Dinosaures : un volcanisme massif au Trias expliquerait leur domination

Des données géochimiques confirment année après année le lien entre de massives éruptions volcaniques à la fin du Trias et la grande crise biologique qui est survenue il y a environ 201 millions d’années. Des événements qui auraient favorisé l’essor des dinosaures.

Les spécialistes en géosciences s’accordent généralement pour penser que les dinosaures ont disparu sous l’effet conjoint des éruptions volcaniques du Deccan en Inde et de l’impact d’un petit corps céleste d’une dizaine de kilomètres au Yucatan. Mais quand il s’agit de déterminer l’importance de chacun de ces événements, ils divergent. Quant à la question de savoir comment, exactement, la grande extinction du Crétacé s’est produite, c’est-à-dire comment les écosystèmes et les espèces qui les constituent se sont effondrés dans le détail, les réponses données sont partielles et problématiques.

L’une des stratégies pour essayer d’y voir plus clair est de s’intéresser aux causes ainsi qu’au déroulement des autres grandes extinctions. Paradoxalement, il semble de plus en plus clair que la domination des dinosaures et leur formidable succès évolutif a en partie été rendu possible du fait de grands épanchements magmatiques similaires à ceux des Deccan, dont l’éruption fissurale qui s’est produite en Islande il y a quelques années peut nous en donner une idée.

En effet, il y a environ 200 millions d’années, une grande crise biologique s’est produite à la fin du Trias. La moitié des espèces animales ou végétales se sont alors éteintes en peu de temps, laissant vacantes de nombreuses niches écologiques que ne vont pas tarder à occuper en masse les dinosaures.

Essor dinosaures Trias

Suite à d’importantes éruptions volcaniques, les dinosaures ont pris leur essor.

Les chercheurs ont pensé relier cette extinction à la géodynamique de notre Planète bleue. À cette époque, la Pangée est en train de commencer à se disloquer. L’Europe, les Amériques et le nord de l’Afrique étaient soudés mais quatre épisodes volcaniques majeurs vont survenir qui vont accompagner le début du rifting à l’origine de la naissance de l’Atlantique nord. Il se forme alors ce que les géologues appellent la province magmatique centre-atlantique (ou Camp, pour Central Atlantic Magmatic Province), c’est-à-dire l’amas de roches ignées formé par plus de dix millions de kilomètres cubes de laves émises en moins de 600.000 ans. Il s’agit essentiellement de basaltes que l’on trouve encore de nos jours aux États-Unis et au Canada, mais aussi dans le sud de la France, en Espagne ou au Maroc.

Il y a quelques années, l’amélioration des méthodes de datation a permis de consolider la thèse de la relation étroite entre la mise en place des Camp et ce que les paléontologues considèrent comme la quatrième grande crise biologique de l’histoire de la biosphère. Une publication dans Pnas provenant d’une équipe de chercheurs britanniques en géosciences vient d’enfoncer encore un peu plus le clou. Il est plus que jamais crédible que cette extinction ait bien été causée par des émissions répétées d’importantes quantités de gaz carbonique, lesquelles peuvent changer le climat et acidifier les océans, créant ainsi des conditions peu favorables aux espèces vivantes.

En tant que géochimistes, ces chercheurs se sont intéressés à la composition de roches sédimentaires qui se sont déposées précisément pendant l’extinction du Trias. Elles ont été échantillonnées sur des sites en Argentine, Autriche, Canada, Maroc et Groenland. L’idée était de tenter de découvrir la présence d’anomalies dans le contenu en mercure de ces sédiments. Des éruptions volcaniques conduisent effectivement à la libération de cet élément dans les gaz émis.

Trias volcan New Jerseuy

Cet affleurement peut être observé dans le New Jersey, aux États-Unis, à proximité d’habitations. Les roches noires à gauche sont des basaltes émis durant la formation de la province magmatique centre atlantique. Elles recouvrent des sédiments riches en organismes du Trias (en rouge). (Source : Lamont-Doherty Earth Observatory)

Non seulement il a été possible de mettre en évidence des pics dans la quantité de mercure incorporée dans ces sédiments mais ceux-ci coïncidaient également avec la chronologie des émissions de CO2 dans l’atmosphère, ce qui consolide fortement la thèse qu’il s’agissait bien d’émissions d’origine volcanique.

De grandes éruptions volcaniques sont donc bel et bien en mesure de provoquer des crises biologiques majeures, mais paradoxalement, au moins au Trias, elles n’auraient pas affecté les dinosaures. Au contraire, elles les auraient favorisés. Quid de l’influence des éruptions du Deccan sur la crise KT ?

Source : Futura-Sciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « La machine Terre » et « Le volcanisme« , ainsi que la page Risques majeurs.

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