Les criquets, dernière plaie d’une Afrique de l’Est accablée par des variations climatiques extrêmes

Des essaims de criquets totalisant plusieurs milliards d’insectes dévastent de larges zones d’Afrique de l’Est. Une catastrophe pour une région déjà frappée par une sécheresse et des inondations.

Des essaims de criquets d’une ampleur historique, totalisant plusieurs milliards d’insectes, dévastent depuis plusieurs semaines de larges zones d’Afrique de l’Est, à la suite de variations climatiques extrêmes qui pourraient s’avérer catastrophiques pour une région déjà frappée par une sécheresse et des inondations. D’épais nuages de crickets affamés se sont répandus depuis l’Ethiopie et la Somalie jusqu’au Kenya, où l’Agence des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) a estimé qu’un seul de ces essaims couvrait une surface de 2.400 km2, la taille du Luxembourg.

Un tel essaim contiendrait quelque 200 milliards de criquets – et chacun dévore chaque jour l’équivalent de son propre poids (deux grammes), soit un total de 400.000 tonnes de nourriture. Il est capable de parcourir 150 kilomètres par jour et de ravager les moyens d’existence des populations rurales dans leur course effrénée pour se nourrir et se reproduire. L’Ethiopie et la Somalie n’avaient pas vu d’essaims de criquets pèlerins d’une telle ampleur depuis 25 ans, et le Kenya n’avait pas eu à affronter de menace acridienne d’une telle force depuis 70 ans, selon la FAO.

Si rien n’est fait, le nombre d’insectes ravageurs « pourrait être multiplié par 500 d’ici le mois de juin », envahissant le Soudan du Sud et l’Ouganda, dévastant les cultures sur son passage, dans des zones déjà très vulnérables, a mis en garde l’agence de l’ONU. Cela pourrait provoquer « un problème de sécurité alimentaire de premier plan », a déclaré vendredi Guleid Artan, du Centre de prévision et d’applications climatologiques (ICPAC), relevant de l’organisation régionale Igad, lors d’une conférence de presse à Nairobi.

Criquets Afrique de l'Est 22/01/2020

Un essaim de criquets fond sur le village de Lerata, à 300 km au nord de Nairobi, le 22 janvier 2020 (Source : AFP).

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Réchauffement climatique : est-ce la fin des haricots pour les tomates ?

L’agriculture sera impactée par le réchauffement climatique. Si cela est une certitude, la façon et l’ampleur avec lesquelles elle le sera restent matière à débat. S’agissant des tomates, il semble que ces plantes ne résisteraient pas aux attaques simultanées des insectes herbivores et de la chaleur. En cause, des hormones végétales, les jasmonates.

Le réchauffement climatique entraîne l’augmentation des stress subis par les plantes. Chaleur, sécheresse, nouveaux ravageurs… En 2018, une étude publiée dans Science a prédit que les insectes herbivores, qui consomment actuellement 5 à 20 % des principales cultures céréalières, devraient causer des pertes de récoltes entre 10 et 25 % supérieures. Et ce, pour chaque degré Celsius gagné (ou perdu, selon le point de vue).

Pourtant, les modèles utilisés pour ces prédictions ne prennent pas en compte la réaction des plantes infestées à la chaleur. Pour pallier ce manque, une nouvelle étude a vu le jour dans PNAS. Celle-ci n’a pas été basée sur un modèle informatique, mais sur des observations de plants de tomates en laboratoire. Cela a permis de comprendre le mécanisme à l’œuvre lorsqu’une plante, déjà soumise au stress d’une attaque d’insecte, endure également une chaleur trop importante.

Les plantes produisent des substances similaires aux hormones, les phytohormones, pour assurer leur bon fonctionnement. Parmi elles, on trouve les jasmonates, un groupe d’hormones aux multiples rôles. En particulier, les jasmonates induisent une réponse de défense chez la plante lors d’une morsure par un insecte affamé. Cela entraîne la production de composés censés repousser l’insecte.

Tomates

Chez la tomate, il semble que la réponse hormonale à une attaque de ravageurs soit incompatible avec la réponse à une trop forte chaleur.

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Les ornithorynques vont-ils disparaître ?

Des scientifiques australiens estiment que les populations d’ornithorynques pourraient s’effondrer au cours des prochaines décennies si aucune mesure de conservation efficace n’est prise.

Les sécheresses et autres manifestations du réchauffement climatique exercent en Australie une pression de plus en plus forte sur la population d’ornithorynques (Ornithorhynchus anatinus), au point de les pousser vers l’extinction, avertissent des chercheurs dans une étude publiée le 20 janvier 2020.

Ce mammifère unique a déjà disparu de 40% de son habitat historique dans l’est de l’Australie en raison de sécheresses, de l’aménagement du territoire, de la pollution ou encore de la construction de barrages qui fragmentent ses lieux d’habitation, selon ces scientifiques du Centre pour les sciences de l’écosystème de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW). Ils estiment que, si les menaces actuelles se maintiennent, les populations d’ornithorynques pourraient s’effondrer de 47 à 66% au cours des 50 prochaines années. En prenant en compte la dégradation des conditions climatiques liée au réchauffement, les populations pourraient même avoir baissé de 73% en 2070.

Ornithorynque

L’ornithorynque, l’un des rares mammifères à pondre des œufs (Source : AFP).

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Ces substances sont responsables de la moitié du réchauffement de l’Arctique

Le réchauffement rapide de l’Arctique au cours de ces dernières décennies est peut-être la preuve la plus convaincante du changement climatique en cours. Pour les experts, il ne fait aucun doute qu’il est le résultat d’une augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans notre atmosphère. Le rôle du CO2 en la matière n’est pas contestable. Mais des chercheurs attirent aujourd’hui notre attention sur d’autres composés. Ceux-là mêmes qui ont, au cours du XXe siècle, causé le fameux trou dans la couche d’ozone.

Au milieu des années 1980, on apprenait qu’un trou était en train de se creuser dans la couche d’ozone qui protège notre Terre des rayonnements ultraviolets néfastes. En cause : nos émissions de composés halogénés tels que chlorofluorocarbures (CFC) ou hydrofluorocarbures (HFC). Et si les mécanismes de cet appauvrissement en ozone ont rapidement été percés, peu d’études se sont intéressées à l’impact climatique global de ces composés.

Aujourd’hui, des chercheurs de l’université de Columbia (États-Unis) avancent que ces derniers sont responsables de pas moins du tiers du réchauffement climatique enregistré entre 1955 et 2005. Et même de la moitié du réchauffement de l’Arctique et de la fonte des glaces observés durant cette période. Des conclusions qui pourraient aider les scientifiques à comprendre enfin pourquoi cette région du monde présente la fâcheuse tendance à se réchauffer beaucoup plus vite que les autres.

CFC, HFC & réchauffement Arctique

Les CFC et autres HFC n’ont pas simplement creusé un trou dans la couche d’ozone. Ils sont aussi responsables de la moitié du réchauffement de l’Arctique entre 1955 et 2005.

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Incendies en Australie : beaucoup d’espèces menacées ont vu leur habitat détruit

Les incendies qui font rage en Australie depuis septembre 2019 ont dévasté de grandes proportions de territoires où vivent des espèces menacées ou en danger d’extinction. Le bilan s’annonce très lourd.

Les feux en Australie ont brûlé plus de la moitié de l’habitat connu de 100 plantes et animaux menacés, dont 32 espèces en danger critique d’extinction, a annoncé lundi le gouvernement australien. Plus d’un milliard d’animaux ont péri dans la vague sans précédent d’incendies qui a ravagé l’est et le sud de l’île-continent des mois durant, brûlant une étendue plus vaste que celle du Portugal.

Un bilan précis pour la faune et la flore ne sera établi que dans plusieurs semaines, car il reste des feux et certaines zones brûlées sont encore trop dangereuses à explorer, selon les autorités. Mais le ministère de l’Environnement et de l’Énergie a d’ores et déjà publié une liste préliminaire des espèces menacées de plantes, animaux et insectes qui ont perdu plus de 10 % de leur habitat répertorié.

Espèces menacées & incendies Australie

Plus d’un milliard d’animaux ont péri dans les incendies qui ravagent l’Australie depuis le printemps austral 2019.

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La Chine va bannir les sacs et les pailles en plastique des grandes villes dès cette année

La Chine, pays aux 210 millions de tonnes de déchets annuels, déclare la guerre aux sacs, pailles ou encore éléments de vaisselle en plastique. Dès cette année dans les grandes villes, ils devront disparaître.

La Chine, premier pollueur de la planète, va bannir les sacs en plastique jetables dans les grandes villes et les pailles alimentaires dans les restaurants dès cette année, afin de réduire les déchets et la pollution. La Commission nationale du développement et de la réforme et le ministère de l’Environnement ont annoncé dimanche 19 janvier 2020 un plan quinquennal de réduction de la consommation de plastique, dont la Chine est l’un des plus gros utilisateurs mondiaux.

Le plan prévoit de réduire sur cinq ans de 30 % l’utilisation des conteneurs et de la vaisselle en plastique par les chaînes de restauration rapide. Outre les sacs jetables et les pailles, le polystyrène et la vaisselle jetable devront disparaître dès cette année. Dans les hôtels, il faudra tourner la page sur l’habitude de remettre gracieusement des peignes ou des brosses à dents ou d’autres objets en plastique après la fin 2022.

Centre de tri des déchets à Pékin

Tri de déchets en plastique dans un centre de traitement à Pékin (Source : AFP).

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Survivre plutôt que se reproduire… Les tortues luth face au dilemme du changement climatique ?

Des scientifiques, aidés par Greenpeace, ont équipé dix tortues luth de balise Argos pour suivre leurs migrations. De la Guyane, où elles pondent, jusqu’à leurs zones d’alimentation. Résultat : Elles parcourent bien plus de distance qu’il y a dix ans. Au péril de l’espèce ?

Leurs ancêtres ont partagé la planète avec les dinosaures, il y a 100 millions d’années, et elles ont traversé les époques depuis, occupant une place cruciale dans l’écosystème marin. « Les tortues marines sont parmi les habitants les plus mystérieux et charismatiques de nos océans, estime Damien Chevallier, chercheur à l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC-CNRS), spécialiste de cet animal marin. Et il est à peine croyable d’imaginer que leur temps soit compté aujourd’hui. »

Des sept espèces de tortues marines, six figurent aujourd’hui sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Les pressions qu’elles subissent sont multiples. De la pêche industrielle à la pollution plastique, en passant par le braconnage et le changement climatique.

Une étude, menée par les scientifiques de l’IPHC avec la collaboration de l’ONG Greenpeace, et dont des premiers résultats ont été publiés jeudi, illustre l’une des menaces que fait peser le changement climatique sur les tortues marines. Elle a commencé début juin, dans la réserve naturelle de l’Amana, en Guyane Française, lieux de pontes des tortues luth entre avril et juillet. Il s’agissait alors d’équiper de balises Argos dix tortues luth – la plus grande des sept espèces actuelles de tortues marines –, afin de suivre leurs migrations, des sites de nidifications aux zones d’alimentation.

Tortue luth balise argos

L’une des dix tortues luth équipées d’une balise arogs, en Guyane, en juin 2019, par les scientifiques de l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC-CNRS), avec la collaboration de Greenpeace (Source : Jody Amiet / Greenpeace).

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