A l’île Maurice, la canne à sucre pour faire de l’électricité

Isolée dans l’océan Indien et ne pouvant compter que sur elle-même pour son électricité, l’île Maurice s’emploie à diminuer progressivement sa dépendance aux énergies fossiles en développant les énergies renouvelables, notamment la production d’électricité grâce à sa principale culture, la canne à sucre.

Depuis une quinzaine d’années, la bagasse, le résidu fibreux issu du broyage de la canne à sucre, est largement mise à contribution pour produire de l’électricité, au point désormais de pourvoir à 14% des besoins de l’île. L’île Maurice dispose d’un système tout particulier pour sa production d’énergie : 60% des besoins en électricité de l’île sont produits par quatre sociétés sucrières qui font tourner chacune une centrale thermique. Ces quatre centrales tournent normalement au charbon mais quand la saison de la canne arrive, la bagasse remplace le charbon comme combustible.

En cette fin du mois de novembre, la récolte bat son plein dans les champs environnant la société Omnicane, située dans le sud de l’île Maurice. Une noria de poids lourds tirant d’immenses remorques viennent s’aligner près d’un entrepôt non moins impressionnant pour y décharger leur cargaison de canne à sucre fraîchement coupée. Durant la période de récolte, ce sont chaque jour 8.500 tonnes qui sont ainsi acheminées dans cette installation (soit environ 900.000 tonnes de canne dans l’année). Les tiges de canne sont alors broyées afin d’en extraire le jus qui servira à produire le sucre.

La bagasse est de son côté lavée de manière à en extraire le maximum de liquide sucré, puis elle est chauffée pour en réduire le taux d’humidité. Elle part alors alimenter une centrale thermique où elle brûlera à plus de 500°C, une combustion qui permettra à des turbines de produire de l’électricité, dont une très grande partie sera acheminée sur le réseau national (le reliquat servant à alimenter l’entreprise).

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Voyage au centre de la Terre

Longtemps l’homme a cherché en vain à percer les mystères des entrailles de la planète. La science lève peu à peu ce voile.

« Personne ne sait d’une façon certaine ce qui se passe à l’intérieur du globe. » Cette citation d’Otto Lidenbrock, le héros de Voyage au centre de la Terre, rédigé par Jules Verne voilà plus d’un siècle et demi, semble toujours de mise. Incroyable… Alors qu’il a posé le pied sur la Lune et s’apprête à partir à la conquête de Mars, l’homme demeure incapable d’explorer les entrailles de la petite planète qui le porte. Ce doux rêve du célèbre écrivain nantais est encore cantonné au domaine de la fiction, faute de moyens technologiques.

L’idée de creuser le sol, tout simplement, a longtemps été la seule solution. Plusieurs scientifiques réalisent encore des forages d’exploration : ils mesurent la température et la pression souterraines et, surtout, remontent par carottage des échantillons, ensuite analysés en laboratoire. Outre les missions menées actuellement par le Japon sous l’océan grâce au Chikyu, un navire spécialisé, le trou le plus profond du monde, percé par des scientifiques russes dans la toundra près de Mourmansk, a atteint près de 12,3 kilomètres (km) en 1989. Un record qui laisse rêveur : dix-neuf ans de travail pour explorer environ… 0,2 % de la structure interne de la Terre, dont le rayon fait 6 371 km.

« Les forages restent largement insuffisants, reconnaît Henri-Claude Nataf, directeur de recherche à l’Institut des sciences de la Terre (CNRS, université de Grenoble). Ce n’est même pas la moitié de l’épaisseur de la croûte terrestre – cette couche superficielle géologique qui débute sous nos pieds et s’enfonce jusqu’à 35 km de profondeur en moyenne. » Si la Terre était une pomme, sa peau représenterait exactement la finesse relative de cette croûte. Et sous les océans, elle se compresse et devient encore plus mince.

Structure interne Terre

En dessous de la croûte terrestre, se cache plusieurs autres couches.

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La sonde Osiris-Rex déniche des traces d’eau sur Bennu

Les premières données obtenues par l’engin autour de Bennu confirment l’intérêt d’étudier des astres de ce type pour comprendre la formation du système solaire.

Bonne pioche ! La NASA a décidément fait le bon choix en choisissant Bennu pour sa première mission visant à ramener des échantillons d’un astéroïde sur Terre. En effet les premières données fournies par les instruments de la sonde Osiris-Rex indiquent la présence de minéraux hydratés à la surface de Bennu et c’est précisément ce sur quoi espéraient tomber les scientifiques en charge de l’engin. En effet, un des objectifs de la mission est de comprendre comment les astéroïdes ont pu jouer un rôle en transportant de l’eau et des molécules organiques jusqu’aux jeunes planètes du système solaire, dont la Terre bien-sûr.

Les données ont été obtenues à partir des deux spectromètres de l’engin spatial, le spectromètre visible et infrarouge OVIRS et le spectromètre à émission thermique OTES. Ils ont permis de détecter la présence de molécules contenant des atomes d’oxygène et d’hydrogène liés, des groupements appelés hydroxyles. Ces molécules seraient tapies dans des argiles et leur présence signifie qu’à un moment les minéraux qui composent Bennu ont été en contact avec de l’eau.

Osiris-Rex approche Bennu

L’astéroïde Bennu lors de l’approche d’Osiris-Rex (Source : NASA/Centre spatial Goddard).

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L’astéroïde, tueur de dinosaures, aurait créé des montagnes plus hautes que l’Everest

L’étude de carottes rocheuses prélevées dans le cratère de Chicxulub vient d’accréditer une théorie concernant la formation des anneaux centraux pour les cratères d’impact géants. Les roches de ces anneaux, rendues fluides par des ondes sonores intenses, se seraient élevées à une hauteur comparable à celle de l’Everest avant de retomber.

L’exploration du Système solaire a montré que la Lune n’était pas la seule à posséder des cratères d’impacts. On sait depuis le programme Apollo au moins qu’il ne s’agit pas de cratères volcaniques mais bien d’astroblèmes causés par la chute de petits corps célestes, à savoir des astéroïdes et des comètes. Sur Mercure comme sur notre satellite, lorsque ces cratères sont de suffisamment grande taille, on observe qu’ils possèdent des structures supplémentaires. En l’occurrence, un pic central ou au moins un anneau central (ring, en anglais), emboîté dans le cratère principal, formé par des régions surélevées à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sol du cratère qui est plat, un « peak ring crater » (on parle aussi de cratère complexe).

Ces structures sont intrigantes car elles apparaissent comme étant l’équivalence de celles résultant de la chute d’une goutte d’eau ; ces vidéos montrent ce phénomène au ralenti. Or, dans le cas des planètes, il s’agit de matériaux solides.

Certes, sur une grande échelle de temps, la glace coule comme un liquide dans les glaciers et le manteau solide de la Terre n’en est pas moins en état de convection comme l’eau chauffée dans une casserole. Mais, dans le cas de la formation des cratères d’impact, le phénomène se produit sur une bien plus courte échelle de temps. Les géophysiciens et les planétologues ont cependant un début d’explication qui se base sur le phénomène de fluidisation acoustique. Il n’est pas sans rappeler ce qui se produit lorsqu’un milieu granulaire est soumis à des ondes sismiques intenses lors d’un séisme dévastateur : un marcheur s’enfonce alors brutalement dans le sable comme s’il était sur de l’eau. On peut s’en faire une idée avec une variante de la fluidisation avec un gaz dans le sable.

Cratère de Chicxulub

Image d’artiste du cratère de Chixculub quelques milliers d’années après la disparition des dinosaures (Source : Science Source).

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