Europe : les forêts ne pourront pas freiner le réchauffement

Peut-on compter sur notre vaste couverture forestière européenne pour remplir nos objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre ? Hélas non : maximiser son potentiel de séquestration carbone aboutirait à de nombreux effets pervers annulant son action bénéfique.

Dans le cadre de l’accord de Paris, l’Union européenne s’est engagée à réduire d’au moins 40 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990. Pour cela, elle compte notamment sur les forêts comme « puits de carbone » pour absorber le CO2. Un quart de la réduction doit ainsi être réalisé par le reboisement ou une meilleure gestion des sols. Pour être valide, cette stratégie ne doit pas conduire à une augmentation de la température atmosphérique ou à une diminution des précipitations, qui viendraient affecter la biosphère et compliquer son adaptation au changement climatique.

Malheureusement, les forêts n’ont quasiment aucun effet sur le réchauffement en Europe, annonce une nouvelle étude parue le 10 octobre 2018, dans la revue Nature. Les chercheurs ont modélisé différentes stratégies de stockage (changement du type de végétation, reboisement à l’identique, éclaircissement de la forêt…) et étudié leurs effets à 2100 sur la température, l’albédo ou la récolte du bois pouvant être utilisé comme biomasse pour la production énergétique. Le modèle le plus efficace pour stocker un maximum de CO2, qui éliminerait huit milliards de tonnes supplémentaires de CO2 d’ici 2100 par rapport au scénario actuel, consisterait à convertir 475.000 hectares de forêts de feuillus par des conifères, plus efficaces en terme de stockage dans cette région, et à diminuer de 12 % les coupes.

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Contre le réchauffement climatique, l’océan offre-t-il des solutions ?

En absorbant l’excès de chaleur issu des activités humaines, l’océan est un important régulateur du climat. Mais cette faculté s’altère et montre ses limites. Des chercheurs ont passé au crible treize solutions pour, d’une part, limiter l’élévation de sa température et, d’autre part, évaluer le potentiel des propositions les plus pertinentes et leurs effets secondaires. Des propositions ambitieuses…

‘océan peut-il nous sauver du réchauffement climatique ? C’est en effet un puissant régulateur qui absorbe 90 % de la chaleur et un quart du gaz carbonique d’origine anthropique. Un rôle qu’il paye au prix fort : augmentation globale de la température de l’eau, acidification, modification des courants marins, multiplication des « zones mortes » sans oxygène et montée des eaux. Alors, à quelles conditions peut-on espérer utiliser l’océan pour réduire les impacts du réchauffement de la planète ? Une équipe de 17 chercheurs du monde entier, dont le CNRS, l’Iddri2 et Sorbonne Université, a analysé treize solutions qu’offre l’océan pour atténuer le changement climatique, comme la fertilisation ou les énergies marines renouvelables. Mais cela ne peut pas être sans conséquences. Il faut en étudier la pertinence et amortir, si possible, les effets secondaires sur l’écosystème.

Leur étude, publiée dans Frontiers in Marine Science, a passé en revue plus d’un millier d’articles scientifiques pour établir un bilan de chacune des propositions. Leurs 13 solutions ont été catégorisées en quatre champs d’actions :

  • La réduction des causes du changement climatique (développement des énergies marines renouvelables, fertilisation du phytoplancton stockant du carbone, ensemencement par des substances alcalines absorbant le CO2 ou réduisant l’acidité de l’eau…).
  • La protection des écosystèmes (création d’aires marines protégées, réduction de la pollution, fin de la surexploitation des ressources…).
  • La protection de l’océan contre le rayonnement solaire en modifiant le pouvoir réfléchissant des nuages ou l’albédo de l’océan (par exemple, en créant une sorte de mousse blanche artificielle à la surface).
  • L’intervention directe sur les capacités d’adaptation biologique et écologique des espèces (modification génétique pour les rendre tolérantes au réchauffement de l’eau ou relocalisation dans de nouveaux habitats).

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Le climat en questions : un site pour comprendre le réchauffement climatique

Le 8 septembre est la date retenue par des ONG internationales pour la Journée mondiale du Climat qui s’accompagne d’une marche. Il existe un site de vulgarisation à consulter à cette occasion. Réalisé par des chercheurs français réputés, il dévoile les arcanes du climat et du réchauffement climatique. Son nom : le climat en questions.

La surface de la Terre porte des enveloppes physiques et chimiques : l’atmosphère et les océans, en interaction avec sa biosphère. Elles sont des systèmes complexes avec des boucles de rétroactions subtiles. L’Humanité en a ajouté une nouvelle : la noosphère, ainsi baptisée par le géochimiste russe Vladimir Vernadsky et le paléontologue français Pierre Teilhard de Chardin. Elle ne peut exister sans les premières mais elle les influence de plus en plus, au point de mettre en cause son futur et d’exiger des actions urgentes. C’est ce que rappelle la tribune publiée dans Le Monde par l’actrice Juliette Binoche et l’astrophysicien Aurélien Barrau.

Dans les années 1960, le philosophe et sociologue des médias canadien Marshall McLuhan a introduit le concept de « village global » pour décrire ce qu’était en train de devenir la biosphère, anticipant la conscience et la culture planétaires apportées par les progrès des télécommunications et de l’informatique. Des idées similaires sont exposées dans les œuvres d’Arthur Clarke. On peut même dire aujourd’hui que nous allons vers une cité globale, voire que nous y sommes déjà, comme le pense l’écologiste engagé Stewart Brand, qui parle de la métamorphose en cours de l’Humanité.

Le philosophe grec Platon, il y a presque 2.500, avait déjà insisté sur le fait qu’une cité devait être gouvernée en se basant sur la philosophie, ce qui de nos jours revient à dire que la connaissance et la réflexion, et notamment celles fournies par les sciences, sont vitales pour assurer l’avenir de la noosphère. Les citoyens du monde doivent donc apprendre et comprendre le plus de choses possible sur le fonctionnement du climat et sur le réchauffement climatique pour faire des choix éclairés.

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Réchauffement climatique : des tsunamis géants provoqués par la fonte des glaces

Le réchauffement climatique pourrait favoriser les tsunamis dans certaines régions de glaciers à la faveur de glissements de terrain provoqués par la fonte des glaces.

En 2015, un éboulement massif généré par le recul du glacier Tyndall avait généré un tsunami de près de 200 mètres dans un fjord de l’Alaska. L’événement n’a pas fait de victime, pas plus les gros titres de la presse. Il s’agit pourtant d’un des plus gros tsunamis jamais recensés.

« Les glaciers, en reculant, modifient leur environnement de manière spectaculaire. Dans le cas du fjord de Taan, ce fut un tsunami majeur », explique Dan Shugar, de l’Université de Washington Tacoma, co-auteur de l’étude publiée jeudi 6 septembre 2018 dans Scientific Reports.

Fjord Alaska

Un des plus gros tsunamis jamais recensés a eu lieu en 2015 dans un fjord de l’Alaska (SOurce : AFP).

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Coraux : blanchissement à toutes les profondeurs

Une nouvelle étude démontre que le récent blanchissement massif des coraux sur la Grande Barrière de corail ne s’est pas limité aux faibles profondeurs, mais a également affecté les récifs profonds.

La Grande barrière de corail est située au nord-est de l’Australie. Elle s’étend sur près de 2600 km : c’est la plus grande construction réalisée par un organisme vivant sur Terre ! Hélas, ce chef-d’œuvre de la nature est en péril.

Depuis le milieu des années 90, la moitié de ses prairies coralliennes a disparu sous l’effet de facteurs conjugués tels que l’arrivée d’une étoile de mer dévoreuse de coraux, des tempêtes ou encore d’une maladie provoquant leur blanchissement avec un épisode massif en 2016. Les scientifiques estimaient jusqu’à présent que les coraux situés proches de la surface, entre 5 et 25 mètres de profondeur étaient les seuls à être touchés et que le blanchissement épargnait les coraux de profondeur car l’eau était plus froide. Les choses ne sont pourtant pas si simples.

Une nouvelle étude réalisée par l’Académie des sciences de Californie et publiée dans la revue Nature Communications met en évidence les limites du rôle protecteur de la profondeur et soutient que les récifs peu profonds et profonds sont menacés par des événements de blanchiment massif.

Grande barrière de corail Australie

Image prise depuis l’ISS, d’une partie de la Grande Barrière de corail.

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Inexorablement, Bangkok s’enfonce dans les eaux

Montée du niveau de la mer, érosion du rivage, urbanisation galopante : la capitale de la Thaïlande pourrait être en partie submergée d’ici à 2030.

Construite sur des terres marécageuses à 1,5 mètre au-dessus du niveau de la mer, la mégapole de plus de dix millions d’habitants « s’affaisse aujourd’hui de un à deux centimètres par an et risque de subir des inondations très importantes dans un futur proche », relève Tara Buakamsri, directeur de Greenpeace Thaïlande, dans un entretien à l’AFP. Lors des grandes inondations de 2011, plus d’un cinquième de la ville avait été submergé. Les zones périphériques avaient été particulièrement touchées, tandis que le quartier des affaires avait été épargné grâce à des digues dressées à la hâte.

Un scénario qui est amené à se reproduire de plus en plus fréquemment : « près de 40% » de la ville pourrait être inondés dès 2030, selon des prévisions de la Banque mondiale, qui classe la mégapole comme l’une des plus menacées d’Asie, avec Jakarta. Bangkok, « ville obèse sur un squelette d’enfant » selon l’expression du géologue Thanawat Jarupongsakul, est d’abord victime de son développement frénétique : le poids des gratte-ciel, qui ne cessent de grimper dans la cité en perpétuelle transformation, contribue à son engloutissement progressif.

Et « les nombreux canaux qui traversaient la capitale, appelée autrefois la Venise de l’Orient, ont en partie disparu, recouverts par l’important réseau routier. Ils constituaient pourtant un bon système de drainage naturel », relève Suppakorn Chinvanno, expert sur le climat à l’Université Chulalongkorn de Bangkok.

Inondations Bangkok 2011

Des autoroutes partiellement inondées à Bangkok, le 24 octobre 2011.

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Réchauffement climatique : vers une catastrophe agricole à cause des insectes ?

La hausse des températures dope l’appétit et la reproduction des insectes nuisibles, selon une nouvelle étude. De quoi engendrer d’importantes pertes dans les récoltes, notamment en France.

Le réchauffement climatique va-t-il provoquer une grave crise alimentaire ? Les alertes sont en tout cas en train de se multiplier. Il y a quelques jours à peine, des chercheurs de l’université Harvard (États-Unis) expliquaient que la hausse du CO2 dans l’air pourrait réduire la qualité nutritive des aliments, menaçant 175 millions de personnes supplémentaires d’une carence en zinc et 122 millions d’un déficit en protéines.

En juin, des chercheurs de la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM) avaient calculé que les récoltes de légumes pourraient chuter de 31,5 % d’ici 2100 au rythme actuel du réchauffement climatique. En 2017, une autre étude publiée dans Pnas avait estimé que chaque degré en plus réduit d’environ 6 % le rendement du blé, de 3,2 % celui du riz et de 7,4 % celui du maïs.

Mais voici qu’une nouvelle étude de Science, ce 30 août, vient d’identifier une nouvelle menace : les insectes. Le rendement global des cultures de blé, de maïs et de riz devrait diminuer de 10 % à 25 % pour chaque degré supplémentaire en raison des pertes causées par les insectes, assurent les chercheurs, qui ont examiné 38 espèces de nuisibles. À cela, deux explications. D’une part, la chaleur augmente le taux métabolique des insectes. « Plus la température est élevée, plus leur appétit augmente, ce qui est dévastateur pour les cultures », constate Scott Merrill, chercheur à l’université du Vermont et coauteur de l’étude.

Insecte nuisible

Les insectes pourraient causer une chute de 10 % à 25 % des récoltes pour chaque degré supplémentaire.

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