Au Chili, les forêts de pins millénaires sont en train de disparaître

Au Chili, l’arbre national est menacé d’extinction. Face à la pression imposée par le changement climatique et les maladies, ce véritable fossile vivant bénéficie du soutien des chercheurs et des communautés locales.

Les forêts de pins chiliennes sont menacées d’extinction. Elles abritent pourtant l’araucaria du Chili (Araucaria araucana), l’arbre national du pays. Cette espèce de conifères est si ancienne qu’elle est considérée comme un fossile vivant et célébrée par de nombreuses tribus locales, qui la jugent sacrée. Ensemble, les chercheurs tentent d’étudier les raisons de sa disparition et de mettre en place les mesures nécessaires pour la protéger.

Au cours des années, Ricardo Melinir – chef de la communauté Pehuenche, qui tire son nom du conifère – est parvenu à empêcher l’exploitation de ces arbres, parfois vieux de plus de 1.000 ans. Classés comme héritage national du Chili en 1976, ils peuvent atteindre 60 mètres de haut et 3 mètres de large. Malheureusement, ils sont aujourd’hui menacées par les maladies et le changement climatique.

Araucaria araucana

L’araucaria du Chili (Araucaria araucana) (Source : Scott Zona)

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Des chercheurs ciblent 66 espèces potentiellement invasives

Des chercheurs européens ont établi une liste des espèces animales et végétales qui pourraient potentiellement devenir une menace pour l’écosystème du continent dans les années à venir.

L’Union européenne a établi une liste comportant plus de 300 espèces qualifiées « d’exotiques envahissantes » ou EEE, qu’elle met à jour. Ces organismes posent un gros problème à l’écosystème local : transmission de maladies, compétition pour l’espace, la nourriture… Les espèces endémiques n’ont pas toujours le dessus. Face à cette menace, un groupement de 43 chercheurs européens a tenté une nouvelle approche.

Les scientifiques ont opté pour un tour d’horizon prospectif afin d’obtenir une autre liste comprenant des EEE potentielles. Pour cela, ils ont pris en compte différents paramètres afin de savoir quels organismes sont les plus susceptibles de s’établir et de coloniser l’Union Européenne dans la prochaine décennie. Leurs résultats ont été publiés le 12 décembre 2018 dans la revue spécialisée Global Change Biology.

Leur propre liste comporte pas moins de 66 espèces animales et végétales classées suivant le menace. Ainsi, 8 espèces ont été placées dans la catégorie « Risque très élevé », 40 dans celle nommée « Risque élevé » et enfin 18 dans « Risque modéré ». Parmi les plus problématiques, on retrouve notamment le poisson Channa argus, une espèce native du sud et de l’est de la Chine mais qui est désormais très présente au Japon notamment dans les étangs marécageux où elle s’attaque aux espèces endémiques.

Channa argus

Le poisson Channa argus (Source : Brian Gratwicke).

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Les pesticides font jaunir les singes

Au Costa Rica, le pelage des singes hurleurs vire du noir au jaune. Une évolution dans la production de mélanine, due à l’utilisation massive de pesticides.

En hiver, le lièvre variable et le renard des neiges changent de couleur pour s’adapter à leur environnement. Mais si les singes hurleurs à manteau, au Costa Rica, virent au jaune, c’est pour une toute autre raison. Depuis cinq ans, les scientifiques ont commencé à remarquer des animaux avec des curieuses tâches jaunes sur le pelage, habituellement d’un noir uniforme. Au départ, il s’agissait juste d’une petite partie de la fourrure, sur le bout de la queue ou sur une main. Mais au fil du temps, ces tâches se sont étendues sur des parties de plus en plus grandes du corps, deux des singes devenant entièrement jaunes.

Pour comprendre cette mystérieuse décoloration, les chercheurs ont prélevé des échantillons de fourrure pour des analyses. Ils ont alors découvert que les poils décolorés possèdent cette variante différente de mélanine (le pigment qui colore la peau et les cheveux), appelée phéomélanine, responsable d’une coloration de jaune à rouge, tandis que les poils noirs en contiennent une autre sorte, l’eumélanine. Mais pourquoi les singes hurleurs se mettent-ils soudainement à fabriquer plus de phéomélanine ?

Singe hurleur

Le singe hurleur se nourrit de feuilles issues des plantations de bananes, ananas et palmiers à huile arrosées de pesticides.

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Ces grandes villes du monde qui s’enfoncent

Une étude exploitant quinze ans de données satellitaires relève l’enfoncement de certaines villes. Ainsi à certains endroits, la capitale iranienne s’enfonce jusqu’à 25 cm/an !

C’est une des mégalopoles les plus peuplées d’Asie et elle s’enfonce par endroit de 25 centimètres par an. Avec ses 13 millions d’habitants, Téhéran la capitale iranienne et sa périphérie font partie des cités qui subissent ce que les géophysiciens appellent une subsidence, un lent affaissement de la croûte terrestre. Cela peut être sous l’effet d’un excès de charge ou la conséquence d’une exploitation du sous-sol… ou encore les deux.

À l’origine de ce résultat publié dans le Journal Remote sensing environnement et repris par Nature, les travaux de deux chercheurs du Centre allemand de recherche en géosciences à Potsdam (Allemagne), Mehdi Motagh et Mahmud Haghshenas Haghighi. Ces spécialistes ont exploité les données recueillies entre 2003 et 2017 de quatre satellites : l’européen Envisat, le japonais Alos, le franco-allemand TerraSar-X et l’européen sentinel-1. Tous sont équipés d’un In SAR – l’interféromètre radar à synthèse d’ouverture, un instrument capable de repérer la moindre variation topologique, glissement de terrain soulèvement ou affaissement.

Téhéran

La capitale iranienne s’enfonce par endroit de 25 centimètres par an.

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A l’île Maurice, la canne à sucre pour faire de l’électricité

Isolée dans l’océan Indien et ne pouvant compter que sur elle-même pour son électricité, l’île Maurice s’emploie à diminuer progressivement sa dépendance aux énergies fossiles en développant les énergies renouvelables, notamment la production d’électricité grâce à sa principale culture, la canne à sucre.

Depuis une quinzaine d’années, la bagasse, le résidu fibreux issu du broyage de la canne à sucre, est largement mise à contribution pour produire de l’électricité, au point désormais de pourvoir à 14% des besoins de l’île. L’île Maurice dispose d’un système tout particulier pour sa production d’énergie : 60% des besoins en électricité de l’île sont produits par quatre sociétés sucrières qui font tourner chacune une centrale thermique. Ces quatre centrales tournent normalement au charbon mais quand la saison de la canne arrive, la bagasse remplace le charbon comme combustible.

En cette fin du mois de novembre, la récolte bat son plein dans les champs environnant la société Omnicane, située dans le sud de l’île Maurice. Une noria de poids lourds tirant d’immenses remorques viennent s’aligner près d’un entrepôt non moins impressionnant pour y décharger leur cargaison de canne à sucre fraîchement coupée. Durant la période de récolte, ce sont chaque jour 8.500 tonnes qui sont ainsi acheminées dans cette installation (soit environ 900.000 tonnes de canne dans l’année). Les tiges de canne sont alors broyées afin d’en extraire le jus qui servira à produire le sucre.

La bagasse est de son côté lavée de manière à en extraire le maximum de liquide sucré, puis elle est chauffée pour en réduire le taux d’humidité. Elle part alors alimenter une centrale thermique où elle brûlera à plus de 500°C, une combustion qui permettra à des turbines de produire de l’électricité, dont une très grande partie sera acheminée sur le réseau national (le reliquat servant à alimenter l’entreprise).

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Mexico : des jardins adaptés aident à la protection des colibris

Dans la capitale mexicaine, des jardins ont vu le jour pour permettre aux colibris de trouver de quoi se nourrir sur leur longue route migratoire, entre le nord et le sud du continent américain.

Dans un coin faiblement éclairé d’un marché animé de la ville de Mexico, des vendeurs d’amulettes et autres poupées vaudous proposent également de minuscules colibris taxidermés censés apporter de la chance en amour. Vendus à 2.000 pesos pièce (environ 90 euros), ils sont le symbole des menaces qui pèsent sur les colibris, minuscules oiseaux aux ailes rapides et à la beauté délicate, qui jouent un rôle clé dans la pollinisation. Ces menaces, auxquelles s’ajoutent le changement climatique, ont amené l’Université autonome de Mexico (Unam), la plus grande université du Mexique, à lancer un ambitieux projet de surveillance et de protection des colibris par le biais de jardins urbains.

« Les jardins pour colibris sont, sur le plan biologique, la meilleure stratégie de conservation de l’espèce dans les grandes villes », indique la chercheuse Maria del Coro Arizmendi, qui dirige le projet. Elle s’est inspirée de l’ancienne première dame américaine, Michelle Obama, qui avait introduit certaines fleurs dans son célèbre jardin de la Maison Blanche pour attirer les abeilles – un autre pollinisateur actuellement menacé.

Protection colibris Mexico

Une université mexicaine a mis en place des jardins adaptés aident à la protection des colibris (Source : Leonardo Mercon/VWPICS/SIPA).

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Cette startup veut remplacer les engrais chimiques par des probiotiques

La startup américaine, PivotBio, a mis au point un fertilisant, à base de micro-organismes naturels, capable de fixer l’azote dans les plantes. Une solution bien plus écologique et moins coûteuse que les engrais chimiques.

Plus de 200 millions de tonnes de fertilisants sont utilisés chaque année, soit 25 % de plus en 10 ans. Désormais, 2 % de la consommation mondiale d’énergie est dédiée à la fabrication d’ammoniac, la principale forme d’engrais azoté. Malheureusement, la moitié de cet engrais est gaspillé, dispersé par le vent lors de sa pulvérisation ou bien, lessivé par la pluie lorsqu’il pleut. Transformé en nitrates, il vient polluer les nappes d’eau souterraines, les rivières et les océans, aboutissant à l’eutrophisation des cours d’eau et à la création de gigantesques « zones mortes », privées d’oxygène.

Il existe pourtant une alternative à ces engrais polluants : les probiotiques. Ces micro-organismes, du genre Rhizobium vivant dans les racines, fabriquent une enzyme appelée nitrogénase, et sont capables de fixer l’azote atmosphérique. Cependant, ces bactéries ne se trouvent que chez les légumineuses (trèfle, luzerne, lentilles, pois…). Les grandes céréales, comme le maïs, le soja ou le blé, sont, quant à elles, incapables de fixer l’azote ; c’est pourquoi on doit les alimenter avec des engrais chimiques.

Pulvérisation engrais

Plus de 200 millions de tonnes de fertilisants sont utilisés chaque année.

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