A-t-on détecté pour la première fois une exolune ?

Si la découverte se confirme, ce satellite, situé à 4000 années-lumière de la Terre, ferait la taille de Neptune et orbiterait autour d’une planète gazeuse.

Depuis quelques jours, le petit monde de l’astronomie est en effervescence. Non, la preuve d’une vie extraterrestre n’a pas été découverte. Mais si les analyses de deux chercheurs de l’Université de Columbia sont correctes, « Kepler-1625b I » restera dans l’histoire comme la première exolune détectée par l’humanité, rapporte la BBC.

Le satellite, de la taille de Neptune (qui a donc été surnommé « Nept-lune »), orbiterait autour d’une planète gazeuse de la taille de Jupiter, mais dix fois plus dense. Le tout autour d’une étoile, Kepler-1625, située à quelque 4000 années-lumière de la Terre.

Mais il ne faut pour autant pas crier victoire trop vite, rappelle Nature. On a cru de nombreuses fois par le passé avoir détecté la première lune en dehors du système solaire. Mais chaque candidate a toujours été défaite par des analyses plus poussées: bug, erreur résiduelle, bruit parasite ont finalement été détectés. A tel point que les deux chercheurs, David Kipping et Alex Teachey ne voulaient surtout pas en parler, dans un premier temps.

Exolune

Une vue d’artiste d’une exolune orbitant autour d’une exoplanète géante (Source : NASA).

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Une colle chirurgicale inspirée de la bave de limace

Après avoir étudié les propriétés de la bave de limace, des chercheurs ont créé une glu à la fois solide et flexible qui pourrait recoller des plaies même en présence de sang. Elle s’est avérée efficace sur un cœur de cochon.

Redoutées des jardiniers amateurs, les limaces sont aussi une source d’inspiration pour les scientifiques…. Le mucus collant et élastique produit par ce mollusque a permis à des chercheurs d’imaginer une nouvelle colle chirurgicale très prometteuse. Il existe déjà des colles chirurgicales pour réparer des tissus, mais elles présentent souvent des inconvénients : manque de solidité ou de souplesse (la colle peut être trop rigide), toxicité pour les cellules, inefficacité en milieu humide…

Dans la revue Science, des chercheurs de l’université de Harvard (États-Unis) expliquent qu’ils ont étudié le mucus de limaces communes en Europe (Arion subfuscus) pour créer une glu compatible avec les cellules et efficace sur des tissus en mouvement ou humides. La bave de limace contient une substance dure avec des protéines chargées positivement. Les chercheurs ont développé une variante de cette glu naturelle en utilisant des polymères chargés positivement dans un gel à base d’eau (hydrogel). Les polymères forment des liens avec l’hydrogel et la surface des tissus biologiques pour les coller.

Limace Lire la suite

Les exoplanètes se comptent par milliers

Parmi les très nombreuses planètes découvertes, plusieurs ressemblent à la Terre. Mais les chances qu’elles abritent la vie sont minces.

Natalie Batalha, astrophysicienne de la NASA, et Michaël Gillon, son collègue de l’observatoire de Liège (Belgique), se sont immiscés dans le palmarès des 100 personnalités de l’année 2017 établi par le magazine américain Time. Responsable scientifique de la mission Kepler, la première peut se targuer de la découverte de quelques milliers d’exoplanètes (planètes situées en dehors de notre système solaire). Et le second a déniché fin avril avec son équipe le système planétaire Trappist-1, composé de sept planètes (a, b, c, d, e, f, g) gravitant autour d’une étoile naine. Ces douze derniers mois, les chasseurs de planètes ont aussi débusqué GJ 1132b, la première à présenter une atmosphère riche en vapeur d’eau et méthane ou encore Proxima b, notre plus proche voisine, située à seulement 4 années-lumière.

Surtout, la moisson a été riche en planètes rocheuses, comme la Terre. Pourtant, il s’agit là d’une catégorie plutôt minoritaire au sein des exoplanètes, dont la plupart ont plutôt la taille de Neptune, soit quatre fois le rayon de la Terre. Mieux ! trois des sept Trappist (e, f et g) se trouvent dans la zone d’habitabilité de leur étoile. Autrement dit dans cette région très particulière où l’eau peut se maintenir à l’état liquide, condition préalable à toute forme de vie.

Examinons-les de plus près. L’étoile (Trappist-1) autour de laquelle gravitent les sept planètes est une naine rouge peu massive et pas très chaude, située à 40 années-lumière de nous. « Les planètes en sont toutes très proches : si l’on compare avec le système solaire, c’est comme si elles se trouvaient rassemblées dans un espace pas plus grand qu’un sixième de l’orbite de Mercure », explique Michaël Gillon. D’après les calculs, e, f et g pourraient présenter des océans d’eau liquide.

Exoplanètes potentiellement habitables

Quelques unes des exoplanètes en zone « potentiellement habitable » autour de leur étoile (Source : PHL).

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Au menu de l’éclipse américaine, modélisation des nuages et sciences citoyennes

L’éclipse américaine du 21 août 2017 est attendue de pied ferme par les chercheurs, qui pourront procéder à de nombreuses expériences. Les observateurs aussi seront sollicités à travers une application smartphone dédiée, elle aussi, au progrès de la science.

Le 21 août 2017, les Américains vont vivre leur première éclipse solaire totale depuis 1918. Un événement rare, qui va mobiliser les chercheurs et les autorités fédérales du pays, et qui produira une ombre d’environ 110 km de largeur qui se déplacera de l’Oregon, dans l’extrême nord-ouest, en milieu de matinée, jusque sur la Caroline du sud de l’autre côté du pays, dans l’après-midi, traversant au total 14 États en près de deux heures.

Mais au-delà du spectacle, il s’agit d’une occasion exceptionnelle pour les chercheurs de mener à bien certaines expériences, impossibles à réaliser en conditions normales. Et les citoyens sont également appelés à participer, puisque l’Agence spatiale américaine (NASA) a dévoilé une application pour smartphones qui doit permettre à chacun de collecter des données sur son lieu d’observation !

L’éclipse totale fournira aux chercheurs l’occasion unique de réaliser de nombreuses expériences. L’une d’entre elles devrait permettre de valider un modèle numérique permettant de simuler à l’échelle de la planète entière la part de la lumière solaire réfléchie et absorbée, et ce en tout point de la Terre ou de son atmosphère. C’est ce qu’on appelle un modèle de transfert radiatif 3D : celui que la NASA veut tester prend en compte chaque nuage (diffusion et réflexion) ! Or l’éclipse, en projetant une ombre géante sur la planète, représente une occasion unique de s’assurer que le modèle reste valide aussi lorsque ce n’est rien de moins que la Lune qui bloque le rayonnement solaire.

Eclipse 21/07/2017

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Vieillissement : l’hypothalamus au cœur du processus

Régulation de la température corporelle, sensation de faim ou de soif : au cœur de notre cerveau, l’hypothalamus joue un rôle essentiel, peut-être encore plus qu’on ne le pensait jusqu’à maintenant. Des chercheurs américains affirment en effet aujourd’hui qu’il intervient dans le processus de vieillissement.

L’hypothalamus ne pèse pas plus de 4 grammes et se trouve niché au fond de notre cerveau. Son importance est capitale. L’hypothalamus régule en effet de nombreuses fonctions de notre organisme : la faim, la soif, le sommeil ou encore la température corporelle, et même les émotions et le comportement sexuel, des fonctions essentielles à notre survie. On apprend aujourd’hui que l’hypothalamus serait également impliqué dans le processus qui mène… à notre mort !

Depuis quelques années déjà, les chercheurs soupçonnaient l’hypothalamus de jouer un rôle dans le vieillissement. L’âge avançant, celui-ci a en effet tendance à montrer des signes d’inflammation. En 2013, des neuroendocrinologues de l’Albert Einstein College of Medicine de New York (États-Unis) avaient déjà montré que calmer cette inflammation permettait d’augmenter la durée de vie de souris.

Dans une nouvelle étude — toujours menée sur des souris —, ils sont parvenus à faire le lien entre le déclin physique et mental des animaux et la disparition de cellules souches dans leur hypothalamus. Une preuve de plus du rôle de cette région du cerveau dans le processus de vieillissement, et peut-être une piste qui pourrait conduire à de nouvelles stratégies de lutte contre les maladies liées à l’âge ou de prolongation de la durée de vie.

Hypothalamus

Selon une étude américaine, notre vieillissement serait commandé par des microARN libérés par des cellules souches présentes dans notre hypothalamus.

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Des chercheurs partent à la découverte de Zealandia, un « continent immergé »

Et si la Terre comptait un continent de plus ? En apparence farfelue, cette hypothèse est très sérieusement avancée par des scientifiques. Ce vendredi 28 juillet, un navire de recherche a ainsi appareillé pour explorer Zealandia, une gigantesque masse terrestre essentiellement immergée, que certains considèrent comme un « nouveau continent ».

Le « Joides Resolution », un bateau de recherche scientifique utilisé pour les forages en mer, a quitté le port australien de Townsville, dans l’Etat du Queensland (nord-est), pour aller faire des prélèvements. L’objectif : mieux comprendre l’évolution géologique, depuis des dizaines de millions d’années, de la zone en question.

Selon ces chercheurs, Zealandia se serait désolidarisé du supercontinent Gondwana il y a 75 millions d’années et couvrirait une superficie de 4,9 millions de kilomètres carrés, soit la moitié du Canada. Près de 95% de sa surface est immergée, la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie étant ses deux principales terres émergées. Une caractéristique qui complique les recherches et divise les scientifiques.

Cette expédition fait suite à la publication, en février dernier, d’un article dans lequel des chercheurs australiens, néo-calédoniens et néo-zélandais détaillaient les raisons pour lesquelles Zealandia, dont l’existence est évoquée depuis au moins 1995, devrait être considéré comme un continent. Dans cette étude, les scientifiques expliquent que Zealandia répond à quatre critères fondamentaux de la définition d’un continent.

Joides Resolution

Le bateau américain Joides Resolution

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Des images incroyablement détaillées d’un sursaut gamma

Plusieurs télescopes, sur ciel et en orbite, ont pu détecter et observer un sursaut gamma, l’un des phénomènes les plus énergétiques de l’univers.

Les sursauts gamma sont des explosions d’une extrême violence qui se produisent de façon aléatoire dans l’univers et génèrent un flux de rayonnements hautement énergétiques : en quelques secondes ils peuvent émettre autant d’énergie qu’une étoile au cours de toute sa vie ! Les plus habituels sont produits au moment d’une supernova, quand une étoile d’au moins cinquante fois la taille du Soleil explose pour se transformer en un trou noir.

C’est un tel sursaut, nommé GRB160625B, qui a pu être observé par plusieurs télescopes au sol et en orbite, le 25 juin 2016. C’est d’abord le télescope spatial FERMI qui a détecté le tout début de l’explosion stellaire puis le télescope russe MASTER-IAC, installé à l’observatoire du Teide dans les îles Canaries en Espagne, a pu enregistrer la lumière optique issu du sursaut alors qu’il était encore actif.

Sursaut gamma

Illustration de jets de rayons gamma issus d’une étoile en train de s’effondrer (Source : NASA).

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