La NASA découvre un deuxième cratère géant sous la glace au Groenland

Un autre cratère d’impact géant se cache sous la glace au Groenland. Il se démarque par son diamètre imposant de 36,5 kilomètres et parce que ce n’est que le deuxième représentant de sa catégorie. Le premier se trouve à seulement 183 kilomètres de là, poussant les scientifiques à se demander s’ils sont jumeaux.

L’annonce en novembre 2018 de la découverte d’un vaste cratère d’impact de 31 kilomètres de diamètre sous le glacier Hiawatha, dans le nord-ouest du Groenland, donnait le coup d’envoi à la chasse aux cratères subglaciaires, que les scientifiques pensaient presque impossibles à trouver, présumant qu’ils étaient effacés par l’érosion. Une équipe de chercheurs dirigés par Joe MacGregor du NASA Goddard Space Flight Center (GSFC) révèle maintenant avoir identifié ce qui semble être un deuxième cratère d’impact enfoui sous deux kilomètres de glace.

Décrit dans une étude parue dans Geophysical Research Letters, le nouveau cratère est un brin plus large que le précédent – 36,5 kilomètres de diamètre – et se situe seulement à 183 kilomètres au sud-est de là. Tout indique qu’il a été formé par la chute d’une météorite. Si cela se confirme, il deviendra expressément le 22e plus grand cratère d’impact sur Terre.

Les chercheurs ont tout d’abord repéré le nouveau cratère par sa forme circulaire visible dans les images de la surface de glace fournies par les satellites Terra et Aqua de la NASA, équipés du spectroradiomètre Modis, ainsi que par les satellites de la société privée DigitalGlobe qui participe au projet ArcticDem. Pour approfondir cette découverte, les chercheurs se sont référés à des images radar détaillant la topographie du socle rocheux sous la glace complétées par d’autres données géophysiques (gravimétrie, magnétisme), collectées lors des campagnes aériennes de la NASA, dont la mission IceBridge lancée en 2009.

Deuxième cratère Groenland

Un deuxième cratère d’impact subglaciaire, large de 36,5 kilomètres, a été découvert au Groenland (Source : NASA’s Goddard Space Flight Center/Jefferson Beck).

Le relief est apparu comme un bel exemplaire de cratère d’impact complexe, résultant d’un astéroïde de dimension respectable. Il est constitué d’une vaste dépression circulaire relativement peu profonde par rapport à son grand diamètre (160 mètres environ), délimitée par un rebord et dont le fond s’est soulevé après l’impact, formant des pics au centre, possiblement disposés en anneau. Ceux-ci s’élèvent jusqu’à une centaine de mètres.

« La seule autre structure circulaire pouvant atteindre cette dimension serait une caldeira volcanique, indique Joe MacGregor. Mais, les zones concernées par une activité volcanique au Groenland se situent à plusieurs centaines de kilomètres de là. » Le fait que des pics se soient élevés au fond de la dépression et qu’une anomalie gravimétrique négative (écart entre la pesanteur mesurée et théorique) ait été mesurée, typiques d’un cratère d’impact, permettent également d’écarter la piste d’un volcan.

Le cratère de Hiawatha et le nouveau cratère, que les chercheurs proposent d’appeler cratère de Paterson en mémoire du glaciologue Stan Paterson (1924-2003), un des premiers à avoir exploré la région, sont proches et sont tous les deux des cratères complexes. Cependant, « il est peu probable qu’ils soient jumeaux », déclare Joe MacGregor, c’est-à-dire qu’ils aient été formés en même temps par la chute d’un astéroïde binaire.

Deuxième cratère Groenland topographie

Le cratère de Hiawatha et le deuxième cratère découvert au nord-ouest du Groenland apparaissent sur les images topographiques de la surface, à gauche, et du relief subglaciaire (Source : Joseph A. MacGregor et al./Geophysical Research Letters).

Le deuxième cratère est vraisemblablement plus ancien. La couche de glace qui le recouvre semble ne pas avoir été perturbée depuis au moins 79.000 ans, d’après les images radar et l’analyse de carottes de glace prélevées à proximité, tandis que le cratère de Hiawatha pourrait n’avoir que 12.000 ans. D’autre part, le nouveau cratère est « environ deux fois plus érodé » que l’autre. Bien que sa profondeur soit aujourd’hui de l’ordre d’une centaine de mètres, elle devait à l’origine atteindre un kilomètre.

Enfin, les chercheurs estiment que la probabilité que de grands cratères aussi proches soient issus de deux impacts distincts, certes faible, existe. Leurs calculs, basés sur une étude de la fréquence des impacts sur la Lune et sur Terre depuis 650 Ma, montrent que notre planète devrait porter les stigmates d’une à deux paires de cratères géants sans liens entre eux. Ils ont en fait déjà été découverts : les cratères de Boltysh et d’Obolon’ en Ukraine, distants de 108 kilomètres, se sont formés à 104 Ma d’intervalle ; ceux de Clearwater Lake au Canada, qui se chevauchent, à 108 Ma d’intervalle. L’existence d’une troisième paire de cratères formés séparément est « un peu surprenante », mais reste plausible, selon Joe MacGregor.

Source : Futura-Sciences

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