Fonte des glaciers : le satellite CryoSat sonne l’alerte

Une étude basée sur les observations de la sonde CryoSat-2 dévoile une perte importante de masse glaciaire sur des massifs situés en Asie et en Amérique du Nord. Les chercheurs observent des conséquences majeures sur la hausse du niveau des océans.

Si les résultats des observations menées par le satellite CryoSat-2 n’ont pas été ébruités, le constat n’en reste pas moins alarmant. Une équipe de chercheurs a dévoilé le 14 avril une fonte importante de glace provenant de montagnes situées dans le golfe d’Alaska et sur le plateau tibétain. De 2010 à 2019, les massifs alaskiens ont perdu 76 gigatonnes de glace par an et 28 gigatonnes par an pour les sommets asiatiques, soit respectivement 7,6 x 1013 et 2,8 X 1013. Ces évènements ont un impact majeur sur l’augmentation du niveau des océans, qui a connu une hausse de 3,2 millimètres par an entre 1993 et 2018.

Lancé en avril 2010, CryoSat-2 a couvert de ses observations 55 % d’Alaska et 32 % des massifs asiatiques. En neuf ans, la mission CryoSat a permis au satellite de réaliser pas moins de 33 millions d’observations lors de ses passages au-dessus des zones visées. Ces dernières s’étendent à la jonction entre plusieurs pays comme l’Inde, la Chine, le Tibet ou encore le Pakistan ainsi qu’au nord-ouest de l’Amérique du Nord. Au vu de leurs étendues, ces ensembles montagneux semblaient être les meilleurs sujets pour exploiter les instruments de la sonde de l’ESA, placée en orbite basse.

Glacier de l’archipel norvégien du Svalbard (Source : NASA/John Sonntag).

Pour mesurer l’évolution de l’épaisseur de la glace en une année, l’appareil utilise le Siral (pour SAR Interferometric Radar Altimeter). L’altimètre va exploiter une technique appelée interférométrie : à la manière d’un radar, CryoSat impulse des ondes électromagnétiques. Le parcours de ces ondes est analysé par deux antennes installées sur la sonde spatiale, et une décomposition précise du trajet effectué permet d’établir l’évolution du niveau de glace des zones survolées.

CryoSat
CryoSat, le satellite de l’Esa chargé d’étudier les pôles (Source : ESA).

Les glaciers du monde ne couvrent que 4 % de la glace terrestre et seulement 1 % de sa masse. Bien que ces chiffres paraissent dérisoires, la disparition progressive des glaciers a un impact probant sur la montée des eaux à l’échelle globale. Le taux de fonte des massifs d’Alaska et d’Asie équivaut respectivement à une hausse de 0,21 millimètre par an du niveau de la mer pour le golfe d’Alaska et 0,05 millimètre pour la région du plateau tibétain.

Une autre étude, datée du 22 mars 2021, faisait état des conséquences de la perte de masse glaciaire en Alaska, au Groenland et dans la cordillère des Andes. Le résultat est accablant, la fonte des glaciers expliquerait en partie une dérive du pôle Nord vers le Groenland. Ces changements de position sont naturels dans l’évolution de la Terre. Mais l’augmentation du niveau d’eau dans certaines zones du globe aurait altéré la répartition de la masse sur la planète, et accéléré la vitesse de la dérive du pôle vers l’est.

Quantités glaces perdues
Carte montrant la quantité de glaces perdues à travers le monde en Gigatonnes (Gt), c’est-à-dire en milliards de tonnes, entre 1991 et 2016. L’Alaska, le Groenland et la Patagonie sont les grands perdants, avec une diminution de 3.019, 1.237 et 1.208 milliards de tonnes de glace, respectivement. (Source : ESA/Zemp et al./Nature/World Glacier Monitoring Service)

« Nous avons analysé les pertes de masse glaciaire dans les régions arctiques, en Patagonie ou encore Islande. La quantité de fonte varie selon ces régions, mais elle est omniprésente partout où l’on a observé avec CryoSat-2. La prochaine étape est d’utiliser le satellite pour dresser un portrait global des dégâts », ajoute le docteur Noel Gourmelen.

L’Agence spatiale européenne continue à garder l’œil sur le réchauffement climatique et la hausse de l’élévation de la mer. Le satellite Sentinel 6, lancé en 2020, cartographie 95 % des océans tous les 10 jours, permettant une surveillance constante de ce phénomène dramatique.

Source : Futura-Sciences

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « Question d’espace« , ainsi que la page Risques majeurs.

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