Un curieux organisme piégé dans le pergélisol depuis 24 000 ans a pu se reproduire à nouveau

Le pergélisol est une mine d’or pour les biologistes, tant il contient d’organismes piégés au sein de sa couche de glace. Récemment, des chercheurs russes ont découvert un rotifère bdelloïde dans le pergélisol sibérien. Cet invertébré — qui se reproduit exclusivement par parthénogenèse — était en stase depuis plus de 20 000 ans, avant de s’éveiller à nouveau et reprendre sa reproduction. Une découverte étonnante qui devrait aider les biologistes à mieux comprendre la cryopréservation cellulaire.

Une créature microscopique ressemblant à un ver, qualifiée de « scandale de l’évolution » par les biologistes pour avoir prospéré pendant des millions d’années sans recourir à la reproduction sexuée, a persisté pendant au moins 24 000 ans dans le pergélisol sibérien, puis s’est de nouveau reproduite, ont découvert des chercheurs.

Invertébrés multicellulaires exclusivement femelles, les rotifères bdelloïdes (Adineta sp) sont déjà réputés pour leur résistance aux radiations et leur capacité à supporter des environnements plutôt inhospitaliers : assèchement, famine et manque d’oxygène. Ils existent également depuis au moins 35 millions d’années — et peuvent être trouvés aujourd’hui dans les lacs d’eau douce, les étangs, les ruisseaux et les habitats terrestres humides tels que la mousse, le lichen, l’écorce des arbres et le sol.

Ces petites créatures coriaces — qui ont un tube digestif complet comprenant une bouche et un anus — sont capables de survivre dans des environnements hostiles en arrêtant toute activité et en stoppant presque entièrement leur métabolisme. C’est ce qu’on appelle la cryptobiose, qui signifie « vie cachée », explique Stas Malavin, chercheur au Laboratoire de cryologie des sols de l’Institut des problèmes physico-chimiques et biologiques en science des sols à Pushchino, en Russie.

Rotifère bdelloïde
Un rotifère bdelloïde dans le pergélisol sibérien était en stase depuis plus de 20 000 ans, avant de s’éveiller à nouveau et reprendre sa reproduction (Source : Michael Plewka).
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La biodiversité s’est effondrée en Méditerranée depuis 30 ans

Un rapport de grande ampleur témoigne de l’état préoccupant de nombreuses espèces du bassin méditerranéen, dû notamment à la pression démographique et touristique. La mer Méditerranée abrite pourtant une faune endémique parfois méconnue.

L’Institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes, La Tour du Valat, vient de dévoiler une vaste étude sur l’état de la biodiversité en Méditerranée, qui rassemble les données d’abondance de plus de 80.000 populations animales présentes dans cette région. Et le constat n’est guère réjouissant : « L’abondance des populations de vertébrés du bassin méditerranéen a baissé de 20 % entre 1993 et 2016 ; et même de 52 % dans les écosystèmes marins (pélagiques et côtiers) et de 28 % dans les écosystèmes d’eau douce, zones humides et rivières », alerte La Tour du Valat.

La situation est cependant très contrastée selon les espèces : alors que les populations de poissons ont dégringolé de 52 %, celles des oiseaux ont augmenté de 30 %, les mammifères et reptiles ayant aussi connu une progression sur la période. Sur les 775 espèces étudiées, 300 sont en déclin. Parmi les premières victimes de l’effondrement de la biodiversité figure le thon rouge, qui, décimé par la surpêche, a vu ses effectifs chuter de 90 %. Depuis 2006, heureusement, des quotas stricts ont été imposés et leur nombre remonte peu à peu, note le rapport. Autre poisson victime de la surexploitation : l’ange de mer (Squatina squatina), fréquemment piégé par les filets de pêche et qui est désormais en danger critique d’extinction.

Biodiversité en danger Méditerranée
La biodiversité en danger dans la mer Méditerranée.
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Un matériau à base de nanotubes de carbone produit de l’électricité en utilisant l’énergie de son environnement

Des ingénieurs du MIT ont découvert une nouvelle façon de produire de l’électricité en utilisant de minuscules particules de carbone pouvant générer un courant électrique simplement en interagissant avec le liquide qui les entoure. Le liquide, un solvant organique, attire les électrons des particules, générant un courant qui pourrait être utilisé pour initier des réactions chimiques dans le but d’alimenter des capteurs biomédicaux ou des robots à l’échelle micro ou nanométrique.

« Ce mécanisme est nouveau, et cette façon de générer de l’énergie est complètement nouvelle. Cette technologie est intrigante car tout ce que vous avez à faire est de faire passer un solvant à travers un groupe de ces particules. Cela vous permet de faire de l’électrochimie, mais sans fil », déclare Michael Strano, professeur de génie chimique au MIT.

Dans une nouvelle étude décrivant ce phénomène, les chercheurs ont montré qu’ils pouvaient utiliser ce courant électrique pour entraîner une réaction connue sous le nom d’oxydation de l’alcool, une réaction chimique organique importante dans l’industrie chimique. La nouvelle découverte est née des recherches de Strano sur les nanotubes de carbone, des tubes creux constitués d’un réseau d’atomes de carbone, qui ont des propriétés électriques uniques.

En 2010, Strano a démontré, pour la première fois, que les nanotubes de carbone peuvent générer des « ondes thermoélectriques ». Lorsqu’un nanotube de carbone est recouvert d’une couche de combustible, des impulsions de chaleur en mouvement ou des ondes thermoélectriques se déplacent le long du tube, créant un courant électrique.

nanotube de carbone
Nanotube de carbone.
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L’analyse d’une explosion cosmique exceptionnelle remet en cause plusieurs théories

L’analyse d’une explosion cosmique exceptionnelle bouscule les théories décrivant le phénomène, selon une étude parue dans Science.

L’analyse d’une explosion cosmique exceptionnelle, émettant des rayons d’une énergie colossale à la suite de l’effondrement d’une étoile, bouscule les théories décrivant le phénomène, selon une étude parue dans Science.

« Normalement ces évènements sont détectés beaucoup plus loin, mais là on a eu de la chance », résume l’astrophysicien Fabian Schüssler, du CEA-Irfu, qui a participé à l’étude de GRB 190829A, publiée le 4 juin. Un nom un peu barbare pour décrire un évènement de « sursaut gamma » détecté en 2019, à une distance de « seulement » un milliard d’années-lumière, d’ordinaire bien plus lointaine.

Ce sursaut, un flash lumineux de rayons X et gamma, les plus chargés en énergie qui soient, est un des phénomènes les plus violents de l’Univers. S’il dure plus de quelques secondes, on l’associe à l’effondrement, sous sa propre masse, d’une étoile massive, avant qu’elle ne devienne un trou noir. Avant de mourir, l’étoile projette par chacun de ses pôles un jet de particules, qui se chargent en énergie et accélèrent jusqu’à la vitesse de la lumière, en rayons X et gamma.

Fusion étoiles à neutrons
Illustration artistique une fusion d’étoiles à neutrons donnant lieu à l’émission de jets de particules, accélérées en rayons X et gamma (Source : National Science Foundation/AFP).
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