Le souffle radioactif d’une supernova a-t-il tué le Mégalodon, le mythique requin géant ?

Il y a entre deux et trois millions d’années, environ un tiers des grandes espèces d’animaux marins disparaissent au moment où une ou plusieurs supernovae se sont produites non loin du Soleil dans la Voie lactée. L’extinction est peut-être due à l’intense flux de muons qui aurait alors frappé la surface de la Terre.

En 1999, un groupe de chercheurs allemands a constaté une étonnante anomalie géochimique dans des carottes prélevées au fond de l’océan Pacifique. Elles étaient beaucoup trop riches en l’un des isotopes radioactifs du fer. Baptisé 60Fe, cet isotope fait partie des noyaux synthétisés par des explosions de supernovae. Sa demi-vie est de seulement 2,6 millions d’années, de sorte que les noyaux de ce type qui se seraient trouvés incorporés à la Terre, ou dans des météorites au moment de la formation du Système solaire (elle-même déclenchée par une supernova), ne sont plus décelables aujourd’hui.

Les quantités retrouvées, bien que très faibles, semblaient trop grandes pour ne pas provenir d’un événement récent ayant produit ou concentré ces noyaux à courte durée de vie, à l’échelle des temps géologiques. Il pouvait s’agir de l’effet d’une supernova, nécessairement proche du Système solaire, qui aurait fait pleuvoir sur Terre des poussières nouvellement enrichies en 60Fe. De fait, des abondances 40 fois plus élevées que celles trouvées en moyenne dans les roches ont été mises en évidence, aussi bien dans des échantillons (120) provenant du fond de l’Atlantique que du Pacifique et de l’océan Indien. Selon les chercheurs, cela ne pouvait pas être dû à un processus de concentration local ou à l’impact d’un gros astéroïde. L’hypothèse de l’influence d’une supernova s’imposa donc des années plus tard.

Or, des datations précises et des mesures de concentrations qui le sont tout autant, indiquent deux pics marqués d’apports de 60Fe. Le premier, il y a de 1,5 à 3,2 millions d’années, et le second, de 6,5 à 8,7 millions d’années. Il faut donc faire intervenir deux supernovae dans la banlieue proche du Soleil au cours des derniers 10 millions d’années. Remarquablement, il est possible de relier ces supernovae à ce que l’on sait de cette banlieue, notamment avec l’existence de la fameuse Bulle locale : elles se seraient produites dans l’association Scorpion-Centaure, une association de centaines de jeunes étoiles de type OB qui est la plus proche du Soleil.

Superbulle N44

Les étoiles de huit à une centaine de masses solaires sont classées dans les types spectraux O et B. Dans des amas ouverts d’étoiles, elles forment des groupes nommés associations OB et sont destinées à devenir des supernovae. Leurs explosions donneront une superbulle dans le milieu interstellaire, une cavité très chaude et très étendue, sur plusieurs centaines d’années-lumière, comme cette superbulle N44, dans le Grand Nuage de Magellan. (Source : Université d’Anchorage)

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2018 se classe à la quatrième place des années les plus chaudes de l’histoire

En moyenne, sur les cinq dernières années, la température moyenne était 1,1°C au-dessus de la moyenne préindustrielle.

2018 est la quatrième année la plus chaude enregistrée depuis le début de l’ère industrielle. Et les quatre dernières années sont également les plus élevées qui ont été enregistrées, précise un communiqué du C3S (Copernicus Climate Change Service) du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme. En parallèle, la concentration du premier gaz à effet de serre, le dioxyde ce carbone (CO2) a poursuivi sa progression dans l’atmosphère, avec une hausse comprise entre 1,7 et 3,3 ppm (parties par million de molécules d’air) par an. ce gaz est le principal responsable du fameux « effet de serre », puisque le CO2 contribue à piéger le rayonnement solaire et à faire augmenter la température de l’atmosphère.

Et le réchauffement s’accélère. « La température de l’air à la surface du globe a augmenté en moyenne de 0,1 °C tous les cinq à six ans depuis le milieu des années 1970 » et « les cinq dernières années ont été d’environ 1,1 °C supérieures aux températures de l’ère préindustrielle » au sens du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), précise le C3S.

Température globale 2018

La température en 2018 était supérieure de 0,4°C à la moyenne sur la période 1981-2010 (Source : C3S/ECMWF).

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En Turquie, une ville vieille de 12.000 ans bientôt engloutie par les eaux

En 2019, un nouveau barrage, voulu par le président Erdogan, devrait être inauguré sur le Tigre, dans le sud-est kurde de la Turquie. Le lac qu’il formera va engloutir la petite ville de Hasankeyf, vieille de 12.000 ans et riche d’histoire. Ses habitants sont dans l’attente, partagés entre la nostalgie et l’espoir d’une vie meilleure dans une économie dynamisée par le barrage.

Depuis la citadelle qui domine la vallée, Ridvan Ayhan observe le Tigre avec une ride au front. Après avoir subvenu aux besoins de ses ancêtres pendant des siècles, le fleuve s’apprête à engloutir sa ville, Hasankeyf. Située dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie, la petite cité de Hasankeyf, habitée depuis 12.000 ans, est vouée à disparaître dans les prochains mois sous un lac artificiel, conséquence du barrage hydroélectrique d’Ilisu construit en aval sur le Tigre. « Mes petits-enfants ne verront pas où j’ai grandi, où j’ai vécu. Ils me demanderont : « Papy, tu viens d’où ? Tu as vécu où ? » Je vais faire quoi ? Leur montrer le lac ? », demande Ridvan en réajustant l’écharpe qui soutient son visage émacié.

Ilisu est une pièce centrale du Projet d’Anatolie du Sud-Est (GAP), un plan d’aménagement du territoire visant à doper l’économie de cette région longtemps négligée par Ankara en s’appuyant sur l’énergie et l’irrigation. Face à cet ouvrage qui noiera leur ville et une centaine de villages, les quelque 3.000 habitants de Hasankeyf sont partagés entre la colère contre le sacrifice qui leur est imposé et l’impatience de profiter des retombées économiques promises par le gouvernement.

Retraité, Ridvan consacre tout son temps et toute son énergie à militer contre le barrage au sein du collectif « Maintenir Hasankeyf en vie », qui rassemble des ONG et des élus locaux. Assyriens, Romains, Seljoukides… Les empires se sont succédé ici, laissant derrière eux un patrimoine exceptionnel sur un site prisé des touristes pour ses milliers de grottes habitées jusque dans les années 1970. « Il y a tellement d’histoire ici. A chaque coup de pioche, on tombe sur une civilisation différente », indique Ridvan. « Détruire Hasankeyf, c’est commettre un grand crime. » Le gouvernement turc balaie ces critiques et soutient que tout est fait pour sauver les monuments du site, dont plusieurs ont été déplacés lors d’impressionnantes opérations.

Hasankeyf projet barrage

L’une des dernières habitations dans des grottes, sur les hauteurs de la vallée de Hasankeyf en Turquie, le 13 décembre 2018 (Source : AFP).

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