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Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle de la Guadeloupe

Les animaux se transforment en oiseaux de nuit (et c’est de notre faute)

Devant l’expansion de l’activité humaine, de nombreux animaux trouvent refuge dans… la nuit.

Dans quelques dizaines d’années, s’il reste encore quelques cerfs ou sangliers, on ne les verra peut-être plus en plein jour – à moins d’aller dans des réserves animalières soigneusement préservées des effets néfastes du plus grand prédateur de la planète, l’être humain.

« L’expansion globale de l’activité humaine a de profondes conséquences sur les animaux sauvages », explique une équipe de chercheurs américains emmenée par Kaitlyn Gaynor, du département des sciences environnementales de l’université de Berkeley (USA).

Dans de nombreux cas, les animaux abandonnent simplement le terrain, acceptant la réduction de leur territoire pour éviter la présence humaine, mais ce comportement a ses limites. Les espaces disponibles se réduisent comme peau de chagrin, et s’éloigner de notre espèce devient de plus en plus difficile : 75% des surfaces terrestres sont aujourd’hui modifiées par les activités humaines.

Lionnes nuit

Des lionnes chassant la nuit.

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De la soie d’araignée pour doper les vaccins

On admire généralement sa souplesse et sa résistance ou encore sa légèreté. Mais aujourd’hui, des chercheurs s’intéressent à d’autres de ses propriétés. Selon eux, la soie d’araignée pourrait aider à concevoir des vaccins plus efficaces.

Pour lutter contre certaines maladies infectieuses telles que la tuberculose – ou même contre le cancer -, il faut réussir à activer les lymphocytes T. Et ce n’est pas une mince affaire. Car les peptides, des petits morceaux de protéines utilisés pour cela, ont la fâcheuse tendance à être dégradés par le corps avant même d’avoir atteint leur cible.

Pour remédier au problème, des chercheurs ont imaginé utiliser de la soie d’une araignée commune à nos jardins, l’épeire diadème. Cette soie – une longue chaîne de protéines légère, résistante, mais surtout biocompatible et biodégradable – a pu être recréée en laboratoire. De quoi permettre aux scientifiques d’y intégrer un peptide aux propriétés vaccinales.

Soie araignée lymphocyte

En vert sur cette image, des cellules immunitaires ayant ingéré des nanoparticules de soie d’araignée. Les endosomes – la partie de la cellule dans laquelle les nanoparticules relâchent le vaccin – apparaissent en bleu. (Source : Carole Bourquin/UNIGE)

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La population de jaguars a progressé de 20% en 8 ans au Mexique

Un recensement national conduit au Mexique a permis de découvrir que la population de jaguars a augmenté ces dernières années dans ce pays d’Amérique du Sud.

La population de jaguars au Mexique a progressé de 20% en huit ans, pour s’établir à 4.800 individus, grâce aux efforts déployés pour sauvegarder ce félin, le plus gros d’Amérique, selon un recensement publié le 14 juin 2018.

« Cette hausse est due, entre autres facteurs, au programme de conservation du jaguar lancé en 2005 », a commenté dans un communiqué Gerardo Ceballos, expert de l’Institut d’écologie de l’Université autonome de Mexico. L’augmentation de la superficie forestière – habitat favori de l’espèce Panthera onca – a également contribué à ce progrès, a-t-il ajouté.

Panthera onca

Un jaguar (Panthera onca) (Source : VWPICS/SIPA)

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La matière noire pourrait ne pas être complètement noire

Par définition, la matière noire ne peut pas émettre de lumière. Pour un physicien, elle ne peut pas être couplée à un champ électromagnétique, par exemple en étant chargée. Pourtant, des modèles de matière presque noire, avec des particules possédant une infime fraction de la charge électrique de l’électron, ont été proposés.

Au début des années 2000, beaucoup de physiciens et d’astrophysiciens auraient sans doute parié que la détection directe ou indirecte des particules de matière noire allait survenir au tout début des années 2010 au plus tard. Mais, depuis presque une décennie, les déceptions s’accumulent.

En effet, des détecteurs enterrés sous des kilomètres de roches aux satellites en orbite cherchant des traces d’annihilation des particules de matière noire, en passant, bien sûr, par les détecteurs géants du LHC, aucune de ces particules ne s’est montrée. Nous en avons eu un nouvel exemple récemment avec les derniers résultats de Xenon1T. Pourtant, la matière noire est incontournable en cosmologie pour expliquer les caractéristiques du rayonnement fossile et la naissance des grandes structures regroupant les amas de galaxies ; aucune alternative crédible n’est connue.

En fait, tous les résultats infructueux de la chasse aux particules de matière noire ne sont pas totalement négatifs, car, à défaut de nous dire ce que seraient ces particules, ils nous disent ce qu’elles ne sont pas. Les chercheurs considèrent donc des modèles parfois de plus en plus exotiques. Un bon exemple est donné dans un article publié dans Nature et dont le contenu peut être étudié grâce à d’autres articles disponibles en accès libre sur arXiv. Il y est question d’une théorie proposée notamment par Julian Muñoz, de l’université Harvard (États-Unis), en compagnie de son célèbre collègue Avi Loeb, du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics (CfA), bien connu pour l’originalité de ses idées.

Planck rayonnement fossile

La carte la plus précise du rayonnement du fond diffus cosmologique tracée par le satellite Planck de l’ESA (Source : ESA/collaboration Planck/D. Ducros).

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Plus de 400 requins retrouvés piégés par un filet sur une plage bretonne

A Pleubian, plus de 400 requins et d’autres animaux marins ont été découverts morts sur la grève, piégés par un filet de pêche.

C’est une bien macabre découverte qu’ont fait les habitants de la commune de Pleubian (Côtes-d’Armor) le 14 juin 2018. Sur le sillon de Talbert, au moins 456 émissoles tachetées (Mustelus asterias) – des requins – 3 requins hâ (Galeorhinus galeus), 3 raies pastenagues (Dasyatis pastinaca) et 1 petite roussette (Scyliorhinus canicula) ont été découverts échoués sur la grève. Les malheureux ont été piégés par un filet de pêche.

« Si les populations d’émissoles semblent prospérer en Manche, leur croissance lente et leur maturité sexuelle tardive les rendent sensibles à la pression croissante exercée par la pêche », a expliqué sur Facebook l’association Association Pour l’Etude et la Conservation des Sélaciens (Apecs). Elle pense qu’il sera difficile de retrouver le propriétaire du filet, celui-ci n’ayant aucune marque distinctive.

Requins filet Bretagne

456 émissoles tachetées ont été trouvées sur la grève à Pleubian (Source : Association Apecs).

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Une exoplanète dénichée dans un jeune disque protoplanétaire : une grande première

Pour la première fois, des astronomes, utilisant Alma, ont repéré une planète en formation, encore enfouie dans son disque protoplanétaire. Cette découverte majeure vient d’une équipe française qui a pour l’occasion testé avec succès une nouvelle méthode de détection planétaire. Les explications de François Ménard, directeur de recherche au CNRS, également astronome à l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble.

Malgré la découverte de milliers d’exoplanètes, les mécanismes de formation des planètes (telluriques et géantes gazeuses) sont encore mal connus. On sait qu’elles se forment à l’intérieur de grands anneaux de poussières et de gaz, appelés disques protoplanétaires, mais les processus physiques qui transforment des grains micrométriques en planètes sont incomplètement compris.

Deux équipes de chercheurs viennent d’annoncer la découverte de trois protoplanètes, autour de la jeune étoile HD 163296, qui sont encore au sein d’un disque, ce qui n’avait jamais été vu auparavant. Cette étoile se situe à environ 330 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Sagittaire. Deux fois plus massive que le Soleil, elle est âgée de seulement quatre millions d’années, soit un millième de l’âge du Soleil.

Une de ces trois protoplanètes, située loin de l’étoile, à 39 milliards de kilomètres (260 UA), a été découverte par l’équipe de Christophe Pinte, de l’université Monash en Australie et de l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble (France), dont fait partie François Ménard, directeur de recherche au CNRS. Cette équipe a trouvé la protoplanète en « identifiant une perturbation bien localisée dans le disque », nous explique François Ménard.

Protoplanète

Localisation de la protoplanète découverte par l’équipe française. Sur cette image figure une partie de l’ensemble des données d’Alma. La déformation du disque de matière, bien visible, indique clairement la présence de l’une des planètes dont l’emplacement est marqué d’un point. (Source : ESO/Alma/MPint et al.)

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Une inhabituelle pollution estivale prend New Delhi à la gorge

Déjà transformée en chaudron par la chaleur brûlante de juin, la capitale indienne New Delhi toussait jeudi dans un brouillard de poussière inhabituel pour cette saison, aggravant l’air d’une des villes les plus polluées de la planète.

Depuis plusieurs jours, la mégapole d’une vingtaine de millions d’habitants enregistre des niveaux de qualité de l’air exécrables et dangereux pour la santé. Une épaisse brume à l’odeur âcre, rappelant les hivers de pollution extrême, jette un voile sur le ciel et les rues. Un film de sable tapisse les surfaces des appartements.

« Si une telle situation survenait dans le monde occidental, les villes auraient été évacuées mais tout ce que nous pouvons faire c’est prier pour la pluie et que la poussière retombe », s’alarme Arvind Kumar, un chirurgien pulmonaire. Alors que les mois de chaleur sont normalement plus respirables, avec un mercure pouvant monter à plus de 45 degrés Celsius, les concentrations de matières particulaires PM10 atteignaient en début d’après-midi jeudi jusqu’à 1300 microgrammes par mètre cube (μg/m3). Soit plus de 25 fois la limite de 50 μg/m3 sur 24h recommandée par l’OMS.

Pollution New Delhi 14/06/2018

Un train à Ghaziabad, dans la banlieue de New Delhi, le 14 juin 2018 (Source : AFP)

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