Bisphénols, phtalates, parabènes… Six polluants présents dans l’organisme de tous les Français

Bisphénols, phtalates, solvants, parabènes… Une vaste étude publiée mardi montre que six « polluants du quotidien » dont on connaît encore mal les effets « sont présents dans l’organisme de tous les Français », alors que le gouvernement présente sa feuille de route contre les perturbateurs endocriniens.

Pour la première fois, Santé publique France a mesuré les niveaux d’imprégnation de la population française par six familles de substances présentes dans l’environnement et cherché à identifier les sources d’exposition probables – produits ménagers, cosmétiques, emballages alimentaires, etc. « Nous nous sommes intéressés à ces substances parce qu’il y a une préoccupation sanitaire, mais en aucun cas on ne peut prédire si les valeurs retrouvées représentent un risque sanitaire pour la population », car on manque encore de connaissances sur le sujet, a précisé à l’AFP Clémence Fillol, responsable de la surveillance biologique à Santé publique France.

L’organisme public rappelle toutefois que certains de ces produits sont des perturbateurs endocriniens ou des cancérogènes avérés ou suspectés. Les substances recherchées sont les bisphénols (A, S et F), les phtalates, les parabènes, les éthers de glycol, les retardateurs de flamme bromés et les composés perfluorés. Elles entrent dans la composition d’emballages alimentaires, de peintures, d’ustensiles de cuisine, de cosmétiques ou de produits ménagers. L’usage de certaines est déjà très retreint (bisphénol A, interdit en France dans tous les contenants alimentaires depuis 2015, certains phtalates et composés perfluorés).

Cette publication intervient à l’occasion de la présentation par la ministre de l’Ecologie Elisabeth Borne et la ministre de la Santé Agnès Buzyn de la nouvelle « stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens » (SNPE). Elle vise à renforcer l’information et la protection de la population, ainsi que les connaissances scientifiques sur ces produits. L’Agence de sécurité sanitaire (Anses) devra notamment établir une liste de perturbateurs endocriniens, en expertisant au moins six substances en 2020, puis neuf par an à partir de 2021.

Polluants quotidiens organisme des français

Bisphénols, phtalates, solvants, parabènes… Une vaste étude publiée mardi montre que six « polluants du quotidien » dont on connaît encore mal les effets « sont présents dans l’organisme de tous les Français », alors que le gouvernement présente sa feuille de route contre les perturbateurs endocriniens. (Source : AFP)

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Du pollen pour absorber les substances toxiques de l’eau polluée

Produits phytosanitaires, produits pharmaceutiques, nettoyants ménagers. Les eaux contiennent de plus en plus de polluants difficiles à éliminer par des méthodes traditionnelles. Alors les chercheurs travaillent sur de nouvelles pistes. Parmi elles, celle du pollen.

Le pollen, certains y sont allergiques et aimeraient le voir disparaître. Mais il est indispensable à la reproduction des plantes à graines. Et des chercheurs de l’université de Hull (Royaume-Uni) assurent aujourd’hui qu’il est capable d’absorber, comme autant de microscopiques éponges, des substances toxiques dans les eaux polluées.

Ils ont tout particulièrement étudié le cas du Lycopode en massue (Lycopodium clavatum). À l’état naturel, ses grains de pollen renferment, dans une enveloppe dure recouverte d’une couche de cire et de protéines, du matériel génétique. Et les chercheurs britanniques se sont aperçus que certains composés avaient tendance à venir se coller sur cette enveloppe.

Pollen pollution eau

Les surfaces perforées des grains de pollen traités, grossies ici environ 300 fois, peuvent éliminer les produits chimiques indésirables de l’eau polluée (Source : Andrew Boa/Aimilia Meichanetzoglou/Université de Hull).

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Australie : sombres perspectives pour la Grande Barrière de corail

L’Australie a encore dégradé les perspectives pour la Grande Barrière de corail, les considérant désormais comme « très mauvaises » en raison de l’impact de plus en plus grave du réchauffement climatique sur cet écosystème unique.

Dans son rapport quinquennal, l’Autorité du parc marin de la Grande Barrière de corail cite l’élévation de la température de l’océan comme la plus grave menace pour ce site classé au Patrimoine mondial. « Les impacts graves des températures record à la surface de l’eau font que l’état de l’habitat du récif est passé de mauvais à très mauvais », précise l’Autorité, qui est une agence gouvernementale. « Le réchauffement climatique s’aggrave et est la menace la plus grave pour les perspectives à long terme de la région », poursuit-elle. « Une action mondiale d’envergure pour répondre au réchauffement climatique est capitale pour ralentir la dégradation de l’écosystème et la valeur patrimoniale du récif et aider à son rétablissement. »

Inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1981, la Grande barrière s’étend sur environ 2.300 kilomètres le long de la côte nord-est de l’Australie et constitue le plus vaste ensemble corallien du monde. L’agence précise que le site est confronté à des menaces « multiples, qui s’ajoutent et s’aggravent », en citant notamment les ruissellements agricoles et les ravages provoqués par l’acanthaster pourpre, une étoile de mer dévoreuse de coraux qui a proliféré en raison de la pollution.

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L’Indonésie va déménager sa capitale à Bornéo : vers un désastre écologique ?

Alors que Jakarta s’enfonce inexorablement dans le sol et étouffe sous la pollution, le gouvernement indonésien vient d’annoncer le déménagement de sa capitale sur l’île de Bornéo, en plein cœur de la forêt tropicale. Un choix qui inquiète les associations environnementales redoutant une destruction de ce haut lieu de la biodiversité.

Construite sur des marécages, victime de la montée des eaux et soumise à un développement économique anarchique, la capitale indonésienne Jakarta s’enfonce inexorablement. La moitié de la mégalopole de 10 millions d’habitants se situe déjà sous le niveau de la mer et, à ce rythme, la quasi totalité de la ville pourrait être engloutie d’ici 2050. L’urbanisation effrénée et la surpopulation ont par ailleurs entraîné un trafic et une pollution dramatique, avec des embouteillages interminables pour rejoindre le centre-ville. Depuis plusieurs années, le gouvernement indonésien réfléchit donc au transfert de sa capitale, comme l’avait fait le Brésil en 1960 en délocalisant ses institutions à Brasilia ou plus récemment la Birmanie avec Naypyidaw.

Lundi 26 août, le président fraîchement réélu Joko Widodo a annoncé la nouvelle implantation de la future capitale : ce sera dans la province de Kalimantan, à l’est de l’île de Bornéo, entre les villes de Balikpapan et Samarinda. Selon le gouvernement, le site a été choisi pour sa localisation stratégique au centre de l’Indonésie, mais aussi pour sa faible exposition aux désastres naturels. Ce qui n’était pas une mince affaire : une vaste partie de l’archipel indonésien est en effet située sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de subduction particulièrement touchée par les éruptions volcaniques et les séismes. En août 2018, plusieurs puissants tremblements de terre avaient ainsi dévasté l’île de Lombok, à l’est du pays. L’opération, qui devrait débuter en 2024, est évaluée à 450.000 milliards de roupies indonésiennes, soit 28 milliards d’euros.

Ile de Bornéo

L’île de Bornéo, où doit être relocalisée la capitale indonésienne, connait déjà une déforestation massive.

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La conservation des éléphants d’Afrique dans leur habitat naturel désormais privilégiée

Après de vifs échanges, la CITES a décidé d’interdire quasi-totalement la vente d’éléphants sauvages à des zoos et à des parcs de loisir. La conservation in situ de ces animaux sera désormais privilégiée.

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) a drastiquement limité le 27 août 2019 les possibilités de vendre à l’étranger des éléphants d’Afrique capturés dans la nature, pour des zoos ou des parcs de loisirs, une décision saluée comme une avancée importante par les ONG.

La CITES, réunie à Genève, a adopté cette décision en séance plénière au terme de débats très vifs. Le texte a été voté par 87 voix pour, 29 contre et 25 absentions, réunissant ainsi la majorité nécessaire des deux-tiers. Une première version du texte avait été adoptée le 19 août, au premier jour de la réunion de la CITES qui se termine le 28 août 2019. Le document, présenté par plusieurs pays d’Afrique, concluait que seuls « les programmes de conservation in situ dans l’aire de répartition naturelle de l’espèce » constituaient des « destinataires appropriés et acceptables » pour ces animaux, excluant de fait les zoos ou les parcs de loisirs.

Mais cette décision avait suscité une forte opposition de certains pays, comme le Zimbabwe et le Botswana. Car il existe une demande d’éléphanteaux sauvages pour alimenter des zoos et des parcs de loisirs, en particulier en Chine et aux Etats-Unis, selon des ONG. Le Zimbabwe a ainsi capturé et vendu plus de 100 bébés éléphants à des zoos chinois depuis 2012, estime le groupe de protection animale Humane Society International (HSI).

Eléphants milieu naturel

Des ONG et des chercheurs ont souligné que les éléphants supportent mal la vie en captivité.

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Marsouin du Pacifique : les écologistes réclament des sanctions contre le Mexique

Des ONG réclament des sanctions à l’encontre du Mexique qui peine à sauvegarder les marsouins du Pacifique. Ces animaux sont victimes des cartels de la drogue mexicains.

Les organisations écologiques réclament des sanctions commerciales contre le Mexique en raison de son incapacité à stopper la pêche illégale de la vaquita, ou marsouin du Pacifique, qui pourrait disparaître d’ici quelques mois.

Il ne resterait apparemment qu’une dizaine de représentants de cette espèce dans son habitat du Golfe de Californie, au nord-ouest des côtes mexicaines, selon les défenseurs de l’environnement. Selon eux, seules des « mesures drastiques » pourraient sauver le marsouin le plus petit du monde. Ils demandent aux États réunis à Genève pour la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) d’appliquer des sanctions à l’encontre du Mexique afin de le contraindre à prendre les mesures qui s’imposent pour sauver les vaquitas.

« Je pense que les parties au traité doivent sanctionner Mexico et interdire le commerce des espèces régulées par la CITES en provenance du Mexique jusqu’à ce qu’ils aient repris le contrôle de la situation », a déclaré à l’AFP Zak Smith, directeur de la Protection des espèces sauvages à l’ONG américaine Natural Resources Defense Council (NRDC). La CITES, qui régule le commerce mondial de plus de 35.000 espèces de plantes et d’animaux, peut imposer des sanctions contre des pays qui violent les règles ou ferment les yeux sur le commerce illégal de ces espèces.

Marsouin de Pacifique tué Mexique

Un Marsouin du Pacifique tué par des pêcheurs à Santa Clara, au Mexique (Source : WWF/AFP).

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Incendies : les feux de forêts en Afrique sont-ils aussi graves qu’en Amazonie ?

Une carte de la NASA montre des incendies en Afrique au moins aussi étendus que ceux en Amazonie. Si les forêts brûlent aussi sur le continent africain, les raisons des départs de feu ne sont pas les mêmes.

La thèse embrase des esprits surchauffés : ces jours-ci, les forêts d’Afrique centrale brûleraient encore plus vite que l’Amazonie, et dans l’indifférence générale contrairement aux incendies au Brésil qui ont enflammé les discours des grandes puissances réunies en France jusqu’à lundi 28 août 2019. Mais il ne s’agit pas d’incendies de même nature et leurs causes sont différentes.

Abondamment relayée, une carte satellitaire de la NASA montre en rouge incandescent la zone des départs de feu qui prennent le cœur du continent en écharpe, du Gabon à l’Angola, de l’Atlantique à l’Océan indien. L’inquiétude est remontée jusqu’au G7 de Biarritz. « La forêt brûle également en Afrique subsaharienne. Nous sommes en train d’examiner la possibilité d’y lancer une initiative similaire à celle que nous venons d’annoncer pour l’Amazonie », a tweeté le président français Emmanuel Macron. Les pays du G7 veulent débloquer d’urgence 20 millions de dollars pour envoyer des avions bombardiers d’eau lutter contre les incendies de forêts en Amérique du Sud. Ces Canadairs vont-ils bientôt aussi survoler les forêts primaires du Gabon en remplissant leur réservoir dans les rapides du fleuve Congo ?

L’inquiétude du président français est légitime. La forêt du bassin du Congo est communément comparée au « deuxième poumon vert » de la planète, après l’Amazonie. Elle couvre une superficie d’environ 2 millions de km2 sur plusieurs pays, dont une moitié en RDC, et le reste dans les pays voisins (Gabon, Congo, Cameroun et Centrafrique). Comme l’Amazonie, les forêts du bassin du fleuve Congo absorbent des tonnes de CO2 dans leurs arbres et tourbières. Elles sont des sanctuaires d’espèces en voie de disparition (éléphants des forêts, grands singes…).

Incendie Mont Kenya 01/03/2019

Incendie de forêt dans le parc national du Mont Kenya, le 1er mars 2019 (Source : AFP).

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