Exobiologie : beaucoup d’exoplanètes rocheuses seraient pauvres en eau

Les études concernant le disque de débris autour de la naine rouge, AU Microscopii, dans lequel des planètes sont certainement en cours de formation, sont de mauvaise augure pour l’exobiologie. Les corps riches en eau et en matière organique propices à la vie seraient souvent éjectés, loin des naines rouges, et laissant donc des exoplanètes rocheuses sèches et peu favorables à l’élaboration du vivant.

L’une des pièces maîtresses de la quête de l’Humanité pour connaître sa place et sa signification dans le Cosmos est bien évidement sa recherche d’une vie ailleurs, surtout si elle est technologiquement évoluée. Il s’agit de déterminer à quel point la vie apparait facilement, ou pas, dans l’Univers observable. L’Homme aimerait bien aussi savoir si sa propre civilisation, dite avancée, à des chances de survivre au XXIe siècle et découvrir que d’autres ont réussi à sortir de la phase, turbulente et suicidaire, de l’adolescence de ce type de civilisation, si l’on en croit ce qui se passe avec la nôtre…

Pour toutes ces raisons, préciser les valeurs des paramètres de la fameuse équation de Drake proposée dans le cadre du programme Seti peut être utile. Nous savons désormais que les exoplanètes sont omniprésentes dans la Voie lactée. Reste à déterminer dans un deuxième temps quelle fraction est habitable et, dans l’idéal, habitée en trouvant et détectant des biosignatures convaincantes, voire des technosignatures, comme celle des ceintures de Clarke.

La majorité des étoiles de la Voie lactée — celles qui ont des durées de vie qui se comptent en milliards d’années, ce qui permet à la Vie d’évoluer — sont des naines rouges. Cela pose immédiatement des questions car ces étoiles sont colériques au début de leur existence. Il n’est pas sûr que cela puisse autoriser l’existence plus ou moins pérenne d’atmosphères et surtout d’océans sur les exoplanètes rocheuses qui les entourent souvent, comme le montrent, par exemple, les découvertes concernant par exemple Trappist-1, Proxima Centauri ou l’étoile de Barnard.

Exoplanète autour naine rouge

Une vue d’artiste d’une exoplanète rocheuse désertique autour d’une naine rouge (Source : ESO/M. Kornmesser).

En fait, les doutes au sujet de l’habitabilité des exoplanètes autour des naines rouges viennent peut-être de s’aggraver si l’on en croit un communiqué du Space Telescope Science Institute, une organisation fondée par la NASA pour gérer et diriger la recherche faite avec le télescope spatial Hubble sur le campus Homewood de l’université Johns-Hopkins, aux États-Unis. Un groupe international de 14 astrophysiciens menés par John Wisniewski de l’University of Oklahoma devrait bientôt publier les résultats de travaux combinant des observations faites depuis plusieurs années en utilisant le télescope Hubble, bien sûr , mais aussi l’Instrument Sphere (recherche exoplanète à haut contraste spectro-polarimétrique) équipant le très grand télescope de l’Observatoire austral européen (VLT), au Chili. Ces observations concernent le disque de débris autour de l’étoile AU Microscopii (AU Mic), une jeune naine rouge que l’on peut observer sur Terre de l’hémisphère Sud, dans la constellation australe du Microscope.

Le disque de débris autour de AU Microscopii est particulièrement intéressant parce qu’on peut l’observer par la tranche et que la naine rouge n’est qu’à 32 années-lumière du Soleil environ. La poussière observée est le résultat de violentes collisions entre des planétésimaux, entre eux ou avec des astéroïdes, et des comètes. Des exoplanètes devraient y être en cours de formation à partir d’embryons planétaires si l’on en croit les modèles cosmogoniques développés pour expliquer en particulier notre propre Système solaire.

Or, les observations faites concernant ce disque de débris depuis quelques années ne cessent de montrer de plus en plus clairement que des sortes de bulles de poussières de grandes tailles sont éjectées au loin de l’étoile centrale, parfois à des vitesses qui devraient les conduire à se perdre dans le milieu interstellaire.

Ce n’est pas une bonne nouvelle car cela laisse penser que les cousins des petits corps riches en eau du Système solaire sont, eux-aussi, propulsés à grandes distance, de sorte qu’en 1,5 millions d’années tout au plus, ils ne seront plus présents dans la région où se forment les planètes rocheuses et n’entreront plus en collision avec elles. Malheureusement, il y a des raisons de penser que c’est grâce à la présence de ces corps que la Terre a, non seulement, constitué l’essentiel de ses réserves en eau, mais aussi reçu les molécules prébiotiques permettant à la vie d’apparaître.

D’autres disques de débris semblent présenter des signes de processus similaires et la simple présence de ces phénomènes autour d’une naine rouge aussi proche du Soleil laisse supposer que ce que l’on observe est en fait la règle. Cela voudrait dire que la majorité des exoplanètes rocheuses qui pourraient se trouver dans la zone d’habitabilité autour des étoiles, dans la Voie lactée, seraient en fait pauvres en eau et en matériaux organiques, ces deux derniers étant précurseurs des cellules vivantes.

Peut-être, ne faut-il pas être pessimiste et retenir de ce travail qu’il signale simplement que les Arrakis de Dune sont légions dans la Galaxie…

Source : Futura-Sciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « La recherche dans l’Univers« , ainsi que la page Astronomie/Physique.

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