InSight : le sismomètre Seis a été testé avec succès

Sur Mars, l’installation du sismomètre Seis se poursuit. Après avoir envoyé ses premières mesures, pour s’assurer de son bon fonctionnement général, l’équipe technique et scientifique de l’instrument peaufine son installation. L’activité scientifique de l’instrument devrait débuter vers le 19 février. D’ici là, il aura été recouvert de son bouclier de protection contre le vent martien et les fluctuations de température. Condition sine qua non pour écouter battre le cœur de la Planète rouge. Les explications de Philippe Lognonné, père du sismomètre Seis et responsable de l’équipe planétologie et sciences spatiales de l’Institut de physique du globe de Paris.

Bien que le sismomètre Seis ait été déposé avec succès sur le sol martien le 19 décembre 2018, l’instrument n’a toujours pas débuté son activité scientifique. Une attente qui peut surprendre, mais évidemment justifiée et nécessaire.

Son installation n’est pas encore terminée car il reste à déployer le bouclier de protection contre le vent et les variations thermiques. WTS, c’est son nom et acronyme de Wind and Thermal Shield est un large dôme blanc qui doit découvrir le sismomètre sans le toucher. Il est équipé de trois pieds et d’une jupe de protection en cotte de maille, qui épousera parfaitement le relief du sol pour permettre à l’instrument de travailler dans une plage de variation thermique moins contraignante que s’il était resté exposé au rude climat martien. Cette dernière opération est aujourd’hui prévue pour la deuxième quinzaine de janvier. Seis sera alors en configuration finale pour écouter battre le cœur de Mars et nous révéler, séisme après séisme, son intérieur.

Mars Seis Insight

Le sismomètre Seis a été posé avec succès sur le sol de Mars le 19 décembre, lors du 22e jour d’InSight (Source : NASA/JPL-Caltech).

En attendant, le sismomètre a été mis en route et testé en mode forcément dégradé. Il a ainsi envoyé ses premières mesures, dès le lendemain de son installation sur le sol, et le 1er janvier il a été testé pour s’assurer de son bon fonctionnement général. Ces données sismiques enregistrées étaient aussi les premières jamais obtenues depuis la surface de Mars, et ce 42 ans après celles fournies par le sismomètre de la sonde Viking 2 sur Utopia Planitia. Comme nous l’explique Philippe Lognonné, le responsable scientifique du sismomètre, pour « l’instant, nos données sont très bonnes effectivement, même si nous n’avons pas encore déployé le bouclier éolien et thermique et donc terminé l’installation. Le bruit sismique est finalement assez proche de ce que nous espérions, c’est-à-dire suffisamment bas pour pouvoir espérer détecter des séismes de relativement faible magnitude. Nous avons aussi détecté le bruit de l’atterrisseur qui vibre dans le vent, que nous avions d’ailleurs caractérisé sur le pont de cet atterrisseur. Nous allons pouvoir ainsi corriger nos données de ce bruit, et ce a priori avec une très bonne efficacité. »

Pour comprendre cette attente, il faut savoir que sur Mars, comme sur la Terre, la « qualité de l’installation d’un sismomètre est effectivement un pré-requis fondamental pour son fonctionnement nominal. Or, sur la Planète rouge, absolument tout doit être réalisé robotiquement, avec beaucoup d’expertise, de précautions et de patience ! ».

Il a fallu notamment s’assurer que le sismomètre était installé par rapport au plan horizontal. Cette mise à niveau est une nécessité pour trois des six capteurs de l’instrument. Si les trois capteurs à courtes périodes ne nécessitent pas de nivellement pour fonctionner, ce n’est pas le cas des trois capteurs à très large bande. Ces derniers sont très sensibles et forment le cœur de l’instrument, mais ne peuvent pas renvoyer de données si Seis n’est pas parfaitement à plat. Il a également été nécessaire de s’assurer que le câble de liaison qui relie le sismomètre au Lander InSight soit correctement installé bien à plat sur le sol martien. En raison des contrastes de températures existants sur Mars entre le jour et la nuit (-70 °C en moyenne), celui-ci subit des déformations thermo-élastiques, qu’il a été nécessaire de minimiser de façon à ne pas perturber les mesures. Notez que tant les capteurs à très large bande que les capteurs à courtes périodes fonctionnent maintenant, quand la température est supérieure à -65 °C. Dès que le bouclier sera déployé, « nous allons fonctionner aussi de nuit et donc en continu. Nous ferons alors toute une série de calibrations et régler les compensateurs thermiques des capteurs à très large bande. Nous serons alors prêts pour deux années d’écoute sismique », nous précise Philippe Lognonné.

Aujourd’hui, le début des opérations est prévu vers le 19 février, soit deux mois après l’installation du sismomètre sur la surface. Les premières mesures sismiques pourront alors véritablement commencer pour dévoiler la structure interne de la Planète rouge.

Source : Futura-Sciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « Initiation à l’astronomie« , ainsi que la page Astronomie/Physique.

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