Une étoile clignote étrangement près au centre de la Voie lactée

Quelque part dans le centre de la Voie lactée, les astronomes ont découvert une drôle d’étoile. En avril 2012, elle a presque entièrement disparu du ciel. Puis elle est réapparue quelques mois plus tard. C’est la seule fois que VVV-WIT-08 a ainsi clignoté en 17 ans d’observation. Les chercheurs s’interrogent quant à la nature de l’objet qui l’a momentanément cachée à notre vue.

Des étoiles dont la luminosité est changeante, ce n’est pas exceptionnel. Mais celle que les astronomes appellent VVV-WIT-08 a quelque chose de particulier. Des chercheurs, entre autres de l’université de Cambridge (Royaume-Uni), l’ont débusqué dans les données recueillies par le télescope Vista (Chili), exploité par l’Observatoire européen austral (ESO). Depuis des années, il observe un milliard d’étoiles, justement pour en pointer à la luminosité variable.

« Parfois, nous trouvons des étoiles variables qui n’entrent dans aucune catégorie établie. Nous les surnommons les objets « WIT » », raconte Philip Lucas, chercheur à l’université d’Hertfordshire (Royaume-Uni), dans un communiqué de l’université de Cambridge. Les astronomes ont, en l’occurrence, vu la luminosité de VVV-WIT-08 diminuer d’un facteur 30, jusqu’à presque la faire disparaître dans le ciel — elle a perdu 97 % de sa luminosité –, avant qu’elle s’illumine à nouveau plusieurs semaines plus tard.

Etoile clignotante centre voie lactée
Des astronomes, notamment de l’université de Cambridge (Royaume-Uni), présentent une drôle d’étoile qui a clignoté une fois en 17 ans d’observation. Ils imaginent qu’un objet nous l’a momentanément cachée (Source : Université de Cambridge).
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Des moustiques volontairement infectés par une bactérie ont permis de réduire les cas de dengue de 77%

La dengue sévit dans toutes les provinces d’Indonésie et est endémique dans de nombreuses villes. Pour tenter d’éradiquer cette maladie transmise par les moustiques Aedes aegypti, le World Mosquito Program et ses partenaires ont mené un essai contrôlé randomisé dans la ville de Yogyakarta. Cet essai, d’une durée de trois ans, consistait à lâcher des moustiques porteurs de la Wolbachia, une bactérie qui les empêche de transmettre des arbovirus tels que le virus de la dengue ou Zika. Les résultats de ces essais sont particulièrement encourageants : le déploiement des moustiques a permis de réduire l’incidence de la dengue de 77%.

En 2019, l’Organisation mondiale de la santé a désigné la dengue comme l’une des 10 principales menaces pour la santé mondiale. Chaque année, une recrudescence de cas s’observe pendant la saison des pluies, en Asie du Sud ; près de 8 millions de cas surviennent chaque année en Indonésie. Mais la maladie tend à se répandre dans des pays plus tempérés : l’OMS estime que 40% de la population mondiale est aujourd’hui exposée au risque de dengue.

Certaines mesures — tels le ciblage chimique ou biologique des moustiques et l’élimination de leurs sites de reproduction — ont été mises en place pour lutter contre cette maladie qui peut être mortelle, mais se sont avérées vaines. Or, il s’avère que les moustiques Aedes aegypti infectés par la bactérie Wolbachia pipientis sont moins sensibles à l’infection par le virus de la dengue (et d’autres arbovirus). Pour limiter la propagation de la dengue en Indonésie, des chercheurs ont donc entrepris d’exploiter cette bactérie, qui n’est pas naturellement présente chez l’espèce A. aegypti.

Cette approche nécessite d’introduire des moustiques infectés par la Wolbachia dans les populations de moustiques sauvages, sur une période de plusieurs mois ; l’accouplement entre ces deux populations engendre en effet une progéniture infectée elle aussi par la bactérie. Pour tester l’efficacité de cette méthode, les scientifiques du World Mosquito Program, en collaboration avec la fondation Tahija et l’Université Gadjah Mada, ont réalisé des tests sur le terrain, dans la ville de Yogyakarta.

Aedes aegypti
Aedes aegypti
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Les variants du coronavirus créent des « super-cellules » pour se répliquer

Le coronavirus déploie des trésors d’inventivité pour échapper aux attaques du système immunitaire. Dans une pré-publication, des chercheurs décrivent sa capacité à faire fusionner les cellules pour se répliquer à l’abri des anticorps.

Lors de l’infection, les virus se fixent à une cellule hôte, la pénètrent et y produisent à la chaîne leur matériel génétique et leurs protéines structurales. Une fois les virions assemblés, ils quittent la cellule pour en infecter une autre. Ce schéma, très simplifié, est valable pour beaucoup de virus dont le SARS-CoV-2. Hors de la cellule, les virions sont à la merci du système immunitaire, notamment des anticorps neutralisants qui les capturent avant qu’ils n’infectent une autre cellule.

Comme les virus et les humains évoluent conjointement depuis des millénaires, les entités microscopiques ont mis au point des stratégies d’évasion. Il y a évidemment la capacité de mutation des virus qui, en accumulant les changements dans leur structure, ne sont plus reconnus par les anticorps. C’est ainsi que plusieurs variants du coronavirus, avec une résistance accrue aux anticorps neutralisants, ont émergé. Mais ce n’est pas la seule stratégie à leur disposition.

SARS-CoV-2
Le coronavirus peut faire fusionner les cellules pour se répliquer à l’abri de l’immunité.
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Un nouveau microscope quantique offre une capacité d’observation révolutionnaire

L’avènement de la technologie laser a permis d’obtenir des lumières plus intenses et concentrées qui, utilisées dans la microscopie, ont offert la possibilité aux scientifiques d’observer des détails à très petites échelles. Cependant, la microscopie laser comporte un problème : les échantillons peuvent être rapidement dégradés dans le processus. Pour contourner cet obstacle, une équipe de chercheurs a mis au point une méthode de microscopie basée sur l’intrication quantique. Cette dernière leur a permis d’observer des détails encore plus précisément sans poser de dangers à l’échantillon.

Dans un article publié dans la revue Nature, des chercheurs australiens et allemands ont montré que les technologies quantiques offrent une solution aux problèmes posés par la microscopie laser. Ils ont construit un microscope quantique qui peut sonder plus doucement des échantillons biologiques, ce qui leur a permis d’observer des structures biologiques qui seraient autrement impossibles à voir.

La création d’un microscope évitant les dommages aux échantillons est une étape très attendue dans la technologie quantique. Elle représente une première étape dans une nouvelle ère passionnante pour la microscopie, et plus largement pour les technologies de détection. Les microscopes ont une longue histoire. On pense qu’ils ont été inventés pour la première fois par le fabricant de lentilles néerlandais Zacharias Janssen au tournant du XVIIe siècle. Il les a peut-être utilisés pour contrefaire des pièces de monnaie.

Ce début mouvementé a conduit à la découverte des bactéries, des cellules et essentiellement de toute la microbiologie telle que nous la comprenons maintenant. L’invention plus récente des lasers a fourni un nouveau type de lumière focalisée. Cela a rendu possible une toute nouvelle approche de la microscopie. Les microscopes laser nous permettent de voir la biologie avec des détails vraiment profonds, 10 000 fois plus petits que l’épaisseur d’un cheveu humain.

Nouveau microscope quantique
Une nouvelle méthode révolutionnaire de microscopie basée sur l’intrication quantique (Source : Laser Focus).
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L’atmosphère de cette exoplanète tempérée intéresse beaucoup les astronomes

Cette exoplanète a été découverte à 90 années-lumière de la Terre. Un monde apparemment tempéré et gazeux, avec une atmosphère riche que les astronomes espèrent bien étudier plus en détail dans les mois qui viennent.

Elle s’appelle TOI-1231 b. Elle a été découverte par le Transiting Exoplanet Survey Satellite (Tess) et suivie ensuite par le Planet Finder Spectrograph (TFS, Chili). C’est une exoplanète un peu plus petite que notre Neptune. Elle est située huit fois plus près de son étoile que ne l’est la Terre du Soleil, mais il y règne une température semblable à celle de notre Planète. Normal, l’exoplanète est en orbite autour d’une naine rouge — plus petite et moins lumineuse que notre étoile — située à environ 90 années-lumière de la Terre. Jusque-là, toutefois, rien d’extraordinaire, car 70 % des étoiles de la Voie lactée sont réputées être des naines rouges. Et que la baisse de luminosité de l’une de ces étoiles, relativement petites, lorsqu’une planète plutôt grande passe devant, est assez facile à repérer.

Là où TOI-1231 b devient intéressante, c’est lorsque l’on considère sa période orbitale de 24 jours. C’est peu. Mais beaucoup pour une exoplanète détectée par Tess. La majorité des planètes découvertes par la mission affichent en effet une période orbitale inférieure à 14 jours. Une question d’intervalle d’observation.

Surtout, TOI-1231 b serait similaire à Neptune. En taille et en densité. En d’autres mots, cette exoplanète serait entourée d’une atmosphère gazeuse particulièrement conséquente. Et si cette atmosphère intéresse tant les chercheurs, c’est parce qu’elle est l’une de celles où il règne les températures les plus fraîches jamais découvertes pour une planète géante. Des travaux antérieurs avaient suggéré que les exoplanètes semblables à TOI-1231 b pourraient avoir des nuages dans leur haute atmosphère. Rendant difficile de déterminer quels gaz ce type de planète peut piéger.

Une vue d’artiste sur TOI-1231 b, une exoplanète de la taille de Neptune (Source : NASA/JPL).
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