Le blob, cet étrange organisme qui fascine les scientifiques

De son nom scientifique Physarum polycephalum, le « blob » n’est pas un organisme comme les autres. Ni animal, ni végétal, ni champignon, cette mousse jaune défie les lois de la biologie et n’en finit plus de fasciner les spécialistes avec ces propriétés inattendues.

Avec son aspect de grosse éponge visqueuse, cet organisme ne semble pas être une merveille de la nature et pourtant, c’est probablement l’un des plus extraordinaires découverts par les scientifiques. Son nom : Physarum polycephalum ou plus affectueusement le « blob » en référence au film de science-fiction éponyme sorti en 1958 avec Steve McQueen.

Sous ses airs de simple mousse que l’on rencontre dans les sous-bois, le blob cache bien son jeu. Car depuis quelques décennies, celui-ci défie toutes les lois de la biologie. Composé d’une seule cellule, cet organisme n’est ni un animal, ni un végétal, ni un champignon. Pourtant, il présente des caractéristiques similaires à chacune de ces branches de la classification.

Face à une telle étrangeté, les scientifiques ont classé le blob dans la catégorie des protistes, un groupe très hétérogène qui constitue une sorte de fourre-tout des organismes inclassables. Mais il n’en existe pas qu’une seule espèce. D’après Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS et spécialiste du blob, Physarum compterait un millier d’espèces aux formes et couleurs variées.

Blob

Le blob ou Physarum Polycephalum

C’est en 1973 que cet organisme est arrivé sur le devant de la scène lorsqu’une habitante au Texas a découvert une monstrueuse masse spongieuse dans son jardin. Effrayée, la femme a appelé les pompiers et la police qui ont brûlé le blob avant de lui tirer dessus… sans résultat : plusieurs heures après, la masse avait doublé de volume !

Si ce myxomycète (littéralement « champignon gluant ») peut couvrir jusqu’à 10 mètres carrés de surface, il n’est composé que d’une seule cellule. Une cellule qui assure donc toutes les fonctions nécessaires à sa survie et les bizarreries ne s’arrêtent pas là. Le blob se déplace tranquillement dans les sous-bois à raison d’environ un centimètre par heure.

Ceci lui permet de partir à la recherche de nourriture – des champignons qu’il engloutit avant de les digérer – mais aussi de partenaires pour se reproduire. Et dans ce domaine, l’organisme fait figure de record : d’après les scientifiques qui l’étudient, il existe chez lui 221 sexes différents ! Une particularité qui accroit considérablement ses capacités de reproduction.

Comme l’a montré la rencontre de 1973, le blob est immortel ou presque. Il ne craint pas le feu, ni l’eau, il est même découpable. Si vous le divisez en plusieurs morceaux, l’organisme est capable de cicatriser en deux minutes et de reformer une seule masse. Plus étonnant, si le blob n’aime ni la lumière, ni le manque de nourriture, il a trouvé un moyen d’y faire face.

Lorsque les conditions environnementales ne sont pas propices, l’organisme va se mettre à sécher pour former ce que les spécialistes appellent un sclérote, une sorte d’état dormant dans lequel le blob peut rester des années jusqu’à ce que la situation redevienne favorable pour lui permettre de poursuivre sa croissance exponentielle.

Ces extraordinaires capacités ne s’arrêtent pas là. Depuis plusieurs années, Audrey Dussutour et ses collègues du Centre de recherches sur la cognition animale ont mené différentes expériences sur le blob. Des tests qui ont permis de découvrir que même en étant dépourvu de cerveau, l’organisme est capable de résoudre des problèmes et même de se souvenir.

Les expériences réalisées sur le blob ont consisté à lui poser différents types de problèmes tels que des labyrinthes. Les chercheurs ont constaté qu’il est tout à fait capable de s’en sortir. Mieux, il est doté d’une sorte de mémoire externe qui lui permet de savoir où il est déjà passé grâce à du mucus qu’il laisse trainer derrière lui.

Comme l’a expliqué Audrey Dussutour dans une fascinante conférence TED, d’autres tests ont permis de découvrir que P. polycephalum peut établir des réseaux très efficaces et adapter parfaitement son régime alimentaire. Il est également capable de transmettre ses apprentissages à un congénère en fusionnant avec lui, selon une étude publiée fin 2016.

Et comme si ces caractéristiques n’étaient pas assez surprenantes, les chercheurs ont constaté que le blob semblait aussi avoir une « personnalité ». En étudiant des spécimens américains, australiens et japonais, ils ont observé de l’un à l’autre des comportements différents vis-à-vis de leur environnement… Et les recherches sont loin d’être terminées. Autant dire que le blob n’a pas fini de nous étonner !

Source : Maxisciences

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