Pour la première fois, des astronomes ont réussi à identifier la source de neutrinos à haute énergie

C’est une découverte majeure pour le monde de l’astronomie. Le 12 juillet, deux publications sont parues dans la revue Science, dévoilant une découverte qui va surement chambouler le travail des astrophysiciens. Un phénomène connu depuis plus de cent ans mais encore mal compris, a été repéré dans notre univers par un moyen inédit : le neutrino. L’astronomie, qui se repose essentiellement sur l’observation de la lumière pourrait bientôt avoir un nouveau moyen de sonder l’espace.

Plus d’une dizaine d’équipes d’astrophysiciens viennent de secouer le monde de l’astronomie. Dans deux articles publiés récemment dans la revue Science, ils font état de la détection d’un événement d’une énergie folle : la production de rayons cosmiques dans une galaxie située à plus de 3,7 milliards d’années-lumière de la Terre dans la direction de la constellation Orion.

Cet événement est exceptionnel pour de multiples raisons. En premier lieu, c’est la première découverte d’une source de rayons cosmiques de haute énergie, alors que ce phénomène est connu depuis plus d’un siècle. Les rayons cosmiques sont en fait des jets de particules, en majorité des protons, accélérées pour atteindre des vitesses proches de celle de la lumière, ainsi qu’une énergie incommensurable.

Les plus intenses peuvent atteindre une énergie 40 millions de fois supérieure aux particules produites dans le plus puissant des accélérateurs sur Terre, le Large Hadron Collider (LHC). Atteindre ces énergies extrêmes nécessite ainsi des phénomènes à l’échelle des galaxies.

IceCube

Une vue des bâtiments de surface du détecteur géant de neutrinos IceCube, en Antarctique. La pureté de la glace à plus d’un kilomètre de profondeur permet à plus de 5.000 photomultiplicateurs d’enregistrer avec précision les flashs bleutés très ténus générés par les muons issus de la collision des neutrinos avec les noyaux atomiques dans la glace. La construction de IceCube a commencé en 2005, mais le détecteur est une version plus grande d’Amanda, qui date du début des années 1990. (Source : F. Pedreros/IceCube/NSF)

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Un accélérateur à particules permet de reconstituer des images du passé

Des chercheurs ont réussi à récupérer des images ternies sur des plaques en argent de plus de 150 ans grâce à l’utilisation d’un accélérateur de particules. La technique pourrait aider aux efforts de restauration de manière plus large.

Prendre une photo est aujourd’hui quasi instantanée. Mais au 19ème siècle, le temps de pose pour prendre une photo était bien supérieure, et les photos bien moins résistantes. Notamment pour le daguerréotype. L’ancêtre de la photographie. Une équipe de chercheurs de l’Ontario, au Canada, vient de publier un article dans Nature après avoir réussi à restaurer deux anciennes photos très dégradées par le temps.

Avec le procédé de daguerréotype, la photo repose sur une plaque métallique tout d’abord recouverte d’iodure d’argent photosensible. Ces molécules réagissent lorsque la lumière vient percuter la plaque. Après vingt à trente minutes d’exposition lumineuse, ces molécules forment l' »image latente ». À ce stade, la photo n’est pas encore visible.

Pour pouvoir développer l’image, la plaque est exposée au-dessus de vapeur de mercure. Cette vapeur se condense sur la plaque et se combine à l’iodure d’argent uniquement aux endroits où la lumière a agi. L’image est ainsi produite par cette combinaison de mercure et d’iodure d’argent. Malheureusement, le résultat est très fragile et le mercure peut facilement s’évaporer.

Restauration ancienne photo

L’image est apparue avec beaucoup de détails après avoir mis en avant les zones qui contenaient du mercure (Source : Scientific Reports).

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RCW 38, un impressionnant amas d’étoiles photographié par un télescope européen

Une série de tests menée sur l’imageur HAWK-I, installé sur le Very Large Telescope (VLT) au Chili, a permis d’obtenir des images féériques de la nébuleuse RCW 38. Plongez au cœur de cet amas d’étoiles composé d’une centaine de jeunes astres…

La tête dans les étoiles. Les images acquises au cours d’une campagne de tests menée sur l’imageur HAWK-I, installé sur le Very Large Telescope (VLT) de l’Observatoire Européen Austral (ESO) à l’Observatoire de Paranal au Chili, nous font pénétrer au cœur d’une nébuleuse. Grâce à la technologie de cet imageur cryogénique à grand champ, équipé du système d’optique adaptive GRAAL, l’on peut ainsi voir les couleurs étincelantes générées par les nuages de gaz brillants qui se dégagent de cette véritable pouponnière d’étoiles.

La nébuleuseen question porte le nom de RCW 38 et se situe à 5.500 années-lumière dans la constellation de Vela (Les Voiles). La vidéo diffusée par l’ESO débute par une vue large de la Voie Lactée et se termine par un gros plan sur la région de formation d’étoiles RCW 38. Dans cet amas composé de centaines de jeunes étoiles chaudes et massives, les régions centrales émettent d’énormes quantités de radiations générant ainsi de la lumière bleue. Une luminosité qui contraste avec la faible lueur rouge-orangée des filaments de poussière cosmique traversant cette zone.

Amas étoiles RCW 38

De nouvelles observations effectuées au moyen du Very Large Telescope de l’ESO montrent l’amas d’étoiles RCW 38 dans toute sa splendeur (Source : ESO).

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Un iceberg à la dérive entraîne des évacuations au Groenland

Un iceberg qui pourrait se briser et provoquer une inondation côtière a contraint les autorités du Groenland a procéder à l’évacuation des habitants d’un village.

Un iceberg à la dérive de 100 mètres de haut menace les côtes groenlandaises, conduisant vendredi 13 juillet 2018 les autorités locales à évacuer les personnes vivant à proximité de la côte. La police groenlandaise a exhorté les habitants de l’île d’Innarsuit dont les maisons sont situées sur la côte, à s’en éloigner par crainte de submersion si le bloc de glace venait à se rompre.

« Nous craignons un vêlage (la séparation) de l’iceberg, provoquant une inondation dans la zone », a déclaré vendredi Lina Davidsen, chef de sécurité pour la police du Groenland, vendredi 13 juillet 2018 à l’agence danoise Ritzau. Le village, situé dans le nord-ouest du Groenland, compte 169 habitants, mais seuls ceux vivant à proximité de l’iceberg – repéré jeudi 12 juillet – ont été évacués, a indiqué Ritzau.

Iceberg géant Groenland

Un iceberg à la dérive vu à Innarsuit Settlement, dans le nord-ouest du Groenland, le 13 juillet 2018 (Source : AFP).

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Ecoutez le chant de Saturne, enregistré par la sonde Cassini

Avant de mourir dans l’atmosphère de Saturne, la sonde Cassini a enregistré des ondes dans le plasma interplanétaire entre Saturne et ses anneaux et surtout la lune Encelade. Un groupe de chercheurs a traduit les fréquences de ces ondes sous forme audible, permettant en quelque sorte d’écouter le chant de Saturne.

« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. » Blaise Pascal écrirait-il toujours cette pensée existentielle s’il était né à l’ère de la radioastronomie et de l’exploration spatiale ? Nous ne le saurons jamais même si nous pouvons raisonnablement penser que oui. Toujours est-il qu’au pied de la lettre, nous savons aujourd’hui que ces espaces, peut-être infinis, sont en réalité bruyants, parcourus en tout sens par des ondes électromagnétiques et même des ondes gravitationnelles agitant le tissu de l’espace qu’elles font vibrer. Et pour ceux qui feraient remarquer que ces ondes ne sont en réalité pas des ondes sonores, ce que nous pouvons leur concéder, on rappellera tout de même que de telles ondes se sont formées et propagées au moment du Big Bang dans le plasma du jeune univers observable et que leur mémoire a été gardée par le rayonnement fossile.

Toujours est-il aussi qu’une équipe de planétologues spécialisés dans l’étude des plasmas interplanétaires et des magnétosphères de l’université de l’Iowa (États-Unis), celle-là même où a travaillé le célèbre James A. Van Allen, vient de mettre en ligne une vidéo permettant d’écouter ce que les philosophes grecs pourraient encore appeler un exemple de la musique des sphères (elle accompagne deux publications dans Geophysical Research Letters). En l’occurrence, il s’agit de la traduction dans le domaine sonore audible des ondes se propageant dans le plasma de la magnétosphère de Saturne, détectées et enregistrées par la défunte sonde Cassini, deux semaines avant sa fin programmée dans l’atmosphère de la géante gazeuse.

Cassini

Vue d’artiste de la sonde Cassini (Source : NASA/JPL).

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