Réchauffement climatique : la bombe à retardement des nappes phréatiques

Les nappes phréatiques souffrent du réchauffement climatique. Ou plutôt, devrions-nous dire : « souffriront ». Car en la matière, l’inertie de la nature est grande. Des chercheurs demandent à ce que ces impacts futurs soient pris en compte dès aujourd’hui lors de l’élaboration des politiques de gestion de l’eau.

Au début de l’année 2018, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) signalait un niveau de nappes phréatiques anormalement bas en France. Aujourd’hui, une équipe internationale de chercheurs présente des conclusions inquiétantes en la matière. Le pire resterait à venir. Il serait capital de le prendre en considération dès à présent.

Rappelons que les nappes phréatiques constituent aujourd’hui la première source d’eau potable de la planète. Celles-ci se rechargent régulièrement et lentement, grâce aux précipitations, pour se décharger ensuite dans les rivières et autres étendues d’eau. Parmi les phénomènes qui mettent en danger ce cycle : l’explosion de la population mondiale et le réchauffement climatique.

Nappes phréatiques & réchauffement climatique

Une étude attire l’attention sur les conséquences du réchauffement climatique sur les nappes phréatiques et qui ne pourraient réellement se mesurer que d’ici une centaine d’années, au moins. Il sera alors trop tard pour agir.

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Les chercheurs établissent le « régime idéal » pour la santé et pour la planète

Dans un rapport publié dans la revue The Lancet, des chercheurs ont tenté de déterminer quelle était la meilleure façon de s’alimenter pour rester en bonne santé tout en préservant l’environnement.

Quelle pourrait être une alimentation saine issue d’une production durable capable de nourrir plus de dix milliards de personnes sur terre d’ici 2050 ? Telle est la question à laquelle 37 scientifiques experts dans toutes sortes de disciplines (santé publique, agriculture, science politique, environnement…) issus de 16 pays tentent de répondre dans un rapport publié ce 17 janvier dans The Lancet, en collaboration avec la fondation EAT qui travaille à la transformation du système alimentaire.

Le constat qu’ils effectuent est aujourd’hui très alarmant en matière de santé. « Alors que la production alimentaire mondiale de calories a généralement suivi le rythme de la croissance démographique, plus de 820 millions de personnes n’ont toujours pas accès à suffisamment de nourriture quand 2,4 milliards de personnes surconsomment, et le régime alimentaire d’environ la moitié de la population mondiale présente des carences en nutriments » assurent ainsi les experts. Ils ajoutent : « désormais un régime alimentaire malsain représente un risque plus élevé de morbidité et de mortalité prématurées que celui causé par la somme des pratiques sexuelles non protégées, de l’alcool et de la consommation de tabac ».

Elevage bovin

Elevage bbovin aux Etats-Unis.

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60% des espèces de café sauvage sont menacées d’extinction

Plus de la moitié des espèces de café sauvage existantes sont menacées d’extinction, d’après une étude des Jardins botaniques royaux de Kew, à l’ouest de Londres, publiée mercredi dans la revue scientifique Science Advances.

Sur 124 espèces de café sauvage, 75 sont menacées par la déforestation, le réchauffement climatique, et la propagation de maladies et d’espèces nuisibles, selon cette étude menée dans plusieurs forêts africaines, de la Sierra Leone à Madagascar. La production mondiale de café repose actuellement sur deux espèces: l’arabica (environ 60% de la production) et le robusta (40%). En plus de la menace directe qui pèse sur ces deux espèces, les variétés sauvages dont dépend l’amélioration de leurs semences sont aussi en péril. « Les obtenteurs ont besoin de variétés sauvages, parce qu’elles ont les gènes nécessaires pour développer des cafés résistants aux maladies et aux changements climatiques », a expliqué à l’AFP le docteur Aaron Davis, responsable de la recherche sur le café aux Jardins de Kew.

Des périodes de sécheresse prolongées à la propagation de moisissures, les menaces pesant sur les caféiers sont nombreuses. Sur les 75 espèces menacées recensées par les chercheurs, 13 sont en danger critique d’extinction, 40 en danger, et 22 sont vulnérables.

Café sauvage

Plus de la moitié des espèces de café sauvage existantes sont menacées d’extinction, d’après une étude des Jardins botaniques royaux de Kew, à l’ouest de Londres (Source : AFP).

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La glace de l’Antarctique fond plus vite que jamais

Elle est six fois plus rapide qu’il y a quarante ans, et risque de faire augmenter de façon drastique le niveau des océans.

Six fois plus rapide qu’il y a quarante ans, la fonte des glaces en Antarctique s’accélère à vitesse grand V.Un rapport des Compte rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS) a tiré lundi la sonnette d’alarme : la fonte est responsable d’une montée de 1,4 centimètre du niveau des océans de la planète entre 1979 et 2017. Un rythme anticipé qui devrait entraîner une élévation désastreuse du niveau des eaux dans les prochaines années, a relevé Eric Rignot, président de la chaire de système scientifique de la Terre à l’université de Californie (Irvine).

« Avec la calotte antarctique qui continue de fondre, nous prévoyons une hausse du niveau des océans de plusieurs mètres à cause de l’Antarctique dans les prochains siècles », a expliqué le chercheur. Selon des études précédentes, une montée de 1,8 mètre d’ici 2100, soit l’une des pires prévisions scientifiques, provoquerait l’inondation de nombreuses villes côtières abritant des millions de personnes dans le monde.

Pour cette nouvelle étude, les chercheurs ont mené la plus longue évaluation de la masse des glaces dans dix-huit régions de l’Antarctique. Ils ont utilisé des données fournies par des photographies aériennes en haute résolution prises par des avions de la NASA, ainsi que des images radar provenant de satellites de multiples agences spatiales. Elles ont permis de déterminer qu’entre 1979 et 1990, l’Antarctique avait perdu en moyenne 40 milliards de tonnes de masse glaciaire par an. À partir de 2009 et jusqu’en 2017, le chiffre est passé à 252 milliards de tonnes chaque année.

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Dans les eaux du détroit de Magellan, le réchauffement se lit déjà

A l’extrême sud de la Patagonie chilienne, dans un endroit parmi les plus inhospitaliers de la planète, des scientifiques analysent les eaux, le plancton et les cétacés pour tenter d’anticiper les conséquences du réchauffement climatique dans les autres mers du globe.

Depuis la ville de Punta Arenas, sur le Détroit de Magellan à l’extrême pointe australe du Chili, quatre chercheurs du Centre de recherches des écosystèmes marins de hautes latitudes de l’Université Austral embarquent à bord d’un bateau de pêche, transformé en embarcation scientifique pour les besoins de leurs investigations. Après une journée et demie de navigation éprouvante sur les eaux tumultueuses du Détroit, point de rencontre des océans Atlantique et Pacifique, balayé par des vents soufflant à plus de 110 km/heure, ils jettent l’ancre à Seno Ballena, « le fjord des baleines », au milieu de glaciers géants qui leur sert de laboratoire.

Sur place, ils récupèrent les données enregistrées par un système de capteurs installé depuis avril et qui réalise des batteries d’analyses de l’eau toutes les trois heures. Pour les chercheurs, il s’agit d’étudier les variations chimiques, physiques et biologiques des eaux du fjord qui présentent aujourd’hui des conditions similaires à ce qui pourraient être celles d’autres écosystèmes marins dans les prochaines décennies, en raison d’une plus grande libération de CO2 dans l’atmosphère et de la fonte des glaciers. « Dans ce lieu, c’est comme une expérience avec la nature elle-même, cela nous permet de savoir ce qui pourrait se passer sans avoir à l’expérimenter en laboratoire, sans avoir à l’imaginer », explique à l’AFP Maximiliano Vergara, biologiste marin et doctorant en aquaculture à l’Université Austral (UACh).

Seno Ballena tire son nom de la fréquentation des baleines à bosse qui viennent chaque année par dizaines s’y alimenter. Depuis les eaux chaudes de l’Amérique centrale où elles se reproduisent, elles parcourent des milliers de kilomètres pour venir jusqu’à cette zone, l’un des habitats marins les plus productifs de la planète, où krills (petites crevettes d’eau froide) et sardines vivent en abondance. Mais le dérèglement climatique pourrait mettre à mal cet équilibre.

Glacier Santa Ines Patagonie

Une vue du glacier Santa Ines qui surplombe le fjord Seno Ballena en Patagonie chilienne, à l’extrême sud du pays, le 7 décembre 2018 (Source : AFP).

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Le réchauffement des océans a été largement sous-estimé

Depuis 2014, les experts climatiques étaient perplexes : la hausse de température mesurée des océans n’était pas aussi forte que ce que les modèles climatiques prédisaient. Les thermomètres avaient-ils faux ?

Une nouvelle étude parue jeudi 10 décembre 2019 dans la revue Science confirme que les modèles voyaient juste : au total, la température des océans, dans la couche de 2.000 mètres sous la surface, a été revue à la hausse de façon importante pour la période 1971-2010 par rapport à un rapport scientifique de référence parrainé par l’ONU. Ce nouveau travail combine quatre études scientifiques publiées depuis 2014 et qui concordent pour dire que les mesures anciennement utilisées n’étaient pas assez précises et trop basses, in fine.

« Si vous voulez comprendre où se passe le réchauffement climatique, regardez dans nos océans », dit l’un des auteurs du résumé publié dans Science, Zeke Hausfather, de l’Université de Californie à Berkeley. « Le réchauffement océanique est un indicateur très important du changement climatique, et nous avons les preuves que ce réchauffement va plus vite que ce que nous pensions ». Le chercheur parle d' »indicateur » car les océans absorbent l’excès de chaleur de l’atmosphère créé par les rejets de gaz à effet de serre. Le réchauffement de l’eau agit comme un signal confirmant la vitesse du changement climatique, explique-t-il.

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En 2018, les Etats-Unis ont émis plus 3,4% de CO2 de plus que l’année précédente

Les émissions de CO2 des Etats-Unis dans le secteur de l’énergie auraient augmenté de 3,4% en 2018, d’après une étude indépendante. En cause, l’utilisation du gaz naturel et le poids du secteur des transports.

Les Etats-Unis ont fortement augmenté leurs émissions de dioxyde de carbone en 2018, selon une étude du cabinet de recherche Rhodium Group publiée mardi 8 janvier 2019. Les analystes estiment que les émissions de CO2 liées à l’énergie ont crû de 3,4% de 2017 à 2018, ce qui serait l’augmentation la plus forte observée depuis 2010 aux Etats-Unis. L’estimation a été réalisée à partir de statistiques énergétiques du gouvernement américain et d’autres données publiques et privées sur la consommation de pétrole et la génération d’électricité portant sur les huit ou neuf premiers mois de l’année.

Le charbon a continué à perdre de la vitesse, l’année 2018 devant marquer un record pour le nombre de fermetures de centrales au charbon, selon l’étude. Mais c’est le gaz naturel qui le remplace dans la majorité des cas, et non des éoliennes ou des centrales solaires. Le gaz naturel émet moins de gaz à effet de serre que le charbon lorsqu’il est brûlé, mais il a nourri majoritairement la hausse de la demande en électricité de l’an dernier, battant le solaire et l’éolien.

Capitol Power Plant

Les cheminées de la Capitol Power Plant près du Capitole à Washington (Source : AP).

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