Un cratère rempli d’eau glacée a été repéré sur Mars

Alors qu’elle s’apprête à fêter son quinzième anniversaire, la sonde spatiale Mars Express vient de révéler de splendides images d’une curiosité martienne : le cratère Korolev. Une dépression géologique emplie d’une épaisse couche d’eau gelée, fruit d’un étonnant processus physique.

Les martiens seraient-ils amateurs de patin à glace ? Difficile de répondre à cette question quelque peu saugrenue, mais une chose est sûre en revanche : les petits hommes verts auraient à leur disposition une patinoire de choix pour assouvir leur passion. L’Agence spatiale européenne vient en effet de publier les incroyables photos d’une étendue circulaire d’eau gelée de plus de 81 kilomètres de diamètre. Elle est contenue dans un cratère martien appelé Korolev, rempli de quelque 2.200 kilomètres cubes de glace.

Des images inédites capturées par la sonde de l’Agence spatiale européenne Mars Express viennent ainsi de révéler sous un nouveau jour cette dépression logée au sud d’un vaste champ de dunes – Olympia Undae -, lui-même situé au niveau du pôle Nord de Mars. De quoi fêter dignement le 15e anniversaire de la sonde spatiale lancée le 2 juin 2003, et entrée en orbite autour de Mars… le 25 décembre !

Cratère glace Mars

Le cratère Korolev vu du dessus (Source : ESA/DLR/FU Berlin).

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Sida : des chercheurs de l’Institut Pasteur détruisent les cellules réservoirs

Une équipe de l’Institut Pasteur a trouvé un moyen d’éliminer les cellules réservoirs du virus du Sida, ouvrant la voie à de nouvelles possibilités de traitements. Mais le chemin est encore long pour que ces résultats, obtenus sur des cellules en culture, soient appliqués à l’Homme.

Les traitements actuels contre le VIH sont à prendre à vie car les antirétroviraux ne parviennent pas à éliminer les réservoirs du virus logés dans les cellules immunitaires. « Les antirétroviraux vont bloquer le virus, ils vont agir contre le virus et sa multiplication mais ils ne peuvent pas éliminer les cellules infectées. Là, avec notre travail, il s’agit de caractériser les cellules infectées pour pouvoir cibler les cellules et les éliminer de l’organisme infecté par le VIH », explique le chef de file de l’étude, Asier Saez-Cirion.

L’équipe de l’Institut Pasteur a réussi à identifier les caractéristiques des lymphocytes T CD4, des cellules immunitaires qui sont les cibles principales du VIH. Leur étude montre que le virus va infecter prioritairement les cellules à forte activité métabolique. C’est cette activité, et en particulier la consommation de glucose de la cellule, qui joue un rôle clé dans l’infection : le virus détourne l’énergie et les produits fournis par la cellule pour se multiplier. Ce besoin du virus constitue une faiblesse qui pourrait être exploitée pour s’attaquer aux cellules « réservoirs ». Ces résultats paraissent dans Cell Metabolism.

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Des dizaines de milliers de chauves-souris meurent de chaud en Australie

Au nord-est de l’Australie, la chaleur fait tomber des arbres des milliers de chauves-souris. Une hécatombe qui met en danger l’espèce et qui risque de provoquer une catastrophe sanitaire.

Si l’hiver a pris ses aises de ce côté de la planète, l’Australie est, elle, frappée par une importante vague de chaleur. Dans le nord-est du pays, à Cairns (État du Queensland), la température a dépassé plusieurs jours de suite les 42° C. Une chaleur tropicale inédite, à en croire les autorités locales, et qui n’est pas sans conséquences. Plus de 46.000 chauves-souris roussettes (flying fox) ont été retrouvées mortes au pied des arbres, victimes de la chaleur.

Au nord du tropique du Capricorne, la ville de Cairns est coincée entre la Grande Barrière de corail et la forêt tropicale. La saison sèche se termine et laisse place à la saison des pluies mais le mercure, lui, continue de grimper. Au mois de novembre, le Queensland a vu tomber de nombreux records de chaleur et la multiplication des incendies. La région est particulièrement riche en biodiversité. En journée, les chauves-souris pendent par centaines des arbres à la manière de fruits pas encore mûrs, y compris en ville.

Hécatombe chauve-souris Australie décembre 2018

Une soigneuse du Tolga Bat Hospital en Australie nourrit une jeune chauve-souris Pteropus conspicillatus orpheline (Source : SIPA).

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Première mesure de l’interaction faible

Quatre interactions dites fondamentales suffisent à décrire tous les processus physiques, chimiques ou biologiques. Parmi elles, l’interaction faible. Et pour la première fois, une équipe de scientifiques a mesuré cette interaction entre protons et neutrons au cœur du noyau d’un atome.

L’interaction faible est l’une des quatre interactions fondamentales à l’œuvre dans la nature. Elle a été décrite pour la première fois par Enrico Fermi dans les années 1930. Et elle fait aujourd’hui partie intégrante du modèle standard. Pour la première fois, des chercheurs annoncent avoir mesuré cette interaction qui agit entre protons et neutrons au cœur du noyau atomique.

« L’objectif de notre expérience était d’isoler et de mesurer une composante de l’interaction nucléaire faible qui se manifeste par l’émission de rayons gamma pouvant être comptés et vérifiés avec une grande précision statistique », explique David Brown, chercheur au laboratoire national d’Oak Ridge (États-Unis). Ainsi des neutrons froids – issus de la Spallation Neutron Source, comprenez la source neutronique par spallation – ont été dirigés vers une cible d’hydrogène liquide.

Mesure interaction faible

Des chercheurs ont observé l’interaction faible en mesurant la direction des rayons gamma issus de collisions entre neutrons et protons au cœur d’un hydrogène liquide.

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A Mayotte, la difficile lutte contre le braconnage des tortues vertes

Sur cette plage peu accessible de Mayotte, dissimulées derrière la végétation, d’impressionnantes carapaces de tortues marines gisent, vidées de leurs occupantes. Dans l’île, « la plus grosse menace, pour les tortues, c’est le braconnage », dénonce François-Elie Paute, de l’association environnementale Oulanga Na Nyamba.

Ce matin-là, les membres de l’association recensent ces victimes du braconnage, marquant d’un trait rouge à la bombe les carapaces géantes mais aussi les crânes, les os et les écailles qu’ils découvrent à Papani (Petite-Terre) afin de transmettre ces données au réseau d’échouage mahorais de mammifères marins et de tortues marines (Remmat). Cette île française est un haut lieu de ponte pour les tortues vertes dans l’océan Indien, avec 3.000 à 4.000 « montées » comptabilisées par an et, en réalité, probablement bien davantage, indique le Remmat, qui souligne les difficultés d’un recensement précis de la population de cette espèce appelée Chelonia Mydas et considérée comme menacée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Ces tortues vertes pondent tout au long de l’année à Mayotte. On en retrouve quelque 400 mortes par an sur les plages, dont environ 80% ont été braconnées, relève le réseau. « Nous avons une responsabilité par rapport à la tortue verte », la plus présente dans l’île, juge Marc-Henri Duffaud, coordinateur du Remmat. Dans ce département français, les tortues sont essentiellement tuées pour la vente de leur chair. Cette « viande dont on ne dit pas le nom » lorsqu’on la propose s’achète jusqu’à 100 euros le kilo, relate à l’AFP Cléa, d’Oulanga Na Nyamba, sans être toutefois en mesure de préciser les canaux de ce commerce.

Sur les consommateurs, peu d’informations circulent là aussi, affirme M. Duffaud en évoquant « un marché noir ». La viande de tortue semble n’être destinée qu’aux hommes, mais les enquêtes de village ne permettent pas de mesurer l’ampleur de la pratique. « Dans notre enquête générale, seuls 5% des sondés ont avoué avoir consommé de la tortue : soit ils savent que c’est interdit, soit il y a très peu de consommateurs », indique le coordinateur du Remmat.

Carapace tortue marine Mayotte

La carapace vide d’une tortue marine victime de braconniers gît sur une plage de Mayotte le 8 juin 2018 (Source : AFP).

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Faut-il revoir la théorie des chambres magmatiques sous les volcans ?

La volcanologie, comme toutes les autres sciences en pleine vitalité, évolue de sorte que ses modèles s’affinent et sont partiellement réfutés au cours du temps. C’est ce qui arrive sous nos yeux avec celui des chambres magmatiques qui se révèlent plus complexes que ce que l’on pensait, comme l’explique Jacques-Marie Bardintzeff avec un travail publié par ses collègues volcanologues britanniques.

Il y a 20 ans cette année, le grand volcanologue français Haroun Tazieff décédait. La science volcanologique a fait de nombreux progrès depuis mais il reste encore beaucoup à découvrir et à comprendre. En atteste le simple fait que nous ne sommes toujours pas capables de prédire les éruptions volcaniques, si ce n’est, parfois, que quelques heures voire quelques jours à l’avance. Sans doute Haroun Tazieff aurait été intéressé par l’article publié dans le journal Nature et provenant de volcanologues anglo-saxons, de l’Imperial College London et de l’université de Bristol, dont le célèbre Stephen Sparks. Les travaux menés par ces chercheurs remettent en cause les idées que l’on se fait généralement sur les chambres magmatiques, que l’on croit présentes sous les volcans, en se basant notamment sur des modèles numériques sur ordinateurs de la physique et de la chimie des processus magmatiques. Haroun Tazieff avait déjà envisagé en son temps l’utilité de tels modèles pour la volcanologie. En résumé, il n’y aurait pas vraiment de chambres magmatiques sous les volcans – selon l’image que l’on s’en fait souvent -, c’est-à-dire une sorte d’immense cavité remplie de magma en fusion. À la place, est introduit le concept de « magma mush ».

Remettre en cause ce que l’on pensait des chambres magmatiques ne semble pas une mince affaire. Jacques-Marie Bardintzeff explique l’intérêt des travaux exposés par ses collègues : « ils confirment et développent en détail des idées que l’on avait depuis quelque temps déjà pour rendre compte de certains problèmes rencontrés avec le modèle classique de chambre magmatique, développé notamment à partir des observations faites dans les années 1930 sur le massif de Skaergaard sur la côte Est du Groenland ». Jacques-Marie Bardintzeff précise que « cela fait quelque temps déjà que les volcanologues anglo-saxons utilisent le terme anglais de mush pour décrire le magma enrichi en cristaux rassemblé en profondeur sous les volcans, et que l’on peut traduire par « bouillie », bien que ce terme français ne corresponde pas vraiment à la réalité ».

Qu’est-ce qui se cache derrière ce terme ? Tout simplement, qu’à la place des chambres magmatiques remplies de magma dans lesquelles se forment et nagent quelques cristaux – que l’on peut trouver dans les laves après une éruption -, on aurait à l’inverse majoritairement des cristaux entre lesquels existe une petite portion de liquide fondu, pouvant circuler par percolation comme l’eau à travers du café ou du sable. D’après le nouveau travail des chercheurs britanniques, qui permet de mieux rendre compte des données géophysiques, géochimiques et minéralogiques associées aux volcans, les chambres magmatiques au sens classique du terme seraient en fait sous forme de poches de magma transitoires juste avant les éruptions.

Volcan Kilauea Hawaï

Une éruption du volcan Kilauea à Hawaï a émis de grandes quantités de laves formant la cascade que l’on voit sur cette photo (Source : USGS).

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