20 000 moustiques OGM largués pour lutter contre la propagation des virus

Une filiale de Google a développé un moustique génétiquement modifié afin de réduire, voire éradiquer une population de porteurs de virus.

Quand 390 millions de personnes sont infectées chaque année par la dengue, ou qu’un tiers de la population vit dans une zone à risque concernant Zika, des moyens doivent être déployés pour lutter contre l’infestation par les porteurs de ces virus, estime l’OMS. Sa cible : les moustiques. « Leur émergence est multifactorielle, le principal déterminant est la mondialisation. L’accroissement des déplacements des personnes influe sur cette propagation », explique Frédéric Jourdain, ingénieur au Centre national d’expertise sur les vecteurs (de maladies), le CNEV.

Pour lutter contre leur prolifération, une branche de l’entreprise Google a décidé de mener une expérience en partenariat avec MosquitoMate, une entreprise du Kentucky, dans l’est des États-Unis. « Les moustiques tuent plus d’humains que tous les autres animaux réunis », annonce le communiqué de Verily, filiale d’Alphabet (maison mère de Google) spécialisée dans la recherche sur les sciences et la vie. Elle a eu l’idée de créer un moustique génétiquement modifié capable de réduire, voire d’éradiquer la population de moustiques Aedes aegypti, porteurs du virus Zika, de la fièvre jaune, de la dengue ou du Chikungunya.

Aedes aegypti

Aedes aegypti

Ce sont 20 000 mâles, qui ne peuvent pas piquer, qui seront lâchés en pleine nature, à Fresno, en Californie. « Le but de cette expérience est de modifier le patrimoine génétique des moustiques », explique Frédéric Jourdain. « On introduit un gène qui rend les moustiques dépendants à un antibiotique. » Les moustiques auront besoin de la présence de cet antidote pour se développer, sinon ils mourront. « Ces mâles sont porteurs du gène et lorsqu’ils s’accoupleront aux femelles, les larves développeront cette dépendance », ajoute l’ingénieur du CNEV.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle initiative est expérimentée. « Des moustiques ont déjà été lâchés aux îles Caïman, en Malaisie ou au Brésil, rappelle l’ingénieur. Il y a eu des effets sur la dynamique des populations. » Mais pour une efficacité otpimale, la lutte contre la propagation des moustiques vecteurs de maladies doit passer par un ensemble de méthodes, comme le rappelait l’avis du Haut Conseil des technologies en juin dernier.

L’expérience est surveillée de près par l’agence de protection de l’environnement américaine, qui affirme que l’initiative est sans crainte. Mais Frédéric Jourdain rappelle qu’il faut rester vigilant : « Si on arrive à supprimer une espèce, cela libérera une niche écologique qui pourrait favoriser l’arriver de nouveaux vecteurs. »

Source : Le Point

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