Coup de froid sur la France : un scénario possible pour la fin du siècle

La probabilité d’un refroidissement important du climat dans l’Atlantique Nord au cours des prochaines décennies est revue à la hausse par une équipe du CNRS. En cause, l’arrêt brutal de la plongée des eaux de surface dans la mer du Labrador.

Jack Hall, le climatologue du film catastrophe Le Jour d’après (Roland Emmerich, 2004) prédisait le retour d’un âge de glace en Amérique du Nord et en Europe qui survenait beaucoup plus vite qu’il ne l’avait prévu. Selon le scénario, ce refroidissement abrupt provenait de l’arrêt brusque de la « circulation thermohaline ». Ce système de courants, qui incluent le Gulf Stream, transfère la chaleur des basses latitudes vers les hautes latitudes de l’Atlantique Nord et est donc responsable des températures relativement douces en hiver qui caractérisent le climat actuel de l’Europe. Bien que son fondement physique soit plausible, la rapidité et l’ampleur du refroidissement décrit dans le film appartiennent à la fiction hollywoodienne.

Toutefois, une interruption de la circulation thermohaline n’est pas de la pure fantaisie. Un chapitre est consacré à ce risque dans le dernier rapport du GIEC (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). En se basant sur les projections des modèles climatiques de dernière génération, les experts du GIEC ont jugé qu’une interruption de la circulation thermohaline était cependant très improbable au cours du XXIe siècle. Or, une équipe de chercheurs du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE, CNRS) et de l’université de Bordeaux vient de réviser ce risque à la hausse.

Réanalysant les 40 modèles utilisés par le GIEC, cette équipe estime aujourd’hui dans Nature Communications que la possibilité d’un refroidissement brutal dans l’Atlantique Nord pourrait être bien plus forte que prévu d’ici à la fin du siècle. La nouvelle étude évalue pour la première fois le risque qu’un tel phénomène soit provoqué par un arrêt de la convection océanique dans la mer du Labrador, qui n’avait pas été considéré séparément. « La convection dans la mer du Labrador se déclenche normalement en hiver lorsque les eaux de surface se refroidissent fortement et deviennent plus denses que les eaux plus profondes », explique Giovanni Sgubin, du laboratoire Environnements et péléoenvironnements océaniques et continentaux (EPOC, CNRS/université de Bordeaux). « Les eaux en surface plongent donc vers le fond et produisent un mélange vertical très intense. Ce mélange produit un transfert de chaleur net de la profondeur vers la surface et l’atmosphère. »

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Les Alpes perdraient 30% de leur neige avec un réchauffement de 2°C

Le manteau neigeux recouvrant les Alpes chaque hiver diminuerait de 30% d’ici la fin du siècle même si la hausse de la température mondiale est limitée à 2°C, comme le prévoit l’accord de Paris sur le climat, indique une étude parue jeudi.

Le manteau de neige alpin va diminuer « mais les futures émissions (de gaz à effet de serre) détermineront de combien, » explique Christophe Marty, l’un des auteurs de l’étude publiée dans la revue The Cryosphere.

Dans le cas où les émissions de gaz à effet de serre ne diminueraient pas, l’épaisseur et l’étendue de ce manteau pourraient se réduire jusqu’à 70%, avertissent les chercheurs de l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches et de l’Ecole polytechnique fédérale de Suisse.

Si ce scénario catastrophe se réalisait, seules les stations de ski au dessus de 2.500 mètres auraient une vraie saison de glisse. Mais quel que soit le niveau des émissions de gaz à effet de serre, ces travaux montrent que le manteau neigeux sera moins épais « à toutes les altitudes et à toutes les périodes ».

La Grande Casse

La face nord de la Grande Casse dans les Alpes.

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Les manchots du Cap menacés par la surpêche et le réchauffement climatique

Selon une étude parue le 9 février 2017, le réchauffement climatique et la surpêche seraient responsables de l’accélération de l’extinction des manchots du Cap.

D’après les scientifiques, le changement climatique et la pêche excessive risquent de précipiter l’extinction des manchots du Cap (Spheniscus demersus) en les piégeant dans des régions où ils ne trouvent pas suffisamment de nourriture. Selon les observations des chercheurs, les jeunes de cette espèce scrutent des vastes étendues d’océan dans l’espoir d’apercevoir des signes indicateurs de la présence de proies abondantes.

Mais le changement climatique et la pêche industrielle provoquent des perturbations qui brouillent ces indices et conduisent ces oiseaux noir et blanc dans des zones pauvres en nourriture. Les effets de « ces pièges écologiques marins » sont dévastateurs car ils font chuter le taux de survie des jeunes manchots, expliquent les auteurs de l’étude parue jeudi 9 février 2017 dans la revue américaine Current Biology. Ainsi, leur modèle informatique suggère que le taux d’accouplement est de ce fait 50 % inférieur à la normale à cause de la surmortalité ces animaux.

Manchots du Cap

Le réchauffement climatique et la surpêche conduisent au déclin des manchots du Cap (Spheniscus demersus) (Source : Superstock/SIPA)

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Réchauffement climatique : la Terre serait plus sensible au CO2 que prévu

Le lien entre réchauffement climatique et abondance de CO2 dans l’atmosphère terrestre n’est plus à faire. Mais il reste peut-être à préciser. C’est du moins ce que suggère une équipe de chercheurs australiens qui formule aujourd’hui l’hypothèse d’un impact bien plus important que prévu de la concentration en CO2 sur notre climat.

Dans sa longue histoire, la Terre a connu plusieurs périodes de réchauffement climatique dont les périodes sont identifiées avec une précision plutôt bonne. Le lien qui peut être fait avec la concentration en CO2 dans l’atmosphère reste quant à lui plus difficile à établir. Car les méthodes de mesure demeurent incertaines. Mais la donne pourrait changer grâce à une nouvelle approche proposée par des chercheurs de l’université de Sidney (Australie).

Rappelons que les végétaux sont criblés de stomates qui leur permettent de fixer le CO2. Or les scientifiques ont pu observer que leur nombre sur une feuille est directement lié au taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Directement, mais de façon variable selon les espèces, ce qui complique la mesure. Les chercheurs australiens ont donc choisi de s’intéresser à la densité de stomates (nombre, taille et profondeur) ainsi qu’aux résidus organiques présents dans des feuilles fossilisées. En croisant ces deux indicateurs de la concentration passée de CO2, ils espèrent améliorer les estimations.

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Des chercheurs délogés par la fonte des glaces

La station de recherche britannique Halley VI du British Antarctica Survey, est obligée de quitter son emplacement actuel à cause de l’extension d’une faille dans la banquise à seulement 7 kms du site.

Ils étudient le changement climatique depuis des années, pourtant cet événement, ils ne l’avaient pas vu venir. Enfin si, mais ils ne pensaient pas que cela arriverait si rapidement. Dans un craquement retentissant, la faille, située alors à 12km de leur emplacement et immobile pendant 35 ans, vient de s’étendre pour arriver à seulement 6 km de la station de recherche Halley VI de l’observatoire British Antarctic Survey (BAS). Il leur faut alors déménager pour ne pas se retrouver à la dérive. Heureusement, un autre site a été trouvé à 23 km de leur emplacement actuel durant l’année 2015/2016, pour migrer en cas de problème.

Depuis 2012, cette station est installée sur la banquise Brunt, un gigantesque glacier de 2.5 millions de km². « L’Antarctique est un milieu très hostile », raconte Tim Stockings, le directeur des opérations de l’observatoire britannique dans une revue de presse du BSA. « Et c’est parce que la glace et le temps sont imprédictibles que nous devons être flexibles dans notre approche », continue-t-il. La faille n’ayant pas bougé depuis des années, cette expansion pourrait bien être due au réchauffement climatique et à la fonte prématurée et extrêmement rapide de la glace.

Station Halley VI

La station de recherche britannique Halley VI du British Antarctica Survey (Source : British Antarctica Survey)

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Des températures alarmantes en Arctique

Les températures mesurées au pôle Nord ont été parfois supérieures de 20°C à la moyenne durant ce mois de novembre 2016. En conséquence, la banquise est à un niveau historiquement bas pour la saison.

Imaginez que le thermomètre affiche 30°C en moyenne dans l’hexagone en cette fin de mois de novembre 2016. Cette situation que l’on pourrait croire inimaginable a lieu actuellement au pôle Nord. La température à la mi-novembre a atteint un incroyable pic à environ -5°C, alors que la moyenne des températures en cette période est habituellement plutôt aux alentours de -25°C, a constaté l’Institut météorologique danois.

Et sur ces quatre dernières semaines, le thermomètre est resté 9 à 12°C au-dessus de la normale. En conséquence, la surface de banquise est elle aussi à des niveaux historiquement bas pour un mois de novembre. Elle ne recouvre que 8,8 millions de km carrés, soit environ 3 millions de moins que de coutume à cette période.

À la fin de l’été 2016, l’étendue des glaces arctiques était déjà la deuxième plus faible jamais enregistrée (4,14 millions de km2), après celle de 2012 et son taux historiquement bas de 3,38 millions de km 2, selon le Centre de données sur la neige et la glace (NSIDC) américain. En octobre, elle n’était remontée qu’à 6,4 millions de km2, soit un tiers de moins par rapport à la moyenne de 1981-2010 : la plus faible superficie pour cette saison depuis le début des relevés satellitaires en 1979 !

Tempérautre Arctique novembre 2016

Évolution des températures de l’Arctique (exprimées en Kelvins) en 2016 (courbe rouge) au fil des jours, et comparaison avec l’indice climatique ERA40 qui représente la moyenne des températures sur la période 1957 – 2002. (Source : DMI)

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COP 22 : le zéro déforestation en 2030 sera-t-il atteint ?

La COP 22 a fait le point sur les efforts entrepris depuis un an pour stopper la déforestation. Si des initiatives ont bien été prises, il n’est pas certain que plus un hectare de forêt ne disparaisse en 2030.

L’objectif de zéro déforestation en 2030, l’an dernier à la COP21 de Paris, tout le monde l’a réclamé : ONG bien sûr, mais aussi industriels (de l’huile de palme ou du bois d’œuvre), financiers et Etats. Et puis tout le monde est rentré chez soi. Que s’est-il passé depuis ? Pas mal de choses ont affirmé mardi à Marrakech des représentants d’Etats les mieux lotis en couverts forestiers. « La mise en place d’alliances entre entreprises privées, communautés autochtones et ONG ont permis de sacraliser la protection de 125 millions d’hectares de forêts, ce qui nous met en ligne pour atteindre 350 millions d’hectares en 2030 », a affirmé Stewart Maginnis, directeur du programme forêt à l’UICN

Cette protection permet de stocker 1,6 milliard de tonnes de CO2 par an, soit 30 milliards de tonnes d’émissions évitées entre 2011 et 2030. Par ailleurs, 114 Etats ont inclus des objectifs de protection de leurs forêts dans leurs contributions nationales de réduction de gaz à effet de serre, ce qui équivaut à 160 millions d’hectares protégés supplémentaires.

« Quand nous sommes rentrés au pays après la COP de Paris, nous avons organisé dès février un atelier national pour bien définir les espaces à protéger, explique ainsi Saah David, en charge des questions forestières au Libéria. 42% de la surface du pays devra rester boisée ». Une décision importante pour un pays très pauvre dont la population dépend presque entièrement de la forêt et de l’agriculture. Cette décision impose en effet une limitation des surfaces consacrées à l’huile de palme, une plante industrielle qui fait un retour en force dans sa région d’origine, l’Afrique équatoriale.

Déforestation Bornéo

Une colline de l’île de Bornéo, en Indonésie, dont tous les arbres ont été abattus pour y installer des plantations d’huile de palme (Source : AFP).

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