Un vaccin contre le VIH grâce aux vaches ?

Des anticorps pouvant inhiber plusieurs souches de VIH ont été générés très rapidement chez les vaches. Une première dans le monde animal et qui ouvre de nouvelles perspectives, lointaines, dans la lutte contre ce virus chez l’homme.

Et s’il s’agissait d’une des clés dans la lutte contre l’épidémie ? Les anticorps neutralisants à large spectre (bNAbs) sont capables de bloquer la réplication du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en empêchant notamment les particules virales de se lier aux cellules saines. Sans ce « rapprochement » le virus ne peut plus se dupliquer et l’organisme peut ainsi contrôler l’infection.

Ces anticorps neutralisants, produits naturellement chez certains patients infectés, ont de plus l’intérêt d’être efficaces sur une grande variété de souches , plusieurs années après la primo-infection. Leur potentiel dans la lutte contre le Sida a fait naître beaucoup d’espoirs mais les chercheurs se heurtaient jusqu’alors à un obstacle : la difficulté à enclencher la production de ces anticorps chez l’homme comme chez les animaux (souris et singes) qui servent habituellement de modèles pour étudier ce virus.

Aussi, les biologistes ont entrepris d’élargir leurs études à d’autres espèces comme les lapins, les lamas et tout récemment les bovins. C’est chez ces derniers que des résultats prometteurs ont été obtenus par une équipe internationale menée par Devin Sok, du Scripps Research Institute. Ils font l’objet d’une publication dans la revue Nature.

Troupeau de vaches

Troupeau de vaches en Savoie (Source : AFP)

Les scientifiques y annoncent avoir réussi à faire produire à quatre veaux âgés de six mois des bNAbs après leur avoir injecté une protéine appelée BG505 SOSIP, qui a été conçue pour imiter les parties stables de l’enveloppe du virus du VIH. Un des animaux a commencé à produire des anticorps capables de neutraliser 20 % des 117 sous-types de virus testés 42 jours après l’injection de la protéine et au bout de 381 jours, les anticorps étaient efficaces sur 96 % des souches testées !

Bien qu’encourageants, ces résultats n’auront pour autant pas d’applications immédiates chez l’homme. Le système immunitaire des bovins est en effet très différent de celui des humains et ce sont sans doute ces différences qui expliquent leur réponse rapide et très efficace dirigée contre la protéine injectée.

Néanmoins, l’analyse de la structure de ces bNAbs bovins et leur comparaison avec ceux produits chez les humains sera riche d’enseignements. L’étude prouve en tout cas que les vaches peuvent constituer, au même titre que les souris ou les singes, un modèle animal pertinent pour étudier les maladies virales afin de concevoir des sérums, ou à plus long terme, des vaccins.

Source : Sciences & Avenir

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