Limiter le réchauffement climatique arrêtera-t-il El Niño ?

Les phénomènes climatiques extrêmes El Niño devraient augmenter pendant près d’un siècle après le maintien du réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C.

Limiter le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, comme rêvé par l’accord de Paris, serait insuffisant pour endiguer El Niño, ce phénomène climatique dévastateur qui prend naissance dans l’océan Pacifique et cause périodiquement des inondations en Amérique et d’importantes sécheresses en Asie.

Publiée dans la revue Nature Climate Change le 24 juillet 2017, une étude estime que la fréquence des cas extrêmes d’El Niño va vraisemblablement doubler dans l’éventualité d’un scénario à 1,5°C, passant de 5 à 10 événements par siècle. Un phénomène d’augmentation qui persistera même plus d’une centaine d’années après la stabilisation des températures jusqu’à atteindre 14 événements par siècle en 2150.

Des événements climatiques qui ont d’importantes conséquences socio-économiques sur les régions touchées. En mars 2017, un quartier de Lima avait ainsi vu s’abattre sur lui des pluies diluviennes et d’importantes coulées de boue, conduisant au décès de 75 personnes.

Inondations Trujillo Pérou

Le phénomène El Niño est régulièrement à l’origine de violentes inondations sur la côte américaine de l’océan Pacifique, comme ici à Trujillo (Pérou) en mars 2017 (Source : AFP).

El Niño, augmenté par les émissions de gaz à effet de serre, est lié à un phénomène de déstabilisation des flux de chaleurs. En temps normal, les eaux chaudes présentes à la surface est de l’océan Pacifique sont chassées vers l’ouest par les vents Alizé. Ce déplacement contribue alors à réchauffer l’air et créer des précipitations sur l’Asie. A l’Est, les eaux froides remontent à la surface et permettent de rafraîchir l’air.

Mais lorsque ces vents sont affaiblis, l’inverse se produit et c’est ce que l’on appelle El Niño. Chassées vers l’est, les eaux chaudes amènent d’importantes précipitations sur l’Amérique, l’Asie se retrouvant confrontée quant à elle à une pénurie de précipitations. Et d’après cette étude, la limitation du réchauffement climatique ne suffirait pas à enrayer le phénomène météorologique, car l’est de l’Océan pacifique continuera de se réchauffer plus rapidement au niveau de l’équateur que dans les régions alentours.

Une situation qui ne devrait pas s’améliorer dans les siècles à venir et ce d’autant plus que les objectifs de limitation du réchauffement climatiques semblent difficilement atteignables. Egalement publiée dans la revue Nature Climate Change, une étude américaine indiquait fin juillet 2017 qu’il y avait seulement 5% de chances de maintenir le climat sous la barre des 2°C, 1% seulement sous les 1,5°C. Les résultats alarmistes de cette récente étude El Niño sembleraient donc en dessous de la réalité.

Source : Sciences & Avenir

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, la page Risques majeurs.

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