Le corail semble s’habituer au réchauffement climatique, est-ce une bonne nouvelle ?

Les récifs de la Grande Barrière de corail, au nord-est de l’Australie, ont moins souffert en 2017 alors que l’eau était encore plus chaude que l’année précédente. Un phénomène d’accoutumance qui cache pourtant un bien mauvais signe.

En 2016, une équipe de chercheurs avait sonné l’alerte sur la disparition catastrophique des récifs de la Grande Barrière de corail, longue de 2.300 km. Ils avaient relevé une perte de couverture de 30 % à 50 % des coraux entre mars et novembre en raison du stress thermique. « Les coraux sont morts en quelques semaines dans les eaux où la température a augmenté de plus de 3 °C », avaient-ils alors constaté.

Mais en 2017, la tendance semble ralentir, constatent les chercheurs dans une nouvelle étude publiée dans Nature Climate Change, ce 10 décembre. « Nous avons été stupéfaits de trouver moins de blanchissement en 2017, alors même que les températures étaient encore plus extrêmes que celles de l’année précédente », rapporte Terry Hughes, l’un des coauteurs. Lors de la première vague, les coraux exposés à une hausse de température de 8-9 °C avaient ainsi 90 % de chance de mourir, comparé à seulement 14 % de probabilité en 2017.

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En Arctique, le réchauffement ultrarapide menace les caribous

L’administration océanique et atmosphérique américaine alerte, dans un nouveau rapport, sur le réchauffement de l’Arctique et sur les conséquences dramatiques qui en découlent sur la faune et la flore.

L’Arctique s’est encore réchauffé durant l’hiver 2017-2018 : la glace de la région se réduit, les caribous disparaissent et les algues rouges remontent vers le nord, selon le rapport annuel de l’administration océanique et atmosphérique américaine (NOAA) publié le 11 décembre 2018.

L’année 2018 a été la deuxième plus chaude en Arctique depuis que les relevés existent, à partir de 1900. Il a fait 1,7°C plus chaud que la moyenne des trois dernières décennies et le réchauffement y est deux fois plus rapide que la moyenne mondiale. La tendance est évidente : les cinq dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, selon la NOAA, qui a coordonné ce rapport de référence écrit par plus de 80 scientifiques de douze pays. « La multiplication des records et quasi-records de température depuis 2014 est sans précédent dans l’histoire des relevés », prévient l’agence.

Dans l’océan Arctique, la glace se forme de septembre à mars mais la saison se raccourcit inexorablement au fil des années. Les glaces sont moins épaisses, plus jeunes et couvrent moins d’océan. La vieille glace, c’est-à-dire âgée de plus de quatre ans, s’est réduite de 95% depuis 33 ans. C’est un cercle vicieux : des glaces plus jeunes sont plus fragiles et fondent plus tôt au printemps. Moins de glace signifie moins de réflexion solaire : l’océan absorbe davantage d’énergie et se réchauffe donc un peu plus. Les douze années de plus faibles couvertures glaciaires sont… les douze dernières années.

Rennes sauvages Arctique

Les rennes sauvages ont vu plusieurs de leurs troupeaux déclinés (Source : Solent News/SIPA).

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A l’île Maurice, la canne à sucre pour faire de l’électricité

Isolée dans l’océan Indien et ne pouvant compter que sur elle-même pour son électricité, l’île Maurice s’emploie à diminuer progressivement sa dépendance aux énergies fossiles en développant les énergies renouvelables, notamment la production d’électricité grâce à sa principale culture, la canne à sucre.

Depuis une quinzaine d’années, la bagasse, le résidu fibreux issu du broyage de la canne à sucre, est largement mise à contribution pour produire de l’électricité, au point désormais de pourvoir à 14% des besoins de l’île. L’île Maurice dispose d’un système tout particulier pour sa production d’énergie : 60% des besoins en électricité de l’île sont produits par quatre sociétés sucrières qui font tourner chacune une centrale thermique. Ces quatre centrales tournent normalement au charbon mais quand la saison de la canne arrive, la bagasse remplace le charbon comme combustible.

En cette fin du mois de novembre, la récolte bat son plein dans les champs environnant la société Omnicane, située dans le sud de l’île Maurice. Une noria de poids lourds tirant d’immenses remorques viennent s’aligner près d’un entrepôt non moins impressionnant pour y décharger leur cargaison de canne à sucre fraîchement coupée. Durant la période de récolte, ce sont chaque jour 8.500 tonnes qui sont ainsi acheminées dans cette installation (soit environ 900.000 tonnes de canne dans l’année). Les tiges de canne sont alors broyées afin d’en extraire le jus qui servira à produire le sucre.

La bagasse est de son côté lavée de manière à en extraire le maximum de liquide sucré, puis elle est chauffée pour en réduire le taux d’humidité. Elle part alors alimenter une centrale thermique où elle brûlera à plus de 500°C, une combustion qui permettra à des turbines de produire de l’électricité, dont une très grande partie sera acheminée sur le réseau national (le reliquat servant à alimenter l’entreprise).

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Voyage au centre de la Terre

Longtemps l’homme a cherché en vain à percer les mystères des entrailles de la planète. La science lève peu à peu ce voile.

« Personne ne sait d’une façon certaine ce qui se passe à l’intérieur du globe. » Cette citation d’Otto Lidenbrock, le héros de Voyage au centre de la Terre, rédigé par Jules Verne voilà plus d’un siècle et demi, semble toujours de mise. Incroyable… Alors qu’il a posé le pied sur la Lune et s’apprête à partir à la conquête de Mars, l’homme demeure incapable d’explorer les entrailles de la petite planète qui le porte. Ce doux rêve du célèbre écrivain nantais est encore cantonné au domaine de la fiction, faute de moyens technologiques.

L’idée de creuser le sol, tout simplement, a longtemps été la seule solution. Plusieurs scientifiques réalisent encore des forages d’exploration : ils mesurent la température et la pression souterraines et, surtout, remontent par carottage des échantillons, ensuite analysés en laboratoire. Outre les missions menées actuellement par le Japon sous l’océan grâce au Chikyu, un navire spécialisé, le trou le plus profond du monde, percé par des scientifiques russes dans la toundra près de Mourmansk, a atteint près de 12,3 kilomètres (km) en 1989. Un record qui laisse rêveur : dix-neuf ans de travail pour explorer environ… 0,2 % de la structure interne de la Terre, dont le rayon fait 6 371 km.

« Les forages restent largement insuffisants, reconnaît Henri-Claude Nataf, directeur de recherche à l’Institut des sciences de la Terre (CNRS, université de Grenoble). Ce n’est même pas la moitié de l’épaisseur de la croûte terrestre – cette couche superficielle géologique qui débute sous nos pieds et s’enfonce jusqu’à 35 km de profondeur en moyenne. » Si la Terre était une pomme, sa peau représenterait exactement la finesse relative de cette croûte. Et sous les océans, elle se compresse et devient encore plus mince.

Structure interne Terre

En dessous de la croûte terrestre, se cache plusieurs autres couches.

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L’astéroïde, tueur de dinosaures, aurait créé des montagnes plus hautes que l’Everest

L’étude de carottes rocheuses prélevées dans le cratère de Chicxulub vient d’accréditer une théorie concernant la formation des anneaux centraux pour les cratères d’impact géants. Les roches de ces anneaux, rendues fluides par des ondes sonores intenses, se seraient élevées à une hauteur comparable à celle de l’Everest avant de retomber.

L’exploration du Système solaire a montré que la Lune n’était pas la seule à posséder des cratères d’impacts. On sait depuis le programme Apollo au moins qu’il ne s’agit pas de cratères volcaniques mais bien d’astroblèmes causés par la chute de petits corps célestes, à savoir des astéroïdes et des comètes. Sur Mercure comme sur notre satellite, lorsque ces cratères sont de suffisamment grande taille, on observe qu’ils possèdent des structures supplémentaires. En l’occurrence, un pic central ou au moins un anneau central (ring, en anglais), emboîté dans le cratère principal, formé par des régions surélevées à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sol du cratère qui est plat, un « peak ring crater » (on parle aussi de cratère complexe).

Ces structures sont intrigantes car elles apparaissent comme étant l’équivalence de celles résultant de la chute d’une goutte d’eau ; ces vidéos montrent ce phénomène au ralenti. Or, dans le cas des planètes, il s’agit de matériaux solides.

Certes, sur une grande échelle de temps, la glace coule comme un liquide dans les glaciers et le manteau solide de la Terre n’en est pas moins en état de convection comme l’eau chauffée dans une casserole. Mais, dans le cas de la formation des cratères d’impact, le phénomène se produit sur une bien plus courte échelle de temps. Les géophysiciens et les planétologues ont cependant un début d’explication qui se base sur le phénomène de fluidisation acoustique. Il n’est pas sans rappeler ce qui se produit lorsqu’un milieu granulaire est soumis à des ondes sismiques intenses lors d’un séisme dévastateur : un marcheur s’enfonce alors brutalement dans le sable comme s’il était sur de l’eau. On peut s’en faire une idée avec une variante de la fluidisation avec un gaz dans le sable.

Cratère de Chicxulub

Image d’artiste du cratère de Chixculub quelques milliers d’années après la disparition des dinosaures (Source : Science Source).

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Comment 96% des espèces ont disparu il y a 252 millions d’années

Des chercheurs ont reconstitué la succession d’événements de la crise du Permien-Trias qui a provoqué la disparition de presque toutes les espèces vivant sur Terre.

Il y a près de 252 millions d’années, 96% des espèces ont subitement disparu dans ce qui demeure la plus grave crise d’extinction qu’ait connue notre planète. Une crise qui marqua la fin de l’ère du Permien et le début du Trias. Nous savions déjà que les éruptions colossales des trapps de Sibérie (le terme trapps vient du suédois « escalier », les coulées de lave successives formant des sortes de marches) étaient à l’origine de ce phénomène, mais pas l’enchaînement précis des événements qui ont provoqué la mort effective de toutes ces espèces. Une équipe de chercheurs des universités de Washington et de Stanford, aux États-Unis, a développé un nouveau modèle qui permet de comprendre comment ces éruptions ont entraîné une hausse de température extrême sur le globe et une désoxygénation brutale des mers, qui furent toutes dévastatrices pour la vie (Science 6 décembre).

La Terre d’il y a 252 millions d’années n’était pas celle que nous connaissons. Un immense océan entourait un super continent appelé la Pangée. La composition de l’atmosphère était différente et la température moyenne plus élevée, entre 20°C et 21°C contre 15°C aujourd’hui. La terre s’est alors ouverte au niveau de l’actuelle Sibérie,déversant pendant 10.000 ans des millions de kilomètres cubes de lave pour former les trapps actuels. Comme si toute une mer Méditerranée de roches en fusion se déversait sur le continent. Avec elles, des quantités faramineuses de gaz à effet de serre ont été relâchées dans l’atmosphère : près de cent fois l’intégralité des émissions humaines cumulées depuis 1850.

Ces dégagements massifs, accompagnés de nombreuses substances nocives soufrées et chlorées, ont été injectées dans l’atmosphère ont déstabilisé le climat. Elles ont augmenté l’effet de serre naturel dans des proportions catastrophiques. La température a grimpé de 11°C, pour atteindre 32°C. Une fournaise. Un enfer. Pendant des milliers d’années.

Trapps de Sibérie

Les trapps de Sibérie sont une des formations géologiques les plus impressionnantes sur Terre.

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L’huile de palme durable, ça n’existe pas

Au cours de la dernière décennie, la demande en huile de palme a explosé. Une demande responsable de la déforestation des principaux pays producteurs. Y compris dans les zones certifiées durables, nous apprend aujourd’hui une étude.

De la pâte à tartiner chocolatée aux produits cosmétiques en passant par les détergents et les biocarburants, l’huile de palme est aujourd’hui partout. La demande est ainsi passée de moins de 40 à près de 65 millions de tonnes ces dix dernières années. Elle est appréciée des industriels, car elle est bon marché. Et certaines de ses caractéristiques la rendent encore plus attrayante : du moelleux et du croustillant à la cuisson ainsi qu’une bonne résistance à la chaleur et à l’oxydation.

Des propriétés qu’elle tire notamment du fait qu’elle renferme une quantité importante d’acides gras saturés. Des acides gras saturés à longues chaînes, qui plus est. Ceux-là mêmes qui sont soupçonnés de favoriser le risque cardiovasculaire. Il est donc recommandé de ne consommer de l’huile de palme qu’en faible quantité. Et d’autant plus, parce qu’on la trouve essentiellement dans les produits ultratransformés.

Huile de palme déforestation

L’huile de palme est bon marché et demande moins de terre pour être produite que de nombreuses autres alternatives. Cependant, les inconvénients de sa production ne doivent pas être ignorés. Ici, une île indonésienne montrant des signes significatifs de déforestation. (Source : Roberto Cazzolla Gatti/Université de Purdue).

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