La Terre aurait eu plusieurs pôles nord il y a un milliard d’années

Le décryptage de nouvelles archives paléomagnétiques de la Terre donne du crédit à une théorie avancée il y a quelque temps sur la base de simulations numériques. Le début de la solidification du noyau de la Terre il y a environ 600 millions d’années aurait relancé sa géodynamo déclinante qui produisait alors plus de deux pôles magnétiques.

Les anorthosites sont des roches plutoniques sur Terre, qui se sont refroidies à partir d’un magma sous sa surface, présentes essentiellement dans des terrains âgés d’il y a entre 2.500 et 500 millions d’années. On en trouve aussi beaucoup à la surface de la Lune. Ce sont des roches qui contiennent majoritairement des feldspaths plagioclases mais aussi des minéraux comme les pyroxènes. Leur étude renseigne donc sur des périodes reculées de l’Histoire de la Terre et nous venons d’en avoir une nouvelle démonstration avec un article publié dans Nature Geoscience par une équipe de chercheurs anglo-saxons. Cette étude apporte de l’eau au moulin à une théorie avancée il y a quelques années concernant la date du début de la formation de la partie solide du noyau de la Terre, sa graine découverte par la Danoise Inge Lehmann, comme l’expliquait Futura dans un précédent article (voir ci-dessous).

Richard Bono, John Tarduno, Francis Nimmo et Rory Cottrell se sont en effet intéressés à des anorthosites bien connues que l’on trouve dans la région de la Côte-Nord au Québec, plus précisément non loin de la ville de Sept-Îles au Nord-Est du Canada. Ces roches intrusives se sont mises en place pendant la dernière période géologique du précambrien, c’est-à-dire pendant l’Édiacarien qui s’étend de -635 à -541 millions d’années. Ils ont montré que les minéraux de ces anorthosites, en se refroidissant, ont conservé fidèlement les caractéristiques du champ magnétique de cette époque avec une résolution temporelle et sur une durée remarquable. Contrairement aux « petits bouts de bandes magnétiques », si l’on peut dire, retrouvés auparavant concernant l’Édiacarien, on dispose maintenant d’enregistrements plus longs et plus complets.

Bien rodée maintenant, la science du paléomagnétisme nous permet de déchiffrer ces enregistrements. Elle nous montre qu’il y a environ 565 millions d’années, et pendant une durée d’au moins 75.000 ans, le champ magnétique local était 10 fois plus faible qu’aujourd’hui avec une orientation complexe et rapidement variable, ce qui est très différent du champ dipolaire stable que l’on connaît généralement sur Terre.

Champ magnétique terrestre

Au Précambrien, notre planète aurait bien pu avoir plus de deux pôles magnétiques. Ici, une représentation du champ magnétique terrestre actuel.

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Le froid polaire en Amérique du Nord est-il imputable au réchauffement climatique ?

Des records de froid sont attendus dans le Dakota, le Wisconsin et le Minnesota, avec des températures au-dessous des – 50°C, en certains endroits plus basses qu’aux pôles. Le rôle du «réchauffement climatique» dans ce type d’événements est discuté.

Bis Repetita. Après avoir appelé de ses vœux le retour du «réchauffement climatique», en novembre 2018, lors d’une précédente vague de froid sur le pays, Donald Trump a réitéré son souhait en début de semaine. Déplorant que les températures polaires touchent plusieurs régions du Midwest des États-Unis, notamment le Dakota, le Wisconsin et le Minnesota, le président américain a déclaré sur Twitter : « Qu’est-ce qu’il se passe avec le réchauffement climatique ? Reviens vite, nous avons besoin de toi ! ».

Ce mercredi il faisait un peu plus froid à Chicago (-31°C) qu’au pôle Nord, au Nunavut (Canada) (-29°C). En prenant en compte le froid ressenti, à cause d’un vent glacial, les températures devaient tomber au-dessous des – 50°C dans ces trois États ce mercredi et lors de la nuit. Des températures glaciales étaient également attendues dans la région des grands lacs et dans l’Ohio. Le froid était si intense que près de 2000 vols ont été annulés mercredi matin au départ des aéroports de Chicago. Et de nombreux services, comme la distribution du courrier et des dessertes de trains, ont été interrompus localement.

Vague de froid USA janvier 2019

La vague de froid venue de l’Arctique s’apprêtant à balayer l’Amérique du Nord le 29 janvier 2019 (Source : NASA).

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Les astronomes ont détecté un étrange objet aux bordures du Système solaire

Les astronomes pensent avoir obtenu la preuve de l’existence d’un objet cosmique théorique, situé à la bordure du Système solaire. Ce planétésimal se trouverait dans la ceinture de Kuiper.

Pendant plus de 70 ans, les chercheurs ont prédit l’existence d’un type particulier d’objet, situé aux frontières du Système solaire. Cette classe de petits corps cosmiques, d’un rayon d’un à 10 kilomètres, pourrait constituer une étape importante dans la formation des planètes, et receler les secrets des origines du Système solaire.

Pour la première fois, les astronomes sont parvenus à mesurer la présence d’un tel objet, atteignant environ 1,3 kilomètre de rayon. Comme celui-ci est bien trop petit et trop distant pour être observé directement, les chercheurs ont utilisé un phénomène bien connu : l’occultation, c’est-à-dire le changement de luminosité causé par le passage d’un tel objet devant une étoile.

Planétoïde bordure système solaire

Les astronomes ont détecté un étrange objet aux bordures du Système solaire.

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A Mayotte, des tomates contaminées par un insecticide interdit en France

Ce matin au marché couvert de Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte, les tomates ont disparu des étals. Les agents de la direction du Travail qui circulent dans les allées sont à la recherche de ces fruits potentiellement contaminés par un insecticide interdit en France.

Depuis le 15 janvier, la préfecture a mis sous « surveillance renforcée » la vente de tomates produites localement, après que de récents prélèvements ont montré des « taux de contamination très importants » au dimethoate, un insecticide, de ces fruits. Le dimethoate serait particulièrement épandu sur les tomates car il rehausserait la couleur rouge, selon la préfecture.

« Puissant toxique du système nerveux » selon l’Agence régionale de santé océan Indien (ARS OI), le dimethoate est interdit depuis 2016 en France mais il est autorisé dans certains pays voisins de Mayotte, notamment les Comores et Madagascar, d’où il pourrait être importé illégalement, estime la préfecture du 101ème département français. Elle a pris un arrêté, d’une durée de 150 jours, pour intensifier les contrôles : plus de 200 kilos de tomates dont la provenance n’a pu être identifiée ont été saisis et détruits.

Au marché, les agents ont failli repartir bredouilles mais ont fini par dénicher quelques dizaines de kilos de ces fruits, bien dissimulés derrière des cartons. « A qui est ce stand ? » Le propriétaire de l’étal reste introuvable. « Il ne s’agit pas d’interdire la vente mais de pouvoir savoir d’où viennent ces tomates », argue David Touzel de la Direction du Travail, qui déplore qu’aucun vendeur n’ait pu lui montrer des documents attestant de l’origine de ses fruits, sur l’ensemble des contrôles qu’il a effectués la semaine passée.

Vente tomates marché Mamoudzou

Au marché couvert de Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, les agents de la direction du Travail circulent dans les allées à la recherche de tomates potentiellement contaminées par un insecticide interdit en France (Source : AFP).

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En Arctique, des paysages dissimulés depuis 40.000 ans commencent à émerger

À mesure que le réchauffement climatique progresse, il révèle en Arctique des paysages dissimulés sous la glace depuis plus de 40.000 ans.

Sur l’île de Baffin, les chercheurs ont planté leur tente quasiment chaque été durant 40 ans, et les changements que leurs observations ont permis de révéler sont alarmants. Aujourd’hui, les températures de l’Arctique augmentent deux à trois fois plus vite que dans le reste du monde. Si cette tendance persiste, les glaciers de l’île de Baffin pourraient disparaître avant que nous n’ayons le temps de faire quoi que ce soit.

« Contrairement à la biologie, qui a passé trois milliards d’années à développer des plans pour éviter d’être atteinte par le changement climatique, les glaciers n’ont aucune stratégie de survie », souligne Gifford Miller, géologue et paléoclimatologue. « Ils se tiennent bien, et répondent directement à la température de l’été. Si les étés deviennent plus chauds, ils se retirent immédiatement. Si les étés rafraîchissent, ils progressent. »

Vue aérienne île de Baffin

Vue aérienne de l’Île de Baffin (Source : Tyler Olson).

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Quand l’IA éclaire la fusion de trous noirs

Une simulation utilisant un algorithme d’intelligence artificielle parvient à prédire les caractéristiques de la fusion de deux trous noirs.

Près de trois ans après la découverte de la première onde gravitationnelle en septembre 2015, une équipe du centre d’Astrophysique théorique de l’Institut de technologie de Californie (CalTech, Etats-Unis) vient de publier un article qui dévoile dans ses moindres détails, les collisions de trous noirs. Publié dans Physical Review Letters du 11 janvier, ce travail présente la simulation la plus précise à ce jour pour décrire la fusion de ces astres compacts.

Ainsi ces chercheurs ont mis à nu l’événement le plus cataclysmique qui puisse survenir dans le Cosmos : la fusion de deux trous noirs, deux astres extrêmement compacts, à l’origine de l’émission d’une onde gravitationnelle. Théoriquement prédite par Einstein en 1916, il a fallu un siècle aux physiciens pour inventer les détecteurs complexes et extrêmement sensibles comme les interféromètres susceptibles de détecter ces infimes vibrations de l’espace-temps que sont les ondes gravitationnelles.

Collision trous noirs

La collision de deux trous noirs il y a des milliards d’années provoque l’émission d’ondes gravitationnelles encore perceptibles aujourd’hui (Source : SXS).

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