Covid-19 : un nouvel anticorps issu de sang de patients guéris cible une partie inattendue du virus

Une équipe chinoise a identifié un anticorps au fort pouvoir neutralisant contre le Covid-19 dans le sang de dix patients guéris. Mais surprise, il ne se fixe pas sur la zone habituellement ciblée par les anticorps connus.

Notre corps produit ses propres médicaments : les anticorps. Produits par certaines de nos cellules immunitaires à la suite d’une infection, ils se tiennent prêts à agir vite en cas de nouvelle intrusion du même virus ou bactérie. En analysant le sang de convalescents du Covid-19, des chercheurs chinois ont isolé un anticorps fortement neutralisant. Appelé 4A8, il se lie à une partie inattendue du virus et fait l’objet d’une publication dans Science.

C’est le principe des vaccins. En nous injectant une version inoffensive d’un micro-organisme, notre corps obtient une victoire facile et lance la production de son armée d’anticorps. Ces derniers se fixent de façon hautement spécifique sur des molécules caractéristiques de l’envahisseur, qu’on appelle « épitopes ». Dans le cas du virus SARS-CoV-2 responsable du Covid-19, l’épitope le plus commun chez les anticorps isolés du sang des personnes guérie est la zone précise du virus entrant en contact avec la cellule à infecter. Ce fragment du virus, situé sur la protéine virale S ou Spike, est responsable de l’interaction avec le récepteur ACE2. Présente à la surface de nos cellules, cette protéine ACE2 permet ainsi l’infection.

Covid-19 anticorps

Illustration d’anticorps (en forme de Y) ciblant le virus SARS-CoV-2 du Covid-19 (Source : Science Photo Library/AFP).

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Les vagues de chaleur font suffoquer la Terre depuis les années 50

Avec le réchauffement climatique, les chercheurs s’attendent à ce que les vagues de chaleur soient de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses dans les années à venir. Et une étude révèle aujourd’hui que depuis les années 1950 déjà, les vagues de chaleur intenses se sont faites plus nombreuses.

Depuis les années 1950 et dans presque toutes les régions du monde, les vagues de chaleur ont été plus longues et plus fréquentes qu’auparavant. C’est la conclusion de travaux menés par des chercheurs de l’ARC Centre of excellence for climate extremes (Australie). La tendance s’est même nettement accélérée au fil du temps.

Ainsi, entre 1950 et 2017, la Méditerranée a connu une augmentation de la durée de ses vagues de chaleur de 2 jours par décennie. Prise entre 1980 et 2017, cette augmentation atteint les 6,4 jours par décennie. Cette région fait, selon les chercheurs, partie de celles qui connaissent, en la matière, les changements les plus rapides. Contrairement à l’Australie du sud ou à l’Asie du nord, par exemple.

Vagues de chaleur plus fréquentes

Selon des chercheurs de l’ARC Centre of excellence for climate extremes (Australie), depuis 1950, le monde a connu deux journées de vague de chaleur supplémentaires par décennie.

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EPO : un nouveau traitement potentiel contre l’infection à coronavirus SARS-CoV-2 ?

L’érythropoïétine (EPO), une hormone naturelle, est un facteur de croissance entraînant l’augmentation du nombre de globules rouges. En pharmacologie, elle est donc couramment utilisée pour traiter l’anémie. Cependant, des médecins ont récemment remarqué une potentielle efficacité de l’EPO contre l’infection à coronavirus SARS-CoV-2. Bien que des tests et essais cliniques soient nécessaires pour statuer sur cette efficacité, l’amélioration de l’apport en oxygène par l’EPO et sont effet protecteur sur de nombreux tissus pourraient contribuer à diminuer les symptômes de l’infection.

Selon des chercheurs de l’Institut Max Planck de médecine expérimentale de Göttingen, l’agent dopant EPO pourrait également être efficace contre le Covid-19. Le facteur de croissance pourrait atténuer la progression grave de la maladie et protéger les patients contre les effets neurologiques à long terme lorsque le virus SRAS-CoV-2 attaque le cerveau. Les premières études de cas indiquent un effet positif de l’EPO.

Les chercheurs envisagent actuellement un essai clinique randomisé pour étudier systématiquement les effets du traitement chez les patients infectés. Fin mars, un patient présentant des symptômes sévères de Covid-19 a été admis dans un hôpital iranien. Parce que le patient avait également de mauvaises valeurs sanguines, les médecins ont prescrit le facteur de croissance hématopoïétique. Sept jours après le début du traitement, le patient a pu quitter l’hôpital.

Une autre indication du rôle protecteur de l’EPO dans le cas de Covid-19 vient d’Amérique du Sud, où les maladies graves sont plus rares dans les régions plus hautes que dans les basses terres. Cela peut être dû au fait que les personnes vivant à des altitudes plus élevées forment plus d’EPO et sont mieux adaptées à la carence en oxygène car elles ont plus de globules rouges.

Morphologie Covid-19

Image obtenue le 3 février 2020 auprès des CDC et montrant la morphologie du nouveau coronavirus COVID-19 (Source : Centers for Disease Control and Prevention/AFP).

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Le changement climatique rendra les océans trop chauds pour 60% des espèces de poissons, qui pourraient bien ne pas y survivre

Après avoir étudié 700 espèces de poissons, des chercheurs ont mis en lumière le fait que les poissons — en particulier les embryons ainsi que les adultes reproducteurs — sont bien plus exposés aux changements climatiques que ce que l’on pensait auparavant : en effet, le réchauffement climatique rendra les océans trop chauds pour environ 60% des espèces de poissons connues d’ici 2100.

En ce qui concerne le réchauffement climatique de la planète, si nous imaginons un scénario incluant une augmentation de 5 °C au-dessus de la température préindustrielle, jusqu’à 60% des espèces de poissons à travers le monde seraient incapables de faire face aux nouvelles températures de leur zone de répartition géographique d’ici 2100. Par ailleurs, même si l’humanité arrive à atteindre l’objectif de l’accord de Paris (maintenir le réchauffement climatique à 1,5 °C « seulement », soit dans le meilleur des cas), cela serait toujours beaucoup trop chaud pour 10% des poissons du monde entier.

De plus, même une perte de 10% des espèces pourrait être très dommageable, car une seule espèce peut être critique pour l’écosystème global. « Considérez la mer du Nord, nous pensons que d’ici la fin du siècle la température sera trop élevée pour que la morue de l’Atlantique puisse se reproduire dans cette région. Si cette espèce est expulsée du système, cela aura un impact important sur l’écosystème lui-même et tous les processus et interactions avec les espèces, car c’est un prédateur important », a expliqué Flemming Dahlke, l’un des auteurs de l’étude parue dans Science.

Petits poissons & réchauffement climatique

Les poissons sont bien plus vulnérables au réchauffement des océans que ce que l’on pensait auparavant, en particulier les embryons (Source : Allnaturalpetcare).

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Covid-19 : flambée de cas aux Etats-Unis et en Inde

Alors que le Louvre rouvre ses portes à Paris, plusieurs pays font face à un embrasement du nombre de contaminations.

Le Louvre a rouvert ses portes le 6 juillet 2020 à Paris après des mois de fermeture liée à la pandémie de coronavirus, qui ne connaît pas de trêve aux Etats-Unis et en Inde, où le nombre de cas de contamination connaît une flambée.

Le musée le plus grand et le plus visité au monde, qui renferme des trésors comme la Joconde ou la Vénus de Milo, est accessible sur réservation pour éviter les foules d’avant la pandémie, avec des créneaux de visites de 500 personnes toutes les demi-heures. « Ça m’a énormément manqué. Je viens habituellement deux fois par mois », confie Julia Campbell, retraitée française d’origine écossaise. Le dispositif a été longuement étudié pour éviter tout incident sanitaire et les équipes logistiques se montrent confiantes car les lieux sont très spacieux. Aux Etats-Unis, l’heure est en revanche à l’inquiétude.

Les Américains enregistrent depuis plus d’une semaine des nombres d’infections record (40.000 en 24 heures durant le week-end). « Nous avons rouvert beaucoup trop tôt en Arizona », a déploré la maire de la ville de Phoenix Kate Gallego, plaidant pour un reconfinement. Le président Donald Trump continue pourtant d’affirmer que la crise est « sur le point » de s’achever, s’attirant l’ire entre autres du maire démocrate de la ville texane d’Austin, Steve Adler, qui a qualifié ses propos de « dangereux » pour les habitants de sa ville, dont les services de réanimation risquent d’être débordés « d’ici dix jours ».

Morphologie Covid-19

Image obtenue le 3 février 2020 auprès des CDC et montrant la morphologie du nouveau coronavirus COVID-19 (Source : Centers for Disease Control and Prevention/AFP).

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Le coronavirus qui circule en Europe est plus infectieux in vitro

La variante du SARS-CoV-2 qui circule aujourd’hui en Europe et aux États-Unis est différente de la souche chinoise originale. Un changement d’acide aminé dans la séquence protéique de la protéine S lui permet d’infecter plus facilement les cellules in vitro. Cela améliore-t-il aussi sa transmission entre les humains ?

La variante du SARS-CoV-2, appelée D614G, qui domine aujourd’hui dans le monde, infecte plus facilement les cellules que celle apparue en Chine. Bien que cela reste à confirmer, une étude publiée dans Cell le 2 juin 2020 suggère que cela la rend probablement plus contagieuse.

« Nous ne savons pas encore si une personne s’en sort moins bien avec elle ou non », a commenté Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses américain, à la revue Jama. « Il semble que le virus se réplique mieux et puisse être plus transmissible, mais nous en sommes toujours au stade d’essayer de le confirmer. Mais il y a de très bons généticiens des virus qui travaillent là-dessus. »

Après sa sortie de Chine et son arrivée en Europe, une variante du nouveau coronavirus, qui mute en permanence comme tout virus, est devenue dominante. C’est cette version européenne qui s’est ensuite installée aux États-Unis. La variante D614G concerne une mutation d’une seule lettre de l’ADN du virus, sur la protéine S (spike) avec laquelle il pénètre les cellules humaines.

SARS-CoV-2

Un variant de la souche SARS-CoV-2, appelé G614D, domine la pandémie de Covid-19 en Europe et aux États-Unis (Source : Niaid).

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Coronavirus : contagion galopante en Amérique, le Royaume-Uni assouplit la quarantaine

L’épidémie de Covid-19 continue de frapper durement le continent américain avec un nouveau record de contaminations aux Etats-Unis, mais son ralentissement en Europe conduit la Grande-Bretagne à assouplir vendredi son régime de quarantaine.

Première puissance mondiale et pays le plus endeuillé de la planète (128.677 décès), les Etats-Unis ont atteint un niveau record jeudi avec 53.069 nouvelles contaminations en 24 heures, qui portent le total à plus de 2,7 millions, selon l’Université Johns Hopkins. Au Texas, une explosion de nouveaux cas a forcé le gouverneur républicain Greg Abbott, un allié du président Donald Trump, à rendre le port du masque obligatoire en public.

« Nous pouvons maintenir les entreprises ouvertes et développer notre économie afin que les Texans puissent continuer à gagner leur vie, mais cela exige que chacun d’entre nous joue son rôle pour se protéger mutuellement, ce qui implique de se couvrir le visage dans les espaces publics », a déclaré dans un communiqué M. Abbott. Rendre le port du masque obligatoire n’est pas une mince affaire aux Etats-Unis où cet attribut, ou son absence, est souvent devenu un signe politique.

Les plus fervents partisans de Donald Trump n’en portent que rarement. D’autres invoquent leur liberté individuelle. Un vigile a même été abattu pour avoir demandé à un client de se couvrir le visage avant d’entrer dans le magasin. Les réseaux sociaux Facebook et Twitter ont fait savoir qu’ils allaient recommander à leurs utilisateurs américains de porter le masque.

Patient Covid-19 Bogota 02/07/2020

Un malade soupçonné d’être infecté par le Covid-19 arrive à l’hôpital San Blas de Bogota, le 2 juillet 2020 (Source : AFP)

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150 ans de réchauffement climatique anthropique ont balayé 6.500 ans de refroidissement naturel

Des milliers de données écologiques, géochimiques et biophysiques, aussi bien marines que terrestres. Et quelques modèles statistiques. C’est ce dont les chercheurs auront eu besoin pour reconstruire les moyennes de températures sur Terre pendant l’Holocène. Leurs résultats suggèrent que les 150 dernières années de réchauffement climatique ont littéralement balayé 6.500 ans de refroidissement.

L’Holocène a commencé il y a environ 10.000 ans et des chercheurs de l’université de l’Arizona du nord (États-Unis) sont parvenus à reconstruire avec une précision inégalée, les variations de température moyenne que notre Terre a connues pendant cette époque géologique qui a succédé à la dernière période glaciaire. Ils révèlent un refroidissement global commencé il y a environ 6.500 ans.

« Des travaux antérieurs avaient déjà montré que notre Planète s’était naturellement et lentement refroidie au moins 1.000 ans avant le milieu du XIXe siècle. Notre étude permet de remonter ce phénomène un peu plus long dans le temps », explique Darrell Kaufman, auteur principal, dans un communiqué. Le tout reposant sur les données paléoclimatiques marines et terrestres les plus récentes, issues d’enregistrements réalisés sur près de 700 sites dans le monde et sur des analyses statistiques poussées.

Réchauffement afface refroidissement Terre

6.500 ans que notre Terre se refroidissait lentement. Et au milieu du XIXe siècle, les activités humaines sont venues bouleverser l’équilibre naturel. En 150 ans, le réchauffement climatique anthropique a inversé la tendance.

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Charbon : il représente aujourd’hui un « non sens économique » et doit être définitivement abandonné

Au cours des dernières années, de nombreux pays ont pris la décision de fermer progressivement une grande partie de leurs centrales nucléaires au profit de la réouverture de centrales à charbon. Si aujourd’hui le charbon est massivement utilisé, il reste une énergie extrêmement polluante et très peu compétitive selon un rapport récent du Rocky Mountain Institute. Les auteurs expliquent qu’aujourd’hui, le charbon n’est plus viable économiquement, qu’il doit être abandonné et que l’accent doit être mis sur les énergies renouvelables afin d’assurer une meilleure gestion énergétique tout en relançant l’économie post-pandémie.

Les énergies renouvelables telles que les projets éoliens et solaires sont déjà moins chères à construire que de continuer à exploiter 40% du parc de charbon existant dans le monde, selon une analyse publiée mardi. Dans un rapport décrivant comment le monde peut éliminer progressivement le carburant le plus polluant tout en stimulant la reprise économique après la pandémie de coronavirus, un groupe d’experts a déclaré que le charbon avait atteint un point de non-retour financier le rendant non compétitif sur la plupart des marchés.

Les auteurs estiment qu’un tiers du stock mondial de charbon est déjà plus coûteux à gérer qu’à construire de nouvelles solutions d’énergie renouvelable, y compris le stockage de batteries. Ce chiffre devrait atteindre 73% de la flotte d’ici 2025, selon l’analyse, qui a également révélé que le remplacement de l’ensemble du stock de charbon par de l’énergie propre pourrait se faire avec une économie nette pour l’économie mondiale dès 2022.

Statistiques charbon 2020 & 2015

Infographie montrant la situation financière attendue pour le monde concernant l’arrêt du charbon (Source : Rocky Mountain Institute).

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Les cellules infectées par le coronavirus ont des tentacules qui poussent

Les virus sont des parasites intracellulaires qui détournent le métabolisme cellulaire à leur avantage. Parfois, les effets du virus sont plutôt insolites, comme l’apparition de grands tentacules ramifiés à la surface de la cellule.

Lorsqu’un virus fait son entrée dans une cellule, il chamboule complètement l’ordre établi. Le coronavirus ne fait pas exception. Dans une étude très dense, destinée à paraître prochainement dans Cell, des scientifiques ont étudié les changements de phosphorylation des protéines cellulaires lors d’une infection au SARS-CoV-2.

Ce travail a été réalisé in vitro sur des cellules épithéliales en culture. L’infection par le coronavirus accroît ou diminue l’activité des kinases, des enzymes responsables de la phosphorylation, avec des conséquences parfois étranges dans la forme de la cellule. En effet, l’un des changements induits par l’infection du SARS-CoV-2 a pour résultat l’apparition de tentacules à la surface des cellules.

Lorsque le coronavirus infecte une cellule, il s’approprie les enzymes cellulaires de la transcription et de la traduction. Comme attendu, les chercheurs ont observé une diminution du nombre de protéines cellulaires à la faveur des protéines virales. Outre la quantité de protéines virales qui augmente, le virus modifie également les sites de phosphorylation des protéines cellulaires.

Le Covid-19 modifie les cellules qu’il infecte en leur faisant pousser des tentacules.

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