À cause du changement climatique, le pelage de certains animaux ne change plus de couleur

Des chercheurs américains ont observé une nouvelle conséquence du changement climatique. En réponse à la raréfaction des chutes de neige en hiver, certaines espèces qui adoptaient jusqu’à présent un pelage blanc à la saison froide, conservent désormais leur poils bruns toute l’année. De quoi se rendre moins visibles des prédateurs et échapper ainsi à leurs attaques. Une adaptation très rapide qui démontre les extraordinaires capacités évolutives des animaux.

Quoi de mieux qu’une toison d’un blanc immaculé pour se fondre incognito dans les paysages enneigés ? Bien des animaux l’ont compris et adoptent, dès les premiers frimas de l’hiver, un pelage ou un plumage qui leur permettent, tels des caméléons, de se faire discrets lorsqu’ils gambadent dans la neige qui recouvre leur territoire.

Une vingtaine d’espèces de mammifères adoptent cette stratégie de camouflage. Parmi elles notamment, le lièvre d’Amérique, Lupus americanus. Un mammifère qui peuple les sous bois nord-américains et qui se pare d’un discret manteau blanc à la saison froide. Discret, plus tant que ça finalement… La faute au changement climatique, qui rend les chutes de neige de plus en plus rares.

« Les animaux blancs l’hiver affrontent des jours de péril mortel, où ils sont comme des ampoules étincelantes dans un environnement de couleur sombre », s’inquiète le Docteur Scott Mills, professeur à l’Université du Montana.

Lièvre d'Amérique

Lièvre d’Amérique (Lupus americanus).

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Les Seychelles créent une vaste réserve maritime

Le gouvernement des Seychelles a annoncé jeudi la création d’une vaste zone de protection marine au sein de l’archipel, dans l’océan indien, pour préserver ses eaux, essentielles au développement de son économie.

Cette réserve, d’une superficie de 210.000 km² – soit approximativement 15% de la Zone économique exclusive (ZEE) seychelloise – s’inscrit dans le cadre du concept d’ »économie bleue », dans lequel les Seychelles, très dépendantes de la pêche et du tourisme, veulent baser leur avenir. « Notre océan engendre des opportunités de développement, mais aussi des responsabilités », a déclaré le ministre seychellois de l’Environnement, Didier Dogley. « Notre océan est central à notre développement et au futur des générations à venir. »

Il a décrit la création de cette réserve comme « un changement de paradigme dans la manière dont nous gérons et utilisons nos ressources côtières et maritimes ». Le dispositif a été rendu possible par un accord conclu en 2016 portant sur le rachat de 21 millions de dollars (17 millions d’euros) de dette publique, grâce à l’intervention de l’ONG américaine Nature Conservancy.

Celle-ci a prêté de l’argent au gouvernement seychellois et mobilisé des dons privés, dont un de la Fondation Leonardo DiCaprio, pour financer ce rachat. Ce dernier était conditionné à la création de la réserve, qui permet à l’archipel de protéger ses 115 îles contre les effets du changement climatique, dont le réchauffement, la montée et l’acidification des eaux.

Seychelles

Plage sur l’Océan Indien aux Seychelles (Source : AFP).

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Même en respectant l’accord de Paris, les catastrophes naturelles vont augmenter

Les phénomènes météorologiques extrêmes vont augmenter de manière importante même si les objectifs de l’accord de Paris sont atteints, selon une nouvelle étude.

Des travaux, présentés dans la revue Science Advances le 14 février 2018, ont analysé la probabilité de périodes chaudes, sèches et de pluviosité excessive dans les prochaines années, autant de phénomènes exacerbés par la hausse de la température de la Terre et du niveau des océans. Le changement climatique a déjà un impact : un record a été largement battu en 2017, celui du coût mondial des catastrophes naturelles avec 306 milliards de dollars.

« Ces coûts croissants représentent l’un des nombreux signes du fait que nous ne sommes pas prêts pour le climat d’aujourd’hui, et encore moins pour un degré supplémentaire de réchauffement planétaire », a relevé Noah Diffenbaugh, du Stanford Woods Institute for the Environment. Les engagements des plus de 190 pays signataires de l’accord de Paris de 2015 devraient limiter la hausse mondiale du thermomètre entre deux et trois degrés Celsius par rapport à l’ère pré-industrielle.

Thomas Fire Californie

Le « Thomas Fire », incendie le plus destructeur jamais survenu en Californie, a sévi en décembre près de Montecito (Source : AFP).

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Plutôt que de couler, un archipel du Pacifique s’agrandit

L’archipel des Tuvalu, minuscule nation du Pacifique longtemps considérée comme vouée à une disparition prochaine à cause du réchauffement climatique, est en fait en train d’accroître son territoire, selon une nouvelle étude publiée vendredi.

L’Université d’Auckland a passé au crible les changements dans la géographie des neuf atolls coralliens qui constituent les Tuvalu ainsi que 101 îles entre 1971 et 2014, en se servant de photographies aériennes et d’images satellite. Durant cette période, huit atolls et les trois quarts des îles se sont agrandis. La surface terrestre s’est accrue de 2,9% alors même que le niveau de la mer montait deux fois plus que la moyenne mondiale.

Pour Paul Kench, co-auteur de l’étude parue dans le journal Nature Communications, celle-ci contredit l’idée que les îles de basse altitude seraient englouties par la montée des eaux due au réchauffement. « Nous avons tendance à voir les atolls du Pacifique comme des terres statiques qui seront tout simplement inondées par la hausse du niveau de la mer mais il y a de plus en plus de preuves que ces îles sont géologiquement dynamiques et en train de changer constamment », a-t-il déclaré.

Atoll Funafuti

Funafuti, atoll des Tuvalu dans le Pacifique, où vivent près de la moitié des habitants de l’archipel (Source : AFP)

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Les animaux à sang chaud s’adaptent mieux que les autres aux changements climatiques

Des chercheurs suisses ont retracé l’histoire de plusieurs espèces animales afin de savoir lesquelles s’adaptent le mieux aux changements climatiques.

Dans le futur, le monde sera-t-il peuplé davantage de mammifères et d’oiseaux ou de reptiles et d’amphibiens ? C’est la question que ce sont posés plusieurs scientifiques de l’Université de Lausanne et d’après leurs résultats, les animaux endothermes aussi appelés animaux à sang chaud seraient plus enclins à faire face efficacement au changement climatique que les ectothermes que sont les reptiles et les amphibiens.

Les scientifiques ont scruté 270 millions d’années d’histoire terrestre afin de découvrir où les ancêtres de ces groupes d’animaux vivaient et sous quelles températures. Grâce à des données sur la distribution actuelle, les relations phylogénétiques et l’étude de fossiles de pas moins de 11.465 espèces, ils ont pu retracer les changements historiques de niches écologiques et la répartition géographique de plusieurs espèces de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens et de squamates (ordre de reptiles).

Dans un article paru le 29 janvier 2018 dans la revue Nature Ecology & Evolution, les chercheurs révèlent que les changements de niches écologiques chez les animaux endothermes sont plus rapides que chez les autres : les animaux à sang chaud s’adaptent plus rapidement aux changements de température en trouvant de nouveaux lieux de vie. A l’inverse, les espèces ectothermes – incapables de produire leur propre chaleur corporelle – ne peuvent pas évoluer dans certaines régions où les conditions sont extrêmes. « Ces espèces démontrent une baisse de leur activité lorsque la température diminue ce qui réduit leur temps passé à chercher de la nourriture et à se reproduire », notent les chercheurs dans l’étude.

Mammifères & oiseaux

Les mammifères et les oiseaux s’adaptent mieux aux changements climatiques que les animaux à sang froid.

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2018 est l’Année du corail : découvrez les trésors menacés des récifs

IYOR 2018 : ce sigle est celui de l’Année internationale des récifs coralliens. En régression partout dans le monde, ces écosystèmes d’une importance capitale subissent le réchauffement des eaux de surface et les pollutions côtières. Il est grand temps de s’en préoccuper, comme l’explique ici Martin Colognoli, responsable scientifique de Coral Guardian.

L’année 2018 sera officiellement la troisième Année internationale des récifs coralliens, ou « IYOR 2018 », pour International Year Of the Reef, sous l’égide de l’ICRI et de la France qui en assure la coprésidence. Après déjà deux éditions et face à l’urgence climatique qui pèse sur ces écosystèmes, les espérances et l’enjeu sont de taille ! En 40 ans, plus de 40 % des récifs ont disparu de la planète, et les scientifiques estiment que si l’on ne fait rien, ils auront tous disparu d’ici 2050.

Les récifs coralliens sont dégradés par une accumulation de contraintes résultant des activités humaines. La surpêche, les techniques de pêche destructrices, la pollution et le développement côtier sont en tête de liste des facteurs de stress chroniques. De plus, les changements globaux à long terme élèvent les températures de la mer et la concentration de CO2 affectent également les récifs coralliens.

Au cours des 240 millions d’années écoulées, les coraux ont évolué pour devenir l’un des écosystèmes les plus importants et les plus complexes de la planète. Les récifs coralliens abritent plus de 4.000 espèces de poissons, 700 espèces de coraux, et des milliers d’autres plantes et de formes de vie animale. Ils soutiennent la biodiversité, mais ils sont aussi d’une immense valeur pour l’humanité. Ils sont une ressource alimentaire et économique pour plus de 850 millions de personnes. Les récifs coralliens protègent également plus de 150.000 kilomètres de côtes dans plus de 100 pays contre les vagues, les tempêtes, les inondations et l’érosion. Les coraux sont aussi d’importantes ressources pour de nouveaux médicaments en cours de développement.

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Du méthane s’échappe au fond des océans : y a-t-il danger ?

Les hydrates de méthane, ou clathrates, mélanges de glace et de méthane emprisonné, sont de formidables réserves d’énergie tapies en bordure des océans, notamment en Arctique. Comme le méthane est un puissant gaz à effet de serre, ses réserves pourraient être une bombe climatique à retardement. Des micro-organismes pourraient être néanmoins de bons alliés face à ce risque, comme le suppose une étude menée en Alaska.

Les mesures envisageables contre le réchauffement climatiques ne sont toujours pas suffisantes et le temps presse. Quoi qu’il arrive, il faudra payer les conséquences de l’évolution déjà amorcée et les perspectives, sans être tragiques, ne sont déjà pas réjouissantes. Cela pourrait malheureusement s’aggraver si l’humanité en venait à déstabiliser les réserves d’hydrates de méthane naturelles qui cachent sous l’eau et dans le pergélisol des régions arctiques.

Depuis des décennies, les géologues et les océanographes connaissent en effet l’existence en bordure des continents de gigantesques zones où s’accumulent ces hydrates de méthane, ou clathrates. Il s’agit de glace contenant des quantités non négligeables de méthane. Or il s’agit d’un puissant gaz à effet de serre : un seul kilogramme de CH4 équivaut à 25 kilogrammes de CO2 dans l’atmosphère. Malheureusement, si le méthane piégé dans les clathrates est stable dans des conditions de température et de pression données, il suffit que les océans se réchauffent un peu pour qu’il se libère. On comprend aisément, vu le pouvoir d’amplification de l’effet de serre du méthane, que le processus pourrait s’emballer avec libération de plus en plus massive de ce gaz, au fur et à mesure que la température de la planète augmenterait. Les prédictions les plus pessimistes du GIEC pourraient donc devenir réalité et même être dépassées ou, pire, survenir beaucoup plus tôt.

Lac Abrraham

Des bulles de méthane piégées sous la glace du lac Abraham, un lac artificiel sur la rivière Saskatchewan Nord à l’ouest de l’Alberta au Canada.

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