Bételgeuse, l’étoile géante à tête d’œuf

Une nouvelle photo, prise par le radiotélescope Alma au Chili, dévoile des irrégularités à la surface de la supergéante rouge et aidera les astronomes à étudier la fin de vie des étoiles.

Orange et incandescent dans le noir de l’espace, on dirait le Soleil… Mais pas tout à fait – il lui manque de la rondeur. On voit aussi un jaune d’œuf dans cette forme un peu cabossée et luisante avec sa tache blanche.

Cette image très mystérieuse devient émouvante quand on sait qu’il s’agit de Bételgeuse, une étoile géante de la constellation d’Orion, dont on a réussi pour la première fois à produire une image si détaillée de la surface.

Photographier les planètes du système solaire, ses astéroïdes et ses comètes en gros plan est un exercice désormais bien rodé pour les sondes spatiales et les grands télescopes terrestres. Mais photographier les autres étoiles reste un défi technique en ces années 2010. Jusqu’à récemment encore, elles n’étaient que des points dans le ciel. Le tour de force optique consiste à agrandir ces points suffisamment pour les transformer en petites surfaces, jusqu’à y déceler des détails – c’est ce qu’on appelle le pouvoir de résolution.

Bételgeuse 2017

C’est l’image la plus détaillée que l’on ait de Bételgeuse, l’étoile rouge de la constellation d’Orion, et la toute première fois que le radiotélescope Alma observe la surface d’une étoile (Source : ALMA/ESO/NAOJ/NRAO).

En 2009 déjà, Bételgeuse s’était dévoilée sous forme d’une grande tache floue dans l’œil du Very Large Telescope (VLT) européen, au Chili. C’est à cette époque que l’on a constaté que la supergéante rouge avait perdu 15% de sa surface depuis 1993, sans comprendre pourquoi. En fin de vie, Bételgeuse brûle actuellement ses dernières réserves de gaz et son activité est parfois plus intense dans les couches externes de son enveloppe, ce qui change son apparence.

Bételgeuse 2009

Bételgeuse en 2009, photographiée par le Very Large Telescope au Chili (Source : ESO).

La photo dévoilée cette semaine a été prise par le radiotélescope géant Alma (un réseau d’antennes), toujours dans le désert d’Atacama au Chili, à une longueur d’onde de 890 micromètres pour observer tout particulièrement la chromosphère – la couche basse de l’atmosphère stellaire. Les différences de température à cette altitude expliquent l’irrégularité apparente de l’étoile sur l’image. La zone blanche est plus chaude que le reste de l’étoile, et correspond à une région qui présente une activité magnétique.

Bételgeuse 2017

Les différences de température expliquent l’irrégularité apparente de l’étoile (Source : ALMA)

«On cherche à comprendre comment Bételgeuse perd de sa matière», explique à Ciel et Espace Pierre Kervella, de l’observatoire de Paris et de l’université du Chili, qui a cosigné l’étude sur Bételgeuse qui accompagne la photo. «On pense que le mécanisme est lié à sa convection et que le champ magnétique joue aussi un rôle, mais c’est encore mal établi.»

Alors que la durée de vie du Soleil se compte en milliards d’années, Bételgeuse n’est âgée «que» de 8 millions d’années – plus une étoile est grosse, et plus elle se consume vite – et peut exploser d’une minute à l’autre en supernova. C’est peut-être pour demain, ou dans un millier d’années, mais la perspective reste imminente à l’échelle de l’univers.

Source : Libération

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « Initiation à l’astronomie » et « Promenade spatiale au fil des ondes« , ainsi que la page Astronomie/Physique.

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