La Voie lactée n’a pas la forme qu’on imaginait

Grâce à de nouvelles mesures réalisées dans le domaine infrarouge, des astronomes sont parvenus à mesurer avec une précision sans précédent la distance qui nous séparent d’étoiles situées aux confins de notre Galaxie : les céphéides. Des données inédites qui révèlent la véritable physionomie des pourtours de la Voie lactée.

De la farine, des œufs et… du lait bien sûr ! Trois ingrédients de base pour réussir de belles (et bonnes) crêpes. Et en l’absence de l’un d’eux, le résultat peut vite s’avérer très différent de celui escompté. C’est le cas avec une autre célèbre « galette », d’un genre un peu particulier : la Voie lactée. Contrairement à ce que l’on pensait, aussi laiteuse qu’elle soit, notre Galaxie n’a en fait rien d’une crêpe parfaite : ses pourtours ressembleraient plutôt à ceux… d’un wrap !

C’est ce qu’a découvert une équipe d’astronomes australo-chinoise, comme ils le révèlent au fil d’une publication parue dans la revue Nature Astronomy le 4 février dernier. Deux jours seulement après… la chandeleur bien sûr !

À l’origine de cette redéfinition des abords de notre Galaxie : de nouvelles mesures de la distance nous séparant d’astres bien particuliers situés à la périphérie de la Voie Lactée, les céphéides. Des étoiles dites « variables », dont la luminosité fluctue à un rythme régulier. Cet éclat fait d’elles de parfaits phares vers lesquels se tourner pour explorer les pourtours de notre Galaxie. Mais les nuages de gaz et de poussière qui nous en séparent compliquent quelque peu la tâche…

Forme gondolée voie lactée

Notre Galaxie n’est pas plate, elle est gondolée (Source : Chao Liu / Observatoires astronomiques nationaux, Académie chinoise des sciences).

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Brésil : la rupture du barrage minier est une nouvelle catastrophe pour l’environnement

Les villages indigènes dépendant du fleuve pour vivre sont les premiers touchés par la pollution déversée dans le fleuve, qui menace tout l’écosystème qu’il alimente.

Antonia Alves a 88 ans, la peau burinée par le soleil et une couronne de plumes blanches et mauves autour de la tête. Elle n’a pas eu une vie facile mais jamais, comme il y a quelques jours, elle n’avait vu mourir un fleuve sous ses yeux. C’est arrivé lorsque les tonnes de boue chargées de résidus de minerai de fer libérées par la rupture du barrage de Brumadinho, dans l’État brésilien du Minas Gerais (sud-est), ont atteint le fleuve Paraopeba, après avoir dévasté les environs, faisant 134 morts et près de 200 disparus, selon un dernier bilan provisoire.

Depuis, l’eau qui coule à Nao Xoha, village indigène de la tribu Pataxo, à 22 kilomètres du barrage, est brunâtre et dégage une forte odeur de poisson mort. « C’est très triste, car la rivière c’est ce qui nous faisait vivre, où l’on se baignait, d’où l’on tirait de l’eau, on lavait le linge, on pêchait… Nous, les indigènes, vivons de la pêche, de la chasse », regrette Antonia d’une voix posée. « Ça sent très mauvais et l’on sort de grands poissons morts (…). Désormais, nous voilà privés de cet aliment », explique Jocélia Josi, une habitante de 46 ans, qui attend que sa fille et son petit-fils de trois mois reviennent de Belo Horizonte, la capitale régionale, où ils ont été évacués après la catastrophe.

C’est l’heure du déjeuner à Nao Xoha – qui signifie « esprit guerrier ». Antonia et son mari Gervasio, paisible ancien de 93 ans, attendent que leur fille termine de préparer le repas devant leur modeste cabane.

Rupture barrage minier Brésil 25/01/2019

Rupture du barrage minier au Brésil le 25 janvier 2019 (Source : AFP).

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Une incroyable cité perdue ressurgit du passé en Afrique du Sud

Grâce à une technologie de mesure laser, des archéologues sud-africains ont mis au jour – aux abords de Johannesburg – les vestiges d’une ville enfouis sous la végétation. Une cité perdue, mais prospère en son temps et qui devait s’étendre à son apogée sur près de 20 kilomètres carrés.

Quand la technologie du XXIe siècle et l’archéologie se rencontrent, le résultat se révèle bien souvent époustouflant. Une parfaite illustration vient d’en être apportée en Afrique du Sud, avec la découverte, grâce au LIDAR – une technologie laser de pointe – d’une incroyable cité perdue aux abords de Johannesburg.

Quelques vestiges gisaient bien là depuis des années, suggérant la présence passée de maisonnettes de pierres dans la ville de Kweneng… Rien ne permettait en revanche d’en apprécier toute l’ampleur, couvertes qu’elles étaient par la végétation. C’était sans compter sur l’avènement du LIDAR, une technique de télédétection permettant d’établir une cartographie précise d’un relief grâce à un faisceau laser.

En mettant en œuvre un tel instrument à Kweneng, des archéologues sont en effet parvenus à révéler l’invisible. Faisant fi de la végétation, le LIDAR leur a permis de découvrir toute l’étendue des constructions vestigiales : pas moins de 800 maisons, ayant certainement abrité au bas mot une dizaine de milliers d’habitants. Les quelques murs de pierre visibles n’étaient bien que la partie émergée de cet « iceberg » archéologique.

Cité Kweneng Afrique du Sud

La ville de Kweneng reconstruite grâce à la technologie LiDAR en Afrique du Sud (Source : University of the Witwatersrand).

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Forte augmentation des cancers chez les jeunes adultes américains : l’obésité accusée

Une forte augmentation du taux de cancers liés à l’obésité chez les jeunes adultes aux États-Unis pourrait enrayer la baisse actuelle de la mortalité globale due à cette maladie et ainsi inverser la tendance, avertissent des chercheurs.

Dans une étude approfondie couvrant les deux tiers de la population américaine, les auteurs montrent que la moitié des douze cancers connus pour être associés à l’obésité sont devenus plus fréquents entre 1995 et 2015 chez les femmes et les hommes de moins de 50 ans. Il s’agit des cancers suivants: colorectal, corps de l’utérus, vésicule biliaire, rein, pancréas et un cancer de la moelle osseuse, le myélome multiple. Plus la tranche d’âge est jeune, plus ces cancers gagnent rapidement du terrain, rapportent-ils lundi dans la revue médicale The Lancet.

« L’obésité est sur le point de dépasser le tabac comme cause principale de mortalité évitable due au cancer », a réagi la Société américaine d’oncologie clinique (Asco). « Ces travaux doivent servir de signal d’alarme à tous les Américains », a poursuivi l’Asco, en déplorant que nombre d’entre eux n’ait pas conscience du lien entre obésité et cancer.

L’obésité a plus que doublé aux États-Unis au cours des quatre dernières décennies. Elle a également fortement augmenté dans d’autres pays riches et, plus récemment, dans les pays en développement. Aujourd’hui, environ deux milliards de personnes sont en surpoids ou obèses dans le monde.

Obésité & cancer

La moitié des douze cancers connus pour être associés à l’obésité sont devenus plus fréquents entre 1995 et 2015 chez les femmes et les hommes de moins de 50 ans (Source : AFP).

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Homme de Denisova : du nouveau sur cette espèce humaine encore méconnue

Deux articles parus dans Nature nous en apprennent un peu plus sur les Dénisoviens, cette espèce humaine identifiée pour la première fois dans la grotte de Denisova, en Sibérie, en 2010. Sur ce site, Dénisoviens et Néandertaliens ont cohabité pendant des milliers d’années.

Les Dénisoviens vivaient à la même époque que les Néandertaliens et les Homo sapiens, mais ils formaient bien un groupe génétique à part. Ils ont été découverts dans la grotte de Denisova, qui se trouve dans les contreforts des montagnes de l’Altaï, en Sibérie centrale. Cette région a été habitée par au moins deux groupes d’hominines au pleistocène : les Néandertaliens et les Dénisoviens.

La grotte de Denisova est étudiée depuis une quarantaine d’années par les archéologues russes. En 2010, l’ADN obtenu à partir d’un os de doigt appartenant à une fille a montré qu’il appartenait à une espèce humaine alors inconnue : les Dénisoviens. La grotte contient des preuves de la présence des deux espèces humaines, Dénisoviens et Néandertaliens. En 2018, un fragment d’os avait révélé qu’il appartenait à une fille dont le père était dénisovien et la mère néandertalienne. C’était une première preuve de l’existence de croisements entre ces deux espèces humaines.

Or, nous savons peu de choses sur les Dénisoviens. Aujourd’hui, les populations vivantes qui possèdent de l’ADN dénisovien en quantité significative sont des aborigènes australiens et des peuples de Nouvelle-Guinée. Dans ce contexte, une équipe internationale de chercheurs publie deux articles sur la grotte de Denisova dans la revue Nature.

Grotte Denisova

La grotte de Denisova se trouve en Sibérie (Source : Université de Wollongong).

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InSight : déploiement réussi du bouclier protecteur au-dessus du sismomètre SEIS

Les équipes de la mission InSight ont réussi à recouvrir le sismomètre martien SEIS d’un dôme protecteur afin de le protéger de la poussière ainsi que des écarts de température.

Et encore une étape franchie avec succès pour la mission InSight. Samedi 2 février 2019, la sonde qui s’est posée à la surface de la planète Mars (c’était fin novembre 2018) a déployé avec succès son bouclier WTS qui est venu recouvrir le sismomètre à la manière d’une cloche. L’acronyme WTS signifie « Wind and Thermal Shield » (bouclier contre le vent et les températures). En effet, sa mission est à la fois de mettre le précieux instrument à l’abri des poussières charriées par le vent, mais aussi de faire un tampon thermique pour éviter les trop grands écarts de température entre le jour et la nuit sur Mars. Comme on peut le voir dans cette série de photographies mises bout à bout, l’opération a été conduite par le bras robotisé de la sonde InSight.

Cette cloche qui pèse 12 kilos a dû être parfaitement positionnée au-dessus de l’instrument tout en laissant un intervalle d’au moins 6 cm entre ce dispositif de mesure et la paroi interne du bouclier. Celui-ci est désormais correctement stabilisé sur ses trois pieds : il peut théoriquement résister à des rafales martiennes pouvant atteindre 60 à 100 mètres par seconde. Le risque qu’il soit renversé est donc pratiquement nul. En effet, « le vent de Mars bien que parfois fort (des coups de vent jusqu’à 15 m/s ont été mesurés) ne fait pas une forte pression car l’atmosphère est 50 fois plus ténue que sur Terre, précise le géophysicien français Philippe Lognonné, planétologue à l’institut du Globe de Paris. Autrement dit, même quand le vent souffle sur Mars a 15 m/s, cela ne fait que l’équivalent d’un vent à 2 m/s sur Terre (soit 7,2 km/heure, donc un petit force 2 sur Terre) » raconte ce professeur à l’université Denis-Diderot, et l’un des principaux architectes de l’instrument de ce sismomètre.

Sismomètre SEIS

Bouclier WTS (« Wind and Thermal Shield ») déployé au-dessus du sismomètre SEIS sur Mars (Source : NASA/JPL-Caltech).

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Cet énorme iguane régnait autrefois sur l’Antarctique

Il y a 250 millions d’années, l’Antarctique était un paradis tropical dans lequel se promenaient d’étranges créatures, comme ce reptile géant semblable aux iguanes.

Il y a 250 millions d’années, l’Antarctique n’avait rien de l’étendue glacée et hostile que l’on connait aujourd’hui. Jusqu’à -35 millions d’années environ, le continent était recouvert de forêts luxuriantes et sillonné de rivières ; les températures descendaient rarement au-dessous de zéro degré, même si les nuits et les jours pouvaient durer des mois en hiver et en été. À cette époque, la Terre se remet juste de l’extinction massive du Permien-Trias, qui a vu 95 % des espèces marine et 70 % des espèces terrestres rayées de la planète. Cette catastrophe biologique a favorisé l’émergence de nouveaux animaux comme les dinosaures, apparus après cette extinction.

Mais bien avant que Tyrannosaurus Rex ne fasse régner la terreur sur l’Amérique du Nord, c’est une autre créature qui dominait alors l’Antarctique. Des chercheurs du Field Museum viennent en effet d’identifier une sorte de gros lézard de la famille des Archosaures, un ancêtre des crocodiles et des dinosaures, nommé Antarctanax shackletoni (qui signifie « roi de l’Antarctique » et du nom de l’explorateur, Ernest Shackleton).

Antarctanax shackletoni

À l’époque où vivait Antarctanax shackletoni, l’Antarctique accueillait un climat chaud et humide avec une faune diversifiée (Source : Adrienne Stroup/Field Museum).

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