Comment naît une île ?

La tectonique des plaques, le volcanisme ou la montée des eaux peuvent être à l’origine de l’émersion d’une île. De la Barbade à la Grande-Bretagne en passant pas la Corse, chacune a son histoire particulière.

Le 20 janvier 2011, en mer Rouge, des pêcheurs médusés observent des fontaines de lave, hautes de 30 mètres, jaillir des entrailles de la mer… L’avant-veille, celle-ci était d’huile ! En l’espace de trois semaines, la lave s’est solidifiée et l’archipel yéménite des Zubair comptait une nouvelle île de 710 m de longueur pour 530 m de largeur. Un miracle ? Non : l’archipel est situé au-dessus du rift, une zone où la plaque arabique s’écarte de la plaque africaine à la vitesse de 5 centimètres par an. L’espace ainsi ouvert est comblé par l’épanchement du magma qui remonte depuis le plancher océanique jusqu’à la surface de l’eau.

La naissance d’une île n’est pas un phénomène aussi rare qu’on pourrait le penser. En 2015, c’est au beau milieu du Pacifique qu’un confetti de terre a surgi des flots. Mais cette fois, c’est une zone de subduction entre les plaques Pacifique et Philippines qui fut à l’origine du phénomène : la plaque océanique a aussi plongé sous la plaque continentale. L’océan étant peu profond, le cône du volcan qui s’est formé à l’aplomb a émergé.

Nouvelle île Zubair

Nouvelle île dans l’archipel Zubair en mer Rouge.

En réalité, le fond des océans est parsemé de tels édifices volcaniques, mais peu d’entre eux émergent. Parfois, comme aux Maldives, le corail s’en sert de support pour pousser et donner naissance à un atoll (un type d’île corallienne).

Mais qui dit île ne dit pas forcément volcanisme. Lors d’une subduction, les sédiments qui s’étaient accumulés sur la plaque plongeante peuvent se plisser et former ce qu’on appelle un prisme d’accrétion de plus en plus haut, qui finira par émerger. C’est ainsi qu’est née l’île de la Barbade, dans l’océan Atlantique en marge des Petites Antilles.

Toutes ces îles ont cependant un point commun : elles ont été forgées à partir de la croûte océanique, contrairement aux îles continentales comme la Grande-Bretagne ou l’Irlande : celles-là sont liées de façon souterraine au continent. La plaque européenne, par exemple, se poursuit sur 200 kilomètres au-delà des côtes atlantiques françaises. Selon le niveau des océans, ses reliefs forment des îles continentales.

Les îles bretonnes comme Molène doivent ainsi leur insularité à la montée du niveau des eaux depuis la fin de la dernière glaciation, il y a 12 000 ans. Rien à voir avec la Corse ou la Sardaigne, qui étaient soudées au continent avant d’en être arrachées. Il y a 30 millions d’années, la plaque océanique portant le paléo-océan Thétis a plongé sous la plaque européenne. Sa marge s’est donc fracturée et la Corse et la Sardaigne ont alors commencé à s’écarter du continent…

Source : Science & Vie

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « La machine Terre » et « Le volcanisme« , ainsi que la page Risques majeurs.

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