Le chasseur de planète européen Sphère découvre sa première exoplanète

Contrairement à la majorité des exoplanètes, la géante gazeuse HIP65426b, à 385 années-lumière de la Terre, a été « observée » directement, et non par déduction. Une prouesse.

Imaginez-vous à Paris. Votre mission: détecter une bougie située à 50 centimètres du phare, lui-même situé à Marseille. Impossible?! Une équipe des chercheurs internationaux, dont de nombreux français, ont pourtant fait bien plus fort. Ils ont réussi, en utilisant l’instrument européen ultra-puissant Sphère, à détecter une exoplanète orbitant autour de son étoile à 385 millions d’années-lumière du Système solaire, annonce le CNRS.

Baptisée HIP65426b, cette géante gazeuse âgée de « seulement » 10 à 17 millions d’années se trouve dans « l’association stellaire » du Scorpion-Centaure, selon l’étude qui paraîtra prochainement dans la revue Astronomy & Astrophysics. Sa masse estimée équivaudrait à 6 à 12 fois celle de Jupiter, la plus grosse planète de notre Système.

Elle est aussi très éloignée, à 14 milliards de kilomètres environ, de son étoile. À titre de comparaison Neptune, la planète la plus lointaine de notre Système solaire, est à 4,5 milliards de kilomètres du Soleil. Plus intéressant encore, la jeune gazeuse posséderait de l’eau dans son atmosphère et pourrait être dotée de nuages, avancent les chercheurs.

HIP65426b

A) L’étoile HIP65426, dont la lumière centrale a été masquée grâce à un coronographe (voir plus bas)
B) L’exoplanète HIP65426b. Cette géante gazeuse est trois fois plus éloignée de son étoile que Neptune l’est du Soleil. Cliché obtenu dans le domaine infrarouge. (Source : ESO/SPHERE Consortium/G. Chauvin et al)

Ces informations, pourtant alléchantes, ne sont en réalité rien comparé au véritable objet de l’étude scientifique: la « vraie » photo d’HIP65426b. Pour bien comprendre la valeur de ce cliché, il faut savoir que, sur les 3600 exoplanètes découvertes jusqu’ici, seule une poignée d’entre elles a pu être observée de manière « directe ». Les autres sont découvertes par des méthodes de détections « indirectes ».

Pour faire simple, les astronomes ne voient pas les exoplanètes. Ils déduisent leur présence soit en étudiant les mouvements de leur étoile -légèrement tirées par l’attraction gravitationnelle de ses planètes en orbite-, soit en mesurant une baisse de la luminosité d’une étoile, due au passage d’une planète devant elle. HIP65426b, elle, a été vue directement. Une prouesse réalisée grâce à l’instrument européen Sphère, installé sur l’un des quatre télescopes du réseau Very Large Telescope (VLT), situés dans le désert d’Atacama au Chili.

Ce petit bijou de technologie made in Europe permet de détecter une planète gazeuse -ou un disque de poussière en orbite- jusqu’à un million de fois moins brillante que son étoile. Soit exactement ce qu’il vous faudrait pour détecter, depuis Paris, la lumière d’une bougie à 50 cm d’un phare situé à Marseille, note le CNRS.

Sphère a aussi permis aux chercheurs de déterminer que l’étoile HIP65426 est deux fois plus massive que le Soleil et n’est pas entourée d’un disque de débris, comme c’est normalement le cas chez les jeunes systèmes exoplanétaires. Ils ont aussi découvert que cette étoile tourne très rapidement.

La découverte de HIP65426b, la première exoplanètes débusquée par Sphère, est une excellente nouvelle pour la science. Car mieux comprendre les géantes gazeuse, très difficiles à étudier, est primordial pour découvrir comment les systèmes solaires se forment.

Ces immenses boules de gaz représentent non seulement la masse plus importante des systèmes planétaires qu’elles occupent, mais elles en façonnent aussi l’architecture générale. Elles jouent aussi un rôle clé dans la dynamique des planètes telluriques plus petites, comme la Terre. Les étudier, même celles se trouvant à l’autre bout de la Voie lactée, permet donc de mieux comprendre notre propre planète.

Source : L’Express

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « Initiation à l’astronomie » et « Promenade spatiale au fil des ondes« , ainsi que la page Astronomie/Physique.

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