Homo sapiens, 100 000 ans dans les dents

Dans la dernière livraison de la revue Nature, la datation des restes humains découverts sur le site de Jebel Irhoud, au Maroc, a été révisée : ils seraient vieux de 300 000 ans. Les crânes retrouvés présentent une morphologie proche de la nôtre.

Notre espèce prend un gros coup de vieux. Une sacrée beigne même après l’annonce, ce mercredi, de la découverte sur le site archéologique de Jebel Irhoud, au Maroc, des plus anciens fossiles d’Homo sapiens connus à ce jour. Ces restes humains datés de 300 000 ans, soit une centaine de milliers d’années de plus que le plus vieux représentant à ce jour de notre espèce, l’Ethiopien d’Omo Kibish (195 000 ans), font en effet l’objet de deux articles dans la dernière livraison, jeudi, de la revue Nature. Qualifiée de « sérieuse » et de « solide » par les sommités de la discipline comme Yves Coppens, cette trouvaille est une pièce supplémentaire à ajouter au puzzle de nos origines. On la doit à une équipe internationale dirigée par les paléoanthropologues Jean-Jacques Hublin, professeur au Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig, et Abdelouahed Ben-Ncer, professeur à l’Institut national d’archéologie et du patrimoine (Insap) de Rabat.

Présentés au Collège de France en début de semaine, les fossiles du site de Jebel Irhoud sont une denrée rare pour les spécialistes du paléolithique. Au cours des fouilles, les chercheurs ont ainsi exhumé les restes de cinq individus (trois adultes, un adolescent et un enfant), en particulier des fragments de boîtes crâniennes, une mandibule complète, une maxillaire, deux humérus d’enfant, un fémur ou encore de nombreuses dents. « Le matériel archéologique était en excellent état de conservation, précise le paléoanthropologue Abdelouahed Ben-Ncer. On est passé de six fossiles en 2004 à 22 aujourd’hui, c’est dire la richesse de ce site. » En plus des restes humains, des outils caractéristiques de l’industrie lithique – le débitage de la pierre – de l’époque ainsi que des fossiles de la faune sauvage environnante chassée (gazelles, zèbres, léopards, lions, etc.) ont également été extraits de la couche sédimentaire.

De quoi mesurer assez précisément l’âge de ces premiers hommes dont la morphologie crânienne (une face plate et réduite, une boîte crânienne globulaire et une denture d’allure moderne) est très comparable à celle des hommes de notre époque. « C’est la face de quelqu’un qu’on pourrait rencontrer dans le métro », assure Jean-Jacques Hublin. Petite nuance : ces sapiens primitifs présentent toutefois un volume crânien moins important – donc un cerveau plus petit – traduisant une évolution graduelle de notre propre espèce dotée d’un cerveau plus grand. « La grande histoire des 200 000 dernières années, c’est donc la complexification du cerveau dans la lignée humaine », en conclut le paléoanthropologue.

Homo sapiens Jebel Irhoud

Un Homo sapiens découvert dans la grotte de Jebel Irhoud, au Maroc (Source : Ryan Somma).

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La Chine met en fonctionnement la plus grande centrale solaire flottante du monde

Construite dans une mine de charbon désaffectée et inondée, cette centrale a été connectée en mai 2017 au réseau électrique chinois.

Œuvre de la société chinoise Sungrow, une nouvelle ferme solaire vient d’être mise en activité à proximité de la ville de Huainan à environ 200 kilomètres au nord-ouest de Shanghai. En plein cœur de la province d’Anhui, une zone agricole assez pauvre autrefois, mais qui à partir des années 1950 a commencé à prospérer en partie grâce à l’exploitation de ses gisements miniers ainsi que de son… charbon.

Or, c’est justement dans une mine de charbon à ciel ouvert, désaffectée puis inondée que cette centrale a été rapidement mise en place en 2016. Les milliers de panneaux solaires cumulent une puissance de 40 mégawatts. De quoi alimenter en électricité environ 15.000 foyers, chiffrent les médias chinois.

Elle aurait été connectée au réseau du pays en mai 2017, et, de part sa capacité, serait désormais la plus puissante centrale solaire flottante du monde. Le précédent record était détenu par une autre installation très similaire, également située à Huainan et installée dans une mine de charbon désaffectée.

Ferme solaire flottante Chine

La plus grande centrale solaire électrique flottante du monde est entrée en fonction en Chine (Source : Sungrow).

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Sur Mars, un immense et mystérieux trou intrigue la NASA

Une immense fosse à la surface de Mars, photographiée par MRO, la sonde spatiale de la NASA, pose un sérieux problème aux scientifiques: son origine est inexplicable.

On aurait pu croire que Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), la sonde spatiale de la NASA qui tourne autour de la planète rouge depuis 11 ans, avait déjà tout vu. Une nouvelle photo publiée le 2 juin sur le site de la NASA, prouve le contraire.

Le cliché, pris lors du survol de l’hémisphère sud de Mars et de son fameux « Champ de gruyère », révèle en son centre un immense et mystérieux trou. Entouré de plaques de gaz carbonique gelé, qui donnent cet aspect de « fromage » à la région, il ferait quelques centaines de mètres de large, selon les premières estimations, note Science Alert.

Surtout, il serait plus profond que les autres, ce que les astronomes et les scientifiques de la NASA n’arrivent pas à expliquer. Car si la surface est parcourue par des centaines de milliers de cratères de météorites, d’effondrements d’anciens tunnels de lave ou encore des marques d’inondations passées, ce trou-là ne présente pas les caractéristiques habituelles.

Trou immense Mars

Photo prise par la sonde de la Nasa Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) montrant le mystérieux cratère, situé dans l’hémisphère sud de la planète rouge (Source : NASA/JPL-Caltech/Univ. of Arizona).

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2 millions de véhicules électriques en 2016 dans le monde, un record, selon l’AIE

Le nombre de véhicules électriques en circulation dans le monde a atteint le record de deux millions l’an dernier mais le chemin est encore long avant de pouvoir atteindre un niveau pouvant contribuer à limiter le réchauffement climatique, selon un rapport publié mercredi par l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Bien qu’ayant doublé par rapport à 2015, ce chiffre ne représente globalement que 0,2% des véhicules légers en circulation. « Il y a encore beaucoup à faire avant d’atteindre un parc susceptible d’apporter une contribution significative aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre », écrivent les auteurs du rapport.

« Pour contenir la hausse des températures à moins de deux degrés Celsius d’ici la fin du siècle, le nombre de voitures électriques devra atteindre les 600 millions d’unités d’ici 2040 », estiment-ils.

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SpaceX réutilise avec succès une capsule Dragon

SpaceX ne cessera pas de nous étonner. Après la récupération et l’utilisation des étages principaux de ses lanceurs, la société d’Elon Musk recycle ses capsules Dragon. Pour sa onzième mission de ravitaillement à destination de l’ISS, sur les 20 prévues dans son contrat avec la NASA, la capsule Dragon a apporté 2,7 tonnes de fret. La variété de cette cargaison résume bien l’intérêt d’utiliser cette Station spatiale.

Pour sa onzième mission de ravitaillement de la Station spatiale internationale, SpaceX a utilisé une capsule Dragon qui a volé en septembre 2014, lors de la mission de ravitaillement numéro 4. Un joli exploit, certes moins technique que la réutilisation d’un étage du lanceur Falcon 9, mais qui va permettre à SpaceX de réduire la production des capsules inhabitées pour mieux se concentrer sur la version habitée, Dragon v2.

Initialement prévu le 1er juin, le lancement de la capsule Dragon, par un lanceur Falcon 9 de SpaceX, a eu lieu le 5 juin depuis le pas de tir 39A du Centre spatial Kennedy. Ce dernier était utilisé pour la centième fois depuis le premier vol d’une fusée Saturne 5, le 9 novembre 1967, pour la mission Apollo 4. Le premier étage du lanceur a été récupéré sur la terre ferme moins de huit minutes après son décollage et la capsule s’est amarrée à la Station hier.

Elle emporte quelque 2,7 tonnes de fret dont des expériences scientifiques, de nouveaux instruments ainsi qu’une nouvelle génération de panneaux solaires. Avec une fabrication innovante, ils sont plus légers que ceux en service aujourd’hui, également moins encombrants et plus simples à déployer en orbite. S’ils ont été envoyés dans l’espace, c’est que la gravité terrestre ne permet pas de tester leur ouverture. Ils sont aussi conçus pour alimenter directement des propulseurs ioniques sans utiliser un dispositif électrique de conversion. Cet aspect ne sera pas testé lors de cette mission.

Falcon 9 & capsule Dragon

Décollage d’un lanceur Falcon 9 avec une capsule Dragon à destination de l’ISS pour la deuxième fois après un premier vol en septembre 2014 (Source : NASA)

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Deux baleines très rares filmées pour la première fois par un drone

Un drone piloté depuis un navire de l’ONG Sea Shepherd a réussi à capturer des images de deux baleines de Cuvier : une mère et son petit.

Parti d’un navire de recherche de l’organisation Sea Shepherd R/V Martin Sheen (du nom de l’acteur américain, actif soutien de l’ONG), un drone a réussi pour la première fois à filmer deux baleines de Cuvier (Ziphius cavirostris) aux abords de l’île Guadalupe (Mexique) le 20 mai 2017. Sur les images captées par l’aéronef, on découvre une mère et son petit. Trois autres spécimens ont été aperçus un peu plus tard.

En octobre 2016, déjà plusieurs baleines de Cuvier avaient été vues au large de l’île mexicaine. Les chercheurs supposent donc que cette zone est un lieu de reproduction pour l’espèce. Cela peut se révéler particulièrement intéressant pour les biologistes qui souhaitent en apprendre davantage sur cette espèce très discrète.

Baleines de Curvier

Pour la première fois, deux baleines de Cuvier ont été filmées par un drone (Source : Sea Shepherd).

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