Climat : « Nous venons d’observer un évènement inédit en Antarctique »

La surface de banquise dans l’Antarctique, jusqu’alors relativement préservée des effets du réchauffement climatique a brutalement décroché durant les derniers relevés.

C’est un graphique emblématique de la situation d’incertitude dans laquelle se trouve l’Antarctique, au pôle Sud de notre planète. Contrairement aux glaces du Groënland dont les surfaces se réduisent considérablement année après année, la surface de banquise de l’Antarctique demeurait, elle, relativement stable, voire même très légèrement à la hausse depuis des années.

Mais récemment, l’extension de la glace a brutalement décroché, passant de 16 à 14 millions de kilomètres carrés durant le mois de novembre, qui correspond au début du printemps en Antarctique. « C’est un phénomène d’une ampleur inédite, provoqué en partie par des températures supérieures de 2 à 4°C au dessus des normales de saison. Mais l’origine précise de ces températures si élevées est encore inconnue » a déclaré David Salas y Mélia, chercheur au Centre National de Recherches Météorologiques de Météo-France, durant une conférence de presse vendredi 24 mars 2017.

« On est désormais curieux de voir comment la banquise va se réinstaller l’année prochaine, après cette rupture hors norme » précise le climatologue. Une rupture qui marque peut-être la fin d’une tendance légèrement à la hausse de la couverture de la banquise au pôle sud de notre planète, depuis au moins les années 1970 (droite bleue sur le graphique ci-dessous). En effet, contrairement au pôle Nord de notre planète dont la banquise fond chaque année un peu plus à un rythme toujours plus alarmant, le pôle sud (Antarctique) semblait jusqu’à récemment à peu près épargné par les effets du réchauffement climatique. « Cette légère extension de la surface des glaces constatée au Pôle Sud était sans doute imputable à trois facteurs », explique David Salas y Mélia.

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Les glaces de l’Arctique, à leur niveau le plus bas depuis 38 ans

Les glaces hivernales de l’Arctique battent un triste record en atteignant péniblement les 14,42 millions de km2. Leur étendue la plus faible depuis 38 ans.

Cet hiver, les glaces de l’Arctique ont atteint leur plus faible étendue en 38 ans. Soit depuis le début des mesures satellites en 1979. Un record battu pour la troisième année consécutive, ont expliqué la NASA et le Centre américain de la neige et des glaces (NSIDC). « J’étudie l’évolution du climat hivernal dans l’Arctique depuis 35 ans et je n’ai jamais observé ce que nous avons vu ces deux derniers hivers », a déclaré à l’AFP le directeur du NSIDC, Mark Serreze. A cette date, la banquise s’étalait alors sur 14,42 millions de km2 maximum. Pour 14,51 millions de km2 en 2015 et 14,52 millions de km2 en 2016.

L’AFP rappelle également que les données satellites de CryoSat-2 de l’Agence spatiale européenne mettent en lumière une moindre épaisseur de la glace lors des quatre dernières années. Le programme « Pan-Arctic Ice Ocean Modelind and Assimilation System » de l’Université de Washington en arrive d’ailleurs aux mêmes conclusions. « Commencer le début de la saison du dégel avec des glaces aussi peu épaisses laisse prévoir la possibilité d’un nouveau record d’étendue minimale de la banquise en septembre », souligne à l’AFP Julienne Stroeve, une scientifique du NSIDC. L’étendue moyenne des glaces flottant sur l’océan arctique était d’environ 10,1 millions de km2 en septembre 2016, au plus chaud de la saison et une fois encore la plus petite superficie estivale mesurée depuis 1979.

Arctique 07/03/2017

La banquise hivernale de l’Arctique atteignait 14,42 millions de kilomètres carrés au 7 mars, sa superficie maximale pour 2017. Son plus bas niveau depuis 38 ans. (Source : NASA)

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Climat : les industriels veulent encore plus réduire l’impact des gaz HFC

La filière française du froid a pris de nouveaux engagements pour mieux récupérer et traiter les gaz réfrigérants, notamment les HFC, utilisés par exemple dans les réfrigérateurs et très nocifs pour le climat, a-t-on appris mercredi auprès de ces industriels.

Depuis la prise de conscience de l’impact de ces gaz, la réglementation s’est considérablement renforcée, avec l’an dernier un accord mondial pour éliminer progressivement les hydrofluorocarbures (HFC), tandis que l’Union européenne veut réduire de 37% la consommation des HFC dès 2018 et de 79% d’ici 2030.

« Cela va imposer de changer les installations de froid ou de remplacer les fluides » HFC qu’elles contiennent par des fluides moins nocifs, explique à l’AFP Christophe Morote, porte-parole de l’ADC3R, qui regroupe les distributeurs, conditionneurs, récupérateurs et retraiteurs de réfrigérants.

Les industriels français de la filière qui ont déjà mis en place dès 1993 une politique volontaire de récupération des gaz réfrigérants, ont donc signé une convention pour accompagner cette nouvelle réglementation.

HFC consommation

La consommation mondiale de HFC d’ici 2050 et son influence grandissante sur le réchauffement climatique si rien n’est fait.

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Le manque d’eau fait mourir la mangrove australienne

En Australie, dans le Golf de Carpentaria, des conditions climatiques extrêmes ont fait mourir des milliers d’hectares de mangroves. Un milieu très prisé de nombreuses espèces.

Après les coraux victimes d’un épisode inédit de blanchissement, c’est au tour de la mangrove de subir de plein fouet les effets du réchauffement climatique en Australie. Un dépérissement inédit de par son ampleur a été constaté par des scientifiques de l’Université australienne James Cook. Les chercheurs expliquent qu’il s’agit du « plus grave, plus remarquable et plus étendu des cas de dépérissement de végétation de mangrove jamais signalé.

Entre la fin de 2015 et le début de 2016, de vastes étendues de végétations de marécages de mangroves sont mortes sur 1000 km de la rive australe du golfe de Carpentaria. » L’Australie qui compte 7% de l’ensemble de ces écosystèmes de marais marins, a vu périr quelques 7400 hectares. Ce qui correspond à 6% de la végétation de la zone de l’estuaire de la rivière Roper dans le Territoire du Nord, à l’est de Karumba dans le Queensland.

Si les travaux des chercheurs rappellent que la (les) cause (s) de ce dépérissement n’est (ne sont) pas entièrement connue (s), la période coïncide avec des événements météorologiques extrêmes. « À l’époque, est survenue une période anormalement longue de sécheresses sévères, de hautes températures sans précédent et d’une chute temporaire du niveau de la mer (20 cm) », précise l’étude.

Mangrove du Golfe de Carpentaria, Australie

Cette photo prise en 2016 par Norman Duke, chef du centre de recherches sur les mangroves de l’Université James Cook, montre l’étendue des dégâts dans le golfe de Carpentaria (Source : James Cook University/AFP).

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La grande barrière de corail de nouveau menacée par le blanchissement

La grande barrière de corail est menacée par un épisode de blanchissement pour la deuxième année consécutive. Un coup dur de plus pour un écosystème déjà fragile.

La grande barrière de corail en Australie n’en finit plus de blanchir. Pour la deuxième année consécutive, les récifs qui s’étendent sur pas moins de 2300 km subissent un nouvel épisode de cet impressionnant phénomène. Un constat établit par le parc marin de la grande barrière de corail après que des relevés aériens aient été effectués au-dessus de la côte nord-est de l’Australie.

Fait inquiétant, les scientifiques soulignent que c’est la première fois qu’un tel épisode de blanchissement se répète sur deux ans. De plus, des zones plus ou moins épargnées l’année dernière ne le sont plus. Comme l’explique le communiqué du parc marin de la Grande Barrière de corail : « Le relevé aérien du récif, le premier pour 2017, a constaté un blanchiment sévère dans les récifs au large du nord d’Ingham à l’étendue nord de l’étude près de Cairns.

Cette année, plus de blanchiment est observé dans cette partie centrale du récif, qui l’année dernière a échappé au blanchiment généralisé sévère ». Pour 2016-2017, les températures ont augmenté dès décembre. Ce qui induit toujours plus de stress et une fragilisation croissante pour ces coraux. Habituellement, les coraux avaient quelques années pour récupérer, mais pas cette fois…

Grande barrière de corail Australie

Image prise depuis l’ISS, d’une partie de la Grande Barrière de corail.

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Les plantes ralentissent-elles vraiment le changement climatique ?

La capacité des forêts à fixer une partie du CO2 atmosphérique est l’une des entrées essentielles des modèles de changement climatique. Mais une étude suggère que cette capacité aurait pu être surévaluée, notamment concernant les forêts subtropicales et tropicales. La faute à des sols trop pauvres en nutriments.

Les arbres de nos forêts ont la capacité à fixer une partie du CO2 atmosphérique. Du CO2 qui après assimilation leur permet de grandir. Et d’en capturer un peu plus pour grandir encore plus. De quoi, prédisent les modèles, nous protéger en partie des méfaits du changement climatique. Mais selon une étude australienne, les choses pourraient s’avérer un peu plus compliquées.

Pendant trois ans, des chercheurs de l’université occidentale de Sydney ont exposé une forêt d’eucalyptus à une atmosphère très riche en CO2. Les concentrations ont atteint les 550 ppm contre quelque 400 ppm dans l’atmosphère actuelle. Et si l’activité de photosynthèse a bien été dopée — de l’ordre de 19 % –, cela n’a eu aucune conséquence sur la croissance des arbres.

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Et si le CO2 devenait une source d’énergie

Pour limiter les effets sur le climat du dioxyde de carbone (CO2), on peut travailler à réduire son émission dans l’atmosphère. On peut également chercher un usage à ce gaz à effet de serre réputé indésirable. Et pourquoi ne pas en tirer de l’énergie ? C’est l’idée de scientifiques britanniques, qui veulent faire travailler des bactéries.

Les records de concentration en dioxyde de carbone (CO2) dans notre atmosphère ne cessent de tomber, à tel point que le point de non-retour semble atteint. Mais les scientifiques ne sont pas du genre à baisser les bras. En attendant que de vraies mesures de limitation des émissions de CO2 soient adoptées et respectées, ils réfléchissent à des solutions alternatives. Comme cette équipe de l’université du Kent (Royaume-Uni) qui cherche à comprendre comment convertir efficacement le CO2 en méthane utilisable pour produire de l’énergie.

Des organismes dits à métabolisme méthanogène pourraient s’en charger. Des bactéries produisent en effet du méthane (CH4) à partir de CO2. Ces organismes seraient même responsables du tiers du méthane rejeté dans notre atmosphère. Mais leur culture — et, de fait, l’industrialisation du procédé — reste compliquée.

Geyser

Les organismes méthanogènes sont des organismes anaérobies stricts qui meurent en présence de dioxygène. On les trouve, entre autres, dans des milieux extrêmes tels que des déserts, dans des glaces ou, comme ici, dans des geysers.

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