Une nouvelle menace plane sur les insectes pollinisateurs

Des chercheurs américains ont mis en évidence le rôle d’un fongicide dans le déclin des bourdons.

Les mêmes facteurs sont souvent pointés du doigt pour expliquer le déclin des insectes pollinisateurs. Mais des chercheurs de l’Université Cornell (Etats-Unis) estiment qu’un d’entre eux a été pendant trop longtemps tenu à l’écart : les fongicides, ces produits utilisés pour détruire les champignons, notamment dans les cultures.

En étudiant deux douzaines de facteurs environnementaux au niveau de 284 zones à travers les Etats-Unis et cela, afin d’analyser le déclin des abeilles et des bourdons, les chercheurs pensaient retrouver encore une fois les coupables ordinaires : la destruction de l’habitat et l’utilisation massive d’insecticides. Mais c’est finalement un autre facteur qui a attiré leur attention : l’utilisation de fongicides qui ont longtemps été perçus comme inoffensifs.

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Un site pour connaître en temps réel la pollution de l’air près de chez vous

L’Agence européenne de l’environnement vient de lancer un indice européen de la pollution de l’air qui permet à tout citoyen de connaître la situation chez lui pour cinq polluants, dont les redoutables microparticules.

La France et de très nombreux pays d’Europe affichent régulièrement des pics de pollution bien au-dessus des normes fixées par Bruxelles. De façon générale, ce sont plus de 130 villes européennes qui éprouvent toujours des difficultés à les respecter, et trente procédures d’infraction sont en cours à l’encontre de 20 des 28 pays membres. Jeudi 16 novembre, l’agglomération parisienne connaissait d’ailleurs un épisode de pollution dû aux microparticules (PM10).

Afin de mieux sensibiliser les populations, l’Agence européenne de l’environnement et la commission européenne viennent donc de lancer un « indice européen de la qualité de l’air » (european air quality index). Les utilisateurs peuvent zoomer sur la ville qui les intéresse et ainsi voir la situation pour chacun des polluants au plus près de leurs lieux d’habitation avec cinq codes couleur (du vert clair, le mieux, au rouge foncé, le pire). Des points gris apparaissent dans plusieurs États membres comme l’Italie, la Grèce, l’Islande ou la Turquie, qui ne transmettent pas leurs données pour l’instant. La carte représente un instantané de la qualité de l’air à une heure précise sur les deux derniers jours, mais cliquer sur un point permet aussi d’accéder à un graphique résumant la situation des jours précédents.

European Air Quality Index

Capture d’écran de la carte de l’indice européen de la qualité de l’air, le 16 novembre 2017 (Source : European Air Quality Index).

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La pollution affecte dramatiquement la santé des poissons coralliens et donc des coraux

Des chercheurs français ont démontré l’effet dramatique d’un pesticide utilisé dans l’agriculture sur les poissons coralliens. Ce produit, nommé Chlorpyrifos, se retrouve régulièrement dans les lagons.

Les temps sont durs pour les coraux mais aussi pour les petits poissons coralliens qui les peuplent. Des chercheurs français, notamment de l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Lyon et du Centre de Recherche Insulaire et Observatoire de l’Environnement de Moorea (Polynésie française), ont démontré que la pollution marine a des répercussions graves sur l’une de ces espèces de poissons, le chirurgien bagnard (Acanthurus triostegus), tout particulièrement pendant sa métamorphose.

Ces poissons vivent sous une forme larvaire pélagique jusqu’à ce qu’un pic d’hormone thyroïdienne dans leur organisme n’engendre la métamorphose. Au début de sa vie, l’animal est carnivore et se nourrit de zooplancton puis il devient un adulte herbivore qui va dépendre des coraux.

En effet, durant la métamorphose, le chirurgien bagnard va entrer dans le lagon afin de se nourrir des algues présentent dans les récifs et qui sont en compétition avec les coraux : les chercheurs appellent ce phénomène le recrutement larvaire. Ces poissons possèdent donc un rôle écologique majeur en permettant l’élimination des algues qui poussent sur les récifs.

Chirurgien bagnard

Le chirurgien bagnard adulte permet de maintenir les récifs coralliens en bonne santé.

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Deux « singes verts », potentiellement invasifs, ont été repérés en Guadeloupe

Les autorités tentent de mettre la main sur deux « singes verts » qui auraient profité du passage des ouragans pour s’échapper de leur abri. Ces animaux peuvent être porteurs de maladies et faire preuve d’agressivité.

Deux « singes verts » – primates du genre Chlorocebus – ont été aperçus à plusieurs reprises en Guadeloupe, dans la commune des Abymes (Grande-Terre), où ils font l’objet de recherches pour éviter la reproduction de ces animaux potentiellement invasifs et dangereux. Ces derniers, pesant 4 à 6 kg avec un pelage verdâtre, ont été signalés aux autorités depuis « déjà plusieurs semaines » dans une zone boisée près d’habitations, après le passage des ouragans Maria et Irma, en septembre 2017, a indiqué à l’AFP David Rozet, chef du service mixte de la police de l’environnement de Guadeloupe.

Ces singes originaires d’Afrique, introduits par l’homme dans les Petites-Antilles, sont déjà devenus envahissants sur l’île de Saint-Kitts ou encore à Saint-Martin, d’où ils auraient pu être amenés vers la Guadeloupe par un particulier. La présence des deux singes pourrait être la conséquence des ouragans : leur cage se serait brisée durant l’une des deux catastrophes naturelles. Jusque là, les différentes tentatives pour les capturer ont échoué. Les riverains, inquiets, ont publié une vidéo en novembre sur le site de Radio Caraïbes International sur laquelle on aperçoit l’un des mammifères.

« Cela pourrait être un couple, auquel cas le risque est réel de reproduction et c’est le début d’invasion d’une espèce », explique M. Rozet. Selon lui, ces primates « ont été importés tout à fait illégalement en Guadeloupe ». Les primates en général, considérés comme « espèce dangereuse » en France, représentent « des risques plus ou moins importants », selon M. Rozet.

Singe vert

Deux singes verts ont été repérés en Guadeloupe.

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Inédit : 15.000 scientifiques lancent un cri d’alarme sur l’état de la planète

Dans un texte signé il y a 25 ans par 1.700 chercheurs, les auteurs exhortaient à réagir face à la destruction de l’environnement, craignant que « l’humanité ne pousse les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie ». Mais la situation s’est encore plus aggravée et devant l’ampleur du phénomène, plus de 15.000 scientifiques ont signé un cri d’alarme sans précédent. Si nous ne réagissons pas, nous allons droit dans le mur, expliquent-ils. Le temps presse.

En 1992, 1.700 scientifiques, dont près d’une centaine de prix Nobel, lançaient à l’occasion du Sommet de la Terre à Rio, premier du genre, le « World Scientist’s Warning to Humanity ». Cet avertissement à l’humanité décrivait la destruction de l’environnement, peu conscientisée à l’époque, et soulignait combien notre espèce est « sur une trajectoire de collision avec le monde naturel », si elle ne réagit pas.

Vingt-cinq ans plus tard, les scientifiques constatent que la situation ne s’est pas améliorée. Au contraire, elle a empiré dans tous les domaines en crise, avec une exception, l’affaiblissement de la couche d’ozone, réduit grâce à une forte mobilisation internationale. Alors 15.364 scientifiques du monde entier (184 pays) ont signé un nouveau cri d’alarme, d’une ampleur sans précédent. Le texte a été publié le 13 novembre dans la revue scientifique BioScience et dans Le Monde (« Il sera bientôt trop tard » titrait en Une lundi le quotidien), alors que se déroule jusqu’au 17 novembre, la COP23, sur le climat, à Bonn.

Le climat, justement. « Particulièrement troublante est la trajectoire actuelle d’un changement climatique potentiellement catastrophique » écrivent les auteurs dans le « cri d’alarme » de 2017. Le taux de CO2 dans l’atmosphère terrestre, nous l’avons vu récemment, n’a jamais été aussi élevé depuis au moins 800.000 ans. Il est désormais au-dessus de 400 ppm contre 280 ppm avant l’ère industrielle.

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Menacée d’assèchement, la mer Morte est aussi à la merci des trous d’effondrement

Le professeur Najib Abou Karaki lance à l’occasion du World Science Forum de Jordanie une alerte sur les dolines : ces trous d’effondrement menacent les infrastructures de la mer Morte.

C’est une alerte qu’il lance depuis… 1997. La mer Morte est à la merci des dolines, ces trous d’effondrement susceptibles, en l’espace de quelques semaines, de détruire routes, maisons, hôtels ou ponts ; les bâtiments construits à proximités des rivages voient soudainement le sol se dérober sous leurs fondations et s’effondrent comme des châteaux de cartes. S’il n’a guère été entendu jadis – « On me reprochait de faire peur aux gens » – le professeur Najib Abou Karaki trouvera peut-être avec le World Science Forum (WSF) de Jordanie un écho à la hauteur du problème.

Ces dolines sont estimées à près de 6000 en Israël, Palestine et Jordanie, dont les côtes entourent cette immense étendue d’eau salée qu’est la mer Morte (sa salinité atteint presque 30%, contre 4% au maximum pour l’eau de mer « classique »)… Immense ? Si sa surface dépasse les 800 km2 – environ 8 fois Paris – elle voit son niveau d’eau baisser chaque année. Un tiers de sa superficie a disparu en un demi-siècle !

Sweimeh Jordanie

Les rives de la mer Morte, depuis Sweimeh, en Jordanie (Source : O. Lascar).

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Les plus hautes éoliennes du monde installées en Allemagne

C’est en Allemagne, non loin de Stuttgart, qu’ont été construites les plus hautes éoliennes du monde. Culminant à près de 265 mètres, celles-ci sont installées au-dessus de réservoirs d’eau alimentant une centrale de pompage-turbinage qui prendra le relais lorsque les éoliennes ne seront pas en service.

Si l’Écosse peut s’enorgueillir de posséder le tout premier parc éolien flottant, c’est en Allemagne que l’on trouve les plus hautes éoliennes terrestres. Le constructeur Max Bögl Wind vient d’achever l’installation d’une ferme de quatre éoliennes située dans la ville de Gaildorf, près de Stuttgart. L’une de ces géantes possède une tour de 178 mètres de haut et elle culmine à 264,5 mètres si l’on prend en compte l’extrémité de ses pales. Le précédent record de 230 mètres était déjà détenu par une éolienne installée en Allemagne.

Chaque éolienne est équipée d’un générateur de 3,4 mégawatts (MW) qui se combine avec une centrale de pompage-turbinage pour former un système hybride inédit. Les fondations soutenant les éoliennes sont en fait des réservoirs d’eau qui augmentent la hauteur de quarante mètres. Plus la tour d’une éolienne est haute, moins elle est sujette aux turbulences et plus celle-ci augmente son rendement. Selon les estimations de Max Bögl Wind, chaque mètre supplémentaire permet à une éolienne d’augmenter le rendement énergétique annuel de 0,5 à 1 %. Ce type d’installation est particulièrement intéressant à l’intérieur des terres, là où le vent est faible.

Eoliennes Allemagne

Les quatre éoliennes installées à Gaildorf (Allemagne) sont posées sur des réservoirs d’eau qui alimentent une station hydroélectrique. Ce sont les plus hautes éoliennes du monde (Source : Max Bögl Wind).

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