Le manque d’eau fait mourir la mangrove australienne

En Australie, dans le Golf de Carpentaria, des conditions climatiques extrêmes ont fait mourir des milliers d’hectares de mangroves. Un milieu très prisé de nombreuses espèces.

Après les coraux victimes d’un épisode inédit de blanchissement, c’est au tour de la mangrove de subir de plein fouet les effets du réchauffement climatique en Australie. Un dépérissement inédit de par son ampleur a été constaté par des scientifiques de l’Université australienne James Cook. Les chercheurs expliquent qu’il s’agit du « plus grave, plus remarquable et plus étendu des cas de dépérissement de végétation de mangrove jamais signalé.

Entre la fin de 2015 et le début de 2016, de vastes étendues de végétations de marécages de mangroves sont mortes sur 1000 km de la rive australe du golfe de Carpentaria. » L’Australie qui compte 7% de l’ensemble de ces écosystèmes de marais marins, a vu périr quelques 7400 hectares. Ce qui correspond à 6% de la végétation de la zone de l’estuaire de la rivière Roper dans le Territoire du Nord, à l’est de Karumba dans le Queensland.

Si les travaux des chercheurs rappellent que la (les) cause (s) de ce dépérissement n’est (ne sont) pas entièrement connue (s), la période coïncide avec des événements météorologiques extrêmes. « À l’époque, est survenue une période anormalement longue de sécheresses sévères, de hautes températures sans précédent et d’une chute temporaire du niveau de la mer (20 cm) », précise l’étude.

Mangrove du Golfe de Carpentaria, Australie

Cette photo prise en 2016 par Norman Duke, chef du centre de recherches sur les mangroves de l’Université James Cook, montre l’étendue des dégâts dans le golfe de Carpentaria (Source : James Cook University/AFP).

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En trente ans, le réchauffement climatique a doublé les feux de forêt aux Etats-Unis

A chaque grand feu de forêt, la question se pose du lien avec le changement climatique. Sans que jamais aucun chiffre ne puisse être donné. Dans une étude publiée lundi 10 octobre par la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), des chercheurs américains estiment, pour la première fois, la part prise par l’élévation des températures dans l’augmentation récente de fréquence et d’intensité des incendies dans le Grand Ouest américain. En Californie, en juin et en juillet, ils ont provoqué de grandes évacuations ; près de 90 000 personnes ont dû abandonner temporairement leur logement.

Les conclusions des chercheurs sont éloquentes : au cours des trente dernières années, le réchauffement aurait été le principal contributeur à l’augmentation des superficies forestières parties en fumée dans l’ouest des Etats-Unis. La hausse des températures serait responsable « d’un doublement de la superficie totale de forêt brûlée depuis 1984 », écrivent les auteurs – l’équivalent de 40 000 kilomètres carrés cumulés depuis cette date. Soit, peu ou prou, la superficie de l’ancienne Aquitaine… Et ce, notent les auteurs, en dépit des sommes considérables investies par le gouvernement dans la lutte contre les incendies : plus de 2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) en 2015.

Les causes de la contribution du réchauffement au risque d’incendies sont bien connues. Les auteurs mettent en avant la prévalence accrue de la sécheresse et l’allongement de la saison à risque – celle-ci est passée de dix-neuf jours au début de la période étudiée à vingt-huit jours en moyenne. Les variations de ces paramètres au cours de la période étudiée « permettent d’expliquer la grande majorité de la tendance observée », explique Park Williams, chercheur au Lamont-Doherty Earth Observatory (Université Columbia à New York) et coauteur de ces travaux.

En réalité, les auteurs ont probablement, de leur propre aveu, sous-estimé la contribution du changement climatique aux feux de forêt. En particulier, leur étude n’a pas tenu compte des insectes xylophages qui, grâce à l’augmentation des températures, peuvent s’installer à des latitudes plus hautes. L’augmentation de la mortalité des arbres due à ces ravageurs conduit à une accumulation de bois sec, présumée favorable aux départs de feu.

Incendie Californie 26/07/2016

Incendie en Californie le 26 juillet 2016 (Source : Los Angeles Time).

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Etats-Unis : de gigantesques incendies ravagent l’Ouest

De gigantesques incendies continuent à ravager l’Ouest américain, avalant des centaines de kilomètres carrés et forçant des dizaines de milliers de personnes à évacuer, avec au moins une victime à déplorer.

La Californie, en proie à une sécheresse record depuis cinq ans et où quelques 66 millions d’arbres morts sont hautement inflammables, est particulièrement vulnérable. Au nord de cet Etat, le plus peuplé du pays, l’incendie de Soberanes qui brûle depuis plus d’une semaine a déjà carbonisé 164 km2 dans la région de Big Sur, l’une des plus touristiques de la région avec ses falaises accidentées surplombant le Pacifique.

Plus de 5.000 pompiers sont mobilisés mais le brasier n’est maîtrisé qu’à 18%, selon un communiqué lundi de Calfire, l’agence californienne d’information sur les incendies. Ce feu a déjà détruit 57 maisons et menace 2.000 constructions, forçant plusieurs milliers de résidents à évacuer. Le conducteur d’une pelleteuse est décédé la semaine dernière de blessures subies lors d’opérations d’extinction dans cette zone.

Incendie Californie 26/07/2016

Incendie en Californie le 26 juillet 2016 (Source : Los Angeles Time).

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Les indicateurs clés du changement climatique ont atteint des niveaux record en 2015

Les températures, la montée des eaux et les émissions de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux record l’an dernier, faisant de 2015 la pire année de l’histoire moderne pour une série d’indicateurs clés sur le climat, révèle mardi 2 août un rapport international de référence.

Recul des glaces, sécheresse, inondations… c’est un sombre portrait de la Terre que donne le rapport annuel sur l’état du climat (« State of the Climate »), un document de 300 pages auquel ont participé 450 scientifiques du monde entier.

Le phénomène météorologique El Niño, particulièrement vigoureux en 2015, a « exacerbé » la tendance au réchauffement l’an dernier selon les experts, qui notent que « la Terre a enregistré des records de chaleur pour la seconde année consécutive ».

Zone particulièrement sensible au changement climatique, l’Arctique a continué à se réchauffer et a atteint des « niveaux enregistrés en 2007 et 2011, soit des records depuis le début des relevés au début du XXe siècle, avec une augmentation de 2,8 °C depuis cette époque. »

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L’Inde établit un nouveau record de chaleur avec une température de 51°C

Le 19 mai, l’Inde a établi un nouveau record de chaleur. Dans une ville de l’état du Rajasthan, la température est montée jusqu’à 51°C. Des conditions climatiques qui auraient déjà fait plusieurs centaines de morts.

C’est une nouvelle vague de chaleur meurtrière à laquelle est confrontée l’Inde. Depuis plusieurs semaines, les températures ne cessent de monter dans le pays et certaines villes ont connu un record le 19 mai dernier. Ce jour-ci, Phalodi situé dans l’Etat du Rajasthan a enregistré une température maximale de 51 °C.

Les mois de mai et juin sont les plus chauds de l’année dans cette région. Si les températures dépassent régulièrement les 40°C, cela faisait plus de 50 ans qu’il n’avait pas fait aussi chaud en Inde. Le précédent record de 50,6 °C remonte en effet à 1956. D’autres villes ont connu des températures proches de 50 °C ces derniers jours, quand la capitale New Delhi a atteint un maximum de 47 °C.

Murari Lal Thanvi, un habitant de Phalodi a confié à la BBC qu’il était difficile de rester dehors vendredi sous cette chaleur extrême. « Même mon téléphone portable a lâché et a cessé de fonctionner quand j’essayais de prendre des photos aujourd’hui », a-t-il expliqué. « J’ai réussi à le rallumer après avoir mis un linge humide dessus pendant 20-25 minutes ».

Canicule Inde

L’Inde a enregistré cette semaine un record de chaleur : 51 degrés dans l’Etat du Rajasthan.

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Les catastrophes naturelles provoquent deux fois plus de déplacements internes que les conflits

Tempêtes, inondations, séismes, éruptions volcaniques, feux de forêt, glissements de terrain… En 2015, des catastrophes naturelles survenues dans cent treize pays ont provoqué le déplacement à l’intérieur de leur propre pays de 19,2 millions de personnes dans le monde. Soit deux fois plus que le nombre de personnes chassées par les conflits, guerres, violences (8,6 millions).

Publié le 11 mai, le rapport annuel de l’Internal Displacement Monitoring Center (IDMC) vient rappeler que les dérèglements climatiques, les dégradations de l’environnement sont bel et bien devenus un des principaux facteurs de migration des personnes dans le monde. Au cours des huit dernières années, 203,4 millions de déplacements ont été enregistrés à la suite d’événements climatiques ou géophysiques. Le phénomène touche essentiellement les pays en voie de développement.

En 2015, comme les années précédentes, l’Asie a une nouvelle fois été le continent le plus touché, avec 16,3 millions de déplacés, soit plus de 85 % du total mondial. En Inde, les pluies torrentielles qui se sont abattues en juillet sur cinq provinces du nord du pays, puis en novembre sur celles de Tamil Nadu et de l’Andhra Pradesh ont conduit quelque 3 millions de personnes à abandonner leur maison et leur village. Au Népal, les séismes qui ont frappé le pays en avril et en mai 2015 ont poussé sur les routes 2,6 millions d’individus, et fait neuf mille morts ou disparus. En Chine, ce sont encore 2,2 millions de personnes qui ont été chassées de leurs terres par les puissants typhons Chan-Hom, Soudelor et Dujuan, qui ont balayé tour à tour en juillet, en août et en septembre le sud-est du pays.

« Ce sont toujours les mêmes régions qui sont touchées. Or, le caractère répétitif des déplacements est un facteur de fragilisation des ménages et de déstabilisation des pays », s’alarme Alexandra Bilal, directrice de l’IDMC, qui rappelle que les Philippines, les années précédentes, figuraient toujours parmi le « trio de tête » avec l’Inde et la Chine. Mais en 2015, le Népal a pris sa place.

Sécheresse Ethiopie avril 2016

En avril, un berger de la région de Sitti, dans l’Est de l’Ethiopie, ne peux que compter ses animaux morts en raison de la sécheresse (Source : AFP).

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Catastrophes climatiques : plus de 600.000 morts au cours des 20 dernières années

Selon l’ONU, cela représente « en moyenne 30.000 vies par an, avec en plus 4,1 milliards de personnes blessées, devenues sans-abri ou ayant eu besoin d’une aide d’urgence ».

Plus de 600.000 morts au cours des 20 dernières années en raison des catastrophes climatiques. Ce chiffre plus qu’éloquent est tiré d’un nouveau rapport de l’ONU qui illustre l’urgence d’agir contre le réchauffement, à une semaine de l’ouverture de la grande conférence de Paris sur le climat (COP21).

Depuis 1995, date de la première conférence de l’ONU sur le climat (COP1), les catastrophes provoquées par des phénomènes météorologiques comme les inondations, tempêtes, vagues de chaleur, sécheresses, « ont pris 606.0000 vies », indique effectivement le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR) dans ce rapport publié ce lundi. Un bureau qui précise que cela représente « en moyenne 30.000 vies par an, avec en plus 4,1 milliards de personnes blessées, devenues sans-abri ou ayant eu besoin d’une aide d’urgence ».

« Bien que les scientifiques ne soient pas en mesure de déterminer quel pourcentage de cette hausse est attribuable au changement climatique (…), il est quasiment certain que nous allons assister à une augmentation des catastrophes météorologiques dans les prochaines décennies », assure le rapport.

Typhon Haiyan ISS

Le typhon Haiyan vu depuis la station spatiale internationale (Source : AFP).

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