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Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle de la Guadeloupe

Zealandia : un continent caché a-t-il été découvert ?

Zealandia, tel est le nom proposé par un groupe de spécialistes de géosciences pour un septième continent qu’ils pensent avoir retrouvé dans l’océan Pacifique. Plus grand que la moitié de l’Australie, il serait cependant sous les flots depuis bien trop longtemps pour être le mythique continent Mu des Mystérieuses Cités d’or.

Quand on entend parler pour la première fois de Zealandia, la première réaction de toute personne un peu versée dans la théorie de la tectonique des plaques est probablement un sentiment d’incrédulité. En effet, les continents sont supposés être constitués majoritairement de roches moins denses que les basaltes de la croûte océanique, et bien sûr du manteau sur lequel ils flottent. En conséquence de quoi, alors que des plaques océaniques peuvent plonger dans le manteau et même sous les continents, si bien qu’elles ne peuvent être plus vieilles de 200 millions d’années environ, les plaques continentales sont, quant à elles, sensées être insubmersibles, si l’on peut dire, et donc quasi indestructibles (pour cette raison, elles constituent une mémoire de l’histoire de la Terre avec des roches qui peuvent être âgées de presque 4 milliards d’années). Certes, ces plaques peuvent se fragmenter, se coller au rythme du cycle de Wilson et de la dérive des continents, voir s’enfoncer un peu sous le poids d’une calotte polaire, mais une disparition sous les flots…, pas vraiment.

Nouvelle Zélande ISS

La Nouvelle Zélande vue de l’ISS (Source : NASA).

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Coup de froid sur la France : un scénario possible pour la fin du siècle

La probabilité d’un refroidissement important du climat dans l’Atlantique Nord au cours des prochaines décennies est revue à la hausse par une équipe du CNRS. En cause, l’arrêt brutal de la plongée des eaux de surface dans la mer du Labrador.

Jack Hall, le climatologue du film catastrophe Le Jour d’après (Roland Emmerich, 2004) prédisait le retour d’un âge de glace en Amérique du Nord et en Europe qui survenait beaucoup plus vite qu’il ne l’avait prévu. Selon le scénario, ce refroidissement abrupt provenait de l’arrêt brusque de la « circulation thermohaline ». Ce système de courants, qui incluent le Gulf Stream, transfère la chaleur des basses latitudes vers les hautes latitudes de l’Atlantique Nord et est donc responsable des températures relativement douces en hiver qui caractérisent le climat actuel de l’Europe. Bien que son fondement physique soit plausible, la rapidité et l’ampleur du refroidissement décrit dans le film appartiennent à la fiction hollywoodienne.

Toutefois, une interruption de la circulation thermohaline n’est pas de la pure fantaisie. Un chapitre est consacré à ce risque dans le dernier rapport du GIEC (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). En se basant sur les projections des modèles climatiques de dernière génération, les experts du GIEC ont jugé qu’une interruption de la circulation thermohaline était cependant très improbable au cours du XXIe siècle. Or, une équipe de chercheurs du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE, CNRS) et de l’université de Bordeaux vient de réviser ce risque à la hausse.

Réanalysant les 40 modèles utilisés par le GIEC, cette équipe estime aujourd’hui dans Nature Communications que la possibilité d’un refroidissement brutal dans l’Atlantique Nord pourrait être bien plus forte que prévu d’ici à la fin du siècle. La nouvelle étude évalue pour la première fois le risque qu’un tel phénomène soit provoqué par un arrêt de la convection océanique dans la mer du Labrador, qui n’avait pas été considéré séparément. « La convection dans la mer du Labrador se déclenche normalement en hiver lorsque les eaux de surface se refroidissent fortement et deviennent plus denses que les eaux plus profondes », explique Giovanni Sgubin, du laboratoire Environnements et péléoenvironnements océaniques et continentaux (EPOC, CNRS/université de Bordeaux). « Les eaux en surface plongent donc vers le fond et produisent un mélange vertical très intense. Ce mélange produit un transfert de chaleur net de la profondeur vers la surface et l’atmosphère. »

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Le champ magnétique de la Terre ne ferait que fluctuer depuis 3.000 ans

Des poteries bien datées fabriquées en Judée sur une période de mille ans avant notre ère ont permis d’étudier les variations du champ magnétique terrestre. La baisse observée actuellement serait en réalité similaire aux fluctuations de cette époque et donc non annonciatrice d’une possible inversion magnétique.

Depuis que l’année 2012 est derrière nous, la désinformation pseudo-scientifique de type New Age avec ses faits alternatifs est devenue moins présente en ce qui concerne les supposés effets et catastrophes d’une inversion du champ magnétique de la Terre, laquelle serait imminente. Il n’en reste pas moins que les géophysiciens spécialistes du magnétisme continuent à s’interroger sur la baisse de l’intensité du champ magnétique observée et mesurée depuis plus d’un siècle.

Pour ceux qui s’inquièteraient encore de l’occurrence de cette inversion, une équipe internationale d’archéologues, de géophysiciens et de spécialistes des sciences de la Terre vient de publier un article dans Pnas qui devrait contribuer à les rassurer. Les chercheurs se sont en effet intéressés aux champs magnétiques fossilisés enregistrés dans des jarres en terre cuite trouvées en Judée et dont les datations montrent qu’elles ont été fabriquées entre le VIIIe et le IIe siècle avant Jésus-Christ.

Poterie

Une poterie étudiée comme mémoire du champ magnétique terrestre (Source : Oded Lipschits).

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Le CERN surprend une source d’asymétrie entre matière et antimatière

Où est passé l’antimatière? L’expérience LHCb du CERN a mis en évidence un comportement différent entre des particules et leur antiparticules associées. Un début d’explication à une des plus grosses énigmes du Cosmos.

Le LHC est peut-être sur le point d’expliquer un des mystères les plus tenaces de l’Univers : la disparition de l’antimatière. L’expérience LHCb a permis de constater qu’un certain type de baryons –une famille de particules qui comprend entre autres les composants du noyau atomique, protons et neutrons– ne se désintègre pas comme son anti-baryon associé : l’écart est même de l’ordre de 20 % selon l’article publié dans la revue Nature. Or, depuis des décennies les physiciens traquent tout comportement différent entre la matière et l’antimatière pour comprendre pourquoi et comment l’antimatière a disparu de l’Univers.

Tous les modèles cosmologiques indiquent que lors du Big Bang il s’est formé autant de matière que d’antimatière. Ce double de la matière possède exactement les mêmes propriétés que la matière, mais elle est dotée d’une charge opposée. Ainsi l’électron, la particule élémentaire de matière, dotée d’une charge électrique négative, possède son « équivalent antimatière », le positon, qui lui ressemble en tout point (même masse par exemple) sauf que le positon possède une charge électrique positive.

LHC CERN

Le LHC, le plus puissant collisionneur de particules jamais réalisé par l’Homme (Source : CERN).

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La NASA veut chercher la vie sur Europe, une lune de Jupiter

La NASA prévoit d’envoyer une sonde tourner autour d’Europe, pour préparer, dans une douzaine d’années, l’arrivée d’un atterrisseur. Cette lune de Jupiter qui cache sous son épaisse banquise un immense océan d’eau salée passionne les exobiologistes. Ce corps glacé est un candidat prioritaire pour la recherche d’une vie ou au moins des conditions dans laquelle une vie proche de la nôtre pourrait apparaître et se développer. Une étude conceptuelle est en cours car la mission ne sera pas simple…

Dans moins de trois ans, le rover de la mission Mars 2020, de la NASA, s’envolera pour rechercher d’éventuelles traces de vie passé sur la Planète rouge. Ce sera une première dans l’histoire de l’exploration spatiale depuis les tentatives des atterrisseurs Viking, quarante ans plus tôt. Un nouveau chapitre va s’écrire en ce début de XXIe siècle qui pourrait voir débarquer les premiers Hommes sur Mars à l’horizon 2030.

Au même moment, peut-être en 2031, il est possible qu’ailleurs dans le Système solaire, un atterrisseur se pose sur Europe. Considéré par la NASA comme une « cible prioritaire de la recherche de la vie ailleurs que sur Terre », ce monde glacé potentiellement habitable en orbite autour de Jupiter intrigue autant qu’il fascine les astronomes depuis qu’un vaste océan d’eau salée en contact avec le noyau rocheux y a été découvert. Avec Encelade, autour de Saturne, deux fois plus loin, il est un des lieux où des formes de vie sont susceptibles d’exister.

Il ne reste donc plus qu’à aller y voir de plus près… Oui, mais pour explorer son océan qui contient deux fois plus d’eau que la Terre, il faut au préalable percer son épaisse armure de glace. Une autre solution, plus simple à mettre en œuvre, serait d’enquêter le plus près possible des geysers récemment découverts, là où les sols fragilisés et fragmentés sont douchés par l’eau expulsées depuis ses entrailles. Ainsi, si vie il y a sous la surface de cette lune, sa signature devrait être décelable dans cet environnement.

Europe

Europe, l’un des satellites de Jupiter (Source : NASA)

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Les Alpes perdraient 30% de leur neige avec un réchauffement de 2°C

Le manteau neigeux recouvrant les Alpes chaque hiver diminuerait de 30% d’ici la fin du siècle même si la hausse de la température mondiale est limitée à 2°C, comme le prévoit l’accord de Paris sur le climat, indique une étude parue jeudi.

Le manteau de neige alpin va diminuer « mais les futures émissions (de gaz à effet de serre) détermineront de combien, » explique Christophe Marty, l’un des auteurs de l’étude publiée dans la revue The Cryosphere.

Dans le cas où les émissions de gaz à effet de serre ne diminueraient pas, l’épaisseur et l’étendue de ce manteau pourraient se réduire jusqu’à 70%, avertissent les chercheurs de l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches et de l’Ecole polytechnique fédérale de Suisse.

Si ce scénario catastrophe se réalisait, seules les stations de ski au dessus de 2.500 mètres auraient une vraie saison de glisse. Mais quel que soit le niveau des émissions de gaz à effet de serre, ces travaux montrent que le manteau neigeux sera moins épais « à toutes les altitudes et à toutes les périodes ».

La Grande Casse

La face nord de la Grande Casse dans les Alpes.

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Record : une supernova observée quelques heures seulement après l’explosion de son étoile

En 2013, une supernova a été observée moins de six heures après le début de l’explosion de l’étoile qui lui a donné naissance. Les phénomènes découverts ont surpris les astrophysiciens qui ne les avaient pas prévus.

En 2014 déjà, une supernova avait surpris les astrophysiciens. SN 2014C avait en effet commencé par apparaître comme une SN Ia, c’est-à-dire le produit de l’explosion d’une ou deux naines blanches avant de prendre les traits d’une SN II, une supernova produite par l’effondrement gravitationnel d’une étoile au moins huit fois plus massive que le Soleil. Selon les chercheurs, cela s’expliquait par l’éjection d’une importante coquille d’hydrogène par l’étoile génitrice de la SN Ia, un certain temps avant l’explosion. Toutefois, un tel phénomène ne cadrait pas facilement avec la théorie standard de l’évolution stellaire.

Une énigme similaire semble maintenant se présenter dans le cas d’une supernova découverte en 2013 avec le fameux télescope du mont Palomar dans le cadre d’un programme de surveillance automatisé des événements transitoires sur la voûte céleste (Intermediate Palomar Transient Factory ou iPTF). Dans un article disponible sur arXiv, une équipe internationale d’astrophysiciens menée par Ofer Yaron de l’Institut Weizmann à Rehovot (Israël) explique que l’étoile génitrice de SN 2013fs semble elle aussi avoir expulsé une importante coquille de matière peu avant de mourir, sans que l’on puisse vraiment comprendre pourquoi. Cette nouvelle découverte vient du fait que l’évolution de la supernova moins de six heures après son début, un record, a été observée.

Supernova SN 2013fs

Une vue d’artiste de la supernova SN 2013fs (Source : ESO).

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