Réchauffement climatique : est-ce la fin des haricots pour les tomates ?

L’agriculture sera impactée par le réchauffement climatique. Si cela est une certitude, la façon et l’ampleur avec lesquelles elle le sera restent matière à débat. S’agissant des tomates, il semble que ces plantes ne résisteraient pas aux attaques simultanées des insectes herbivores et de la chaleur. En cause, des hormones végétales, les jasmonates.

Le réchauffement climatique entraîne l’augmentation des stress subis par les plantes. Chaleur, sécheresse, nouveaux ravageurs… En 2018, une étude publiée dans Science a prédit que les insectes herbivores, qui consomment actuellement 5 à 20 % des principales cultures céréalières, devraient causer des pertes de récoltes entre 10 et 25 % supérieures. Et ce, pour chaque degré Celsius gagné (ou perdu, selon le point de vue).

Pourtant, les modèles utilisés pour ces prédictions ne prennent pas en compte la réaction des plantes infestées à la chaleur. Pour pallier ce manque, une nouvelle étude a vu le jour dans PNAS. Celle-ci n’a pas été basée sur un modèle informatique, mais sur des observations de plants de tomates en laboratoire. Cela a permis de comprendre le mécanisme à l’œuvre lorsqu’une plante, déjà soumise au stress d’une attaque d’insecte, endure également une chaleur trop importante.

Les plantes produisent des substances similaires aux hormones, les phytohormones, pour assurer leur bon fonctionnement. Parmi elles, on trouve les jasmonates, un groupe d’hormones aux multiples rôles. En particulier, les jasmonates induisent une réponse de défense chez la plante lors d’une morsure par un insecte affamé. Cela entraîne la production de composés censés repousser l’insecte.

Tomates

Chez la tomate, il semble que la réponse hormonale à une attaque de ravageurs soit incompatible avec la réponse à une trop forte chaleur.

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Ces substances sont responsables de la moitié du réchauffement de l’Arctique

Le réchauffement rapide de l’Arctique au cours de ces dernières décennies est peut-être la preuve la plus convaincante du changement climatique en cours. Pour les experts, il ne fait aucun doute qu’il est le résultat d’une augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans notre atmosphère. Le rôle du CO2 en la matière n’est pas contestable. Mais des chercheurs attirent aujourd’hui notre attention sur d’autres composés. Ceux-là mêmes qui ont, au cours du XXe siècle, causé le fameux trou dans la couche d’ozone.

Au milieu des années 1980, on apprenait qu’un trou était en train de se creuser dans la couche d’ozone qui protège notre Terre des rayonnements ultraviolets néfastes. En cause : nos émissions de composés halogénés tels que chlorofluorocarbures (CFC) ou hydrofluorocarbures (HFC). Et si les mécanismes de cet appauvrissement en ozone ont rapidement été percés, peu d’études se sont intéressées à l’impact climatique global de ces composés.

Aujourd’hui, des chercheurs de l’université de Columbia (États-Unis) avancent que ces derniers sont responsables de pas moins du tiers du réchauffement climatique enregistré entre 1955 et 2005. Et même de la moitié du réchauffement de l’Arctique et de la fonte des glaces observés durant cette période. Des conclusions qui pourraient aider les scientifiques à comprendre enfin pourquoi cette région du monde présente la fâcheuse tendance à se réchauffer beaucoup plus vite que les autres.

CFC, HFC & réchauffement Arctique

Les CFC et autres HFC n’ont pas simplement creusé un trou dans la couche d’ozone. Ils sont aussi responsables de la moitié du réchauffement de l’Arctique entre 1955 et 2005.

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Survivre plutôt que se reproduire… Les tortues luth face au dilemme du changement climatique ?

Des scientifiques, aidés par Greenpeace, ont équipé dix tortues luth de balise Argos pour suivre leurs migrations. De la Guyane, où elles pondent, jusqu’à leurs zones d’alimentation. Résultat : Elles parcourent bien plus de distance qu’il y a dix ans. Au péril de l’espèce ?

Leurs ancêtres ont partagé la planète avec les dinosaures, il y a 100 millions d’années, et elles ont traversé les époques depuis, occupant une place cruciale dans l’écosystème marin. « Les tortues marines sont parmi les habitants les plus mystérieux et charismatiques de nos océans, estime Damien Chevallier, chercheur à l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC-CNRS), spécialiste de cet animal marin. Et il est à peine croyable d’imaginer que leur temps soit compté aujourd’hui. »

Des sept espèces de tortues marines, six figurent aujourd’hui sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Les pressions qu’elles subissent sont multiples. De la pêche industrielle à la pollution plastique, en passant par le braconnage et le changement climatique.

Une étude, menée par les scientifiques de l’IPHC avec la collaboration de l’ONG Greenpeace, et dont des premiers résultats ont été publiés jeudi, illustre l’une des menaces que fait peser le changement climatique sur les tortues marines. Elle a commencé début juin, dans la réserve naturelle de l’Amana, en Guyane Française, lieux de pontes des tortues luth entre avril et juillet. Il s’agissait alors d’équiper de balises Argos dix tortues luth – la plus grande des sept espèces actuelles de tortues marines –, afin de suivre leurs migrations, des sites de nidifications aux zones d’alimentation.

Tortue luth balise argos

L’une des dix tortues luth équipées d’une balise arogs, en Guyane, en juin 2019, par les scientifiques de l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC-CNRS), avec la collaboration de Greenpeace (Source : Jody Amiet / Greenpeace).

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Une importante vague de chaleur océanique a provoqué un nombre record de décès d’oiseaux de mer

Des chercheurs ont récemment signalé une nouvelle catastrophe biologique dévastatrice, cette fois causée par une zone périodique anormalement chaude dans l’océan Pacifique, une vague de chaleur connue sous le nom de « The Blob ».

Cette vague de chaleur marine concentrée a persisté dans le nord-est du Pacifique entre 2013 et 2016, et les chercheurs pensent à présent qu’elle est en grande partie responsable de la mort de près d’un million de guillemots de Troïl (Uria aalge), parmi d’autres espèces sauvages. Il s’agit de la plus grande vague de décès d’oiseaux de mer de l’histoire.

Cette estimation est basée sur quelque 62’000 guillemots qui se sont échoués sur la côte ouest des États-Unis en 2015 et 2016, couvrant une zone s’étendant de la Californie à l’Alaska.

À savoir que seulement une infime fraction des oiseaux qui meurent en mer finissent par s’échouer sur la terre ferme, cela est donc un bon indicateur de l’ampleur extrême de cette mort en masse, qui était bien plus importante que le nombre de cadavres retrouvés.

Décès oiseaux mer & vague de chaleur

De très nombreux guillemots se sont échoués sur les plages de la région de Homer, en Alaska (Source : COASST).

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Réchauffement climatique : les phénomènes météorologiques extrêmes vont se multiplier, alerte l’ONU

Alors que l’année 2019 vient de battre le triste record de deuxième année la plus chaude dans le monde, l’Organisation météorologique mondiale estime que nous ne sommes qu’au début d’une période d’évènements climatiques majeurs provoqués par les gaz à effet de serre.

Après une décennie record, sur le plan des températures, l’ONU s’attend à ce que le réchauffement climatique causé par les gaz à effet de serre se poursuive, alimentant de multiples phénomènes météorologiques extrêmes en 2020 et au-delà. D’après les données dont dispose l’Organisation météorologique mondiale (OMM), 2019 a été la deuxième année la plus chaude dans le monde, après 2016, confirmant les analyses du service européen Copernicus sur le changement climatique publiées la semaine dernière.

Et 2020 ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices. « Malheureusement, nous nous attendons à voir beaucoup de phénomènes météorologiques extrêmes en 2020 et dans les décennies à venir, alimentés par des niveaux records de gaz à effet de serre qui retiennent la chaleur dans l’atmosphère », a souligné le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

« L’année 2020 a commencé là où 2019 s’est arrêtée – avec des événements météorologiques et climatiques à fort impact », comme en Australie, qui « a connu en 2019 son année la plus chaude et la plus sèche jamais enregistrée », a-t-il ajouté. Cette chaleur record « a préparé le terrain aux immenses feux de brousse qui ont été si dévastateurs » pour l’immense île continent, a-t-il expliqué.

OMM phénomènes météorologiques extrêmes

L’Organisation météorologique mondiale se montre très pessimiste sur les conditions climatiques qui nous attendent dans les prochaines années (Source : AFP).

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Dans l’Himalaya, les plantes poussent toujours plus haut

Un examen attentif de 30 ans d’images satellitaires de la chaîne de l’Himalaya révèle un accroissement de la végétation jusqu’à 6.000 mètres d’altitude. L’impact de ce phénomène sur le cycle de l’eau reste inconnu.

Silence, ça pousse ! Des buissons, des plantes à fleurs, des lichens et des mousses : les hautes altitudes de l’Himalaya se verdissent sans qu’on s’en rende compte. Jusqu’ici, les chercheurs s’étaient intéressés à la fonte des glaciers et de l’étage neigeux. On sait ainsi depuis une étude de juin 2019 parue dans Science Advances que les pertes de glace tout au long de la chaîne ont doublé entre 2000 et 2016.

Mais que se passe-t-il en dessous, entre la limite des arbres autour de 4100 m d’altitude et le couvert glacé des sommets ? Une équipe de l’Université d’Exeter (Royaume-Uni) vient de répondre à cette question dans Global change biology.

Pour déterminer les changements à cette altitude, les chercheurs ont utilisé un outil simple et accessible à tout le monde : Google Earth. La comparaison de ces images avec le suivi des satellites Landsat de la NASA depuis 1993 a permis de déterminer l’accroissement du couvert végétal à cette altitude. Comme l’Himalaya est long de 3.000 kilomètres entre l’Afghanistan et la Chine et que l’espace étudié représente donc des milliers de km², les chercheurs l’ont « saucissonné » en huit étages.

Végétation Himalaya Népal

Au Népal, végétation à 4900 m d’altitude (Source : Karen Anderson).

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Australie : la pluie tombe enfin sur les incendies

D’importantes précipitations sont tombées sur les États australiens de Nouvelle-Galles du Sud et du Victoria dans la journée du 16 janvier. De quoi aider les pompiers qui, épuisés, doivent encore faire face à de nombreux brasiers.

La pluie, enfin. Celle-ci est tombée jeudi 16 janvier 2019 sur certaines des régions australiennes en proie depuis des mois à de dramatiques feu de forêts, et davantage de précipitations sont attendues, ce qui devrait aider les pompiers engagés dans un combat titanesque. Ces incendies, sans précédent dans leur ampleur et leur durée, ont d’ores et déjà fait 28 morts, alors que les scientifiques évaluent à plus d’un milliard le nombre d’animaux tués.

La pluie, enfin. Celle-ci est tombée jeudi 16 janvier 2019 sur certaines des régions australiennes en proie depuis des mois à de dramatiques feu de forêts, et davantage de précipitations sont attendues, ce qui devrait aider les pompiers engagés dans un combat titanesque. Ces incendies, sans précédent dans leur ampleur et leur durée, ont d’ores et déjà fait 28 morts, alors que les scientifiques évaluent à plus d’un milliard le nombre d’animaux tués.

Aggravée par le réchauffement climatique, cette crise saisonnière des feux de forêts a été nourrie par un temps particulièrement chaud ces derniers mois sur l’immense île-continent, et la quasi absence de précipitations conséquentes. Et l’impatience ne cessait de grandir ces derniers temps au sein de la population. « De bonnes chutes » de pluie ont eu lieu jeudi matin dans l’État de Nouvelle-Galles-du-Sud (sud-est de l’Australie), où sont localisés les brasiers les plus importants, a indiqué le bureau local de météorologie.

Pluie Nouvelle Galles du Sud Australie 16/01/2020

Un troupeau de bovins sous la pluie, le 16 janvier 2020 à Nowra, en Nouvelle-Galles-du-Sud, en Australie (Source : AFP).

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