Chlordécone : le gouvernement va revoir les limites autorisées dans les aliments

Le ministère de l’Agriculture a décidé de revoir les limites autorisées pour la présence dans les aliments de chlordécone, un insecticide cancérogène, autrefois utilisé dans la culture de la banane, et a pour cela demandé à l’Agence nationale de sécurité de l’alimentation et de l’environnement (Anses) de réévaluer les valeurs toxiques de référence.

Une association guadeloupéenne avait déposé un recours fin juin devant le tribunal administratif de Paris pour demander l’abrogation d’un arrêté de 2008 fixant des limites autorisées de résidus (LMR) de chlordécone dans les produits alimentaires, trop hautes, selon elle. La Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) a indiqué à l’AFP que cet arrêté serait abrogé, confirmant une information du journal Le Monde.

« Les LMR pour le chlordécone n’ont pas changé depuis 2008, et dans le cadre interministériel, nous nous posons la question sur la nécessité de les revoir », a indiqué à l’AFP Loïc Evain, directeur général adjoint de la DGAL. Comme les LMR sont fixées sur les valeurs toxicologiques de référence (VTR), c’est-à-dire la quantité de chlordécone qui pourrait avoir un effet délétère chez l’homme, « les ministères compétents ont saisi l’Anses pour lui demander de réexaminer les VTR en se fondant sur les dernières études épidémiologiques conduites par le ministère de la Santé, Santé publique France et l’Inserm sur les consommateurs des Antilles », a expliqué M. Evain.

bananeraie

Le chlordécone a été utilisée comme pesticide dans les plantations de bananes en Guadeloupe et en Martinique entre 1973 et 1993.

Lire la suite

Publicités

Très brillante, Mars est au plus près de la Terre ce soir depuis 15 ans

Le point rouge très brillant que vous voyez au-dessus de l’horizon sud-est le soir, c’est Mars. Il est rare de voir cette planète si étincelante dans la nuit. Sa luminosité va culminer ces jours-ci, moment où la distance entre la Planète rouge et la Terre est la plus petite. Il s’agit de la plus courte depuis quinze ans. Indéniablement, Mars est la star de l’été !

Ces jours-ci, ou plutôt ces soirs-ci, quand l’étincelante Vénus s’enfuit sous l’horizon ouest, son amant, Mars, se hisse au-dessus du sud-est. Attend-il qu’elle s’en aille pour se montrer ? Ou, au contraire, tente-t-il de la rattraper pour lui dire son amour ? On pourrait aussi penser que Mars essaie de nous atteindre. En effet, dans sa danse orbitale autour du Soleil, la planète qui porte le nom du dieu de la guerre dans la mythologie romaine (fils de Junon et Jupiter, mais aussi père de Romulus et Remus, Mars fut d’abord dieu de l’agriculture pour les Romains) n’a pas cessé de se rapprocher de la Terre au cours de ces derniers mois.

Si bien qu’il est impossible de la manquer au cours de ces douces soirées de juillet, lorsque l’astre fait son entrée dans le ciel étoilé. Une entrée fracassante, cette année. Quel éclat ! Une fois n’est pas coutume, Mars la rouge est plus brillante que son aîné Jupiter (certes plus éloignée, mais tellement plus grande). Et cela va durer encore plusieurs jours.

Mais alors, pourquoi Mars brille-t-elle autant cette année ? D’abord, le 27 juillet sera le jour de son opposition. Autrement dit, la Planète rouge sera alignée avec la Terre et le Soleil. D’ailleurs, ajoutons que ce sera aussi le cas de la Lune : ce même soir, en effet, la Pleine Lune nous fera l’honneur d’une belle éclipse totale, et cela à côté de Mars ! Mais, revenons à Mars. N’est-ce pas à l’occasion de ce jour de l’opposition que la distance entre nos deux planètes devrait être la plus petite ? Eh bien, pas tout à fait.

Mars

« En route vers Mars » ! Superbe photo de l’astrophotographe John Chumack. Au fil de son rapprochement avec la Terre, Mars est plus brillante, jour après jour. (Source : John Chumack/APOD)

Lire la suite

Le satellite TESS commence à chercher des exoplanètes

Le nouveau chasseur d’exoplanètes de la NASA est opérationnel et a commencé ses opérations scientifiques, les premiers résultats sont attendus en août 2018.

Le satellite TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) est le dernier joujou de la NASA destiné à la traque des exoplanètes. Il a été lancé du Centre spatial Kennedy, par une fusée Falcon 9 de Space X, le 18 avril 2018. Il a atteint son orbite de travail le 30 mai dernier et après plusieurs semaines de tests et de vérifications il a débuté ses opérations de recherche le 25 juillet.

TESS devrait transmettre sa première série de données scientifiques à la Terre au mois d’août, puis il le fera périodiquement tous les 13,5 jours. Sitôt arrivés sur Terre, les résultats seront analysés et de nouvelles exoplanètes devraient rapidement être identifiées par les chercheurs en charge du satellite.

Satellite Tess

Avec Tess, la NASA fait le pari de découvrir une multitude de planètes habitables, voire habitées, autour d’étoiles proches de nous (Source : NASA).

Lire la suite

Le Grand collisionneur de hadrons accomplit une grande première : l’accélération d’atomes

La première accélération d’atomes au Grand collisionneur de hadrons (LHC) a été réalisée avec succès le mercredi 25 juillet. Cette première étape pourrait conduire à une nouvelle manière d’étudier la matière dans le plus puissant des accélérateurs de particules au monde.

Un nouvel horizon scientifique se profile au Grand collisionneur de hadrons. Une équipe de chercheurs vient de réaliser une première dans l’histoire de l’accélérateur : accélérer des atomes et produire un faisceau stable. Depuis sa mise en fonction en 2008, les chercheurs s’étaient limités à accélérer des protons ou des noyaux d’atomes, à des vitesses proches de celle de la lumière, pour ensuite mieux les fracasser entre eux.

Le but de la manœuvre est de produire de la matière à de très hauts niveaux d’énergie, pour faire apparaitre des particules qui ne se manifestent pas dans des conditions terrestres. Malgré les réussites sans précédents de l’accélérateur, comme la découverte du boson de Higgs en 2012, les chercheurs ont besoin de sonder la matière toujours plus loin.

Après 10 ans, les physiciens sont donc passés à l’étape supérieure. Les nouveaux cobayes sont des atomes de plomb, constitués d’un noyau fait de protons et de neutrons, et autour duquel gravite un unique électron. Cette expérience menée le 25 juillet et rendue publique dans un communiqué de presse deux jours après, est un premier essai pour élargir le champ des possibilités au LHC. Cette première étape est elle-même le fruit de différents tests.

LHC CERN

Le LHC, le plus puissant collisionneur de particules jamais réalisé par l’Homme (Source : CERN).

Lire la suite

Overshoot day : comment calcule-t-on le « crédit » de la Terre ?

Des experts contestent la précision des calculs de notre empreinte écologique donnant lieu à un « jour du dépassement ». De nouveaux indicateurs, plus réalistes, resteraient à inventer.

Mercredi 1er août 2018, l’humanité a, parait-il, atteint son « jour du dépassement », date à laquelle la consommation de l’humanité excèderait ce que la nature est capable de générer en un an, selon Global footprint network (GFN), un laboratoire international d’idées. Mais si le message est frappant, son fond réaliste, il n’en reposerait pas moins sur des calculs… lacunaires et insuffisamment réalistes, estiment d’autres experts américains et français.

De fait, comment l’ONG parvient-elle à estimer un jour précis, alors qu’elle embrasse des problèmes aussi divers et complexes que le déclin de la biodiversité, la destruction des forêts primaires ou la fonte des glaciers et qu’elle travaille à des échelles très différentes ? Son astuce, c’est le calcul en « hectare global ». Cette unité, qui sert de base à l’empreinte écologique, représente la « biocapacité » (la capacité de production de ressources et d’absorption de déchets) d’un hectare moyen (c’est-à-dire correspondant à la moyenne mondiale). Le concept d’empreinte écologique, élaboré au début des années 90, correspond à la superficie nécessaire pour fournir les ressources consommées et assimiler les rejets d’une population donnée.

Pour ses estimations, GFN se nourrit des données de 201 pays et d’organismes internationaux comme l’Agence internationale de l’énergie, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) ou encore le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Des hautes sphères de l’ONU jusqu’au grand public, le concept d’empreinte écologique s’est rapidement popularisé… et l’idée selon laquelle les hommes utiliseraient les ressources « d’une Terre et demie » tous les ans s’est également peu à peu imposée dans les esprits.

Empreinte écologique pays

Le calcul de la biocapacité rapportée à l’empreinte écologique peut être fait à différentes échelles, par exemple par pays. Ici, on remarque qu’il faudrait 8,4 Corée du Sud pour subvenir aux besoins des Coréens du Sud. Mondialement, il faudrait 1,6 Terre pour répondre à la demande de l’humanité entière. (Source : Global Footprint Network)

Lire la suite

Un curieux dauphin hybride repéré près d’Hawaï

Une expédition financée par la marine américaine a repéré un dauphin aux caractéristiques inhabituelles au large de l’île Kauai, à Hawaï. L’analyse génétique d’une biopsie de l’animal a montré que c’était un hybride entre deux espèces distinctes de dauphins.

C’est le premier hybride de la sorte formellement identifié par la génétique : son père serait un dauphin à bec étroit et sa mère un dauphin d’Électre. Le cétacé a été repéré en août 2017 par des chercheurs du collectif Cascadia Research, au cours d’une expédition de deux semaines visant à étudier la faune autour de la base navale de Barking Sands à Hawaï.

D’après le rapport de l’équipe de scientifiques, cinq espèces de dauphins ont été identifiées. Les animaux les plus fréquents étaient des dauphins à bec étroit ou Sténo, de l’espèce Steno bredanensis. Parmi les autres animaux, certains appartenaient à deux autres espèces fréquentes dans cette région : des dauphins à long bec Stenella longirostris et des Tursiops.

Mais deux autres espèces identifiées étaient plus rares dans les eaux d’Hawaï : des dauphins d’Électre Peponocephala electra et des dauphins tachetés pantropicaux Stenella attenuata. De plus, en étudiant les photographies, les chercheurs ont repéré un animal inhabituel, qu’ils soupçonnaient être un hybride. Ce dauphin présentait des caractéristiques morphologiques (tête, pigmentation…) intermédiaires entre deux espèces bien différentes : le dauphin Sténo et le dauphin d’Électre.

Duaphin hybride

L’hybride est le dauphin situé à l’avant. À côté se trouve un dauphin d’Électre (Source : Kimberley A Wood/Cascadia Research).

Lire la suite