Un très vieux « pachyderme » dans son jardin

Un agriculteur du sud-ouest de la France a découvert par hasard un crâne quasiment intact de mastodonte des Pyrénées.

Imaginez, alors que vous commencez tout juste des travaux d’aménagement, vous tombez nez à nez avec un crâne d’éléphant de plusieurs millions d’années au milieu de votre jardin! C’est grosso modo ce qui est arrivé à cet agriculteur du sud-ouest de la France, qui a découvert un crâne quasiment intact de mastodonte des Pyrénées. Ce lointain cousin de l’éléphant mesurait près de 2 m 50, il possédait quatre défenses d’environ 80 centimètres, deux dans la mâchoire du haut et deux dans la mâchoire du bas. Il est, pour l’heure, le seul représentant connu de son espèce.

« C’est vraiment une découverte fabuleuse, » explique Francis Duranthon le directeur du Muséum d’histoire naturelle de Toulouse. « L’espèce avait été décrite pour la première fois en 1857 à partir de quatre dents (deux conservées au Muséum de Toulouse et deux autres au Muséum de Paris), mais depuis plus rien! On met enfin un ‘visage’ sur une espèce qui était devenue quasiment mythique. »

Découverte mastodonte Pyénées

C’est en faisant des travaux sur l’un de ses terrains près de l’Isle-en-Dodon, en 2014, qu’un agriculteur a trouvé ces os (Muséum de Tououse).

Ce spécimen fait partie du groupe des proboscidiens et de la famille des gomphotherium, des animaux apparus en Afrique et qui ont migré en Europe il y a 18 millions d’années avant de disparaître il y a environ 1,5 million d’années. « Le mastodonte des Pyrénées vivait, lui, il y a entre 13 et 11 millions d’années, » précise Pascal Tassy paléontologue et professeur au Muséum national d’Histoire naturelle. « À cette époque la région était encore très humide, avec des grands fleuves qui descendaient des Pyrénées. Un climat proche de celui de l’Afrique tropicale. »

Les squelettes de mastodonte sont extrêmement rares, on en a découvert moins d’une dizaine (pour prés de 20 millions d’années d’existence). Pourtant, ils étaient sûrement très nombreux à peupler l’Europe. « On en compte au minimum quatre espèces différentes en France et en Europe. Et au moins autant en Afrique et en Asie, » détaille Pascal Tassy. « On a malheureusement très peu de gisements de cette époque en France, ce qui explique la rareté des fossiles. »

C’est en faisant des travaux sur l’un de ses terrains près de l’Isle-en-Dodon, en 2014, que l’agriculteur a trouvé ces ossements. Craignant d’être embêté par les fouilles il mettra deux ans avant de contacter le Muséum de Toulouse, tout en prenant bien soin de sa trouvaille. « À la fin il était autant déçu que nous de ne pas trouver de squelette, » raconte Pascal Tassy. « Même si ça signifiait pour lui qu’il pouvait enfin récupérer ses terres et continuer ses travaux ! » La découverte d’autres ossements que ceux du crâne aurait rallongé la durée des fouilles.

Le crâne complet a été retiré du terrain et ramené au laboratoire. Il ne pourra pas être exposé tout de suite. Pris dans la roche, il faut maintenant gratter centimètre par centimètre pour le dégager. Soit au moins six à neuf mois de travail! « Les défenses sont malheureusement un peu abîmées, mais nous avons donc un crâne complet. Cela va nous permettre de préciser l’anatomie de cette espèce », s’est réjoui Francis Duranthon. « Il y a une espèce qui lui ressemble beaucoup en Allemagne. On va pouvoir comparer les deux et déterminer s’il s’agit bien de deux espèces différentes. Dans le cas contraire ça voudra dire que le mastodonte des Pyrénées avait un territoire beaucoup plus vaste que nous l’imaginions ! »

Source : Le Figaro

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