Les vagues de chaleur font suffoquer la Terre depuis les années 50

Avec le réchauffement climatique, les chercheurs s’attendent à ce que les vagues de chaleur soient de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses dans les années à venir. Et une étude révèle aujourd’hui que depuis les années 1950 déjà, les vagues de chaleur intenses se sont faites plus nombreuses.

Depuis les années 1950 et dans presque toutes les régions du monde, les vagues de chaleur ont été plus longues et plus fréquentes qu’auparavant. C’est la conclusion de travaux menés par des chercheurs de l’ARC Centre of excellence for climate extremes (Australie). La tendance s’est même nettement accélérée au fil du temps.

Ainsi, entre 1950 et 2017, la Méditerranée a connu une augmentation de la durée de ses vagues de chaleur de 2 jours par décennie. Prise entre 1980 et 2017, cette augmentation atteint les 6,4 jours par décennie. Cette région fait, selon les chercheurs, partie de celles qui connaissent, en la matière, les changements les plus rapides. Contrairement à l’Australie du sud ou à l’Asie du nord, par exemple.

Vagues de chaleur plus fréquentes

Selon des chercheurs de l’ARC Centre of excellence for climate extremes (Australie), depuis 1950, le monde a connu deux journées de vague de chaleur supplémentaires par décennie.

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Le changement climatique rendra les océans trop chauds pour 60% des espèces de poissons, qui pourraient bien ne pas y survivre

Après avoir étudié 700 espèces de poissons, des chercheurs ont mis en lumière le fait que les poissons — en particulier les embryons ainsi que les adultes reproducteurs — sont bien plus exposés aux changements climatiques que ce que l’on pensait auparavant : en effet, le réchauffement climatique rendra les océans trop chauds pour environ 60% des espèces de poissons connues d’ici 2100.

En ce qui concerne le réchauffement climatique de la planète, si nous imaginons un scénario incluant une augmentation de 5 °C au-dessus de la température préindustrielle, jusqu’à 60% des espèces de poissons à travers le monde seraient incapables de faire face aux nouvelles températures de leur zone de répartition géographique d’ici 2100. Par ailleurs, même si l’humanité arrive à atteindre l’objectif de l’accord de Paris (maintenir le réchauffement climatique à 1,5 °C « seulement », soit dans le meilleur des cas), cela serait toujours beaucoup trop chaud pour 10% des poissons du monde entier.

De plus, même une perte de 10% des espèces pourrait être très dommageable, car une seule espèce peut être critique pour l’écosystème global. « Considérez la mer du Nord, nous pensons que d’ici la fin du siècle la température sera trop élevée pour que la morue de l’Atlantique puisse se reproduire dans cette région. Si cette espèce est expulsée du système, cela aura un impact important sur l’écosystème lui-même et tous les processus et interactions avec les espèces, car c’est un prédateur important », a expliqué Flemming Dahlke, l’un des auteurs de l’étude parue dans Science.

Petits poissons & réchauffement climatique

Les poissons sont bien plus vulnérables au réchauffement des océans que ce que l’on pensait auparavant, en particulier les embryons (Source : Allnaturalpetcare).

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150 ans de réchauffement climatique anthropique ont balayé 6.500 ans de refroidissement naturel

Des milliers de données écologiques, géochimiques et biophysiques, aussi bien marines que terrestres. Et quelques modèles statistiques. C’est ce dont les chercheurs auront eu besoin pour reconstruire les moyennes de températures sur Terre pendant l’Holocène. Leurs résultats suggèrent que les 150 dernières années de réchauffement climatique ont littéralement balayé 6.500 ans de refroidissement.

L’Holocène a commencé il y a environ 10.000 ans et des chercheurs de l’université de l’Arizona du nord (États-Unis) sont parvenus à reconstruire avec une précision inégalée, les variations de température moyenne que notre Terre a connues pendant cette époque géologique qui a succédé à la dernière période glaciaire. Ils révèlent un refroidissement global commencé il y a environ 6.500 ans.

« Des travaux antérieurs avaient déjà montré que notre Planète s’était naturellement et lentement refroidie au moins 1.000 ans avant le milieu du XIXe siècle. Notre étude permet de remonter ce phénomène un peu plus long dans le temps », explique Darrell Kaufman, auteur principal, dans un communiqué. Le tout reposant sur les données paléoclimatiques marines et terrestres les plus récentes, issues d’enregistrements réalisés sur près de 700 sites dans le monde et sur des analyses statistiques poussées.

Réchauffement afface refroidissement Terre

6.500 ans que notre Terre se refroidissait lentement. Et au milieu du XIXe siècle, les activités humaines sont venues bouleverser l’équilibre naturel. En 150 ans, le réchauffement climatique anthropique a inversé la tendance.

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Charbon : il représente aujourd’hui un « non sens économique » et doit être définitivement abandonné

Au cours des dernières années, de nombreux pays ont pris la décision de fermer progressivement une grande partie de leurs centrales nucléaires au profit de la réouverture de centrales à charbon. Si aujourd’hui le charbon est massivement utilisé, il reste une énergie extrêmement polluante et très peu compétitive selon un rapport récent du Rocky Mountain Institute. Les auteurs expliquent qu’aujourd’hui, le charbon n’est plus viable économiquement, qu’il doit être abandonné et que l’accent doit être mis sur les énergies renouvelables afin d’assurer une meilleure gestion énergétique tout en relançant l’économie post-pandémie.

Les énergies renouvelables telles que les projets éoliens et solaires sont déjà moins chères à construire que de continuer à exploiter 40% du parc de charbon existant dans le monde, selon une analyse publiée mardi. Dans un rapport décrivant comment le monde peut éliminer progressivement le carburant le plus polluant tout en stimulant la reprise économique après la pandémie de coronavirus, un groupe d’experts a déclaré que le charbon avait atteint un point de non-retour financier le rendant non compétitif sur la plupart des marchés.

Les auteurs estiment qu’un tiers du stock mondial de charbon est déjà plus coûteux à gérer qu’à construire de nouvelles solutions d’énergie renouvelable, y compris le stockage de batteries. Ce chiffre devrait atteindre 73% de la flotte d’ici 2025, selon l’analyse, qui a également révélé que le remplacement de l’ensemble du stock de charbon par de l’énergie propre pourrait se faire avec une économie nette pour l’économie mondiale dès 2022.

Statistiques charbon 2020 & 2015

Infographie montrant la situation financière attendue pour le monde concernant l’arrêt du charbon (Source : Rocky Mountain Institute).

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La chaleur record en Sibérie constitue un « puissant signal d’alarme » selon les climatologues

Au cours des derniers mois, les températures en Sibérie ont considérablement augmenté, maintenant une chaleur inhabituelle aux conséquences multiples. Si le monde entier se réchauffe progressivement, la Sibérie, elle, a enclenché la vitesse supérieure. Dans certaines régions, les températures n’ont jamais été aussi élevées depuis plus d’une centaine d’années. Même si la variabilité climatique naturelle joue un rôle dans ces écarts de températures, le réchauffement climatique possède définitivement sa part de culpabilité. Tant et si bien qu’aujourd’hui, la situation de la Sibérie doit constituer un « puissant signal d’alarme » selon les climatologues.

La fonte du pergélisol menant à la marée noire de Norilsk — l’une des pires de l’histoire de la Russie —, des incendies ressuscités de l’année dernière et d’alarmantes fontes des neiges font partie des conséquences du réchauffement. Les températures, bien que généralement encore froides selon les normes d’une personne vivant dans des endroits plus chauds du monde, ont été sans précédent.

L’agence météorologique russe indique que la région n’a jamais été plus chaude en 130 ans. La ville de Verkhoyansk a enregistré 38 °C samedi, ce qui serait la température plus élevée jamais enregistrée dans l’Arctique si elle était confirmée. Le mois de mai dans son ensemble était de 10 °C au-dessus de la moyenne dans certaines régions de la Sibérie.

Cependant, des températures inhabituellement élevées ont été enregistrées dès décembre dernier, avec une moyenne d’environ 8 °C au-dessus de la normale au cours de la période, selon Berkeley Earth, un organisme sans but lucratif basé en Californie. Les principaux ensembles de données sur la température détenus par la NASA et d’autres institutions font tous consensus.

Carte températures monde juin 2020

Les températures en Sibérie augmentent plus rapidement que pour le reste du monde (Source : NASA/MODIS/NEO).

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Des températures records en Sibérie et pour tout le mois de mai dans le monde

Sur le front du réchauffement climatique, les records ne cessent de tomber. Le programme européen de surveillance de la Terre Copernicus l’annonçait il y a quelques jours. L’Agence nationale d’observation océanique et atmosphérique américaine (NOAA) le confirme aujourd’hui. Le mois de mai 2020 est le plus chaud jamais enregistré sur notre Planète.

La France vient tout juste d’enregistrer son début d’année le plus chaud. Et au niveau mondial aussi, le réchauffement climatique semble se poursuivre inlassablement. Selon les données du programme européen de surveillance de la Terre Copernicus, les températures du mois de mai 2020 se sont arrêtées à 0,63 °C au-dessus de la moyenne de 1981-2010, faisant de ce mois, le mois de mai le plus chaud jamais enregistré. À égalité avec le mois de mai 2016, remarquent les spécialistes de l’Agence nationale d’observation océanique et atmosphérique américaine (NOAA) qui estiment, eux, que l’anomalie de température a atteint +0,95 °C par rapport à la moyenne du XXe siècle (14,8 °C).

Notez également que la période comprise entre juin 2019 et mai 2020 a elle aussi été la plus chaude jamais enregistrée avec celle comprise entre octobre 2015 et septembre 2016. Avec des températures de près de 0,7 °C au-dessus de la moyenne. Et même près de 1,3 °C au-dessus des températures enregistrées pour l’ère préindustrielle. De quoi nous rapprocher dangereusement des 1,5 °C cités par le Groupement intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) comme potentiellement à l’origine d’impacts majeurs sur nos vies.

Températures mai 2020

L’Europe a connu, en mai 2020, une situation contrastée avec des températures au-dessus de la moyenne à l’ouest et au sud-ouest et des températures parfois largement en dessous des moyennes à l’est et au nord (Source : Programme Copernicus/ECMWF).

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Tandis que le pergélisol fond, il libère d’anciens virus et du carbone

La fonte du pergélisol, soupçonnée par la Russie d’être derrière un déversement de carburant sans précédent qui a pollué de vastes étendues de rivières arctiques, est une véritable bombe à retardement, menaçant la santé et l’environnement, et qui risque d’accélérer drastiquement le réchauffement climatique planétaire.

Le 29 mai 2020, plus de 21’000 tonnes de carburant diesel se sont déversées d’un réservoir qui s’est effondré. Ce dernier appartenait à Norilsk Nickel, une société russe spécialisée dans l’exploitation et la transformation du nickel et du palladium (3/4 de la production mondiale), par le biais d’un intermédiaire. Norilsk Nickel (NN) est l’un des plus grands centres industriels du pays et se situe au-dessus du cercle arctique. À présent, Norilsk ainsi que des responsables russes, ont déclaré qu’ils soupçonnaient que c’est la fonte du pergélisol qui a provoqué l’effondrement du réservoir.

Le pergélisol désigne la partie d’un cryosol gelée en permanence, au moins pendant deux ans, et qui est de ce fait imperméable. Ce sol gelé se trouve principalement dans l’hémisphère Nord, où il couvre environ un quart des terres exposées et a généralement des milliers d’années. Il couvre un cinquième de la surface terrestre dont 90% du Groenland, 80% de l’Alaska, et 50% du Canada et de la Russie (plus particulièrement dans sa partie sibérienne). Sa profondeur, quant à elle, peut varier de quelques mètres à des centaines de mètres.

Environ 1,7 milliard de tonnes de carbone sont enfermées dans le pergélisol sous forme de matière organique gelée, soit des restes de plantes en décomposition et d’animaux morts depuis longtemps piégés dans les sédiments, et recouverts plus tard par des calottes glaciaires.

Fonte pergélisol

La fonte du pergélisol menace la santé et l’environnement, et risque d’accélérer drastiquement le réchauffement climatique planétaire.

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CO2 dans l’atmosphère : du jamais vu depuis 23 millions d’années !

Le taux de CO2 dans l’atmosphère est au cœur de la lutte contre le réchauffement climatique. Malheureusement, il ne cesse d’augmenter faisant des taux récemment enregistrés les plus hauts depuis des millions d’années.

Un argument revient souvent pour remettre en cause le réchauffement climatique, celui des taux importants de CO2 atmosphérique durant les périodes géologiques passées. Mais, une étude publiée dans Geology vient tordre le cou à ce raisonnement.

En effet, grâce à une nouvelle technique de datation, les scientifiques américains ont pu remonter le temps pour mesurer les concentrations de CO2 atmosphérique des derniers 23 millions d’années. Résultats, l’anthropocène bat tous les records.

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Les algues, une solution face au réchauffement climatique ?

Sur les belles plages de sable fin, les algues ne sont généralement pas les bienvenues. Ces plantes marines sont vues comme des parasites indésirables. Pourtant, ce sont des végétaux particulièrement utiles à l’Homme ; elles entrent par exemple dans la composition d’un plat traditionnel gallois (le laverbread) ou des makis japonais, mais on les utilise également pour la fabrication d’engrais. Aujourd’hui, on considère qu’elles pourraient même être une solution de choix pour nettoyer notre planète.

En Bretagne, on récolte le varech, aussi appelé goémon – le mélange d’algues diverses que l’on retrouve amassées sur les plages à marée basse – pour fabriquer des engrais. Dans l’industrie, les algues sont également transformées en plastiques recyclables. Et leur potentiel ne s’arrête pas là : les algues pourraient nettoyer les océans, restaurer la biodiversité et augmenter la productivité de l’aquaculture. Elles pourraient aspirer le dioxyde de carbone de l’air et aider à freiner l’émission d’autres gaz à effet de serre. Certains chercheurs pensent ainsi que ces plantes sont cruciales pour sauver la civilisation.

Du point de vue de la biologie, les algues ne constituent pas un groupe unique ; elles appartiennent à plusieurs groupes phylogénétiques très différents. La base de données AlgaeBase recense près de 72 500 espèces d’algues différentes. Les espèces les plus connues (le nori utilisé pour les makis, le fucus et le varech) appartiennent à l’un des trois groupes d’algues communément appelés rouges, brunes et vertes. Beaucoup d’entre elles sont déjà cultivées à petite échelle ou récoltées à l’état sauvage, principalement pour être utilisées dans l’alimentation ou comme matière première de produits chimiques. La polyvalence des algues en fait un matériau incroyablement précieux.

Manger des algues est très bénéfique pour la santé, mais sa consommation diffère selon les régions du globe. Très consommées en Asie du Sud-est (Chine, Japon et Corée), elles ne font en revanche pas vraiment l’unanimité dans les pays occidentaux. Pourtant, beaucoup de gens ingèrent encore des algues, ou des extraits d’algues, sans s’en rendre compte. La tendance végan a poussé de nombreux fabricants de produits alimentaires à remplacer les ingrédients d’origine animale, comme la gélatine, par des extraits d’algues. Les épaississants utilisés dans les sauces et les yaourts, par exemple, sont faits de carraghénanes, des composés trouvés dans les algues rouges. Souvent désignés par la mention « E407 » dans la liste des ingrédients, ils entrent également dans la composition de nombreux produits cosmétiques, comme le dentifrice par exemple.

Algues & réchauffement climatique

Aujourd’hui, on considère que les algues pourraient même être une solution de choix pour nettoyer notre planète.

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Le niveau de la mer pourrait augmenter de plus d’un mètre d’ici 2100

Grâce à plusieurs études sur le sujet, on sait depuis un moment que la montée des eaux inhérente au réchauffement climatique menace les populations côtières du monde, à plus ou moins long terme. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université technologique de Nanyang (Singapour) précise aujourd’hui que l’élévation moyenne du niveau de la mer dans le monde pourrait dépasser 1 mètre d’ici 2100, et 5 mètres d’ici 2300 si les objectifs mondiaux en matière d’émissions de gaz à effet de serre ne sont pas atteints.

Fin octobre 2019, des scientifiques mettaient en évidence le fait que l’étendue des zones concernées par une élévation du niveau des océans était largement sous-estimée ; l’altitude des terres était en effet mal calculée en plusieurs points du globe et au final, les régions vulnérables s’avèrent bien plus larges (leur surface totale est trois fois plus grande !). Leur article paru dans Nature Communications annonçait ainsi que d’ici 2050, près de 340 millions de personnes vivant dans les zones côtières pourraient être menacées par la montée des eaux liée au réchauffement climatique. La Chine, le Bangladesh, l’Inde et le Vietnam feraient partie des pays les plus touchés.

Cette nouvelle étude, dirigée par Benjamin Horton, président par intérim de l’École asiatique de l’environnement de l’Université de Nanyang, ne fait que confirmer l’urgence de la situation : sans véritable action pour limiter le réchauffement climatique, des centaines de millions de personnes devront être déplacées…

Plus d’une centaine d’experts internationaux ont contribué à cette conclusion. L’équipe de Horton a analysé leurs projections selon deux scénarios climatiques distincts. Le premier scénario inclut des émissions de gaz à effet de serre relativement faibles (équivalent à un forçage radiatif de +2,6 W/m²), ayant pour effet une augmentation globale de la température ne dépassant pas les 2 °C. Résultat : dans ce cas, les experts estiment que le niveau de la mer s’élèverait « seulement » de 30 à 65 cm d’ici 2100, et de 54 cm à 2,15 mètres d’ici 2300. Un scénario déjà effrayant, mais qui pourrait être « gérable » par rapport à ce que prévoit le second scénario.

Niveau océans 100 mètres

Une scène du film Oceans Rising (Source : The Asylum Production).

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