Voyager, 40 ans après : le voyage fantastique de deux sondes vers les étoiles

Le 20 août 1977, Voyager 2 décollait de Cap Canaveral. Deux semaines plus tard, Voyager 1 le suivait. Elles transmettent encore des données.

Le premier vaisseau spatial de l’histoire de l’humanité à atteindre le milieu interstellaire a été lancé il y a 40 ans de Cap Canaveral, avec une technologie qui paraîtrait rustique à un ingénieur d’aujourd’hui. A l’ère des smartphones, l’informatique de bord des sondes Voyager pourrait sembler primitive, mais cela ne l’empêche pas d’être toujours fonctionnelle et d’informer la Terre des conditions dans lesquelles elles évoluent.

Ainsi, le 25 août 2012, Voyager 1 a franchi une limite qu’aucun autre engin n’avait atteinte avant elle : celle de l’espace situé entre les étoiles. Bien sûr, la définition n’est pas tranchée, et certains scientifiques considèrent qu’elle n’a pas encore totalement quitté le système solaire. Elle a cependant franchi une frontière théorique, celle de l’héliopause, à partir de laquelle le vent solaire n’est plus dominant et où le petit vaisseau ressent désormais l’influence des autres étoiles et des gaz situés entre elles. Sa sonde-soeur, Voyager 2, en est encore loin, car leurs chemins ont divergé dans l’exploration du système solaire.

L’objectif premier des sondes Voyager n’était pas d’aller se promener au-delà du système solaire, mais bien de l’explorer, à commencer par les géantes gazeuses Jupiter et Saturne et leurs nombreuses lunes, en découvrant quelques-unes au passage. Elles n’y étaient pas les premières : avant elles, Pioneer 10 et 11 étaient passées par là, mais les Voyager n’allaient pas tarder à les dépasser. De plus, Saturne était la dernière planète à avoir été visitée par les Pioneer. Voyager 2 allait en ajouter deux à son tableau de chasse.

Montage Jupiter Saturne Uranus Neptune Voyager 2

Montage de photos de Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune prises par Voyager 2 (Source NASA/JPL).

Lire la suite

Limiter le réchauffement climatique arrêtera-t-il El Niño ?

Les phénomènes climatiques extrêmes El Niño devraient augmenter pendant près d’un siècle après le maintien du réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C.

Limiter le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, comme rêvé par l’accord de Paris, serait insuffisant pour endiguer El Niño, ce phénomène climatique dévastateur qui prend naissance dans l’océan Pacifique et cause périodiquement des inondations en Amérique et d’importantes sécheresses en Asie.

Publiée dans la revue Nature Climate Change le 24 juillet 2017, une étude estime que la fréquence des cas extrêmes d’El Niño va vraisemblablement doubler dans l’éventualité d’un scénario à 1,5°C, passant de 5 à 10 événements par siècle. Un phénomène d’augmentation qui persistera même plus d’une centaine d’années après la stabilisation des températures jusqu’à atteindre 14 événements par siècle en 2150.

Des événements climatiques qui ont d’importantes conséquences socio-économiques sur les régions touchées. En mars 2017, un quartier de Lima avait ainsi vu s’abattre sur lui des pluies diluviennes et d’importantes coulées de boue, conduisant au décès de 75 personnes.

Inondations Trujillo Pérou

Le phénomène El Niño est régulièrement à l’origine de violentes inondations sur la côte américaine de l’océan Pacifique, comme ici à Trujillo (Pérou) en mars 2017 (Source : AFP).

Lire la suite

Ondes gravitationnelles : Virgo, le détecteur européen, à nouveau en chasse

Une version améliorée du détecteur européen Virgo est partie à la chasse aux ondes gravitationnelles. La machine fait équipe avec Ligo, aux États-Unis. À la clé, peut-être, des vérifications spectaculaires en astrophysique et bien d’autres surprises.

Il y a dix ans, l’interféromètre Virgo, construit près de Pise, en Italie, par les Européens (c’est le cousin du détecteur d’ondes gravitationnelles Ligo situé aux États-Unis) débutait enfin sa prise de données. Les recherches se sont poursuivies pendant presque une décennie, en Europe et outre-Atlantique, sans autre résultat que de poser des bornes sur les caractéristiques des sources d’ondes gravitationnelles possibles observables dans la bande de fréquences des deux détecteurs. Les hypothèses de détection les plus optimistes n’étant pas confirmées par la nature, des pauses plus ou moins longues ont été imposées aux deux machines afin de faire le nécessaire pour améliorer la sensibilité des deux instruments.

Ligo a redémarré en premier, fin 2015, et les améliorations réalisées ont tout de suite payé : on en est maintenant à la détection d’au moins trois fusions de trous noirs dans trois systèmes binaires ! Les informations déjà obtenues sont spectaculaires mais les chercheurs s’attendent à faire bien mieux dans les années qui viennent, car la technologie laisse augurer de nouvelles montées en sensibilité de la machine. Surtout, les astronomes relativistes attendaient avec impatience le redémarrage de Virgo, également dans sa version améliorée.

En effet, Ligo n’est constitué que de deux interféromètres, ce qui ne permet pas vraiment de repérer sur la voûte céleste une région précise d’où provient une onde gravitationnelle détectée. En revanche, avec une troisième machine observant simultanément, il est possible de faire de la triangulation, et donc, éventuellement, d’attribuer une contrepartie électromagnétique au signal que peuvent détecter les trois télescopes à ondes gravitationnelles.

Virgo

Une vue de l’intérieur de Virgo, le détecteur européen d’ondes gravitationnelles. (Source : Istituto Nazionale di Fisica Nucleare).

Lire la suite

Des scientifiques ont découvert à quoi ressemblait la toute première fleur sur Terre

Une équipe internationale de chercheurs pense être parvenue à reconstituer en 3D l’apparence de la toute première fleur apparue sur Terre il y a plus 140 millions d’années. Selon leurs conclusions, elle ressemblait un peu à un magnolia et était hermaphrodite.

Avis aux amateurs de botanique, on sait désormais à quoi ressemblait la toute première fleur apparue sur Terre. C’est du moins ce qu’affirme une équipe internationale de 36 chercheurs venus de 13 pays qui pense être parvenue à dresser le portrait-robot en 3D de cette fleur ancestrale.

Selon l’étude publiée dans la revue Nature Communications, la fleur en question était hermaphrodite : elle possédait à la fois des parties femelles et des parties mâles. « Cela ne devrait pas constituer une surprise », a indiqué à l’AFP Hervé Sauquet, enseignant-chercheur à l’Université Paris-Sud et principal auteur du projet. Et pourtant, c’est une première.

Ces conclusions sont le fruit d’un vaste projet nommé « eFlower ». Son objectif est de combiner les données disponibles sur la structure des fleurs avec le tout dernier arbre évolutif des plantes à fleurs afin d’en savoir plus sur l’évolution de ces végétaux. Pour mener à bien le projet, les scientifiques se sont ainsi basés sur des échantillons issus de quelque 800 espèces florales.

Prmière fleur sur Terre

Modélisation de la plus vieille fleur sur Terre (Source : H. Sauquet/J. Schönenberger).

Lire la suite

Passage remarqué d’un météore dans le sud de la France

Le passage d’un gros météore a été particulièrement remarqué dans le sud de la France vendredi 4 août 2017 au soir, suscitant de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et de multiples témoignages auprès des organisations scientifiques chargées de leur observation.

Ce genre de « gros bolide » ou de « boule de feu » n’est pas exceptionnel, des météores de cette importance traversant le ciel tous les quinze jours environ, a indiqué à l’AFP François Colas, directeur de recherche au CNRS à l’Observatoire de Paris et responsable du réseau Fripon (Fireball Recovery and Interplanetary Network) qui surveille les chutes de météorites en France. Mais il a pu être suivi par un nombre particulièrement important d’observateurs, en survenant vendredi 4 août 2017 à 23H00 par beau temps, un soir d’été en période de vacances: l’International Meteor Organization (IMO) a ainsi reçu plus de 170 témoignages provenant de toute la partie sud de la France, de Bordeaux à Lyon, de Clermont-Ferrand à Perpignan.

Selon Louis d’Hendecourt, directeur de recherches CNRS à l’Institut d’astrophysique spatiale, interrogé par le journal Sud Ouest, la couleur verte du météore évoquée par de nombreux internautes serait due à sa composition, notamment « la présence de minéraux qui se vaporisent et émettent de la lumière ». Ce bolide « rasant », qui suivait une trajectoire d’une inclinaison de 20°, est passé au-dessus du sud-ouest de la France et a « disparu à la verticale de Périgueux à une hauteur de 37 km », selon le réseau Fripon, dont une quinzaine de caméras ont pu le voir. « Il est passé assez lentement, à une vitesse de 18 km/s, il était visible quand il était à 80 km d’altitude.

Météorite sud de la France 04/08/2017

Photographies de la météorite qui a traversé le ciel du sud de la France vendredi, prises par le réseau Fireball Recovery and InterPlanetary Observation Network (Source : FRIPON).

Lire la suite