Inédit : 15.000 scientifiques lancent un cri d’alarme sur l’état de la planète

Dans un texte signé il y a 25 ans par 1.700 chercheurs, les auteurs exhortaient à réagir face à la destruction de l’environnement, craignant que « l’humanité ne pousse les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie ». Mais la situation s’est encore plus aggravée et devant l’ampleur du phénomène, plus de 15.000 scientifiques ont signé un cri d’alarme sans précédent. Si nous ne réagissons pas, nous allons droit dans le mur, expliquent-ils. Le temps presse.

En 1992, 1.700 scientifiques, dont près d’une centaine de prix Nobel, lançaient à l’occasion du Sommet de la Terre à Rio, premier du genre, le « World Scientist’s Warning to Humanity ». Cet avertissement à l’humanité décrivait la destruction de l’environnement, peu conscientisée à l’époque, et soulignait combien notre espèce est « sur une trajectoire de collision avec le monde naturel », si elle ne réagit pas.

Vingt-cinq ans plus tard, les scientifiques constatent que la situation ne s’est pas améliorée. Au contraire, elle a empiré dans tous les domaines en crise, avec une exception, l’affaiblissement de la couche d’ozone, réduit grâce à une forte mobilisation internationale. Alors 15.364 scientifiques du monde entier (184 pays) ont signé un nouveau cri d’alarme, d’une ampleur sans précédent. Le texte a été publié le 13 novembre dans la revue scientifique BioScience et dans Le Monde (« Il sera bientôt trop tard » titrait en Une lundi le quotidien), alors que se déroule jusqu’au 17 novembre, la COP23, sur le climat, à Bonn.

Le climat, justement. « Particulièrement troublante est la trajectoire actuelle d’un changement climatique potentiellement catastrophique » écrivent les auteurs dans le « cri d’alarme » de 2017. Le taux de CO2 dans l’atmosphère terrestre, nous l’avons vu récemment, n’a jamais été aussi élevé depuis au moins 800.000 ans. Il est désormais au-dessus de 400 ppm contre 280 ppm avant l’ère industrielle.

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Une nouvelle journée d' »airpocalypse » impressionnante à New Delhi

La capitale indienne New Delhi s’est réveillée mardi 7 novembre 2017 dans un des ces asphyxiants brouillards polluants qui lui valent sa sinistre réputation de mégapole parmi les plus polluées au monde.

Ce matin du 7 novembre 2017, les larges artères de la ville étaient voilées de gris. Les appartements ressemblaient à des fumoirs. Des petits commerçants de rue s’étaient noués un chiffon sur la bouche. Des situations comme celles de New Delhi, agglomération d’une vingtaine de millions d’habitants, mettent en question la durabilité des modes de vie humains dans des zones aussi peuplées, à l’heure où l’empreinte de l’homme sur la planète bleue est au cœur de la COP23 qui se déroule du 6 au 17 novembre en Allemagne.

À 8h locales, le compteur de particules fines de l’ambassade américaine en Inde affichait une concentration de particules ultra-fines d’environ 700 μg/m3 – le seuil de danger est situé à 300 μg/m3. L’OMS recommande elle de ne pas dépasser 25μg/m3 en moyenne journalière.

« Au moment où je suis sorti de chez moi, j’ai commencé à tousser et mes yeux se sont mis à me brûler. C’est insupportable pour les humains », a déclaré à l’AFP Naresh Yadav, un employé de banque. Inconscients de la pollution, nombre de Delhiites attribuent la baisse de visibilité à une simple brume naturelle. Alarmée, l’association médicale indienne a estimé que la capitale se trouvait en « état d’urgence de santé publique » et appelé les autorités locales à réagir. « Delhi est devenu invivable, particulièrement pour les enfants », a réagi Vipin Malhotra, un homme d’affaires.

Pollution New Delhi 07/11/2017

Des Indiens à vélo, un jour de forte pollution à New Delhi, le 7 novembre 2017 (Source : AFP).

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2017, une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées

Pendant l’année en cours, la température moyenne de la planète a gagné 1,1°C par rapport au début de l’ère industrielle.

La planète continue d’avoir de la fièvre. Selon les dernières estimations de l’OMM (Organisation météorologique mondiale), les neuf premiers mois de l’année se classent parmi les plus chauds qui ont été mesurés. La hausse de la température moyenne à la surface du globe sur l’année en cours est de « quelque 1,1°C » par rapport à celle du début de l’ère industrielle. Sous l’effet d’un puissant phénomène climatique El Nino « 2016 devrait conserver son statut d’année la plus chaude, 2015 et 2017 se disputant la deuxième et la troisième places », estime l’agence des Nations unies, en ce jour d’ouverture de la COP23, 23e conférence annuelle sur les changements climatiques qui s’ouvre à Bonn (Allemagne), jusqu’au 17 novembre.

Il s’agit d’une preuve de plus que ces trois dernières années reflètent une tendance au réchauffement « à long terme de la planète », a souligné Petteri Taalas, le secrétaire général de l’OMM. Ces niveaux extrêmes s’accompagnent de dérèglements climatiques inquiétants : des ouragans d’une intensité record dans les Caraïbes et l’Atlantique, qui ont même atteint jusqu’à l’Irlande, une terrible sécheresse en Afrique de l’Est, des pics de températures au-dessus de 50°C en Asie…. Bref, même si 2017 n’est pas terminée, l’OMM envisage déjà d’attribuer à cette année le statut de l’année la plus chaude enregistrée en l’absence de phénomène climatique El Nino.

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Les atolls du Pacifique résistent à la montée des eaux

La COP 23 s’ouvre ce lundi à Bonn, en Allemagne, sous la présidence des Fidji. Une bonne occasion de rappeler que les petits États îliens sont menacés par la hausse du niveau des mers. Pourtant, les derniers travaux scientifiques ne montrent pas de réduction de la surface des atolls examinés.

En dépit de la montée du niveau des mers de 3,4 mm par an, les archipels du Pacifique les plus menacés ne perdent ni en surface, ni en hauteur. Est-ce à dire que le discours maintes fois répétés de l’Alliance des petits États îliens sur la probable submersion de leurs terres est faux ? Non, mais la réalité est évidemment plus complexe.

Ce n’est qu’à partir de 2010 que des chercheurs ont entrepris de vérifier l’érosion des atolls. Il a fallu pour cela comparer les images aériennes prises à différentes dates. “Des survols de ces terres sont régulièrement effectués depuis les années 50 et la comparaison des photos prises dans le passé avec les images satellite d’aujourd’hui nous permettent d’avoir une évolution sur soixante-dix ans des littoraux”, explique Virginie Duvat, géographe à l’université de La Rochelle qui vient de publier fin septembre une étude dans Global and Planetary Change sur quatre atolls des Tuamotu dans la Polynésie française.

L’article conclut que sur 111 îles éloignées 77 % sont stables, 15 % sont en expansion et 8 % en régression. Un résultat en droite ligne avec les observations qui s’amoncellent ces cinq dernières années. “Nous avons actuellement des données pour environ 400 îles du Pacifique (Marshall, Kiribati, Tuvalu, États fédérés de Micronésie, Tuamotu…), et 200 de l’océan Indien (Maldives et Chagos), affirme Virginie Duvat. Les résultats obtenus pour le Pacifique sont unanimes : les îles coralliennes n’ont connu au cours des cinquante à cent dernières années aucune contraction qui pourrait annoncer leur prochaine disparition.” Globalement, 73 % ont maintenu leur surface, 19 % ont connu une extension et 8 % une contraction.

Atoll Tetiaroa

L’atoll de Tetiaroa, dans les îles du Vent, en Polynésie française (Source : V. Duvat).

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Réchauffement climatique : tous les indicateurs au rouge

Toujours plus alarmants, les indicateurs clé du réchauffement planétaire soulignent l’urgence d’agir alors que s’ouvre le 6 novembre 2017 à Bonn la 23e conférence de l’ONU sur le changement climatique.

Ce lundi 6 novembre 2017 s’ouvrira à Bonn en Allemagne la COP 23, durant laquelle les représentants des états vont entamer des négociations pour préparer la mise en place de l’Accord de Paris signé en 2015. Une démarche qui s’impose alors que les indicateurs clés du réchauffement climatique indiquent tous que le phénomène prend de l’ampleur.

La planète a battu en 2016 son 3e record annuel consécutif de chaleur, avec une température supérieure d’environ 1,1°C à la moyenne de l’ère pré-industrielle, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Le XXIe siècle compte déjà 16 des 17 années les plus chaudes depuis le début des mesures en 1880.

En Arctique, l’étendue maximale des glaces a été en 2016 la plus faible en 37 ans d’observation par satellite. En Antarctique, la banquise a été également très inférieure à la moyenne de la période 1981-2010. La fonte des glaciers alpins s’est poursuivie, pour la 37e année de suite. Sous l’effet des « îlots de chaleur » générés par le béton et l’asphalte, les grandes villes pourraient gagner jusqu’à 8°C supplémentaires d’ici 2100. Et même avec une hausse limitée à 2°C – l’ambition de l’accord de Paris – des villes comme Djakarta, Lagos, Caracas ou Manille dépasseront le seuil de « chaleur létale » la moitié de l’année.

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Le réchauffement climatique menace 50 ans de progrès en santé publique

Les effets du changement climatique menacent d’annuler 50 ans de progrès en matière de santé publique, dénonce le dernier rapport « Compte à rebours sur la santé et le changement climatique » publié lundi 30 octobre 2017 dans la revue britannique The Lancet.

Coups de chaleur, pertes de productivité, expansion des maladies transmises par les moustiques… Le changement climatique a déjà un impact concret sur notre santé, avertit un rapport publié dans la revue médicale britannique The Lancet lundi 30 octobre 2017, qui invite à « accélérer la transition vers une société bas carbone ».

Baptisé « Compte à rebours sur la santé et le changement climatique : de 25 ans d’inaction à une transformation mondiale pour la santé publique », ce rapport entend mesurer tous les ans jusqu’en 2030 les progrès réalisés pour 40 indicateurs clés concernant ces deux sujets. Lancé en 2015, il est élaboré par 24 organismes de recherche et organisations internationales, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Entre 2000 et 2016, le nombre de catastrophes climatiques (ouragans, inondations, sécheresses…) a augmenté de 46%, observent les auteurs du rapport. Sur la même période, la hausse des températures a réduit de 5,3% la productivité des travailleurs dans les zones rurales. De plus, le nombre de personnes affectées par les vagues de chaleur a augmenté d’environ 125 millions, atteignant un record de 175 millions de personnes exposées en 2015, les conséquences pour la santé allant « du stress thermique ou coup de chaleur à l’aggravation d’une insuffisance cardiaque pré-existante ou à un risque accru d’insuffisance rénale liée à une déshydratation ».

Coût catastrophes liées au changement climatique

Coût des catastrophes liées au changement climatique (Source : AFP).

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Le niveau de carbone atmosphérique a atteint un seuil record

La concentration en dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique a battu un triste record : c’est la valeur la plus élevée depuis au moins 800.000 ans, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Le climat n’en finit pas d’établir de tristes record. C’est désormais celui de la concentration en dioxyde de carbone (CO2) qui a été battu, révèle l’Organisation météorologique mondiale (OMM). « La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années. Or la température était de 2 à 3°C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel », en raison de la fonte des nappes glaciaires, a alerté l’agence de l’ONU dans son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre.

Selon l’OMM, cette « montée en flèche » du niveau de CO2 s’explique par « la conjonction des activités humaines et d’un puissant épisode El Niño », phénomène climatique qui apparaît tous les 4 ou 5 ans et se traduit par une hausse de la température de l’océan Pacifique, ce qui provoque des sécheresses d’un côté et de fortes précipitations de l’autre. « Alors qu’elle était de 400 parties par million (ppm) en 2015, la teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone (…) a atteint 403,3 ppm en 2016 et représente désormais 145% de ce qu’elle était à l’époque pré-industrielle (avant 1750) », précise le rapport. Le plus haut niveau jamais observé depuis au moins 800.000 ans ! « Si l’on ne réduit pas rapidement les émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2, nous allons au-devant d’une hausse dangereuse de la température d’ici la fin du siècle, bien au-delà de la cible fixée dans l’Accord de Paris sur le climat », a averti le secrétaire général de l’OMM, le Finlandais Petteri Taalas.

Concentration gaz à effet de serre 2016

Un record de concentration qui ne concerne pas seulement le CO2, mais aussi les autres gaz à effet de serre (Source : AFP).

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