En Amérique du nord, 18.000 personnes évacuées à cause de feux de forêts

En Californie et au Canada, de vastes feux de forêt ont contraint à faire évacuer 18.000 personnes.

C’est désormais un serpent de mer : chaque année, la forêt brûle, dans le sud de la France certes, mais surtout en Amérique du nord. 2017 n’échappe pas à la règle, puisque de gigantesques incendies ont forcé l’évacuation de quelque 10.000 personnes dans l’ouest du Canada et de 8.000 personnes en Californie, régions frappées par une vague de chaleur où des milliers de pompiers tentaient toujours, le 10 juillet 2017 au soir, de circonscrire plusieurs dizaines de feux de forêt s’étant déclarés fin juin et début juillet.

En Californie, l’Etat américain le plus peuplé, l’incendie le plus important, Alamo fire, fait rage depuis le 6 juillet et a déjà brûlé 11.705 hectares (117 km2) dans le comté de San Luis Obispo, à mi-chemin entre San Francisco et Los Angeles. Malgré un important dispositif pompier, seul 15% de l’incendie était maîtrisé le 10 juillet, selon le département californien de protection contre les incendies (Cal Fire). L’incendie pourrait se prolonger encore plusieurs jours en raison des fortes chaleurs et d’un sol « extrêmement sec ». Un autre feu près de Santa Barbara, Whittier fire, s’est déclaré le 8 juillet 2017, et a déjà dévasté 4.380 hectares dans le comté de Santa Barbara et détruit 20 bâtiments. Loin d’être sous contrôle, il menace désormais 150 autres structures.

À eux seuls, ces deux feux ont ainsi contribué à la constitution d’un large panache de fumée visible depuis l’espace (voir image satellitaire de la NASA ci-dessous) ! Au total, plus de 5.500 pompiers combattaient jusqu’à 14 incendies du nord au sud de la Californie, avec l’aide d’hélicoptères bombardiers d’eau. Trois de ces incendies sont désormais considérés comme « contenus ».

Incendies Californie 07/2017

mage satellitaire des feux de forêt d’Alamo, à côté de Santa Maria, et de Whittier (Source : NASA).

La Californie a subi cinq longues années de sécheresse et connaît en ce moment des températures très élevées, qui ont même dépassé les 43°C dans sa partie méridionale, où se trouve la mégalopole de Los Angeles. Le gouverneur de Californie Jerry Brown a annoncé en avril 2017 la fin officielle de l’état de sécheresse en Californie mais il a laissé en place des mesures de contrôle de l’usage de l’eau.

De l’autre côté de la frontière, au Canada, la situation est particulièrement alarmante en Colombie-Britannique où 10.000 personnes ont été évacuées devant l’avancée de quelque 230 feux actifs lundi en fin d’après-midi. « Au moins dix d’entre eux sont très près de localités, ce qui les rend particulièrement dangereux », a souligné le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale. « La foudre semble être à l’origine de la plupart de ces feux, mais pas tous », a-t-il insisté, appelant les Canadiens à faire preuve de prudence. Les autorités canadiennes n’entrevoient pas d’accalmie rapide, la chaleur devant encore persister dans les prochains jours après déjà trois semaines de sécheresse, avec en plus des vents violents.

Ce n’est pas la première fois que les forêts brûlent en Amérique du Nord. En 1871, les feux avaient dévasté 1,5 millions d’hectares dans le Wisconsin et le Michigan, le deuxième plus feu du monde en superficie. Le Canada n’est pas en reste, avec un record à 1,2 millions d’hectares brûlés (pour 160 morts) en 1825. À côté, le plus grand feu français (11.000 ha) paraît minuscule. Une disparité qui s’explique par l’existence de surfaces boisées beaucoup plus vastes qu’en France, et où la densité de population est moindre. Au point que certains spécialistes américains envisagent désormais une politique de « laisser brûler » sélective, limité aux zones sans risques pour les populations.

L’augmentation de l’incidence des feux de forêt dans le monde s’explique par la sécheresse, qui favorise la prise de feu de la végétation en plus de la rendre plus vulnérable aux maladies. « Mais le feu joue aussi un rôle-clé dans le renouvellement de l’écosystème des forêts », observait Michel Vennetier, ingénieur forestier à l’IRSTEA. « Certains arbres géants peuvent vivre des centaines ou des milliers d’années, mais ne peuvent se reproduire à l’ombre du sous-bois. » C’est par exemple le feu (température élevée) qui engendre l’ouverture des écailles des cônes du pin d’Alep, ce qui provoque au final la dissémination des graines, a expliqué le chercheur. Le feu joue alors un rôle régénérateur, permettant à une nouvelle génération d’arbres de pousser. Mais s’il revient trop souvent, la forêt s’affaiblit et seule la végétation la plus robuste parvient à repousser, avec à l’extrémité du spectre, une possibilité de désertification.

Source : Sciences & Avenir/AFP

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