En Espagne, le lynx sauvé de l’extinction par un programme d’élevage en captivité

Le lynx ibérique était dans une situation délicate il y a quelques années. Mais les efforts des autorités et des ONG ont permis d’inverser la tendance grâce à la lutte contre le braconnage, la réintroduction de lapins dans la zone et surtout l’élevage en captivité.

Quatre bébés lynx ibériques dorment paisiblement contre le flanc de leur mère, Nota. Une scène touchante rendue possible par un programme de reproduction et d’élevage en captivité de cette espèce emblématique en Espagne, qui a frôlé l’extinction.

A l’abri du soleil, Sismo, Sicilia, Sénégal et Susurro, trois mois à peine, se reposent dans le centre d’El Acebuche situé dans le parc national de Doñana, gigantesque zone protégée du sud de l’Espagne. Ce centre est l’un des cinq sites (quatre en Espagne et un au Portugal) créés dans les années 2000 pour élever le Lynx pardinus en captivité en vue de réintroduire ce félin tacheté dans son milieu naturel. Victime du braconnage et de la raréfaction des lapins sauvages, base de son alimentation, l’espèce ne comptait plus que 100 individus en 2002 contre plus de 100.000 au début du XXe siècle et était alors « en danger critique » d’extinction, selon la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la Nature (UICN).

Mais les efforts des autorités et des ONG ont permis d’inverser la tendance grâce à la lutte contre le braconnage, la réintroduction de lapins dans la zone et surtout l’élevage en captivité. En 2020, pour la première fois, 1.100 individus ont été recensés. Bien qu’il soit toujours menacé, l’animal aux longues oreilles pointues se terminant par une fine touffe et aux épaisses moustaches blanches s’est multiplié en Andalousie et a fait son retour dans d’autres régions espagnoles dont il avait disparu (Estrémadure, Castille-La-Manche) ainsi qu’au Portugal.

Lynx ibérique
Un lynx ibérique le 30 juin 2021 dans le centre d’El Acebuche, dans le parc national de Doñana, (Espagne). (Source : AFP)
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Les « signes vitaux » de la Terre s’affaiblissent, selon des scientifiques

Les « signes vitaux » de la planète s’affaiblissent sous les coups de l’économie mondiale, ont mis en garde mercredi 28 juillet 2021 des scientifiques de premier plan, s’inquiétant de l’imminence possible de certains « points de rupture » climatiques.

Ces chercheurs, qui font partie d’un groupe de plus de 14.000 scientifiques ayant plaidé pour la déclaration d’une urgence climatique mondiale, estiment que les gouvernements ont de manière systématique échoué à s’attaquer aux causes du changement climatique : « la surexploitation de la Terre ». Depuis une évaluation précédente en 2019, ils soulignent la « hausse sans précédent » des catastrophes climatiques, des inondations aux canicules, en passant par les cyclones et les incendies.

Sur les 31 « signes vitaux » de la planète, qui incluent les émissions de gaz à effet de serre, l’épaisseur des glaciers ou la déforestation, 18 atteignent des records, selon ce texte publié dans la revue BioScience. Ainsi, malgré la chute des émissions de gaz à effet de serre en raison de la pandémie de Covid-19, les concentrations de CO2 et de méthane dans l’atmosphère ont atteint des niveaux record en 2021.

Déforestation Amazonie
Déforestation de la forêt amazonienne, au Brésil (Source : SIPA)
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5% des centrales électriques dans le monde sont responsables de près de 75% des émissions de CO2 du secteur

Une nouvelle étude montre qu’en ciblant les centrales électriques « hyperémettrices », il serait possible d’entraîner des réductions drastiques et jusqu’ici inespérées des émissions de carbone résultant de la production mondiale d’électricité. Limiter leur production ou pollution en attendant de les remplacer entièrement pourrait donc s’avérer être une stratégie ultra-efficace et rapide pour réduire considérablement les émissions de CO2 du secteur. En effet, toujours selon l’étude, 5% des centrales électriques mondiales sont responsables de près de 75% des émissions de CO2 dues à la production d’électricité.

Don Grant et ses collègues de l’université du Colorado à Boulder, ont passé au peigne fin un inventaire de plus de 29 000 centrales électriques à combustibles fossiles réparties dans 221 pays pour identifier les plus gros pollueurs du monde en 2018. Ils ont ensuite calculé les réductions d’émissions potentielles qui pourraient être atteintes si les pires centrales augmentaient leur efficacité, passaient à des combustibles à plus faible teneur en carbone ou mettaient en œuvre des technologies de capture du carbone.

Les chercheurs ont notamment constaté que les « émetteurs extrêmes » de CO2 — les centrales électriques qui se classent parmi les 5% les plus polluantes pour le climat — étaient responsables de 73% des émissions mondiales dues à la production d’électricité, et avaient tendance à être moins efficaces que les centrales électriques moyennes de leur pays d’origine. Selon les calculs de l’équipe, les émissions diminueraient d’environ 25% si ces pollueurs amélioraient leur efficacité pour atteindre la moyenne mondiale.

Centrales électriques & CO2
5% des centrales électriques dans le monde sont responsables de près de 75% des émissions de CO2 du secteur.
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En Australie, les cacatoès découvrent comment ouvrir les poubelles en se copiant les uns les autres

En Australie, certains groupes de cacatoès particulièrement malins ont appris à ouvrir les poubelles résidentielles. Des chercheurs rapportent maintenant que depuis les premières observations, de nombreux autres spécimens ont commencé à les copier, répandant le phénomène dans tout l’est de l’Australie.

Ce qui est amusant dans cette histoire, c’est qu’effectivement, comme le stipulent les chercheurs, cette capacité à ouvrir les poubelles est en train de se répandre d’une communauté de cacatoès à l’autre, comme une véritable « école du pillage » ayant lieu par zones.

« S’ils l’avaient appris individuellement, nous aurions vu ce phénomène apparaître de manière aléatoire, mais leur méthode se répand réellement d’une banlieue à l’autre », explique Barbara Klump, de l’Institut Max Planck du comportement animal, en Allemagne.

Il y a quelques années, Richard Major, de l’Institut de recherche du musée australien de Sydney, a filmé l’un des cacatoès à huppe jaune (Cacatua galerita) en train de soulever le couvercle d’une poubelle. Il a alors partagé la vidéo avec le collègue de Klump. Intrigués, les chercheurs ont demandé aux habitants des banlieues de Sydney et de Wollongong de les aider à retracer le phénomène en signalant s’ils avaient vu, ou non, des incidences de « pillage de poubelles » dans leur quartier.

Cacatoès Australie ouvrir poubelle
Un cacatoès ouvre une poubelle tandis qu’un autre le regarde, comme un élève (Source : Barbara Klump/Max Planck Institute).
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Des émissions record de CO2 à prévoir, selon l’Agence internationale de l’énergie

Les Etats ont débloqué des sommes sans précédent pour affronter la pandémie, mais à peine 2% sont allées à ce jour à la transition en faveur des énergies propres, a calculé l’AIE dans une analyse des plans de relance et de leur impact énergétique.

Les émissions mondiales de CO2, source première du réchauffement, devraient atteindre un niveau jamais vu d’ici 2023 et continuer à croître par la suite, au vu de la trop faible part que les plans de relance liés au Covid consacrent aux énergies propres, met en garde le 20 juillet 2021 l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Les Etats ont débloqué des sommes sans précédent pour affronter la pandémie, mais à peine 2% sont allées à ce jour à la transition en faveur des énergies propres, a calculé l’AIE dans une analyse des plans de relance et de leur impact énergétique. A ce stade, l’essentiel des 16.000 milliards de dollars de mesures fiscales annoncées est allé dans les dépenses sanitaires et le soutien d’urgence aux entreprises et ménages. Quelque 2.300 milliards ont été consacrés à la relance économique, dont 380 milliards liés à des projets énergétiques « durables ». Conséquence : « au vu des prévisions actuelles de dépenses publiques, les émissions de CO2 sont parties pour atteindre des niveaux record en 2023 et continuer à croître les années suivantes ».

Emissions de CO2
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La prédiction du MIT sur l’effondrement de la civilisation semble être en phase avec la réalité

Ces dernières décennies sont marquées par la crainte d’un déclin de notre civilisation telle que nous la connaissons, alors même que les progrès technologiques et industriels semblent exponentiels. La surpopulation et la surconsommation placent les générations actuelles dans une véritable impasse. En 1972, une équipe de scientifiques du MIT a publié une étude prédisant la fin de ce que l’on appelle la « civilisation industrielle » au cours du 21e siècle, et ces prédictions semblent aujourd’hui totalement en phase avec la réalité, selon une nouvelle étude.

Actuellement, d’autres chercheurs tentent toujours d’établir des scénarios prédictifs afin d’aider les acteurs au pouvoir à prendre des décisions, qui détermineront en quelques sortes l’avenir de l’humanité. Si l’étude a été critiquée à l’époque, de nouvelles recherches montrent que ces prédictions se sont révélées étrangement exactes jusqu’à présent.

Une nouvelle étude publiée dans le Yale Journal of Industrial Ecology et menée par Gaya Herrington, responsable de la durabilité et de l’analyse des systèmes dynamiques au sein du cabinet comptable KPMG, a examiné l’évolution de la situation depuis le rapport initial de 1972 et a conclu que nous pourrions effectivement assister à l’effondrement de la civilisation (telle que nous la connaissons) dès 2040.

Mais cela ne se produira que si nous poursuivons notre approche actuelle de l’extraction et de la surexploitation des ressources, ce qui suggère qu’il y a de l’espoir, bien qu’il soit difficile de le croire. Nous précisons que cette étude a été réalisée de manière indépendante — et exclut le cabinet KPMG, dans le cadre de la thèse de maîtrise à Harvard de Gaya Herrington.

Prédiction effondrement civilisation MIT
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Le traité de l’Antarctique a 60 ans, mais les experts sont inquiets

Aujourd’hui, les scientifiques le savent. Les régions polaires sont au centre de la question climatique. Et même si peu de personnes ne s’aventurent en Antarctique, nos activités ont des conséquences sur la région. Des conséquences qui, elles-mêmes, ont des implications majeures pour nos sociétés et notre environnement.

Seules les activités pacifiques sont autorisées dans l’Antarctique. Toute explosion nucléaire ou toute élimination de déchets radioactifs y est prohibée. La coopération internationale et la libre disponibilité des résultats de recherche sont encouragées. Aucune revendication territoriale, sur tout ou partie du continent, ne saura être entendue. Ce sont les quatre grands principes du traité de l’Antarctique. Il est entré en vigueur le 23 juin 1961. Il y a près de 60 ans. Et il s’applique depuis à la région située au sud du 60e degré de latitude sud.

Quelques années plus tard, en janvier 1998, le protocole de Madrid est même allé un peu plus loin en matière de protection de l’Antarctique. Il présente la région comme une « réserve naturelle dédiée à la paix et à la science ». Et impose que toute activité y soit menée de façon à limiter les incidences négatives sur l’environnement et les écosystèmes. Mais alors que la 43e réunion consultative du traité de l’Antarctique (RCTA) se tient à Paris du 14 au 24 juin 2021, des spécialistes de la question, issus de diverses disciplines scientifiques, expriment leur inquiétude.

Rappelons qu’autour de l’Antarctique, l’océan Austral est le point de convergence des bassins océaniques du monde entier. Ses dynamiques jouent un rôle majeur dans la régulation du climat et dans les écosystèmes marins au sens large. C’est ainsi qu’il redistribue la chaleur, le sel, l’eau douce et les nutriments tout autour du globe. Mais, depuis quelques années, il se réchauffe. En surface tout comme en profondeur. Et il absorbe du dioxyde de carbone (CO2) de manière disproportionnée.

Traité Antarctique
Du 14 au 24 juin 2021, la 43e réunion consultative du traité de l’Antarctique (RCTA) se tient à Paris. L’occasion pour des spécialistes de la question, issus de diverses disciplines scientifiques, d’exprimer leur inquiétude quant à l’avenir de la région.
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Le Sri Lanka face à une catastrophe environnementale sans précédent

La catastrophe provoquée par le navire singapourien X-Press Pearl au large des côtes Est du Sri Lanka est toujours en cours. Elle est la pire des catastrophes à laquelle est confrontée cette nation insulaire de l’Océan indien. Elle a commencé par un début d’incendie le 20 mai à bord du porte-conteneur singapourien. Depuis, le désastre écologique n’en finit pas de se déployer sur mer, sur terre et dans l’air, asphyxiant le tourisme et la pêche, es activités économiques vitales pour le pays englué dans une crise économique forte.

L’incendie aurait été provoqué par une fuite d’acide nitrique. Le navire est tout neuf, mis en service en février 2021, comme le précise le quotidien Libération, ce n’est donc pas le « navire-poubelle sous pavillon de complaisance » auquel les accidents maritimes nous ont habitués. Le bateau est un feeder comme nous le précise le quotidien français, chargé de redistribuer une fraction des énormes cargaisons que de plus gros que lui transportent entre de gros « hubs » maritimes. A son bord, il y avait 1.486 conteneurs, remplis d’aliments, de cosmétiques, de médicaments, de produits chimiques, des fameux granulés de plastique qui défrayent à présent la chronique, de pièces détachées et même des voitures.

L’incendie qui a duré 13 jours a probablement détruit une bonne partie de ce chargement hétéroclite. Que sont devenus les 25 tonnes d’acide nitrique, la soude caustique, l’éthanol, le méthanol, l’urée et le plomb listé par Libération ? Les incendies à bord de ces porte-conteneurs sont monnaie courante, qui établissait la moyenne d’un incendie toutes les deux semaines pendant l’année 2020.

Naufrage MV X-Press Sri Lanka
Le porte-conteneurs MV X-Press Pearl coule, le 2 juin 2021, après avoir brûlé pendant près de deux semaines au large du port de Colombo, au Sri Lanka (Source : AFP).
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Des moustiques volontairement infectés par une bactérie ont permis de réduire les cas de dengue de 77%

La dengue sévit dans toutes les provinces d’Indonésie et est endémique dans de nombreuses villes. Pour tenter d’éradiquer cette maladie transmise par les moustiques Aedes aegypti, le World Mosquito Program et ses partenaires ont mené un essai contrôlé randomisé dans la ville de Yogyakarta. Cet essai, d’une durée de trois ans, consistait à lâcher des moustiques porteurs de la Wolbachia, une bactérie qui les empêche de transmettre des arbovirus tels que le virus de la dengue ou Zika. Les résultats de ces essais sont particulièrement encourageants : le déploiement des moustiques a permis de réduire l’incidence de la dengue de 77%.

En 2019, l’Organisation mondiale de la santé a désigné la dengue comme l’une des 10 principales menaces pour la santé mondiale. Chaque année, une recrudescence de cas s’observe pendant la saison des pluies, en Asie du Sud ; près de 8 millions de cas surviennent chaque année en Indonésie. Mais la maladie tend à se répandre dans des pays plus tempérés : l’OMS estime que 40% de la population mondiale est aujourd’hui exposée au risque de dengue.

Certaines mesures — tels le ciblage chimique ou biologique des moustiques et l’élimination de leurs sites de reproduction — ont été mises en place pour lutter contre cette maladie qui peut être mortelle, mais se sont avérées vaines. Or, il s’avère que les moustiques Aedes aegypti infectés par la bactérie Wolbachia pipientis sont moins sensibles à l’infection par le virus de la dengue (et d’autres arbovirus). Pour limiter la propagation de la dengue en Indonésie, des chercheurs ont donc entrepris d’exploiter cette bactérie, qui n’est pas naturellement présente chez l’espèce A. aegypti.

Cette approche nécessite d’introduire des moustiques infectés par la Wolbachia dans les populations de moustiques sauvages, sur une période de plusieurs mois ; l’accouplement entre ces deux populations engendre en effet une progéniture infectée elle aussi par la bactérie. Pour tester l’efficacité de cette méthode, les scientifiques du World Mosquito Program, en collaboration avec la fondation Tahija et l’Université Gadjah Mada, ont réalisé des tests sur le terrain, dans la ville de Yogyakarta.

Aedes aegypti
Aedes aegypti
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Vers un déclin massif des grands singes dans les 30 ans à venir ?

Les grands singes sont nos plus proches parents du règne animal. Et depuis quelques années, les chercheurs nous alertent : leur survie est menacée. D’autant plus aujourd’hui, car sous la pression des Hommes, leur aire de répartition pourrait subir une perte de plus de 85 % d’ici 2050.

Voilà des années que les chercheurs nous en avertissent : les singes sont en danger d’extinction. La plupart des populations ont déjà commencé à décliner. Et les grands singes n’y échappent pas. Une nouvelle étude menée par la Wildlife Conservation Society (États-Unis) prédit aujourd’hui un déclin massif de l’aire de répartition des gorilles, chimpanzés et bonobos d’Afrique d’ici 2050. En cause : le réchauffement climatique, les changements d’utilisation des terres et la croissance de la population humaine.

L’étude repose sur une base de données spécifique de l’International Union for Conservation of Nature (IUCN), la base Ape Populations, Environments and Surveys. Dites A.P.E.S., en clin d’œil à l’anglais signifiant singes. Elle contient des informations sur les populations de grands singes pour de nombreux sites et collectées depuis 20 ans.

Grands singes menacés
Les bonobos font partie de ces grands singes dont le territoire est gravement menacé.
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