L’exoplanète Proxima b serait incapable de retenir une atmosphère terrestre

Une nouvelle étude de la NASA conclut que l’exoplanète Proxima b ne saurait retenir durablement une atmosphère semblable à celle de la Terre. Une conclusion qui la rendrait impropre à la vie.

« Atmosphère, atmosphère… Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? » Pour Proxima b, la réponse est non. Astrophysiciens et exobiologistes avaient pourtant placé beaucoup d’espoirs dans cette exoplanète, située à quelque 4 années-lumière dans des conditions qui semblaient compatibles avec l’émergence de la vie. Mais d’atmosphère, l’exoplanète ne saurait en avoir. C’est la conclusion d’une étude de l’Agence spatiale américaine (NASA), publiée fin juillet 2017 dans The Astrophysical Journal Letters. En cause ? Les rayons ionisants intenses émis par son étoile naine, Proxima du Centaure, sans parler des tempêtes solaires redoutables, qui arracheraient bien vite une atmosphère de type terrestre.

Comment connaître la composition de l’atmosphère d’une exoplanète ? Si cette dernière a été détectée par la méthode dites « des transits », des mesures spectroscopiques peuvent fournir des informations directes. Dans le cas contraire, comme ici, les astrophysiciens ne peuvent compter que sur des modèles et des simulations numériques. « Nous nous sommes basés sur la structure de la seule planète habitable connue, c’est-à-dire la Terre, et nous sommes intéressés à son devenir si elle devait être placée sur la même orbite autour de Proxima Centauri, explique Katherine Garcia-Sage, de la NASA et auteur principal de l’étude. En effet, Proxima b et la Terre ont des dimensions comparables.

Proxima B

Vue d’artiste de Proxima B (Source : ESO).

Les chercheurs ont ainsi transposé à Proxima b l’atmosphère terrestre, son champ magnétique ainsi que sa gravité, et ont calculé les quantités de radiations émises par l’étoile, à partir de données collectées par le télescope Chandra. Résultat ? Le rayonnement stellaire bombarde l’exoplanète à une intensité plusieurs centaines de fois supérieures à celle du soleil. Et ce suffisamment fort pour arracher toutes sortes d’atomes : non seulement des atomes légers d’hydrogène, mais aussi de l’oxygène et de l’azote ! Ces éléments-mêmes qui forment l’essentiel de notre air…  Ce processus de désagrément atmosphérique sous l’effet des rayonnements ionisants est 10.000 fois plus rapide sur l’orbite de Proxima b que sur celle de la Terre. De quoi effacer toute trace d’atmosphère en 100 millions d’années seulement, une broutille comparée à l’âge de 4 milliards d’années déjà atteint par l’exoplanète.

« Les choses peuvent devenir intéressantes si l’atmosphère est retenue par l’exoplanète, mais compte tenu des résultats obtenus pour Proxima b, il est peu probable qu’elle soit habitable », estime Jeremy Drake, également co-auteur de l’étude, qui souligne que ces pertes atmosphériques rapides peuvent être contrebalancées par un apport de matière, soit par bombardement de comètes, soit par volcanisme. « Cette étude souligne en tout cas un aspect souvent négligé lorsqu’on considère l’habitabilité des exoplanètes, c’est à dire la perte d’atmosphère, décrypte Shawn Domagal-Goldman, un astrophysicien de la NASA (qui n’est pas impliqué dans cette étude). Les planètes sont des systèmes complexes, et c’est important d’inclure toutes les interactions de ces systèmes dans nos modèles prédictifs. »

Et pourtant, l’orbite de l’exoplanète était située en zone habitable, une condition nécessaire (mais pas suffisante) à l’émergence d’une vie similaire à celle de notre planète. Il s’agit de la distance à son étoile qui permet l’existence d’eau liquide à sa surface. Quoiqu’il en soit, ce type d’étude, par modélisation ou mesure directe, reste essentiel avant d’entreprendre le moindre voyage spatial. Au vu des technologies actuelles, le trajet jusqu’à Proxima b ne saurait durer moins de 60.000 ans…

Source : Sciences & Avenir

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « Promenade spatiale au fil des ondes » et « La recherche de la vie dans l’Univers« , ainsi que la page Astronomie/Physique.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s