Les cèdres, emblèmes du Liban, menacés par un insecte et le réchauffement

Parmi les cèdres pluricentenaires de la forêt de Tannourine, dans le nord du Liban, se dressent des squelettes gris d’arbres morts. Ici, ce n’est pas le feu qui tue l’emblème du pays, mais le réchauffement climatique.

Parmi les cèdres pluricentenaires de la forêt de Tannourine, dans le nord du Liban, se dressent des squelettes gris d’arbres morts. Ici, ce n’est pas le feu qui tue l’emblème du pays, mais le réchauffement climatique.

La hausse des températures et la baisse des chutes de pluie et de neige a fait proliférer depuis la fin des années 1990 un insecte qui ronge les aiguilles des « cèdres de Dieu », comme on les appelle parfois au Liban, semant chaque année la mort parmi les arbres les plus jeunes. Le Cephalcia tannourinensis fait des ravages dans cette cédraie située à 1.800 mètres d’altitude, comme dans plusieurs autres forêts du nord libanais. « C’est comme si un feu avait balayé la forêt », lâche Nabil Nemer, entomologiste forestier, membre du comité de gestion de Tannourine. « En 2017, 170 arbres se sont totalement desséchés », déplore-t-il.

Il suffit de creuser quelques centimètres au pied d’un tronc pour voir grouiller dans la terre humide les minuscules larves vertes à l’origine du mal. Elles menacent désormais l’arbre symbole du pays, ce cèdre arboré sur la monnaie et le drapeau libanais et auquel le Français Lamartine avait rendu hommage dans un poème. Le problème n’est pas nouveau: durant l’Antiquité, des forêts entières avaient ainsi été décimées. À l’époque, les Pharaons d’Égypte l’importaient pour fabriquer des navires et il aurait servi à la construction du temple du roi Salomon à Jérusalem.

Cèdre Liban

n cèdre dans la forêt de Tannourine, le 30 octobre 2018 au Liban (Source : AFP).

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Un « essaim de séismes » à Mayotte intrigue les chercheurs

L’île française est secouée par une sismicité inhabituelle depuis plusieurs mois. De nouvelles secousses atypiques aident les experts à comprendre.

Que se passe-t-il dans le sol de Mayotte ? Ce département français d’outre-mer, niché entre l’île de Madagascar et le Mozambique en Afrique, vit depuis plusieurs mois au rythme de tremblements de terre d’une intensité jamais ressentie. Jusqu’ici, les habitants discernaient à peine un petit séisme par an, soit une zone plutôt calme à l’image d’une partie de la France métropolitaine. Mais depuis la nuit du 10 au 11 mai, les choses ont radicalement changé.

« Ce soir-là, un premier séisme important s’est produit, suivi par d’autres secousses d’une ampleur similaire, explique Didier Bertil, ingénieur au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). D’habitude, un gros tremblement est normalement suivi de répliques qui s’atténuent avec le temps. » La panique s’est emparée des habitants peu après, le 15 mai, quand la terre de Mayotte a tremblé comme jamais elle ne l’avait fait. Le séisme, de magnitude 5,8, n’a provoqué que des dégâts légers. « Il était toutefois beaucoup plus fort que le record connu jusqu’ici, celui de 1993 de magnitude 5,2 », précise Didier Bertil. Depuis cette date, l’activité du sol n’a cessé de varier. « Et ça continue aujourd’hui, on enregistre jusqu’à plusieurs secousses par heure », poursuit le scientifique.

Les experts du BRGM, l’établissement public de référence pour les études du sol, ont donné un nom à cette crise inhabituelle qui dure depuis plusieurs mois : un essaim de séismes. Le terme s’inspire de l’essaim d’abeilles, qui décrit un gros rassemblement de ces insectes au même endroit. « Il s’agit d’un système particulier, une cascade de tremblements qui se suivent dans la même zone, où il est toutefois difficile de distinguer un séisme majeur : c’est ce que vit Mayotte depuis le mois de mai », résume Didier Bertil. La situation pourrait être bien pire si l’activité sismique provenait du dessous de l’île… Heureusement, elle se concentre sur une zone située entre 35 et 40 kilomètres à l’est des côtes et à une profondeur de 3,5 à 4 kilomètres dans les eaux du canal du Mozambique. De même, le risque de tsunami a été étudié, puis écarté en raison des pentes immergées très importantes. Un profil géologique peu favorable aux déferlements marins.

Mayotte

Plus de 250 000 Mahorais résident sur l’ensemble d’îles de Mayotte, où les tremblements de terre se multiplient (Source : Reuters).

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COP 24 : tous les indicateurs du réchauffement climatique sont dans le rouge

Alors que le monde entier a les yeux rivés sur Katowice, en Pologne, où la 24e Conférence sur le climat (COP24) se tient jusqu’au 14 décembre, tous les indicateurs du réchauffement climatique sont dans le rouge, témoignant de l’urgence à agir. Les 200 pays réunis pour ce sommet sont appelés à trouver des solutions pour atténuer ses impacts qui ne font qu’empirer.

Concentration record en CO2, chaleurs extrêmes, recul des glaces: les derniers indicateurs du réchauffement montrent l’accélération d’un phénomène planétaire et disent l’urgence à agir, au moment où s’ouvre dimanche la 24e conférence de l’ONU sur les changements climatiques.

2018 devrait être la 4e année la plus chaude recensée depuis le début des relevés, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Le XXIe siècle compte ainsi 17 des 18 années records depuis le lancement des mesures en 1880, avec ces quatre dernières années qui forment le top 4.

Cet été, l’Europe, l’Ouest américain et l’Asie ont été frappés par des vagues de chaleur, accompagnées de températures records au Portugal, en Scandinavie, en Corée du Sud, au Japon ou en Algérie, et parfois de gigantesques incendies. En Arctique, l’étendue de la banquise est restée largement en-dessous de sa moyenne historique tout au long de l’année, et a connu un plus bas historique en janvier-février.

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Un observatoire terrestre découvre de l’eau sur une exoplanète

Le progrès des techniques d’observation permet désormais de rechercher des conditions favorables à la vie sur d’autres exoplanètes. Ainsi, des traces d’eau ont été décelées sur HR 8799c, jeune planète gazeuse géante d’environ sept fois la masse de Jupiter.

HR 8799c est une jeune planète gazeuse géante d’environ sept fois la masse de Jupiter. Elle est très éloignée de son étoile dont elle fait le tour en 200 ans. Cette planète a déjà été étudiée par des télescopes en orbite qui y ont décelé des traces d’eau. Elle vient d’être examinée à nouveau avec les nouvelles installations du télescope Keck qui est parvenu à obtenir de meilleurs résultats depuis le sol. Une première qui ouvre la voie de la caractérisation d’autres exoplanètes depuis la Terre et peut-être même de la recherche de traces de vie.

L’équipe qui a réalisé cette étude dont les résultats sont publiés dans The Astronomical Journal a utilisé l’instrument NIRSPEC, un spectromètre haute résolution qui fonctionne dans le proche infrarouge couplé aux installations d’optique adaptative du télescope. L’optique adaptative est une technique destinée à compenser l’effet de flou de l’atmosphère terrestre causé par les turbulences. Ce sont ces mêmes turbulences qui font scintiller les étoiles quand on les observe à l’œil nu et elles déforment fortement les images capturées par les télescopes terrestres.

HR 8799c

Vue artistique du système dont la plus grosse planète a été étudiée depuis la Terre (Source : W. M. Keck Observatory/A. Makarenko/C. Alvarez).

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