Méditerranée : le Stromboli serait à l’origine de plusieurs tsunamis dévastateurs

Au cours du dernier millénaire, le Stromboli se serait partiellement effondré. Il aurait causé au moins un tsunami entraînant des destructions dans le port de Naples.

Pour beaucoup d’entre nous, le mot tsunami évoque l’Asie. D’ailleurs, étymologiquement, ce terme vient de « tsu », c’est à dire port, et « nami », vague, soit « vague de port » en japonais. Le 26 décembre 2004, un séisme de magnitude 9,2 causait un terrible tsunami dont les vagues destructrices faisaient plus de 220.000 morts en frappant les côtes de l’océan Indien.

Depuis le début du XXe siècle, une centaine de tsunamis ont été observés en Méditerranée et dans les mers qui lui sont reliées, telle la Mer noire, cela représente 10 % du total des tsunamis sur Terre pendant cette période. Ces tsunamis sont produits généralement à l’occasion de séismes et nous n’avons pas souvenir qu’ils aient causé des dégâts aussi importants que ceux constatés en Asie.

Mais ce n’est nullement une raison pour ne pas disposer d’un système de surveillance et d’alerte. C’est d’autant plus nécessaire que des tsunamis peuvent aussi se produire à l’occasion d’effondrements d’édifices volcaniques actifs. Et il en est au moins trois qui le sont depuis l’Antiquité en Méditerranée occidentale : le Vésuve, mais surtout l’Etna et le Stromboli. Récemment, l’effondrement d’une partie de l’Anak Krakatau a tristement rappelé que ces effondrements générant des tsunamis sont bel et bien dangereux.

Stromboli

Une vue de Stromboli.

Or, justement, une équipe de volcanologues de l’Institut national de géophysique et de volcanologie (INGV) et du département des sciences de la Terre de l’université de Pise, entre autres, a publié un article dans Nature conduisant à réévaluer à la hausse le risque de tsunami au moins sur les bords de la mer Tyrrhénienne. Les chercheurs, pour l’essentiel italiens, ont effectué des coupes géologiques dans des couches à entre 170 et 250 m du rivage de Stromboli, ce fameux volcan, sans cesse en activité, visité maintes fois par Haroun Tazieff ainsi que les époux Krafft.

Il leur a suffit de creuser trois tranchées profondes de plus d’un mètre pour trouver trois strates manifestement constituées de dépôts de sable noir, sable qui ne se trouve normalement que sur les plages de l’îles. Assurément, ce sable et les roches en forme de galets qu’il contenait ne pouvaient avoir été apportés que par trois tsunamis. Mais quand ? Heureusement, des fragments de charbon de bois ont permis de faire des datations au carbone 14. Il est apparu que ces trois tsunamis se sont produits entre le XIVe et XVIe siècle. Ces dates peuvent être comparées avec à ce que nous disent l’archéologie et l’histoire.

Par exemple, avec le témoignage de l’érudit, poète et humaniste florentin, Pétrarque (Francesco Petrarca, en italien) qui était alors en mission au titre d’ambassadeur envoyé à Naples par le pape Clément VI. Dans une lettre, il raconte qu’il a assisté à ce qui semble être bel et bien un tsunami à la fin de l’année 1343, causant des destruction dans les ports de Naples et d’Amalfi. On sait aussi que l’île Stromboli a été abandonnée du milieu du XIVe siècle à la fin du XVIe siècle, alors que dans la première moitié des années 1300, cette île était habitée et jouait le rôle important de plaque tournante du trafic naval de croisés en provenance des côtes italiennes, espagnoles et grecques.

Or, il n’existe aucune trace écrite de séismes à cette époque en Sicile ou en Italie. En revanche, il existe des traces d’une éruption volcanique importante vers 1350. Les volcanologues pensent donc qu’il s’est produit un événement analogue à celui de l’Anak Krakatau et qu’une partie du volcan Stromboli s’est effondré, générant le tsunami observé. Ils pensent aussi qu’un événement similaire s’est aussi produit en 1456.

La découverte confirme ce qui était pressenti, à savoir le danger des tsunamis générés par le Stromboli dans la mer Tyrrhénienne méridionale. Mais sa quantification précise nécessite de nouvelles études visant à caractériser ce phénomène sur une période plus longue.

Source : Futura-Sciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « Le volcanisme« , ainsi que la page Risques majeurs.

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