Le Sri Lanka face à une catastrophe environnementale sans précédent

La catastrophe provoquée par le navire singapourien X-Press Pearl au large des côtes Est du Sri Lanka est toujours en cours. Elle est la pire des catastrophes à laquelle est confrontée cette nation insulaire de l’Océan indien. Elle a commencé par un début d’incendie le 20 mai à bord du porte-conteneur singapourien. Depuis, le désastre écologique n’en finit pas de se déployer sur mer, sur terre et dans l’air, asphyxiant le tourisme et la pêche, es activités économiques vitales pour le pays englué dans une crise économique forte.

L’incendie aurait été provoqué par une fuite d’acide nitrique. Le navire est tout neuf, mis en service en février 2021, comme le précise le quotidien Libération, ce n’est donc pas le « navire-poubelle sous pavillon de complaisance » auquel les accidents maritimes nous ont habitués. Le bateau est un feeder comme nous le précise le quotidien français, chargé de redistribuer une fraction des énormes cargaisons que de plus gros que lui transportent entre de gros « hubs » maritimes. A son bord, il y avait 1.486 conteneurs, remplis d’aliments, de cosmétiques, de médicaments, de produits chimiques, des fameux granulés de plastique qui défrayent à présent la chronique, de pièces détachées et même des voitures.

L’incendie qui a duré 13 jours a probablement détruit une bonne partie de ce chargement hétéroclite. Que sont devenus les 25 tonnes d’acide nitrique, la soude caustique, l’éthanol, le méthanol, l’urée et le plomb listé par Libération ? Les incendies à bord de ces porte-conteneurs sont monnaie courante, qui établissait la moyenne d’un incendie toutes les deux semaines pendant l’année 2020.

Naufrage MV X-Press Sri Lanka
Le porte-conteneurs MV X-Press Pearl coule, le 2 juin 2021, après avoir brûlé pendant près de deux semaines au large du port de Colombo, au Sri Lanka (Source : AFP).

Il y a eu certainement une pollution aérienne lors de l’embrasement des différentes cargaisons du X-Press Pearl. L’irruption des matières chimiques dans le milieu marin. Au début de ce mois de juin, les craintes formulées par les autorités et les médias sri-lankais ont porté sur une fuite d’hydrocarbures révélée par des images satellites bien que les ombres repérées puisent être aussi de « faux-positifs », des concentrations phytoplanctoniques par exemple. Si cette marée noire reste une menace latente, pour la biodiversité marine, pour certains des scientifiques interrogés par l’hebdomadaire srilankais The Sunday Times, sa visibilité en fait une pollution moins redoutable.

Au contraire des produits chimiques répandus dans les profondeurs de la mer dont on ne peut ne peut mesurer l’impact. Ce type de dégât sur la faune et la flore marine ne se verra que dans les années à venir, affirme un expert en halieutique sri-lankais au Sunday Times. Les mangroves du lagon de Negombo, à proximité du bateau accidenté, sont une pouponnière pour la faune marine alentour, un vivier riche de biodiversité. Autant d’animaux au stade larvaire très sensibles à la présence des produits chimiques répandus.

Autre point récurrent d’inquiétude : les 78 tonnes de granulés plastiques qui eux sont bien visibles. Leur présence sur 300 kilomètres de côtes au Sri Lanka a entraîné l’arrêt des activités de pêche pourtant vitales pour la population. Le Dr. Charitha Pattiaratchi, océanographe sri-lankais spécialiste des courants marins côtiers, a étudié la course de ces granulés dans la mer des Laquedives. En s’appuyant sur la dynamique habituelle des masses d’eau à cette époque de l’année, des modèles informatiques et des photos prises par les satellites européens Sentinel 3, il prédit la présence de ces granulés emportés par la mousson du Sud-Ouest, sur une zone allant de la Somalie à l’Indonésie.

Source : Sciences & Avenir

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