Un « mur d’hydrogène » scintillant engloberait le Système solaire

Un excès de rayonnement UV observé par la sonde New Horizons, située aux confins du Système solaire, confirme les mesures des sondes Voyager et pointe vers la possible existence d’un « mur d’hydrogène ».

Et si un «mur d’hydrogène» émettant un faible rayonnement ultraviolet enveloppait notre Système solaire ? C’est l’une des hypothèses émises par les scientifiques de la mission New Horizons, dont la sonde se situe actuellement au-delà de Pluton, qui ont détecté un excès significatif de photons dans cette gamme de longueurs d’onde. Leurs résultats ont été présentés au début du mois dans la revue Geophysical Research Letters.

Ce n’est pas la première fois que les scientifiques enregistrent ce signal étrange. Les deux sondes Voyager, dont la première a officiellement quitté le Système solaire en 2012, ont toutes les deux enregistré cet excès surprenant de rayonnement ultraviolet il y a plus de 30 ans.

« Nous baignons dans un nuage très ténu d’hydrogène éclairé par le Soleil », décrypte Rosine Lallement, spécialiste des interactions entre notre Soleil et le nuage galactique dans lequel nous nous déplaçons actuellement. « Le Soleil excite cet hydrogène qui se met à ‘briller’ dans le domaine UV. En principe, plus on s’éloigne du Soleil, plus ce rayonnement est faible. Exactement comme le halo de lumière autour d’un réverbère plongé dans le brouillard s’atténue avec la distance. Mais nous avions déjà observé un excès de rayonnement à l’époque. Et plus on s’éloigne du Soleil, mieux cet excès ressort. »

Mur hydrogène système solaire

Vue d’artiste de la bulle de gaz enveloppant notre Système solaire et de ses interactions avec le gaz interstellaire environnant (Source : NASA/Goddard Space Flight Center/Conceptual Image Lab).

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« L’effet nicotine » des insecticides tueurs d’abeilles

Alors que les néonicotinoïdes sont interdits en France le 1er septembre, une étude détaille leur effet addictif sur les abeilles.

Devançant la réglementation de l’Union européenne, la France interdit à partir de ce samedi les insecticides néonicotinoïdes, les plus utilisés au monde, qui sont à l’origine du déclin des colonies, provoquant une surmortalité des insectes pollinisateurs. Selon une nouvelle étude scientifique l’usage de cette famille de pesticides, même en très faibles quantités, provoque chez l’abeille une addiction à son poison… La découverte rejoint une liste multiples d’effets comportementaux déjà mis en évidence qui, à terme, tuent l’insecte.

La ressemblance avec la nicotine dont dépendent les fumeurs ne se limite pas aux apparences. « Les récepteurs sensoriels ciblés par les néonicotinoïdes chez les insectes sont similaires à ceux visés par la nicotine chez les mammifères », détaille l’un des auteurs de l’étude, le docteur Richard J. Gill, de l’Imperial College de Londres. Avec cinq confrères, dont deux de l’université Queen Mary, il a mené une expérience sur 10 ruchers durant 10 jours, détaillée dans la revue Proceedings of the Royal Society B publiée le 29 août.

Pour mettre en évidence une certaine addiction, ils ont exposé les abeilles de chaque rucher, pris séparément, à des solutions sucrées aux différentes concentrations, sans les y forcer. Comme un placebo, l’une d’elles ne contenait pas l’insecticide testé – le thiaméthoxame, l’un des sept neurotoxiques formant la famille des néonicotinoïdes. « Au départ, les abeilles préféraient la solution vierge, explique l’un des scientifiques, le docteur Andres Arce. Mais au fur et à mesure, après avoir goûté les autres, leurs visites ont augmenté en faveur de celles contenant l’insecticide. »

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Un drone océanique pour sauver la Grande barrière de corail

Des scientifiques australiens ont dévoilé un robot sous-marin capable de traquer et tuer la « couronne d’épines », une étoile de mer dévoreuse de coraux qui fait des ravages dans la Grande barrière de corail.

Le RangerBot a été mis au point à l’aide d’un don de Google et est destiné à « protéger le récif » inscrit au patrimoine de l’Humanité, ont expliqué les scientifiques de l’Université de technologie (QUT) du Queensland. Ils travaillent depuis plus de dix ans à l’élaboration de cet engin dont une première version avait été dévoilée en 2015.

La Grande barrière de corail qui fait la taille du Japon ou de l’Italie a subi en 2016 et 2017 deux graves épisodes de blanchissement de ses coraux du fait des hausses de la température de l’eau. Les spécialistes estiment qu’une zone de 2.300 kilomètres de long pourrait avoir subi des dégâts irrémédiables, à cause du changement climatique, des activités industrielles et agricoles, et de l’acanthaster pourpre, une étoile de mer invasive, également connue sous le nom de « couronne d’épines » ou « coussin de belle-mère ».

RangerBot

Le RangerBot au dessus de la Grande barrière de corail en Australie, sur une photo diffusée le 31 août 2018 (Source : Great Barrier Reef Foundation/AFP).

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Cette monstrueuse galaxie donne naissance à des étoiles à un rythme impressionnant

Une équipe d’astronomes japonais vient de dévoiler l’image la plus précise jamais réalisée d’un monstre galactique situé à 12,4 milliards d’années-lumière de la Terre : COSMOS-AzTEC-1. Une galaxie lointaine et très particulière, qui produit de nouvelles étoiles à un rythme exceptionnel.

Scruter les confins de l’Univers. Telle est la mission d’ALMA, l’Atacama large millimeter/submillimeter array. Ce réseau de 66 grandes antennes installées dans le désert chilien forme, depuis 2013, l’un des plus puissants radiotélescopes au monde. Un instrument d’exception, qui vient une nouvelle fois de prouver ses capacités hors du commun, en révélant l’image la plus détaillée jamais obtenue d’une gigantesque galaxie située à 12,4 milliards d’années-lumière de la Terre.

« L’un des [intérêts] majeurs des observations d’ALMA est de [pouvoir observer] les galaxies lointaines à une résolution sans précédent », explique dans un communiqué Ken-ichi Tadaki, chercheur post-doctorant à la Japan Society for the Promotion of Science ainsi qu’à l’Observatoire astronomique national japonais, et auteur principal d’une étude publiée ce mercredi 29 août dans la revue Nature.

Au cours de leurs travaux, l’astronome japonais et ses collègues se sont attelés à l’étude approfondie de COSMOS-AzTEC-1. Cette galaxie lointaine, située à plus de 12 milliards d’années-lumières de la Terre, est d’une nature très particulière.

COSMOS-AzTEC-1

Vue d’artiste de la galaxie COSMOS-AzTEC-1 (Source : National Astronomical Observatory of Japan).

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La Terre pourrait subir une « transformation majeure » au cours du prochain siècle

Forêts, déserts, paysages et écosystèmes vitaux de la Terre risquent de subir une « transformation majeure » au cours du prochain siècle du fait du changement climatique, ont prévenu des scientifiques.

Certains changements sont déjà enclenchés dans le sud-ouest des Etats-Unis, où des incendies de grande envergure détruisent de vastes superficies de forêts. Et dans les 100 à 150 prochaines années, ces changements vont probablement s’étendre aux savanes et aux déserts, bouleversant les écosystèmes et menaçant la faune et la flore.

En particulier en Europe et aux Etats-Unis, selon les travaux publiés dans la revue Science, jeudi 30 août 2018. « Si nous laissons le changement climatique hors de contrôle, l’apparence de la végétation de cette planète va être totalement différente de ce qu’elle est aujourd’hui et cela représente un risque énorme pour la diversité de la planète », relève Jonathan Overpeck, doyen de la School for Environment and Sustainability, à l’université du Michigan.

Incendies Californie 08/08/2018

La Californie subit chaque année de vastes incendies de forêt, comme à Lake Elsinore le 8 août 2018 (Source : AFP).

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Un manchot de Nouvelle-Zélande parcourt 6.800 km en deux mois !

Grâce à des balises Argos, des chercheurs ont suivi 20 gorfous du Fiordland au départ de la Nouvelle-Zélande. Ils ont été surpris de constater qu’ils pouvaient parcourir jusqu’à 6.800 kilomètres aller-retour en deux mois, lors d’un marathon solitaire qui démarre chaque année en décembre.

Chaque année en décembre, un manchot aux grands sourcils jaunes broussailleux quitte les côtes de Nouvelle-Zélande pour un marathon solitaire de deux mois, parcourant jusqu’à 6.800 kilomètres aller-retour, une distance époustouflante selon les chercheurs qui ont réussi pour la première fois à suivre les oiseaux. Les résultats de cette étude ont été publiés mercredi dans la revue scientifique PLOS One.

Les manchots, stars de dessins animés et universellement adorés, sont peu étudiés. Un tiers des espèces vivent en Nouvelle-Zélande, où elles font partie du paysage, principalement dans les régions sauvages du sud. La plupart sont néanmoins catégorisées vulnérables ou menacées. Jusqu’à présent, on ignorait où l’un de ces manchots, le gorfou du Fiordland (Eudyptes pachyrhynchus), migrait chaque année en quête de nourriture. Les zoologues supposaient qu’il restait près des côtes. Pour le vérifier, ils ont attaché des balises Argos sur 20 de ces oiseaux, qu’ils ont suivis quotidiennement dans leur migration.

« Au début, j’ai cru qu’il y avait une erreur dans les données », explique Thomas Mattern, chercheur de l’université de l’Otago en Nouvelle-Zélande, qui dirige le Projet Tawaki, du nom local du manchot. « J’étais complètement stupéfait, je me demandais : mais jusqu’où vont-ils aller ? » La destination des manchots s’est avérée être à mi-chemin de l’Antarctique, dans des zones où les eaux chaudes du nord se heurtent aux eaux froides du sud.

Gorfous de Fiordland

Les gorfous du Fiordland ont comme particularité d’avoir de grands sourcils jaunes.

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Le changement climatique pourrait avoir aidé Homo sapiens à remplacer Néandertal en Europe

Selon une récente étude, l’Homme de Néandertal aurait notamment été victime du changement climatique. Un temps subitement froid et sec aurait eu raison de cet ancêtre alors qu’Homo sapiens serait parvenu à s’imposer en faisant preuve d’adaptation.

Il y a 40.000 ans, notre cousin Néandertal, dominait en Europe et en Asie avant de s’éteindre. Et ce, quelques milliers d’années seulement avant l’arrivée en Europe de notre espèce, Homo sapiens. Mais comment et pourquoi l’Homme de Néandertal a-t-il disparu ? Le débat divise les scientifiques depuis des siècles.

Certains évoquent une épidémie, d’autres placent la faute sur Homo sapiens… Une récente étude publiée dans la revue Proceeding of the National Academy of Sciences (PNAS) et menée par l’Université de Cologne, en Allemagne, vient aujourd’hui compléter la liste des théories : Néandertal pourrait avoir été victime du changement climatique.

En étudiant différentes grottes en Roumanie et en analysant de précédentes données écologiques, archéologiques et climatiques, le Dr. Michael Staubwasser et son équipe ont mis en évidence deux périodes où le climat s’est révélé particulièrement froid et sec : l’une ayant commencé il y a 44.000 ans pour durer 1.000 ans, et une autre ayant commencé il y a 40.800 ans pour durer 600 ans.

Homme de Néandertal

Ici, la représentation d’un homme de Néandertal au Musée de la préhistoire des Eyzies-de-Tayac, en Dordogne (Source : AFP).

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