Le chlordécone nuit à la fertilité des souris sur plusieurs générations

L’exposition de souris au chlordécone, un insecticide longtemps utilisé aux Antilles, nuit à la production de spermatozoïdes de plusieurs générations de mâles, même s’ils n’ont pas été exposés eux-mêmes, selon une étude de l’Inserm.

Comme pour toute expérience sur les souris, ces conclusions ne peuvent pas automatiquement s’appliquer à l’homme, prennent soin de souligner les auteurs de cette étude parue début juillet dans la revue Scientific Reports. « Les chercheurs ignorent quelle pourrait être la portée effective de ces résultats sur la fertilité des hommes résidant aux Antilles ayant été exposés au chlordécone lors de leur vie prénatale », souligne ainsi l’Inserm dans un communiqué publié lundi.

Dans le cadre de cette étude, des souris en début de gestation « ont été exposées par voie orale à une dose journalière de chlordécone connue pour ne pas induire d’effets néfastes chez cette espèce », selon l’Inserm. Résultat : l’insecticide entraîne chez leur descendance mâle à la troisième génération (c’est-à-dire la première n’ayant pas été directement exposée) « une diminution du nombre de cellules souches germinales (à l’origine des spermatozoïdes), une atteinte de leur différenciation (processus selon lequel les cellules se spécialisent, ndlr) et une diminution du nombre de spermatozoïdes matures ».

Molécule chlordécone

La molécule de chlordécone

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Incendies en Suède : un avant-goût de ce qui attend l’Europe, prévient Jean Jouzel

D’inhabituels feux de forêts font rage en Scandinavie, et plus particulièrement en Suède. Le réchauffement climatique est en cause, explique le climatologue Jean Jouzel.

La Suède, mais aussi la Finlande (et dans une moindre mesure la Norvège) font face à des feux de forêts particulièrement violents, y compris sous des latitudes plus au nord que le cercle polaire arctique. En Suède seulement, 20.000 hectares de forêts sont déjà parties en fumée. Du jamais vu au cours de la dernière décennie : « La dernière fois que nous avons vu des feux de cette envergure, c’était il y a douze ans », a raconté à l’AFP Thomas Andersson, secouriste dans la région. Un phénomène attribuable au réchauffement climatique, explique le climatologue Jean Jouzel.

« Les conditions climatiques relevées au nord du cercle polaire son exceptionnelles », commente le climatologue. « C’est une situation qui cumule à la fois une température record (32°C au cercle polaire le 17 juillet 2018 !, NDLR) et une sécheresse persistante. »

Les causes sont météorologiques : « Il y a une situation de blocage anticyclonique », qui empêche la survenue de précipitations… ce qui amplifie la sécheresse. Des feux ont même été repérés en Laponie suédoise, au-dessus du cercle polaire. Dans la périphérie de la ville de Jökkmokk, destination prisée par les touristes en hiver et située sur le cercle polaire, cinq incendies ont été recensés.

Incendie Karbole Suède 15/07/2018

Feu de forêt en Suède à Karbole, le 15 juillet 2018 (Source : AP/SIPA).

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Très brillante, Mars sera au plus près de la Terre fin juillet

Le point rouge très brillant que vous voyez au-dessus de l’horizon sud-est en fin de soirée, c’est Mars. Il est rare de voir cette planète si étincelante dans la nuit. Et ce n’est pas fini : sa luminosité va encore augmenter jusqu’à la fin du mois, quand la distance entre la Planète rouge et la Terre sera la plus petite. Cette année, ce sera la plus courte depuis quinze ans. Indéniablement, Mars est la star de l’été !

Ces jours-ci, ou plutôt ces soirs-ci, quand l’étincelante Vénus s’enfuit sous l’horizon ouest, son amant, Mars, se hisse au-dessus du sud-est. Attend-il qu’elle s’en aille pour se montrer ? Ou, au contraire, tente-t-il de la rattraper pour lui dire son amour ? On pourrait aussi penser que Mars essaie de nous atteindre. En effet, dans sa danse orbitale autour du Soleil, la planète qui porte le nom du dieu de la guerre dans la mythologie romaine (fils de Junon et Jupiter, mais aussi père de Romulus et Remus, Mars fut d’abord dieu de l’agriculture pour les Romains) n’a pas cessé de se rapprocher de la Terre au cours de ces derniers mois.

Si bien qu’il est impossible de la manquer au cours de ces douces soirées de juillet, lorsque l’astre fait son entrée dans le ciel étoilé. Une entrée fracassante, cette année. Quel éclat ! Une fois n’est pas coutume, Mars la rouge est plus brillante que son aîné Jupiter (certes plus éloignée, mais tellement plus grande). Et cela va durer encore plusieurs jours.

Mais alors, pourquoi Mars brille-t-elle autant cette année ? D’abord, le 27 juillet sera le jour de son opposition. Autrement dit, la Planète rouge sera alignée avec la Terre et le Soleil. D’ailleurs, ajoutons que ce sera aussi le cas de la Lune : ce même soir, en effet, la Pleine Lune nous fera l’honneur d’une belle éclipse totale, et cela à côté de Mars ! Mais, revenons à Mars. N’est-ce pas à l’occasion de ce jour de l’opposition que la distance entre nos deux planètes devrait être la plus petite ? Eh bien, pas tout à fait.

Mars 27/07/2018

Mars le 27 juillet 2018 vue de Guadeloupe.

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La Terre serait entrée dans un nouvel âge géologique, celui du Meghalayen

La Terre est entrée dans un nouvel âge géologique, celui du Meghalayen. Une subdivision unique parmi les nombreux stades de l’échelle de temps géologique car elle serait liée à un événement d’origine humaine.

Les scientifiques ont défini un nouveau chapitre dans l’histoire de la Terre et ce qu’il contient nous concerne au premier chef. La Commission internationale de stratigraphie (CIS) a proposé que l’Holocène, période géologique qui débuta il y a 11.700 ans avec la fin de la grande glaciation de l’hémisphère terrestre nord, soit divisé en trois périodes bien distinctes : le Greenlandien, le Northgrippien et le Meghalayen.

La première coïncide avec la fin de l’âge de glace et se situe entre 11.700 à 8.200 ans avant le présent. La deuxième est motivée par un refroidissement attribué aux vastes volumes d’eau douce, provenant de la fonte des glaciers, qui ont perturbé les courants océaniques. Elle se situe quant à elle entre 8.200 et 4.200 ans avant le présent. Ces deux stades ont été définis suite à l’étude des carottes de glace groenlandaises qui ont permis de les délimiter.

« Ces stalagmites contiennent un relevé très détaillé du changement climatique, qui est indiqué par la géochimie de la matière précipitée – le carbonate formé par les gouttes d’eau dans la grotte », déclare Philip Gibbard, secrétaire général de l’ICS, dans un communiqué.

Meghalayen

C’est officiel, nous vivons dans l’âge du Meghalayen… depuis 4200 ans.

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Au moins 15 morts et 12 000 hospitalisations au Japon dans une canicule sans précédent

Une vague de chaleur frappe le Japon depuis le début de juillet 2018. La canicule a déjà fait 15 morts et interroge sur la capacité du pays à organiser les Jeux Olympiques d’été de 2020.

Au Japon, la canicule sévit depuis le début du mois de juillet 2018. Durant les deux premières semaines du mois, elle a fait au moins 15 morts, pour plus de 12.000 hospitalisations. Le ministère de l’Education a demandé aux écoles de renoncer aux activités en extérieur pendant les fortes chaleurs, un garçon de six ans étant mort d’un coup de chaleur lors d’une sortie scolaire.

Le lundi 23 juillet 2018, les autorités japonaises ont émis de nouveaux avertissements face à la vague de chaleur qui se poursuit sur le Japon, avec des records de températures à Tokyo, qui accueillera à la même saison les Jeux Olympiques en 2020. Avec entre 35 et près de 40 °C à l’ombre et une hygrométrie de plus de 80%, plusieurs villes japonaises affichent une combinaison qui peut être fatale, car elle affaiblit les défenses de l’organisme. Des températures inédites ont été atteintes à travers le pays, notamment dans la ville de Kumagaya (préfecture de Saitama), au nord de Tokyo, qui a battu le record national lundi 23 juillet avec un thermomètre affichant 41,1 °C. Des records ont également été observés dans 14 autres stations d’observation à travers le pays.

La canicule a fait au moins 15 morts dans l’archipel durant les deux premières semaines de juillet tandis que 12.000 personnes ont été hospitalisées, selon des chiffres officiels publiés dimanche 22 juillet. D’après l’agence Kyodo News, au moins 11 autres décès ont été enregistrés durant la seule journée de samedi 21 juillet 2018, pour la plupart des personnes âgées.

Canicule Japon juillet 2018

Canicule au Japon (Source : AFP)

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Cette étoile aurait dévoré une planète sous les yeux de la NASA : une première !

Les récentes fluctuations de la luminosité d’une toute jeune étoile seraient provoquées par la matière libérée par des collisions répétées entre des corps planétaires rocheux. Des fragments de ces corps tomberaient sur cette étoile, un phénomène prédit mais jamais observé pour un jeune soleil âgé de quelques millions d’années.

Depuis Descartes, Kant et Laplace, nous avons fait des progrès gigantesques dans la théorie de la formation du Système solaire. Le premier grand bond en avant est arrivé dans la seconde moitié du XXe siècle avec les modèles analytiques et numériques de la formation des planètes issus de la théorie de l’accrétion développée initialement par des chercheurs comme Viktor Safronov et George Wetherill. Le second bond en avant, qui est toujours accompagné des progrès des simulations numériques vient lui, surtout, des progrès de l’astronomie observationnelle depuis un quart de siècle et qui nous montrent les disques d’accrétions autour de jeunes étoiles dans des pouponnières stellaires, ainsi bien sûr que des exoplanètes.

Nous ne comprenons pas encore tout dans la cosmogonie des systèmes planétaires et il reste notamment des zones d’ombres en ce qui concerne la naissance des planètes géantes dans le Système solaire. C’est pourquoi les astronomes et astrophysiciens qui s’occupent de ces questions scrutent inlassablement certaines nurseries cosmiques à la recherche d’informations supplémentaires pour tester et contraindre leur modèle. L’une des plus intéressantes est celle située aux frontières des constellations du Taureau et du Bouvier (une région appelée en anglais Taurus-Auriga. On y trouve en particulier le nuage moléculaire 1 du Taureau2 (TMC-1 pour l’anglais Taurus Molecular Cloud 1), un nuage moléculaire situé à environ 450 années-lumière du Soleil et qui serait la région de formation d’étoiles d’importance la plus proche du Système solaire.

Aussi dans cette région de la voûte céleste, on observe depuis 1937 les intrigantes (pas autant que celles de l’étoile de Tabby) variations de luminosité de l’étoile de type solaire RW Aur A, laquelle constitue un système binaire avec une autre étoile similaire RW Aur B. Ces étoiles ont quelques millions d’années et RW Aur A est encore entourée de son disque protoplanétaire riche en gaz et en poussières dans lequel la formation de géantes gazeuses est probablement en cours. On sait que ce type de disque se dissipe au bout de 5 à 10 millions d’années environ, ce qui veut dire que dans le cas du Système solaire, Saturne et Jupiter se sont nécessairement formées avant la dissipation d’un disque équivalent ayant lui-même existé pendant une durée similaire.

Collision planète étoile

Une vue d’artiste très exagérée de la destruction de jeunes planètes rocheuses par une jeune étoile (Source : NASA/CXC/M. Weiss).

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