Moins de dioxyde de soufre aux Etats-Unis, plus de pluies au Sahel

La réduction des émissions de dioxyde de soufre aux Etats-Unis permet à la mousson africaine de remonter beaucoup plus au nord, arrosant ainsi des terres sahéliennes qui pourront de nouveau être cultivées.

L’atmosphère est un milieu mouvant, global et instable. Les simulations que viennent d’effectuer les chercheurs de l’observatoire de la Terre Lamont-Doherty de l’Université de Columbia en sont la parfaite illustration. En utilisant trois modèles climatiques globaux, les chercheurs ont étudié les conséquences d’une absence totale d’émissions de dioxydes de soufre (SO2) en provenance des Etats-Unis sur le climat de l’hémisphère nord.

Et ce qu’ils ont trouvé –et publié dans Geophysical Research– les a beaucoup surpris. En absence de SO2, la saison des pluies sahéliennes augmente de 10%, tombent 35 kilomètres plus au nord et durent deux jours et demi plus longtemps. Une très bonne nouvelle pour l’agriculture africaine !

« Nous avons montré que les bénéfices retirés par l’Amérique des politiques de lutte contre la pollution de l’air pour la santé humaine et l’environnement sont aussi favorables au climat global », se réjouit Dan Westervelt, l’auteur principal de l’étude. Les effets du SO2 sur le climat sont bien documentés. Des études menées dans les années 1980 ont montré que les émissions de soufre provenant d’Europe et d’Asie sont à l’origine des graves sécheresses subies par les pays sahéliens au début des années 1970 et dans les années 1980.

Mousson Niger

Au Sahel, dans la région du delta central du Niger, la mousson s’accompagne de l’arrivée de lignes de grain (Source : CNRS).

Lire la suite

Le Canada muscles ses mesures pour lutter contre la pollution

Le gouvernement canadien a annoncé jeudi 18 mai 2017 la mise en place sur deux ans d’un cadre fédéral pour taxer les émissions de gaz à effet de serre, afin de renforcer les mesures déjà prises individuellement par les provinces.

L’Alberta, la Colombie-Britannique, le Québec et l’Ontario, qui réunissent 80% de la population canadienne, ont déjà leurs propres systèmes de taxe carbone ou de marché d’échange et de plafonnement des émissions de gaz à effet de serre. Ceux-ci pourraient être cependant renforcés par les nouvelles mesures fédérales s’ils ne satisfont pas les critères définis par le gouvernement de Justin Trudeau.

Les mesures visent particulièrement certaines provinces canadiennes qui n’en avaient pas encore mis en place pour lutter contre le changement climatique. « Nous devons agir ensemble », a souligné la ministre de l’Environnement Catherine McKenna lors d’une conférence de presse, rappelant que « la pollution a un prix ».

Si une province ne prend pas de mesures d’ici 2018, la solution fédérale « sera mise en place », a-t-elle averti, en réponse à l’opposition à la taxe carbone de provinces de l’Ouest canadien qui craignent un ralentissement des secteurs majeurs de leurs économies, dont l’industrie pétrolière. C’est le cas par exemple de villes champignon telles que Fort McMurray, cernée par les flammes l’année dernière à la même période. Une ville qui vit grâce à l’exploitation des sables bitumineux, et à laquelle un documentaire et un jeu avaient été consacrés.

Raffienrie Québec

Raffinerie de pétrole sur une rive du fleuve Saint Laurent dans la province de Québec au Canada (Source : AFP).

Lire la suite

Un des atolls les plus reculés du monde… cache des tonnes de plastique

Une étude révèle qu’une petite île du Pacifique sud, inscrite au patrimoine de l’Unesco, serait profondément contaminée par les déchets de plastique.

En apparence, c’est un petit paradis. L’île Henderson, dans le Pacifique sud, fait partie du territoire britannique des îles Pitcairn. Ce petit bout de terre inhabité de 3.700 hectares est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, qui le décrit comme l’un des « rares atolls du monde à avoir conservé une écologie pratiquement intacte ».

Bâti sur un récif corallien, à 5.000 km de toute autre terre significative, il héberge une dizaine d’espèces de plantes et quatre espèces d’oiseaux endémiques. De quoi rêver de vacances ensoleillées.

Mais cette description idéale, c’était hier. Aujourd’hui, une étude parue dans la revue « PNAS » vient de révéler une autre facette de l’île Henderson. Jennifer Lavers et Alexander Bond, deux scientifiques britanniques de la Société royale de protection des oiseaux, ont effectué un inventaire qui fait froid dans le dos. Car l’île regorge… de déchets de matière plastique.

Déchets plastiques île Henderson

Des morceaux de plastiques par centaines sur une plage de l’île Henderson dans le Pacifique (Source : AP).

Lire la suite

Diesel : des milliers de morts en plus

Les voitures diesel pollueraient bien plus que ce que l’on croyait : d’après une recherche parue dans Nature, le dépassement des normes de pollution serait lié au décès prématuré de 38.000 personnes dans le monde en 2015.

Chaque année, d’après l’OMS, la pollution de l’air cause le décès de trois millions de personnes dans le monde. Les moteurs diesel contribuent à cette pollution à cause des oxydes d’azote (NOx) qu’ils rejettent. Les NOx sont irritants pour les voies respiratoires et réagissent avec des molécules de l’atmosphère pour produire de l’ozone et des particules fines. L’ozone aggrave les maladies pulmonaires, comme l’asthme, et les particules fines sont associées à des maladies cardiovasculaires.

Pour cette nouvelle recherche parue dans Nature, l’équipe a analysé 30 études sur les émissions des véhicules dans des conditions de conduite réelles. 11 marchés représentant 80 % des ventes de nouveaux véhicules diesel ont été étudiés (Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, Inde, Japon, Mexique, Russie et UE). Résultat : il y avait un décalage entre les émissions réelles des véhicules et ce qu’ils devraient émettre d’après les tests.

Pollution automobile Lire la suite

Plastique dans l’océan : Ocean Clean-Up accélère

L’inventeur néerlandais Boyan Slat veut nettoyer les océans des déchets plastiques. Il a annoncé jeudi 11 mai 2017 qu’il se lancerait dans les douze prochains mois, au lieu de 2020.

Avec « Ocean Cleanup » (« nettoyage des océans », en anglais), Boyan Slat entend se servir des courants marins pour collecter les cinq billions de déchets en plastique provenant de bouteilles ou de sacs qui flottent dans les océans. Des années de recherches sur son invention l’ont notamment mené à effectuer la première observation aérienne de la plus grande plaque de déchets dans le Pacifique qui se situe entre Hawaï et la côte californienne.

A l’origine, Boyan Slat comptait déployer une barrière de 100 km en forme de « V », l’arrimer au fond marin et l’équiper d’un filet s’enfonçant dans l’eau pour collecter les déchets. Mais des ingénieurs avec lesquels il travaille comptent désormais remplacer cette unique barrière par « une flotte de plusieurs petits systèmes », plus rentable et plus efficace, comme il l’a expliqué lors d’une présentation à Utrecht, aux Pays-Bas.

Une trentaine de barrières mesurant d’un à deux kilomètres de long seront mises à l’eau. Elles ne seront pas attachées au fond marin mais à une ancre flottante de 12 mètres de long qui évoluera dans l’eau avec les déchets en plastique, au gré des courants.

Présentation "Ocen Cleanup" mai 2017

L’inventeur néerlandais Boyan Slat lors de sa présentation sur les progrès de « The Ocean Cleanup » (Source : ANP).

Lire la suite

Certains emballages en papier et carton peuvent contenir des huiles minérales toxiques

Attention à certains emballages en papier ou en carton, surtout quand ils sont recyclés. L’Anses annonce que des hydrocarbures toxiques pourraient être transmis aux aliments qu’ils contiennent.

« Une exposition particulièrement préoccupante ». C’est ainsi que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qualifie la situation des MOAH, des huiles minérales toxiques. Avec les MOSH, elles font partie d’une super-famille d’huiles minérales, les MOH, présentes dans les encres et les adhésifs d’emballages alimentaires.

Saisie par la direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes, l’agence de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a jugé qu’il y avait un risque de migration des huiles minérales vers les aliments. L’agence met surtout en garde contre « la forte contamination des emballages en papiers et cartons constitués de fibres recyclées ».

Sont particulièrement concernés par l’étude de l’Anses les pâtes, le riz, les biscuits et autres aliments secs. Ces travaux récents, qui ont eu lieu au laboratoire cantonal de Zurich, montrent que des huiles minérales sont détectables dès 2 mois de stockage. Mais 4 à 16 mois après emballage, les quantités de MOAH et de MOSH ayant migré dans les aliments sont encore plus importantes.

Emballagers aliments

L’Anses recommande de limiter l’exposition à ces agents mutagènes que sont les MOAH et les MOSH.

Lire la suite

Les séismes causés par l’Homme se voient depuis l’espace

Des chercheurs de l’Institut de physique du globe de Paris ont étudié le séisme de magnitude 5,7 survenu à Pawnee (Oklahoma) en septembre 2016 en s’appuyant sur des observations sismologiques et des données satellitaires ainsi que sur des modélisations numériques. Ils ont pu déterminer le déroulement complet de la rupture et montrer que les activités humaines sont capables de déstabiliser des failles sismiques dormantes situées à plusieurs kilomètres sous la surface.

Depuis quelques années, l’Oklahoma, situé au cœur du continent américain, détient le record du nombre de séismes aux États-Unis : environ 600 de magnitude supérieure ou égale à 3 en 2014 et au moins 800 en 2015, contre moins d’un par an avant 2009. C’est plus qu’en Californie, un état pourtant situé sur une limite de plaques tectoniques ! Cette sismicité est due à l’injection dans le sous-sol de grandes quantités de fluides usés, surtout de l’eau, pour des opérations de fracturation hydraulique dans le cadre de l’exploitation pétrolière. Cette injection artificielle agit en effet sur la répartition des contraintes dans la croûte terrestre en abaissant le seuil de résistance des failles. Ainsi, celles qui sont initialement proches de ce seuil pourront rompre bien plus tôt (de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’années) que si elles avaient suivi leur évolution naturelle.

Face à cette crise, et sous la pression de la population et de la presse, les autorités de l’Oklahoma ont pris de premières mesures de régulation. Si celles-ci ont bien conduit à une légère baisse du nombre de séismes en 2016 (environ 500 de magnitude supérieure à 3), trois de magnitude supérieure à 5 se sont produits qui ont donné lieu à des dégâts matériels. C’est le cas notamment du séisme de Pawnee en septembre 2016 (magnitude 5,7 à 5,8), le plus fort enregistré au centre des États-Unis depuis 70 ans (avec celui de Virginie en 2011).

Pour réaliser leur étude, trois chercheurs de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP, IPGP-CNRS, université Paris Diderot, université La Réunion) ont utilisé des observations sismologiques récoltées dans la région de Pawnee mais aussi à des milliers de kilomètres de là. Ils se sont également appuyés sur des interférogrammes radar (InSAR) calculés à partir des données des nouveaux satellites Sentinel-1A et Sentinel-1B de l’ESA, lesquels permettent de mesurer précisément la faible déformation de la surface du sol induite par le séisme. En en combinant de nombreux, les géophysiciens ont pu contrecarrer le bruit atmosphérique qui brouillait l’image de cette déformation, ce qui leur a permis d’observer un déplacement maximal du sol de trois centimètres. Ce séisme est ainsi devenu le premier d’origine anthropique jamais mesuré depuis l’espace !

Séisme Pawnee Oklahoma

Dégâts matériels dans la ville de Pawnee après le séisme de magnitude 5,6. (Source : Reuters)

Lire la suite