette cité antique, se trouvent des traces témoignant des premières écritures égyptiennes vieilles de plus de 5.000 ans.

C’est une découverte qui en dit long sur l’Histoire des civilisations passées. Une équipe de chercheurs de l’Université de Yale (Etats-Unis), accompagnée d’un groupe du ministère des Antiquités égyptiennes et des Musées royaux d’art et d’histoire de Bruxelles (Belgique) a fait une somptueuse trouvaille sur la rive droite du Nil.

Tout près du village d’Al-Khawi, à 60 kilomètres au sud de la ville égyptienne Louxor, les archéologues se sont trouvés face à d’exceptionnelles falaises recouvertes de « proto-hiéroglyphes » auparavant inconnus. Autrement dit, d’écritures égyptiennes qui auraient précédé les véritables hiéroglyphes que l’on connait, remontant à environ 5.200 ans.

On pourrait même qualifier ces gravures rocheuses comme étant « certaines des premières étapes de l’écriture hiéroglyphique », a expliqué dans un communiqué John Coleman Darnell, chercheur à l’Université de Yale et initiateur des recherches menées dans le cadre du Elkab Desert Survey Project.

Site archéologique Nekheb

L’un des sites archéologiques de fouilles proches de la ville antique de Nekheb en Égypte (Source : Yale University/Ministry of Antiquities).

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Deux études à grande échelle confirment les dégâts des néonicotinoïdes sur les abeilles

Ces insecticides extrêmement puissants diminuent la fertilité des colonies, augmentent la mortalité et contaminent l’environnement.

Ce sont sans doute les derniers clous dans le cercueil des néonicotinoïdes. Deux études, l’une britannique, l’autre canadienne, publiées vendredi 30 juin par la revue Science, éteignent les derniers doutes qui pouvaient – éventuellement – subsister sur les dégâts occasionnés par ces nouvelles générations d’insecticide agricole sur les pollinisateurs. Introduits dans les années 1990, les néonicotinoïdes sont suspectés de longue date d’être une cause déterminante dans le déclin mondial des abeilles domestiques, des pollinisateurs sauvages et, indirectement, des oiseaux.

Très controversés, ces pesticides sont principalement utilisés de manière préventive, en enrobage des semences : lorsque les plantes traitées poussent, tous leurs tissus (feuilles, tiges, pollen, nectar, etc.) s’imprègnent du toxique. Conduites à une échelle inédite, les deux nouvelles études montrent une survie réduite des butineuses, une fertilité diminuée et une mortalité hivernale augmentée des colonies d’abeilles domestiques exposées en conditions réelles à deux néonicotinoïdes, le thiaméthoxame et la clothianidine. Les observations menées sur les pollinisateurs sauvages montrent des effets délétères plus marqués.

La première expérience, conduite par Ben Woodcock (Centre for Ecology and Hydrology), a été menée sur onze sites différents, répartis dans trois pays – Allemagne, Royaume-Uni et Hongrie. Et sur chaque site, trois exploitations agricoles ont mis en culture du colza : deux exploitations avaient traité leur culture avec un néonicotinoïde (clothianidine ou thiaméthoxame), et une exploitation témoin n’en avait pas utilisé. Plusieurs dizaines d’hectares ont ainsi été mobilisés.

Abeilles Lire la suite

Deux trous noirs supermassifs dansent l’un autour de l’autre

Dans le catalogue des radioastronomes, 0402+379 est une radiogalaxie qui semble posséder deux cœurs. Ce sont deux trous noirs supermassifs et les observations semblent bien montrer qu’ils sont en orbite l’un autour de l’autre.

La découverte des étoiles binaires a permis de tester la loi de la gravitation de Newton en dehors du Système solaire et, longtemps, les mouvements des étoiles de la Voie lactée et dans les autres galaxies sont eux aussi apparus conformes aux équations du fondateur de la physique classique. Ces faits ont fortement contribué à l’idée de lois universelles. Aujourd’hui, les physiciens ont des doutes, comme le prouve le développement de la théorie Mond. La théorie de la relativité générale a aussi remplacé celle de Newton, en renouvelant au passage également le concept de trou noir, déjà entrevu par Michell et Laplace à la fin du XVIIIe siècle.

La théorie d’Einstein peut être testée, avec l’espoir de la dépasser, par l’observation des mouvements d’étoiles autour du trou noir supermassif installé au cœur de la Voie lactée. Elle pourrait aussi être mise à l’épreuve grâce à la détection d’ondes gravitationnelles produites par deux trous noirs supermassifs qui fusionnent ou quand l’un d’eux avale une étoile à neutrons. De tels phénomènes peuvent également servir à mettre à l’épreuve nos idées sur les trous noirs.

Des trous noirs supermassifs sont tapis au cœur des galaxies et nous savons qu’elles fusionnent parfois. On devrait donc détecter des galaxies avec deux trous noirs supermassifs en orbite l’un autour de l’autre, se rapprochant d’abord lentement, mais inexorablement, de leur coalescence. Quelques cas de tels systèmes doubles ont été repérés depuis une dizaine d’années mais ces observations n’étaient pas solides. Il semble qu’il en soit aujourd’hui tout autrement, comme le prouve une récente publication dans Astrophysical Journal, disponible sur arXiv.

Deux trous noirs supermassifs

Une vue d’artiste de deux trous noirs supermassif très rapprochés et en orbite l’un autour de l’autre. (Source : J. Valenzuela, UNM)

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Cambodge : découverte d’œufs de crocodiles en voie d’extinction

Un nid contenant 19 œufs d’une espèce de crocodile en voie d’extinction a été découvert récemment dans le sud-ouest du Cambodge, où ils sont victimes des braconniers.

Les crocodiles siamois étaient autrefois omniprésents en Asie du Sud-Est mais leur nombre a drastiquement chuté à cause de la chasse et de la destruction de leur habitat naturel. Ils figurent actuellement sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour les espèces menacées.

« Pour éviter toute menace, nous avons déplacé les œufs dans un endroit sûr avant l’éclosion », a expliqué In Hul de l’administration des pêches du Cambodge dans un communiqué. Après l’éclosion des œufs, les crocodiles bébé seront élevés dans un centre de conservation jusqu’à ce qu’ils soient suffisamment mûrs pour être libérés dans la nature, a déclaré Eng Mengey de l’ONG Wildlife Conservation Society (WCS).

Oeufs crocodiles Cambodge

Photo fournie par l’ONG Wildlife Conservation Societé le 8 mai 2017 montrant un chercheur découvrant un nid avec 19 œufs de crocodiles près de Koh Kong, au Cambodge (Source : WCS/AFP)

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Hubble découvre une galaxie morte trop tôt et qui défie l’astrophysique

Les galaxies en forme de disque sont connues pour être des lieux de formation d’étoiles au contraire des galaxies elliptiques dominées par une population d’étoiles âgées et dont les réserves de gaz sont épuisées. Pourtant, au grand étonnement des astronomes, une jeune galaxie en forme de disque a un contenu similaire à celui d’une vieille galaxie elliptique. Une observation réalisée par Hubble qui ne cadre pas avec les modèles astrophysiques classiques de l’évolution des galaxies.

Il y a un peu moins d’un siècle, Edwin Hubble et quelques-uns de ses collègues nous ont ouvert les portes d’un nouveau territoire, celui du royaume des nébuleuses. Nous avons fait des progrès très significatifs dans son exploration mais force est de constater que le monde des galaxies et des amas de galaxies contient encore bien des zones d’ombres. À commencer par celles qui sont du ressort des énigmes de la matière noire et de l’énergie noire.

Hubble avait en son temps proposé une classification des galaxies. Certains, mais pas lui, y voyaient les indices d’une évolution de ces structures cosmiques qui peuvent contenir des milliards d’étoiles. En gros, trois grands types pouvaient être distingués : celles en forme de disque (qui peuvent contenir ou non des bras spiraux et qui sont lenticulaires ou spirales), les elliptiques et les irrégulières.

Les astronomes ont d’abord cru que les galaxies débutaient leur vie sous forme elliptique pour ensuite devenir des spirales. Mais au fur et à mesure que leurs caractéristiques ont été mieux comprises et que les images de ces astres sont devenues plus nombreuses et mieux résolues, cette interprétation a été renversée.

Voie lactée & MACS2129-1

Sur cette vue d’artiste, la Voie lactée est comparée à MACS2129-1 qui, bien que deux fois plus petite, contiendrait trois fois plus de masse. Étrangement, MACS2129-1 n’est plus un lieu de formation de jeunes étoiles bleues. (Source : NASA/ESA)

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