La Seine pourrait monter à 6,10 m vendredi. À quoi correspond ce chiffre ?

Mesurer une crue est une opération complexe qui se fait grâce à plusieurs milliers d’échelles graduées, dont la plus célèbre est installée au pont d’Austerlitz à Paris.

Ce jeudi 25 janvier 2018, le niveau de la Seine était mesuré à 5,44 m à 8h du matin. Et d’après les prévisions de Vigicrue, elle continue de grimper et pourrait atteindre les 6,2 m d’ici vendredi 26. Mais quel est le sens au juste de ce chiffre exprimé en mètres ? Cela ne signifie pas que le fleuve a une profondeur de 5,44 m mais que le niveau de l’eau atteint cette hauteur sur une l’échelle graduée installée au pont d’Austerlitz à Paris. Le niveau 0 de l’échelle ne se trouve pas au fond de la Seine, qui varie grandement selon les endroits. Il ne s’agit donc que d’une échelle « relative » qui a pour principale fonction de comparer les différents niveau de crue entre eux.

En l’absence de crue, la Seine est entre 1 et 2 mètres sur l’échelle d’Austerlitz. En juin 2016, le pic de la crue y avait atteint 6,10 m. En 1982, la Seine était montée à 6,18 mètres sur cette échelle, après 7,12 mètres en 1955 et 7,32 mètres en 1924. Mais le record officiellement enregistré remonte à 1910, date à laquelle la Seine avait atteint le niveau historique de 8,62 mètres.

Inondations Paris 2018

La Conciergerie, sur l’île de la Cité à Paris, le 23 janvier 2018 (Source : AFP).

En France, le réseau Vigicrues, chargé de la prévision des crues et inondations, surveille 22.000 km de cours d’eau, via quelque 3.000 points de mesure automatisés dont 1.700 fournissent des données en temps réel (hauteurs, débits). La vaste région autour de la capitale est à elle seule suivie par 120 stations hydrométriques. Chaque station dispose de sa propre échelle. Celle-ci peut par exemple être basée sur le niveau de la mer, comme c’est le cas par exemple à Chatou (Yvelines) où le niveau du fleuve est de 22 mètres en temps normal parce que l’échelle est placée plus bas dans l’eau.

Pour autant, la mesure elle-même n’est pas toujours infaillible : en 2016 à Paris les mesures sont restées pendant quelques heures nettement sous-estimées, faussées par des déchets collés au capteur d’Austerlitz. « Depuis, il a été largement reconstruit, doublé. Il n’y a plus de craintes quant à son fonctionnement », a assuré mardi Jérôme Goellner, le directeur régional de l’environnement et de l’énergie, en recevant la presse et les secrétaires d’Etat à l’Ecologie au service de prévision des crues francilien. Les deux simulations donnent une idée de ce à quoi pourraient ressembler des crues centennales à Paris.

Source : Sciences & Avenir/AFP

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, la page Risques majeurs.

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