Un second trou noir géant errerait au cœur de la Voie lactée

Le radiotélescope européen Alma a fourni des observations consolidant l’hypothèse de l’existence d’un deuxième trou noir intermédiaire, de 32.000 masses solaires environ cette fois-ci, non loin du cœur de notre Galaxie. Celui-ci aurait sans doute été au cœur d’une galaxie naine avalée par la Voie lactée il y a longtemps.

Dès le siècle dernier, plus précisément vers la fin des années 1960, quelques chercheurs, dont Martin Rees mais surtout son collègue et compatriote, l’astrophysicien britannique Donald Lynden-Bell (décédé récemment, le 6 février 2018), avancent que la majorité des grandes galaxies doivent héberger en leur centre des trous noirs supermassifs. C’est une thèse majoritairement acceptée depuis au moins 20 ans, même si une preuve définitive de la présence d’objets ayant bien un horizon des évènements conforme aux prédictions de la théorie de la relativité générale manque encore. C’est pourquoi on attend impatiemment les résultats cruciaux des observations de l’Event Horizon Telescope concernant cette épineuse question qui a déjà fait couler beaucoup d’encre, notamment avec les déclarations il y a quelques années de Stephen Hawking. On devrait en savoir plus cette année.

Toujours est-il que nous savons que ces trous noirs contiennent au moins l’équivalent d’un million de masses solaires et parfois plusieurs milliards. Toutefois, on ne sait pas encore vraiment comment ces monstres se sont formés. Une partie du scénario, le plus souvent envisagé, les fait se développer à partir de fusion de trous noirs de masses plus faibles dites intermédiaires, allant de quelques milliers à quelques centaines de milliers de masses solaires. Ces objets apparaîtraient pour des raisons encore inconnues au cœur des premières galaxies naines ou des jeunes amas globulaires il y a plus de 10 milliards d’années. Ce sont ensuite les fusions entre les galaxies naines, donnant des grandes galaxies, puis entre ces grandes galaxies et les galaxies naines et les amas globulaires qui conduiraient les trous noirs géants à fusionner.

Trou noir intermédiaire Voie Lactée

Cette vue d’artiste illustre l’hypothèse de l’existence d’un trou noir intermédiaire dans un nuage moléculaire proche du centre de la Voie lactée. Il s’agit d’un clin d’œil au film Interstellar car on voit clairement, en bas à gauche, une représentation de ce trou noir ressemblant à celle utilisée dans le film. Cette représentation est cependant partiellement inexacte (Source : Keio University).

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Les chercheurs établissent le « régime idéal » pour la santé et pour la planète

Dans un rapport publié dans la revue The Lancet, des chercheurs ont tenté de déterminer quelle était la meilleure façon de s’alimenter pour rester en bonne santé tout en préservant l’environnement.

Quelle pourrait être une alimentation saine issue d’une production durable capable de nourrir plus de dix milliards de personnes sur terre d’ici 2050 ? Telle est la question à laquelle 37 scientifiques experts dans toutes sortes de disciplines (santé publique, agriculture, science politique, environnement…) issus de 16 pays tentent de répondre dans un rapport publié ce 17 janvier dans The Lancet, en collaboration avec la fondation EAT qui travaille à la transformation du système alimentaire.

Le constat qu’ils effectuent est aujourd’hui très alarmant en matière de santé. « Alors que la production alimentaire mondiale de calories a généralement suivi le rythme de la croissance démographique, plus de 820 millions de personnes n’ont toujours pas accès à suffisamment de nourriture quand 2,4 milliards de personnes surconsomment, et le régime alimentaire d’environ la moitié de la population mondiale présente des carences en nutriments » assurent ainsi les experts. Ils ajoutent : « désormais un régime alimentaire malsain représente un risque plus élevé de morbidité et de mortalité prématurées que celui causé par la somme des pratiques sexuelles non protégées, de l’alcool et de la consommation de tabac ».

Elevage bovin

Elevage bbovin aux Etats-Unis.

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60% des espèces de café sauvage sont menacées d’extinction

Plus de la moitié des espèces de café sauvage existantes sont menacées d’extinction, d’après une étude des Jardins botaniques royaux de Kew, à l’ouest de Londres, publiée mercredi dans la revue scientifique Science Advances.

Sur 124 espèces de café sauvage, 75 sont menacées par la déforestation, le réchauffement climatique, et la propagation de maladies et d’espèces nuisibles, selon cette étude menée dans plusieurs forêts africaines, de la Sierra Leone à Madagascar. La production mondiale de café repose actuellement sur deux espèces: l’arabica (environ 60% de la production) et le robusta (40%). En plus de la menace directe qui pèse sur ces deux espèces, les variétés sauvages dont dépend l’amélioration de leurs semences sont aussi en péril. « Les obtenteurs ont besoin de variétés sauvages, parce qu’elles ont les gènes nécessaires pour développer des cafés résistants aux maladies et aux changements climatiques », a expliqué à l’AFP le docteur Aaron Davis, responsable de la recherche sur le café aux Jardins de Kew.

Des périodes de sécheresse prolongées à la propagation de moisissures, les menaces pesant sur les caféiers sont nombreuses. Sur les 75 espèces menacées recensées par les chercheurs, 13 sont en danger critique d’extinction, 40 en danger, et 22 sont vulnérables.

Café sauvage

Plus de la moitié des espèces de café sauvage existantes sont menacées d’extinction, d’après une étude des Jardins botaniques royaux de Kew, à l’ouest de Londres (Source : AFP).

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Étonnant : un disque protoplanétaire perpendiculaire aux orbites d’une étoile binaire

Le monde des exoplanètes est beaucoup plus divers qu’on ne l’imaginait sans doute encore il y a 50 ans, au moment où le programme Apollo révolutionnait les sciences planétaires. On observe aujourd’hui un disque protoplanétaire perpendiculaire au plan orbital d’une étoile double, contrairement à celui du Système solaire en formation où ce plan était presque parallèle à celui du jeune Soleil.

À la base de tous les scénarios de formation des systèmes planétaires explorés de nos jours, il y a toujours un nuage moléculaire et poussiéreux qui s’effondre gravitationnellement pour diverses raisons et qui se fragmente en zones plus denses. Ces régions héritent de la turbulence dans ce nuage, animées d’un mouvement de rotation autour d’un axe. Il existe alors une force centrifuge qui s’oppose à la poursuite de la contraction gravitationnelle perpendiculairement à cet axe.

Cette explication laisse de côté certaines questions importantes mais elle permet de comprendre simplement pourquoi ces nuages vont s’aplatir en donnant ce que l’on appelle des disques protoplanétaires. Les planètes vont en effet se former et se déplacer dans le même sens sur les orbites dans ces disques que l’on peut étudier avec des télescopes en orbite comme Hubble et le défunt Herschell, mais aussi sur Terre avec le radiotélescope Atacama Large Millimeter/sub-millimeter Array (Alma).

Les observations ont montré que la réalité était en fait bien plus riche que ne le laissent entendre ces simples considérations. D’abord, les étoiles naissent le plus souvent en couple et forment des systèmes binaires, même si certaines de ces étoiles doubles finissent pas se séparer précocement pour continuer leur vie dans la Voie lactée. On connaît aussi des systèmes triples, voire quadruples d’étoiles et à la grande surprise des astrophysiciens, des disques protoplanétaires suffisamment stables pour donner naissance à des exoplanètes en orbite autour d’étoiles binaires ou simplement d’un des membres d’une de ces étoiles doubles.

Disque protoplanétaire étoile binaire

Une vue d’artiste du disque de débris riches en poussières en orbite polaire autour de l’étoile binaire HD 98800 B (Source : University of Warwick).

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