La Guadeloupe prête à se doter d’un aspirateur à sargasses

Les discussions sont « en bonne voie » et un contrat pourrait être signé ces prochaines semaines pour faire venir en Guadeloupe un système de collecte d’algues par aspiration intitulé Algaclean, pour lutter contre les sargasses, a-t-on appris de la Région Guadeloupe.

L’archipel, qui n’est pas le seul à lutter contre la prolifération des sargasses, pourrait même devenir, selon son concepteur, « un centre caribéen » à partir duquel cet outil pourrait être déployé vers d’autres pays. « Pour l’instant, de tous les projets que nous avons vus et nous en avons expertisé pas mal, cela nous parait la solution la plus robuste », a indiqué à l’AFP Sylvie Gustave Di Duflo, vice-présidente de la région Guadeloupe, en charge des questions environnementales.

Ce « gros aspirateur » breveté redonne « un peu d’espoir » à l’élue « car on peut arriver à enlever les sargasses très, très vite à terre et en mer ». Cyril Thabard, président de la société CDO Innov, constructeur de cette barge en aluminium, capable de pomper et stocker les algues, « jusqu’à 700 m3 par heure », a rencontré le 4 juillet Stanislas Cazelles, conseiller Outre-mer d’Emmanuel Macron, pour présenter l’outil.

Sargasses Sainte-Anne Guadeloupe mars 2018

Sargasses à Sainte-Anne en Guadeloupe en mars 2018.

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Méditerranée : Sphyrna, le drone maritime, s’en va écouter les baleines tout l’été

Doté d’hydrophones, Sphyrna, véhicule autonome, enregistrera les sons produits par les cachalots et baleines à bec. Peut-être la meilleure façon d’en savoir un peu plus sur ces grands plongeurs qui passent l’essentiel de leur temps cachés de nous, sous l’eau.

La forme est celle d’une pirogue polynésienne, avec un balancier typique de ces embarcations, relié à la coque, pour en assurer la stabilité. Mais la comparaison s’arrête là. Il n’y a aucune place pour un potentiel rameur… Le sphyrna est un drone civil de surface. Un petit concentré de technologies de 17 m de long sur 4,10 m de large, transocéanique, « capable de traverser des océans en totale autonomie, alimenté par ses panneaux solaires et une petite éolienne », précise Fabien de Varenne, le fondateur de Sea Proven, société mayennaise qui a conçu l’engin.

A bord, ou plutôt sur son ponton, le Sphyrna pourra emporter jusqu’à une tonne de matériel de mesures et d’acquisitions de données. Reste à savoir à quoi exactement ce drone pourra servir ? A la science pardi ! Et, pour commencer, à écouter les cachalots et les ziphius cavirostris (les baleines à bec) qui croisent en mer Méditerranée.

Ce sera sa première mission, officiellement lancée ce mercredi à Monaco mais qui se déroulera du 15 juillet au 31 août prochain, au large de Toulon et dans une partie de Pelagos, le sanctuaire pour mammifères marins en Méditerranée. Sphyrna naviguera dans cette zone équipée de quatre hydrophones, des micros immergés et destinés à écouter tout ce qui passe sous l’eau.

Sphyrna

Le Sphyrna épouse les lignes d’une pirogue polynésienne. L’embarcation, capable de traverser les océans en autonomie, conçu par Sea Proven, sera dédié à la science.

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Curcuma : l’effet anticancer de la curcumine expliqué par la cristallographie

La curcumine, composé naturellement présent dans le curcuma, souvent présent dans ce mélange d’épices qui constitue le curry, est connue pour ses nombreux bénéfices sur la santé. La cristallographie aux rayons X a révélé un de ses mécanismes d’action, expliquant un effet anticancer.

La curcumine est l’ingrédient actif de Curcuma longa, le curcuma, l’une des épices souvent présente dans le curry. Utilisée dans la médecine traditionnelle depuis des siècles, la curcumine existe aussi sous forme de compléments alimentaires. Des milliers de publications scientifiques décrivent ses bénéfices dans différents domaines : cancer, troubles neurologiques, infections… Mais le mécanisme expliquant ces bienfaits reste peu clair.

Certains chercheurs ont émis l’hypothèse que la curcumine soit un inhibiteur du protéasome, un ensemble de protéines qui détruisent les protéines usagées ou inutiles de la cellule.

Dans un article paru dans PNAS, des chercheurs de l’université de Californie à San Diego, en collaboration avec des chercheurs chinois, décrivent comment la curcumine se lie à une enzyme appelée DYRK2, ce qui affecte le fonctionnement du protéasome. La cristallographie révèle que la curcumine se lie fortement au site actif de DYRK2, grâce à des liaisons hydrogènes et hydrophobes.

Curcuma

Le curcuma est un ingrédient du curry.

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L’anémone de mer, un animal bien plus complexe qu’il n’y parait

D’après l’étude d’une équipe de chercheurs, les anémones de mer se révèlent d’une étonnante complexité génétique et neuronale. Cette propriété, combinée à la place qu’elles occupent dans l’histoire de l’évolution, leur confère un intérêt pour la compréhension du fonctionnement de nos propres cellules.

Ne vous fiez pas à son apparence, l’anémone de mer Nematostella vectensis est en réalité bien plus complexe qu’elle n’y paraît. A tel point que son étude nous renseigne sur notre propre biologie. C’est ce qu’ont découvert les chercheurs de l’Institut Pasteur, en collaboration avec le CNRS, en auscultant le corps de l’animal, cellule par cellule

« Le développement d’approches génomiques à l’échelle de la cellule unique permet de répertorier avec une grande précision les différents types cellulaires, mais également d’identifier les gènes responsables du fonctionnement de chacune de ces cellules », explique Heather Marlow, spécialiste en biologie du développement à l’Institut Pasteur et principale auteure de l’étude. En effet, les scientifiques se sont servis d’une technique innovante afin d’isoler chaque cellule du cnidaire et d’analyser son ARN (acide ribonucléique, molécule chimiquement très proche de l’ADN). Cette méthode permet notamment d’identifier les gènes en activité.

Anémone Nematostella vectensis

Derrière la simplicité de la Nematostella vectensis se cache un animal pour le moins complexe (Source : Université de Vienne).

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Exobiologie : trouver des traces de vie récentes sur Europe, une mission impossible ?

Les surfaces d’Europe et Ganymède pourraient ne se renouveler qu’à l’échelle du million d’années, de sorte que la glace à la surface de leurs banquises ne serait qu’un échantillon fossile de l’eau contenue dans les océans de ces lunes glacées de Jupiter. Fouiller dans cette glace pourrait donc ne nous donner accès qu’à des fossiles de la vie éventuellement présente dans leurs océans.

Voilà 10 ans cette année, le 19 mars 2008 pour être précis, décédait Arthur Clarke. Au début des années 1980, dans son fameux roman 2010 : Odyssée deux, l’inventeur du concept de satellite géostationnaire prenait déjà au sérieux l’idée que des formes de vie pouvaient peut-être exister dans l’océan sous la banquise d’Europe, la lune glacée, de plus en plus célèbre, de Jupiter. Il ne faisait que reprendre en partie, pour son roman de hard SF, les résultats que l’on venait juste d’obtenir après le succès des missions Voyager 1 et 2 lors de leurs visites des lunes de Jupiter. La découverte du volcanisme de Io avait alors été faite et les premières images rapprochées de la banquise d’Europe avaient été obtenues. Inspirés par celle des formes de vie au voisinage des sources hydrothermales dans les abysses au cours des années 1970, certains avaient spéculé qu’il pourrait en exister de similaires dans l’océan d’Europe, avec un volcanisme provenant, comme dans le cas d’Io, des forces de marée du système jupitérien. C’est peut-être ainsi que la vie sur Terre est née, dans les parois des cheminées de sources hydrothermales similaires pendant l’Hadéen ou au début de l’Archéen.

Les exobiologistes du XXIe siècle sont de plus en plus convaincus que l’idée est raisonnable et qu’il serait du plus haut intérêt d’envoyer des missions pour regarder Europe d’un peu plus près, voire même d’essayer de faire pénétrer un engin dans cet océan. Cela n’est malheureusement pas sans poser un certain nombre de problèmes.

Déjà, le niveau de radiations au voisinage d’Europe est considérable de sorte qu’une sonde devrait posséder une électronique particulièrement durcie, comme on dit dans le jargon, pour supporter ce niveau de rayonnement suffisamment longtemps pour espérer faire des découvertes en orbite autour d’Europe voire en se posant carrément sur la surface de la lune. C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que la mission Juice de l’ESA va plutôt étudier Ganymède et Callisto, qui possèdent elles aussi un océan souterrain, bien que moins spectaculaire, mais qui sont surtout exposées à bien moins de radiations. On ne connaît pas vraiment non plus l’épaisseur de la banquise d’Europe, qui pourrait peut-être être trop importante pour assurer le succès d’une mission.

Surface Europe

La banquise d’Europe en vue rapprochée (fausses couleurs). Elle a été prise lors de la mission Galileo. Le caractère chaotique de ces terrains laisse penser que de la glace se fracture de temps en temps pour laisser remonter de l’eau liquide en surface. Au contact du vide spatial, elle doit geler rapidement, emprisonnant peut-être des formes de vie. (Source : NASA)

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