Chlordécone : nouvelle étude lancée pour évaluer le lien avec le cancer de la prostate

L’Institut national du cancer (INCa) a annoncé jeudi le lancement d’un « nouveau programme de recherche » sur cinq ans, à la demande du ministère de la Santé, sur le lien entre l’exposition au chlordécone et le risque de cancer de la prostate.

Doté d’un budget de 3 millions d’euros, ce programme devra répondre à la question: « Quelle est la part du risque d’occurrence de cancer de la prostate et particulièrement les cancers évolutifs, liée à la chlordécone, parmi l’ensemble des facteurs de risque connus et/ou potentiels ? », explique l’INCa dans un communiqué.

Le chlordécone, un insecticide utilisé aux Antilles jusqu’en 1993 et toujours présent dans les sols, est un perturbateur endocrinien, classé par l’OMS comme cancérogène possible. « Plus de 90% de la population adulte » en Guadeloupe et Martinique est contaminée par le chlordécone, selon Santé publique France, et les populations antillaises présentent un taux d’incidence du cancer de la prostate parmi les plus élevés au monde.

Un comité scientifique « a défini la méthodologie d’une recherche susceptible de répondre à la question » posée, « dans le contexte de la Martinique », précise l’INCa, soulignant que « les études menées jusqu’à présent n’ont pas permis de répondre à cette question de santé publique ».

bananeraie

Le chlordécone a été utilisée comme pesticide dans les plantations de bananes en Guadeloupe et en Martinique entre 1973 et 1993.

Une étude réalisée en Guadeloupe entre 2004 et 2007 a conclu à une association significative entre exposition au chlordécone et augmentation du risque de cancer de la prostate mais elle comportait « un biais pouvant impacter les résultats » – elle ne permettait pas de comparer l’âge et l’exposition aux autres facteurs de risques connus du groupe exposé à la chlordécone et du groupe témoin.

Une étude pilote menée en Martinique entre 2012 et 2014 n’a, elle, pas été poursuivie car une évaluation a conclu à l' »inadéquation » entre la « méthodologie retenue par les chercheurs » et les objectifs fixés.

Le programme de recherche inclura des équipes « de domaines différents comme l’épidémiologie environnementale, la toxicologie, l’onco-urologie, la génomique, la santé publique, les sciences humaines et sociales, les mathématiques et les sciences de l’informatique », ajoute l’agence d’expertise publique, chargée de coordonner les actions de lutte contre le cancer en France.

L’INCa « proposera des points d’étapes réguliers sur l’avancement du programme de recherche et ses avancées ».

Source : Sciences & Avenir/AFP

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, les expositions « Regards sur la pollution« , ainsi que la page Environnement/Santé.

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